22 mars 2017

La Résistance en Europe occ.

 

Monument-partisans-Parme
 
Parme, monument en hommage aux partisans

Mémorial de Caen, mercredi 22 mars 2017, 14-17 h
la Résistance au nazisme en Europe occidentale
conférence d'Olivier Wieviorka pour le séminaire Traces de Guerre
http://sgm.hypotheses.org/291



ow-resist-eur

Olivier Wieviorka a publié
Une histoire de la Résistance en Europe occidentale, Perrin 2017



4eme de couverture
:

La Résistance en Europe de l’Ouest a longtemps été considérée comme un phénomène national. Et elle a, de longues années durant, été analysée comme telle, les historiens privilégiant, pour l’étudier, le cadre de leur pays.

Pourtant, si les facteurs internes jouèrent un rôle central dans sa naissance, la part des Anglo-Américains dans sa croissance fut éminente : en Norvège comme au Danemark, aux Pays-Bas comme en Belgique, en France et en Italie, l’armée des ombres n’aurait pu croître sans le soutien de Londres d’abord, de Washington ensuite. Il convenait dès lors de décloisonner les frontières et d’élargir les horizons pour offrir la première histoire transnationale de la résistance en Europe occidentale.


Pour ce faire, Olivier Wieviorka a étudié l’organisation puis l’action des forces clandestines et des gouvernements en exil de six pays occupés entre 1940 et 1945. En scrutant le rôle de la propagande, du sabotage et de la guérilla dans cet espace ouest-européen, il invite à reconsidérer sans tabou l’action de la résistance, ainsi que ses relations, tantôt cordiales, tantôt conflictuelles, avec les Alliés et les pouvoirs installés à Londres. Tout en mesurant la singularité de chaque pays, ce prisme original lui permet de pointer la communauté de destin qui unit cet ensemble appelé à être libéré par les troupes anglo-américaines.

L’auteur lève également le voile sur l’importance des finances, de la logistique et de la planification des grands Alliés dans le développement des forces clandestines, une donnée largement occultée lors des libérations.
Il interroge, in fine, l’efficacité de l’armée des ombres, donc de la guerre subversive, dans la chute du IIIe Reich. »


Sommaire de l'ouvrage
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/ow-2017-sommaire.pdf

dont Embrasez l'Europe, Ententes cordiales, Le double choc de 1941, S'armer, Propagande(s), Petites manoeuvres et grandes politiques, complexités italiennes, préparer la Libération, Libérations politiques, une efficatité en débat, legs, ingratitude, sources

Articles Le Monde et La Croix :
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/ow-2017-presse.pdf

 

Notes personnelles (en cours de relecture)
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/ow-seminaire-notes.pdf

 

Olivier Wieviorka étudie l'organisation puis l'action des forces clandestines et des gouvernements en exil de six pays occupés entre 1940 et 1945 : Norvège, Danemark, Pays-Bas, Belgique, France et Italie.

Seuls face aux nazis, les Britanniques ont d’abord misé sur une guerre subversive qui s’appuyait alors sur le renseignement, la propagande et le sabotage. Ils avaient l’expérience du combat contre ce type de guérilla en Irlande et en Afrique du sud.

« En scrutant le rôle de la propagande, du sabotage et de la guérilla dans cet espace ouest-européen, il invite à reconsidérer sans tabou l'action de la Résistance, ainsi que ses relations, tantôt cordiales, tantôt conflictuelles, avec les Alliés et les pouvoirs installés à Londres. Tout en mesurant la singularité de chaque pays, ce prisme original lui permet de pointer la communauté de destin qui unit cet ensemble appelé à être libéré par les troupes anglo-américaines ».
[ L’auteur met en relief les débats sur les tactiques à adopter.
Il présente les différentes formes d'action : grèves, manifestations, presse clandestine, sabotages, renseignements, attentats.
Il étudie le comportement des différentes classes sociales et leurs ressorts ].
Le Monde des livres, 05.01.2017
http://www.lemonde.fr/livres/article/2017/01/05/l-europe-resistante-reevaluee_5057949_3260.html

Alliés et résistants, l'analyse d'OW, La Croix 16.02.2017
http://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/Allies-resistants-2017-02-16-1200825163


En 2013, lors de la publication de son "Histoire de la Résistance" (Perrin), un ouvrage précédent, Alain Duhamel écrivait dans Le Point :
« Avec lui, on sort définitivement de la légende dorée ou des pieuses mythifications.
La Résistance vraie se suffit d'ailleurs largement à elle-même pour mériter l'admiration et la reconnaissance ».


Cette conférence vient après la journée d'étude sur le retour des déportés (aspects médico-sociaux)
et deux tables rondes (en ligne), une avec des déportés, une avec six fils et filles de déportés - FMD - CRHQ
http://clioweb.canalblog.com/tag/fmd

 

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03 juin 2013

Les conseils juifs et les nazis

 

« Parler de "collaborateurs" pour les conseils juifs me paraît inadéquat »
entretien avec l'historienne Annette Wieviorka à l’occasion des films Hannah Arendt et Le dernier des injustes

extraits :
« La perversité du système nazi, c’est d’impliquer des victimes dans leur propre persécution ».
« Je pense que certains dirigeants juifs n'ont effectivement pas correctement interprété cette rationalité nazie. Le président du conseil juif de Lodz, Chaim Rumkowski, était persuadé que les juifs pouvaient être utiles aux Allemands parce qu'on avait installé, autour du ghetto, des ateliers de confection pour l'armée allemande. Aujourd'hui, cette illusion du salut par le travail nous semble absurde. Mais en même temps on célèbre un Schindler qui a sauvé des milliers de juifs en les embauchant dans ses entreprises et on le considère comme un Juste parmi les nations. Personne, en revanche, ne célèbre le fait que les survivants du ghetto de Lodz faisaient partie de ces travailleurs. Y avait-il, du reste, une rationalité nazie unique ? »

« L'équipe de l'historien Emanuel Ringelblum, enfermé dans le ghetto de Varsovie, a rassemblé archives sur archives. A un moment, les éléments ainsi récoltés ont pris sens, et le groupe a compris que les juifs étaient destinés à l'annihilation .. De ce groupe ne sont demeurés que trois survivants ».

« La question de l’attitude des conseils juifs a été débattue en Israël de façon constante ».

Rappel :
Maurice Kriegel, Trois mémoires de la Shoah États-Unis, Israël, France
À propos de Peter Novick, L’Holocauste dans la vie américaine, Le Débat 117, 2001
Toujours en accès payant sur Cairn, 12 ans après ...

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01 décembre 2012

Aux armes lycéens ! - suite

 


Annette Wieviorka, « L'enseignement de l'histoire en question », Études, 2012/11 Tome 417, p. 475-483
http://www.cairn.info/revue-etudes-2012-11-page-475.htm

L'analyse reprend et prolonge l'article Aux armes lycéens ! publié par L'Histoire en mars 2012

Extraits :
« Le cours d’histoire devrait être l’occasion de se dégager de l’air du temps, de réfléchir, d’analyser, de tenter de comprendre, de prendre la mesure du temps en prenant soin de la chronologie qui le structure. La conception qui se dégage des programmes de 2011 est au contraire une conception doloriste d’une histoire
tentant à faire communier les adolescents dans la souffrance du passé ... »

« On peut traiter de la Grande Guerre sans évoquer Pétain ou Clémenceau, sans parler de l’Alsace et de la Lorraine, et sans expliquer le patriotisme ou le nationalisme. La psychologie règne en maître. Les hommes sont « traumatisés » comme le sont les sociétés. Il n’est pas question de la révolution bolchevique, ni d’ailleurs du traité de Versailles. Rien ne permet de comprendre le monde qui naît de cette guerre, sinon que tout le monde a beaucoup souffert ».
« La Seconde Guerre mondiale suit la première, sans transition. Sa particularité est d’être un « degré supplémentaire dans la guerre totale »...

« L’usage de la notion de « guerre totale » est devenu l’étalon de mesure de l’importance d’une guerre... Dans une concurrence des conflits comme il existe une concurrence des victimes, chaque chercheur proclame « sa » guerre totale. De la Seconde Guerre mondiale à celle de 14-18, nous sommes remontés à la guerre de Sécession, puis à la campagne napoléonienne de Russie. Nous attendons que les antiquisants revisitent les guerres du Péloponnèse ou la guerre des Gaules pour en faire les premières « guerres totales ». Cette notion met entre parenthèse le politique ».
« Le terme « d’anéantissement », lui non plus, ne va pas de soi. Et pour cause. Il englobe toutes les victimes, les combattants comme les victimes des bombardements... »

« Les nouveaux programmes laissent penser que c’est la « folie des hommes » qui cause des génocides. Avec un tel présupposé, enseigner l’histoire reviendrait à extirper le mal présent en chacun de nous en communiant avec les souffrances des hommes du passé. À cette aune, toutes les souffrances de toutes les guerres se valent. C’est la défaite de la pensée, de la volonté de comprendre, de l’intelligence ».

« Les auteurs de manuels ont bien perçu la difficulté de décrire des guerres sans chronologie et sans contexte... »

Cette dérive est mise en relation avec les injonctions politiques : lire la dernière de Guy Môquet, confier à un élève de CM2 la mémoire d'un enfant victime de la Shoah, 11 novembre célébration des soldats morts dans toutes les guerres, Histoire de France réduite à l'identité nationale avec une Maison installée dans les locaux des Archives nationales ...

« Nous écrivons ce texte alors que François Hollande vient d’être élu président de la République. Parmi ses engagements figurent ceux de rétablir la formation des enseignants et de réintroduire l’enseignement de l’histoire en classe terminale scientifique. Pour le reste – les programmes d’histoire, les archives… – il est encore trop tôt pour savoir si une nouvelle politique sera mise en place. Mais nous souhaitons insister sur le fait qu’une politique en matière d’histoire forme un tout. C’est une politique de l’archive. C’est la liberté de la recherche et le respect des enseignants et des chercheurs. C’est un enseignement qui permet aux élèves de se situer dans le temps et de savoir de quelle histoire est fait le monde dans lequel ils vivent ».


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02 mars 2012

A. Wierviorka - L'heure d'exactitude - 2

 

AW

source : La Grande Librairie - France 5


Parmi les invités de la Grande Librairie du 01.03.2012
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6278

Annette Wieviorka, à partir de la 19e minute
à propos de l'ouvrage L’heure d’exactitude. Histoire, mémoire, témoignage, le livre d'entretien réalisé avec Séverine Nikel. Le titre vient d'Apologie pour l'histoire, l'ouvrage de Marc Bloch : pourquoi l'usage des mots justes a-t-il autant de mal à s'imposer dans l'espace public ?

Une vidéo rappelle le parcours de l'historienne et ses ouvrages :
1983 - Les Livres du souvenir , mémoriaux juifs de Pologne
Déportation et génocide, thèse publiée en 1992
1998 L'ère du témoin
1999 Auschwitz expliqué à ma fille
http://fr.wikipedia.org/wiki/Annette_Wieviorka
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6284

Un grand-père journaliste et écrivain, déporté et assassiné par les nazis.

Le travail sur les livres du souvenir , et l'influence du roman de John Hersey
qui met en scène Ringelblum, l'archiviste du ghetto de Varsovie.

Pourquoi le détour par le marxisme et le maoisme ?

Le témoin et ses limites ? Le vécu, le ressenti a besoin de sens,
d'où l'appui parfois sur le travail des historiens, sur le roman ou le cinéma.

Comprendre, est-ce obscène ?
AW est en total désaccord avec ce type d'interdit jeté par Claude Lanzmann.

La dignité de l'homme, c'est de chercher à comprendre,
soit en passant par le comment (Hilberg), le pourquoi (Poliakov, Friedlander)
Mais plus on travaille ce sujet, moins on comprend.
On voit de mieux en mieux les mécanismes,
mais il reste un noyau qui échappe à l'entendement :
celui de la noria des convois et de l'assassinat des êtres humains par les nazis.

Quel portrait idéal de l'historien ?
Les pionniers ont eu du mal à se faire entendre et n'ont pas eu de poste à l'université ou dans la recherche. AW revendique un idéal d'intellignce, de courage, avec une dose d'humour. Sans oublier l'amour de l'écriture : l'historien est aussi un écrivain

Elle évoque l’influence de la littérature sur son travail, à travers John Hersey, The Wall, 1950 - La muraille - Folio 1979
Hersey's The Wall, based on Emmanuel Ringelblum's Notes from the Warsaw Ghetto
In 1950 Hersey's novel The Wall was published, an account presented as a rediscovered journal recording the genesis and destruction of the Warsaw Ghetto, the largest of the Jewish ghettos established by Nazi Germany during the Holocaust.
http://en.wikipedia.org/wiki/John_Hersey
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article36

" La Muraille est le récit de l'extermination systématique des Juifs du ghetto de Varsovie et de l'héroïque résistance qu'opposèrent ces hommes et ces femmes sans défense à la force brutale des Allemands. Mais le véritable sujet du livre est l'histoire de la conquête spirituelle que réalisa un groupe d'amis, et qui leur permit d'affronter sans crainte, et avec un véritable sentiment de victoire, l'anéantissement physique".
http://www.gallimard.fr/Folio/implivre.action?codeProd=A37131


- L'heure d'exactitude a été présenté dans La Fabrique de l'histoire du 09.12.2011


rappels
- Mémoires de la Shoah
L'écouter dans un très long entretien (7 heures) avec JB Peretié en 2006 - mis en ligne par l'INA
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/04/07/17491914.html

- En janvier 2008, l'émission A Voix nue a consacré une semaine à l'historienne
http://clioweb.free.fr/presse/aw.htm

- La page du CNRS (publications, colloques, conférences) :
http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article115



Avant l'intervention de Florent Brayard, une vidéo présente les auteurs et les ouvrages majeurs dans l'histoire de la destruction des juifs d'Europe : Hilberg, Lanzmann, Klarsfeld, AW, Friedlander, Paxton, Browning, Goldhagen ...
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6293

 
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01 mars 2012

La volonté de comprendre

 

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L'Europe sous la domination nazie, manuel Bordas, 3e, 1971


- A Falaise, hier soir, conférence de Bertrand Lécureur sur L'image du nazisme et de ses crimes dans les manuels de collège (F, All, RU, B). Le sujet d'une thèse dirigée par C. Amalvi et soutenue à Montpellier. http://www.theses.fr/2010MON30036

Selon BL, le poncif sur le silence et le tabou est à nuancer.
cf l'ex du manuel Bordas de 3e en 1971 : http://clioweb.free.fr/manuels/1temp/b3-71/

Cette conférence a été l'occasion de constater une fracture entre les références des adultes et celle des ados soumis en ce moment au brouillage de l’histoire. Que reste-t-il aujourd'hui d'Hitler et du nazisme dans les manuels chatel de 1ere ?

Un détail : en 1966, le programme de 3e évitait le XXe en ne traitant que la période 1715-1870


- « Aux Larmes Lycéens », L'Histoire n° 373
Annette Wieviorka critique la dérive compassionnelle des nouveaux programmes d’histoire de la 1ere chatel :

Extraits :
« Les gens sont méchants , déplorait l’humoriste Fernand Raynaud pour faire rire nos grands-parents qui n etaient pas dupes. Nicolas Sarkozy pense, lui, que c’est la folie des hommes qui cause des génocides. Avec un tel présupposé, enseigner l’histoire reviendrait à extirper le mal ou la folie, présent en chacun de nous en communiant avec les souffrances des hommes du passé. A cette aune, tout se vaut. C’est la défaite de la volonté de comprendre.

Les manuels obéissant aux programmes, les hommes au pouvoir pendant cette période sont pratiquement absents, comme le sont l’Alsace-Lorraine ou les notions de patriotisme ou de nationalisme qui, pourtant, ont une histoire. La psychologie règne en malte. Les hommes sont « traumatisés» comme le sont les sociétés. Il n’est pas question de la révolution bolchevique, ni d’ailleurs du traité de Versailles. Rien ne permet de comprendre le monde qui naît de cette guerre, sinon que tout le monde a beaucoup souffert.

Vient la Seconde Guerre mondiale dont la particularité est d’être un « degré supplémentaire dans la guerre totale ». Le lycéen ne sait toujours rien de Hitler, du nazisme, du communisme : ils seront abordés dans les chapitres consacrés au « totalitarisme ». Il ignore et continuera d’ignorer le terme « antisémitisme »

Les auteurs de manuels ont beaucoup travaillé pour rendre ces programmes conformes à l’idée qu’ils se font de leur discipline…

… La 2 GM, une guerre encore plus totale que la Première, est une « guerre d’anéantissement ». Ce terme pourtant, lui non plus, ne va pas de soi… Tous les bombardements sont mis sur le même plan, ceux du Blitz par la Luftwaffe comme celui de Dresde par les Alliés, sans parler de la bombe atomique, « une arme contre les populations civiles ».

Le cours d’histoire devrait être l’occasion de se dégager de l’air du temps, de réfléchir, d’analyser. La conception qui émane des nouveaux programmes est au contraire une conception compassionnelle d’une histoire tendant à faire communier les adolescents dans la douleur du passé ».

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09 décembre 2011

A. Wieviorka : L’heure d'exactitude - 1

 

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source : Albin Michel - France 5

Annette Wieviorka - L’heure d'exactitude - Histoire, mémoire, témoignage.
Entretiens avec Séverine Nikel - Collection « Itinéraires du savoir », Albin Michel 2011

La Fabrique de l'histoire, 9/12/2011 vers la 24e minute
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoireactualites-du-vendredi-091211-2011-12-09
http://memoiresvives2.files.wordpress.com/2011/11/memoires-vives-2011-11-27-annette-w-sc3a9verine-n.mp3

Une famille décimée par les nazis,
un engagement politique maoiste (avec un séjour de 2 ans à Canton, en Chine - 1974-76),
20 ans d'enseignement en lycée,
une thèse sur Déportation et Génocide (dirigée par Annie Kriegel)
un travail pionnier et central sur la mémoire de la Shoah (cf L'ère du témoin)
un retour sur le yiddish et la judaïté
ses réserves sur certains usages du prétendu devoir de mémoire...

L'écouter aussi faire l'éloge d'Emanuel Ringelblum et de l'ouvrage de Kassow.
Samuel D. Kassow, Who Will Write Our History ? Emanuel Ringelblum, the Warsaw Ghetto, and the Oyneg Shabes Archive 
Samuel D. Kassow, Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie - Grasset 2011
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emanuel_Ringelblum

L'émission rend hommage à Henry Bulawko, le militant sioniste de gauche, le résistant (comité de la rue Amelot), la grande figure d'une association de déportés (vers la 23e minute).

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rappels
- Mémoires de la Shoah
Sur le site de l'INA, Annette Wieviorka s'entretient pendant 7 heures avec JB Peretié
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/04/07/17491914.html

- En 2008, elle retrace son parcours intellectuel et politique 
dans l'émission A voix nue.
http://clioweb.free.fr/presse/aw.htm

- La page du CNRS (publications, colloques, conférences) :
http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article115

annette-wieviorka

source : http://memoiresvives.net

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26 mars 2011

Auschwitz, le devoir d'histoire


Shoah, le devoir de mémoire - Libération 24-03
Le souvenir du génocide juif se heurte à la disparition prochaine des survivants. Sa place à l’école doit encore être trouvée, entre cours d’histoire et éducation civiquehttp://www.liberation.fr/societe/

«Les voyages à Auschwitz ne peuvent remplacer un cours d’histoire»
Georges Bensoussan et Sophie Ernst, historiens, réfléchissent à l’enseignement de la Shoah :
http://www.liberation.fr/societe/
La présentation du Memoire Demain, le dvd de l'UDA - l'Union des Déportés d'Auschwitz au Lycée Louis Le Grand est à l'origine de l'article et de l'entretien.


Devoir de mémoire
: les médias semblent adorer une formule qui leur évite d'avoir à expliquer la différence que les historiens font entre le devoir d'histoire et le travail de mémoire
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Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Devoir_de_mémoire
Evelyne Marsura (2002) :  http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=131
Laurent Wirth (2002) : http://www.ac-reims.fr/datice/bul_acad/hist-geo/bul26/wirth.htm
Reims, Histoire et mémoires : http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_histoire/05historiens1.htm

« La disparition progressive des derniers survivants » va-t-elle changer l'enseignement de l'histoire ?
L'histoire n'existerait que par le témoignage des acteurs (et des victimes). 
Curieuse déformation, installée dans les médias avec l'avancée en âge des derniers soldats de 1914-1918. Dans une telle vision, que faudrait-il dire du travail des historiens modernistes, médiévistes ou antiquisants ?

Le rapport entre le témoin, l'historien et le professeur d'histoire a été étudié par Annette Wieviorka. L'écouter dans son long entretien pour l'INA avec JB Peretié en 2006.
http://clioweb.canalblog.com/tag/wieviorka

Il doit exister des milliers d'heures de témoignages de déportés archivés sur le web ou des millions de pages éditées. Le Cercle d'étude propose un choix d'ouvrages et de vidéos : http://www.cercleshoah.org/spip.php?article86

La déportation dans les camps nazis : http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

Sylvie Lindeperg, Nuit et brouillard, un film dans l'histoire O Jacob, 2007
 

Extraits : 

« Sur le fond, enseignants et historiens s’interrogent aussi sur l’évolution de cet enseignement qui ne trouve pas toujours sa place, entre cours d’histoire classique et cours d’éducation civique. La tendance est à dissocier plus clairement, d’un côté, les faits historiques, et de l’autre, les valeurs - lutte contre les discriminations, le racisme, - et les fondements de la morale républicaine ».
 

« La France est considérée comme une nation pilote sur l'enseignement de la Shoah »
Une seule institution semble posséder la vérité... Pour Bensousan, « Un bon enseignement est celui qui explique la genèse politique du crime de masse qui s'appelle Auschwitz, et en quoi c'est un événement sans précédent et spécifique - étant entendu que ce n'est pas le seul génocide du XXe siècle ». Chaque élève doit pouvoir comprendre, poursuit-il, que c'est « le regard zoologique du nazisme sur l'espèce humaine » qui en est à l'origine...

Le voyage à Auschwitz ? « Rien ne vaut un cours d’histoire où l’on développe une réflexion politique »
[seulement politique ? C'est sans doute ce qui a conduit à la suppression de l'enseignement de l'histoire en terminale pour les élèves scientifiques]

« Là où le bât blesse, c'est dans la formation des enseignants » … « les jeunes certifiés ignorent le nom de Raul Hilberg ».. Il reste des progrès à faire : « on » ne distingue toujours pas entre les « camps de concentration », où l’on ne perpétuait pas des crimes de masse, et les « centres de mise à mort », de vraies usines à meurtres ».

«  il y a des problèmes dans des établissements de banlieue, avec des jeunes d'origine arabe, en particulier maghrébine. Et cela devrait interroger les élites françaises ».

« Certains profs sont, en outre, sensibles aux thèses de l'ultra gauche »

 

Sophie Ernst nuance ces affirmations :
« La Shoah arrive comme un coup de tonnerre lors de l'étude de la Seconde Guerre mondiale ... Il manque un récit construit sur l'histoire des Juifs, sur l'antijudaïsme chrétien et la spécificité de l'antisémitisme en Europe au XIXe et XXe siècle ».
[dans le prochain programme de 1ere, en dehors de l'anéantissement, combien de minutes sur la 2 GM ?] 

Le voyage à Auschwitz-Birkenau ? « le choc de l'horreur ... conduit à un antiracisme de conformisme »

Les classes de la banlieue défavorisée ? 
« Les difficultés surgissent dans les classes avec de graves dysfonctionnements, où les élèves sont en révolte et les profs des punching-balls, et où l'on n'arrive pas à enseigner... Les profs se sentent sous surveillance [communautaire] ; ils préfèrent parfois passer vite sur un sujet [sensible] ».

 

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07 avril 2010

Mémoires de la Shoah : A Wieviorka

Sur le site de l'INA, Annette Wieviorka s'entretient longuement avec JB Peretié
( 7 heures d'entretien . Aussi disponible en séquences très courtes - source : Nicole
L'entretien a eu lieu le 16 juin 2006, la mise en ligne a été faite en décembre 2006)
http://www.ina.fr/entretiens/aProposSignet.php?Collection=Shoah&Entretien=Wieviorka
En 2014, ce lien ne répond plus.
Et une transcription est imprimable,
(sans aperçu avant impression ni indication du nombre de pages).

http://entretiens.ina.fr/imprimer/Shoah/Wieviorka
http://entretiens.ina.fr/sitemap
Plus encore, cliquer sur la vidéo d'Annette Wieviorka donne accès à la vidéo... de Jacques Altmann !
Qui se soucie, dans certaines structures, du travail des enseigants dans la durée ?

aw-ina


Le sommaire
: (version artisanale en pdf)
I -   L'après-guerre : le témoin, les souvenirs, le récit - 1 h 52
II -  Les années 1960-1970 : Eichmann, les Six Jours et le réveil de la mémoire - 1 h 14
III - Les années 1970-1980 : La collecte, l'interprétation et la transmission - 1 h 25
IV - Les années 1980-1990 : Les procès, la reconnaissance et la transmission - 1 h 46
V - Sur l'actuel et les temps à venir : l'histoire, la loi et l'essentiel - 56 mn

Parmi les sujets abordés : Le témoin et l'historien, Les déportés : témoins ou profs d'histoire, Sur le voyage (scolaire) à Auschwitz, L'argent des orphelins de la déportation, La loi et l'écriture de l'histoire, La fiction et le rire, Sortir d'Auschwitz ? Du dérisoire et de l'essentiel...

Une vingtaine d'autres entretiens sont disponibles (dont Serge Klarsfeld) :
http://www.ina.fr/entretiens/aProposSignet.php?Collection=Shoah

Attention l'installation d'un plugin peut être exigé par l'INA au préalable,
Patience : le chargement peut être long et les plantages ne sont pas exclus...
De plus le texte est transcrit est en mode image, comme au temps de Gallica 0.1
Dommage...

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Extraits :
chap 46 : Les déportés, témoins ou profs d'histoire ?
« Ce qui est important dans la visite d’un déporté... cela fait dialoguer des générations éloignées...
« Quand on fait venir Stéphane Hessel dans sa classe, on est honoré par sa présence... Mais je pense que cela ne remplace pas un cours d'histoire. Le vrai problème, c'est que si les enseignants ont une petite paresse à aborder cette question, ou une petite frayeur à l'aborder, et qu'ils se défaussent sur le témoignage du déporté, ils ne font pas face à ce qui est leur travail, qui est quand même de donner un cours d'histoire à des élèves. Et un ancien déporté ne peut pas donner un cours d'histoire ».
« Il y a toujours la possibilité de raconter sa vie en recontextualisant sans cesse. Parce qu'en fait, nous sommes très peu originaux, nous sommes le produit à la fois de notre famille, de l'époque où nous vivons, des événements qui se déroulent autour de nous. S'ils avaient cette capacité, ils pourraient effectivement faire une leçon d'histoire... Mais très peu le font. Pourtant, ils n'hésitent pas à se présenter comme possédant la science... »

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chap 79 : Sortir d'Auschwitz ?
« vous dédicacez votre dernier livre « A mon fils, cette sortie d'Auschwitz ».

« ... Mon travail n'a jamais eu pour finalité de transmettre un fardeau à mes enfants. Mais de faire que cette histoire soit écrite pour qu'on puisse en quelque sorte en desserrer l'emprise... je l'ai dédie à mon fils...parce ce que je me suis dit que je n'avais pas associé assez mes enfants à ce que je faisais... J'avais le désir de les protéger de cette histoire. Je pense qu'on n'a pas à charger le fardeau, que les enfants, les petits-enfants n'ont pas de devoir par rapport à cette histoire. Ils ont le devoir de travailler à leur vie et au monde qui est le leur dans leur génération... L'opération historique est une opération de sépulture... Ce n'est pas l'oubli, ce n'est pas l'absence de transmission. Mais c'est une façon de donner aux générations qui viennent la liberté, alors que ce qui caractérise cette histoire, c'est que les gens ont été des objets et que leur marge de sujets a été très mince ».

fardeau
Copie d'écran de l'entretien à écouter en ligne

« des Auschwitz virtuels, c'est quelque chose que vous redoutez ? »
« je tiens le mensonge pour la pire lèpre de l'âme » Marc Bloch.
« Le virtuel permet tous les mensonges. Et parfois, un de ces mensonges, c'est de reconstituer comme cela a été, on donne l'impression d'être le plus près de la vérité alors que c'est peut-être à ce moment que l'on ment le plus ».

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« De ces années d’étude de la Shoah, on sort avec davantage de lucidité pessimiste sur l’espèce humaine ... »
« On est accablé devant le jeu social : d’un côté on invoque le devoir de mémoire, de l’autre, il y a des institutions qui fonctionnent - pas comme fonctionnait le nazisme - mais comme peuvent fonctionner les administrations, avec autant d’indifférence, de lâcheté, d’absence de perception sur ce que les actes produisent… » « Parfois on a envie de ricaner quand on voit certains faire des grandes leçons sur Vichy et qu’on voit les conditions dans lesquelles ils peuvent « mettre à mort » un jeune thésard… »

 

Posté par clioweb à 05:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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