31 août 2018

Affordance : De la fiabilité façon FB


De la fiabilité façon Facebook.

Olivier Ertzscheid, Affordance 26.08.2018 (une version en anglais est en ligne)
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/08/fiabilite-facebook.html

extraits :
« Nous sommes en Août 2018 et le Washington Post nous apprend
que Facebook vient de mettre en place un système de notation de la "fiabilité" (Trustworthyness) de ses utilisateurs ».

Pour l’auteur, « cet indice est une fable ».
Il ne résoudra aucun problème,
faute de s’attaquer aux architectures techniques toxiques et au modèle économique.


« C'est aussi parce que personne n'est capable de dire à quelle échelle réelle
ce scoring est mis en place ni bien sûr quels en sont les critères complets et exacts.
Critères qui s'ils étaient rendu publics seraient immédiatement détournés
pour que chacun puisse mieux s'y conformer ou mieux s'en détourner.

Comme le souligne cette juriste anglo-saxonne :
"Not knowing how [Facebook is] judging us is what makes us uncomfortable.
But the irony is that they can’t tell us how they are judging us — because if they do, the algorithms that they built will be gamed."
Dilemme classique d'une algorithmie non-publique qui n'a de compte à rendre
qu'au modèle économique qu'elle nourrit et qui la légitime en retour ».


Et récemment à propos de l'affaire Cambridge Analytica, Cory Doctorow écrivait :
"Facebook doesn’t have a mind-control problem, it has a corruption problem.
Cambridge Analytica didn’t convince decent people to become racists;
they convinced racists to become voters."

Ertzscheid poursuit :

« Si l'approche de Facebook me paraît au moins aussi alarmante que la mise en place du Social Credit en Chine,
c'est bien sûr parce qu'elle peut potentiellement s'appliquer à 2,5 milliards d'individus…

une démocratie prête à tolérer ce genre de pratique n'est plus très éloignée d'une dictature
ou d'un gouvernement autoritaire les instituant.
« si tu veux la paix prépare la guerre », et si tu veux l'avènement d'un gouvernement autoritaire
habitue les gens à être en permanence scrutés et quantifiés »



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28 mars 2018

Facebook : 1 question politique

 

« Le scandale Facebook pose avant tout une question politique ».
une tribune d'Olivier Ertzscheid parue dans Libération
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/03/lautre-question-que-pose-laffaire-facebook-cambridge-analytica-.html

« Facebook et Cambridge Analytica ont certainement une part de responsabilité dans cette élection
mais ils n'ont à eux seuls pas fait l'élection de T.. Loin s'en faut ».

« C'est sur l'incurie de l'action politique et sur la perte de sens de la parole politique que se fabrique et s'entretient le modèle d'affaire des agences de RP (relations publiques) comme Cambridge Analytica. « Building a community » comme ne cesse de le répéter Zuckerberg, n'est rien d'autre qu'un slogan marketing totalement creux. La seule chose que Facebook ait jamais permis de construire c'est une architecture de la surveillance dans laquelle Mark Zuckerberg a constitué une audience dont viennent se repaître annonceurs et agences de RP. Et la seule communauté qui vaille est celle des intérêts financiers de la firme ».

« ...deux milliards d'utilisateurs n'ont pas besoin d'une quelconque perversité pour se mettre à se surveiller les uns les autres dès lors qu'ils sont installés dans cette architecture panoptique. Fenêtre sur cour... La fonction crée l'organe et l'architecture crée la perversité des régimes de sur- ou de sous-veillance »... « Capitalisme de la surveillance et dictature documentaire sont les deux faces d'une même médaille à côté de laquelle le monde décrit par Orwell aura rétrospectivement l'air d'une démocratie participative »


«La solution pour empêcher l'accession au pouvoir de personnalités névrotiques ou simplement avides de leur propre suffisance ne se trouve pas dans la régulation de Facebook ou dans l'abolition de son modèle publicitaire mais dans le seul champ de l'action publique »

Facebook n'est que le reflet du naufrage de la publicitarisation de l'action publique et de la parole politique. De la société du spectacle de Debord,

Derrière tout cela, Ertzscheid voit plusieurs urgences : redonner son rôle à la politique et son poids à la parole publique ; évoluer vers un droit social des données et une reconnaissance du Digital Labor


- rappel :
«The web is under threat ». Affordance 16.03.2018
voir aussi le commentaire d’un texte de Tim Berners Lee pour les 29 ans du Web :
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/03/web-we-cant-afford-la-menace-plateforme.html

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Posté par clioweb à 08:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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