05 décembre 2012

AFHE - table ronde 2012

 

La table ronde de l'AFHE - http://clioweb.canalblog.com/tag/afhe

La table ronde est une occasion de revisiter ce que des historiens ont écrit sur la formation et sur l'écriture électronique, depuis 25 ans, du temps de l'ordi naguère au web 2.0 aujourd'hui :-)
http://clioweb.canalblog.com/tag/memoirevive

Pour les deux sujets (formation, écriture), les finalités scolaires et la technique disponible sont essentielles. Tout comme le contexte politique, social et culturel. Lorsqu'un ministre supprime l'HG en Term S et les maths en Term L, il est possible d'anticiper les conséquences pour l'histoire universitaire.


2 suggestions de lecture :

- André Gunthert : Why blog ? : http://cleo.revues.org/174
Un éloge du blog, de l'expérimentation, du droit à l'essai,
trop rare selon lui dans un univers académique vu parfois comme arrogant.
Voir aussi André Gunthert, Culture Visuelle, ou la conversation moteur de (la) recherche) :
http://culturevisuelle.org/icones/2467


- Les historiens et l’informatique. Un métier à réinventer, EFR 2011
Le travail mené par le programme franco-italien ATHIS
a débouché sur l'ouvrage dirigé par Jean-Philippe Genet et Andrea Zorzi
http://www.menestrel.fr/spip.php?rubrique619



La veille assurée pour Historiens & G a fait croiser qq enjeux et qq dérives :

- L'écart est souvent impressionnant entre les pratiques des internautes
et les discours des médias (voire de certains décideurs).
Mais les clichés ont la vie très dure
(cf les affirmations surprenantes sur la lecture supposée sérieuse (on ne saurait plus lire de roman - une stupidité répétée après Nicholas Carr et répandu dans des articles (courts) de magazine... :-) . Voir aussi les lamentations sur une prétendue disparition du texte, avec confusion fréquente entre le web et les pubs TV)


- Le numérique a pris une place décisive dans la vie intellectuelle. Il rencontre cependant des obstacles.
Il est en général conçu à partir des règles adaptées à l'imprimerie.
Une minorité de technophobes voudrait « débrancher l'école » ou  « pourrir le web ». Elle est très influente dans l'édition et les médias.


- Can History Be Open Source ?
L'écriture collective est parfois présentée comme un horizon ultime.
En 2006, Roy Rosenzweig a consacré un article très important à l'écriture de Wikipedia. Il compare cette écriture par des contributeurs multiples à la réalité universitaire : selon lui, 95 % des publications recensées par The Journal of American History n'avaient qu'un seul auteur.
Il envisageait l'écriture d'un manuel numérique d'histoire à plusieurs mains, mais il n'a pas eu le temps de mener à bien ce projet. http://clioweb.free.fr/debats/wikipedia.htm


- L'ordinateur mettait plutôt l'accent sur le calcul et le traitement des données
(avec des excès qu'il vaut mieux ne pas citer).
Il impliquait des apprentissages souvent complexes (cf en carto : http://clioweb.free.fr/carto/carto.htm
Avec le web, la communication (et le livre) ont repris le dessus,
avec l'illusion fréquente que toute formation (intellectuelle et technique) est superflue.


- La question impossible, le retour
"Grading the Digital School ?" NYT 2011. Les tenants de l'évaluation
voudraient quantifier les apports du web en classe.
En 2001, Serge Pouts-Lajus y voyait déjà "une question impossible"
http://clioweb.canalblog.com/tag/grading


- Push ou Pull ?
Les institutions apprécient Internet quand le support leur permet d'élargir leur publicité à faible coût (le push). Certaines remplaceraient volontiers tous les enseignants par un professeur unique officiant depuis le Collège de France (cf Rupert Murdoch dans Le Monde 25.05.2011)
Elles excellent dans la définition de certificats formels. Elles sont davantage réticentes quand il faut prendre en compte les demandes et les besoins des internautes (adultes ou étudiants).


- Le rapport au temps :
Le web est un excellent support d'archivage (merci Internet archive),
beaucoup plus durable que certaines structures universitaires. :-)
Mais le buzz et l'instantané entretiennent souvent une forme de table rase,
surprenante chez des historiens.


- Le web, ce sont des liens et la possibilité d'exploiter ce que d'autres internautes ont mis en ligne.
voir également « L’alchimie des multitudes »  
http://clioweb.free.fr/debats/alchimie.htm


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12 juillet 2008

L’alchimie des multitudes



« Comment le web change le monde.
L’alchimie des multitudes »
Francis Pisani - Dominique Piotet - Pearson - L'Atelier


Facebook, Myspace, Youtube…les « réseaux sociaux » sont utilisés par 55 % des jeunes Américains, surtout pour rester en contact avec des amis ; ces jeunes qui se soucient peu des « actualités » ont transformé le réseau en « lieu social de l’adolescence ». A la métaphore trompeuse des « autoroutes de l’information », Francis Pisani, le journaliste-blogueur et Dominique Piotet (l’Atelier) préfèrent la réalité de la « dynamique relationnelle ».

Selon eux, le web actuel est fait par et pour les « webacteurs » qui se servent de ces outils pour s’exposer, tisser des relations, débattre, mettre des contenus en ligne ou enrichir ceux qui existent déjà (cf le succès de Wikipedia). « Le lien est l’essence du web » : il évite de refaire ce qui existe déjà, il établit des relations entre des données mais plus encore entre des acteurs. http://pisani.blog.lemonde.fr/

« L’alchimie des multitudes », le coeur de l’ouvrage, désigne un processus (incertain) où la mise en relation permanente d’acteurs du web permet d’accumuler suffisamment de données pour espérer en tirer des informations nouvelles utiles à l’ensemble des utilisateurs. Ce processus peut faire émerger des pépites ; il peut aussi conduire à des dérives. Les auteurs invitent donc à la vigilance, en particulier dans la protection des données personnelles. La métaphore est bien sûr discutable, tout comme celles de « sagesse des foules » ou « d’intelligence collective ». Elle a cependant l’avantage de rompre avec les habituelles récriminations néo-conservatrices sur le « maoïsme digital ».

Le web est devenu une plate-forme polyvalente et dynamique, accessible partout et en permanence (« always on ») ; il n’est plus nécessaire d’installer au préalable trente disquettes… Son succès ne tient pas à une innovation majeure mais à une philosophie du partage et à une technique qui s’efface au profit des données et de l’utilisateur final, sauf en cas de panne… Les logiciels libres et l’Open Source autorisent des usages inattendus et des croisements féconds d’applications (Craiglist propose des annonces immobilières localisées à l’aide de Google Maps ). Le web de demain, ce pourrait être le « Graphe Global Géant » que Tim Berners Lee définit comme l’ensemble des relations entre tous les webacteurs de la planète.

Le « Web participatif » est présenté en triple rupture : avec le modèle économique qui a fait la fortune de Bill Gates, avec une économie où la valeur est fondée sur la rareté relative et avec l’obsession d’une validation institutionnelle et hiérarchique. « Une économie de la relation peut-elle être rentable ? » La dernière partie de l’ouvrage traite des modèles économiques possibles : le bénévolat (que certains semblent confondre avec « l’intolérable gratuité »), les marchés de niche (la « longue traîne »), la publicité ciblée (moins intrusive que celle de la TV commerciale).

Deux domaines sont fortement chahutés : les médias et l’entreprise. Dans les premiers, une information standardisée ne satisfait plus les weblecteurs. Dans la seconde, la pression est forte pour travailler en ligne et à distance (« dans les nuages ») ; les services informatiques n’apprécient pas ; ils mettent en avant la sécurité pour préserver leur pouvoir et ralentir l’évolution vers « l’entreprise liquide ».

La culture numérique (la « digital literacy ») est fondée sur une triple compétence, technique, intellectuelle et civique. Elle se développe largement en dehors de l’école : l’apprentissage combine formation sur le tas et entraide, mais la dextérité technique a ses limites. La postface souligne le rôle essentiel de l’éducation : « 1+1 = beaucoup » écrivent les auteurs ; de chacun de nous dépendra la  direction prise par le web, course dans le mur ou marche vers le progrès.

http://clioweb.free.fr/debats/alchimie.htm


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