16 décembre 2014

Pulvériser la pensée dominante



Qu'est-ce que la cartographie radicale ?
Un texte de Nicolas Lambert après le séminaire GRANIT à Bordeaux
http://neocarto.hypotheses.org/1127

« C'est créer des « cartes obus » pour « pulvériser la pensée dominante »

« … Multiplier les représentations du monde et les confronter pour construire du conflit, du débat. Faire une carte radicale c'est donc aussi créer de l'altérité, une tension positive pour contester ce qui semble être l'ordre naturel des choses ».

« La carte joue le rôle d'alerte ou de déclencheur pour mener une action politique, mener des actions de terrain ou porter des revendications concrètes. C'est une cartographie de combat, un élément parmi d'autres dans la lutte politique ».

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19 février 2014

Contresens sur Milgram ?



Milgram travesti, Charlotte Lacoste, U de Nanterre - source apses
http://www.revue-texto.net/docannexe/file/2511/milgram_travesti_lacoste.pdf

Texto ! Textes & Cultures, 1/2010
http://www.revue-texto.net/index.php?id=2511
http://www.revue-texto.net/index.php?id=2493


Entre 1960 et 1963, la population de New Haven (Connecticut) est conviée à participer à une série d’expériences sur la mémoire au laboratoire de psychologie de l’université de Yale ...
C’est un leurre. L’étude porte en fait sur la notion d’obéissance... (infliger des chocs électriques)

Pour Charlotte Lacoste, les expériences de Milgram sont l'objet d'un contresens total. « Elles n’apportent pas la preuve métaphysique de l’existence du Mal, mais la preuve formelle de l’existence de valeurs nobles propres à l’espèce humaine et, surtout, un début de réponse à un problème politique ».
« La thèse véhiculée à tort par les médias ... revient à faire dire à Milgram l’exact contraire de ce qu’il a dit et établi. Mais la manoeuvre a ses avantages : elle permet d’escamoter la dimension politique de son propos ».

« La première grande leçon délivrée par cette série d’expériences, c’est que l’homme n’est pas un loup pour l’homme. [Dans toutes les expériences] la plupart des sujets testés manifestent la plus grande répugnance pour ce qu’on leur ordonne de faire ».
Dans la préface qu’il rédige cinq années après la sortie de son livre, la conclusion que Milgram tire de sa série d’expériences reste inchangée : « De même que l’autorité de l’oppresseur n’est pas incarnée dans un seul individu, mais dans un système de relations complexes, de même la résistance à l’autorité malveillante doit être enracinée dans l’action collective si elle veut être véritablement efficace. » (10)

Comment (ne pas) s’étonner de ce que le message politique de Soumission à l’autorité qui démontre le bien-fondé de l’action collective soit aujourd’hui phagocyté par une lecture essentialiste qui, spéculant sur la cruauté naturelle de l’espèce humaine, correspond tellement mieux au paradigme idéologique de notre temps ?

Stanley Milgram, La Soumission à l'autorité, 1974
http://en.wikipedia.org/wiki/Stanley_Milgram

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