29 décembre 2014

2012 : La redécouverte d’Élisée Reclus

 


« La redécouverte d’Élisée Reclus : à propos d’ouvrages récents », EchoGéo 2012
http://echogeo.revues.org/13173

Federico Ferretti souligne l'importance de deux ouvrages :
Élisée Reclus, géographie et anarchie, Philippe Pelletier
Élisée Reclus et l’Algérie colonisée, Florence Deprest

FF attend beaucoup de l'analyse de l'oeuvre et des archives du géographe anarchiste exilé après la Commune.

Bibliographie Elisée Reclus -
http://raforum.info/reclus/

Élisée Reclus, la passion du monde, un film de Nicolas Eprendre, 2012
http://antoinemartinprod.fr/film/affiche/id/419

Élisée Reclus, Paul Vidal de la Blache, la géographie, la cité et le monde, hier et aujourd’hui, autour de 1905.
colloque international, Lyon 2005
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=29568

 

reclus-globe

Pour l'expo de 1900, Reclus avait présenté un Projet de globe au 100.000e
http://cybergeo.revues.org/24955
FF, Le schéma de la Valley Section de Patrick Geddes (1925), Mappemonde 108 - 2012-4

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19 octobre 2014

Elisée Reclus, géographie et anarchie

 

reclus2

Elisée Reclus (1830-1905) en Suisse
http://fr.wikipedia.org/wiki/Elisée_Reclus

 

Élisée Reclus, théorie géographique et théorie anarchiste,
long article (66 000 signes) d'une conférence de Philippe Pelletier, 31.12.2012
Aggiornamento HG, 17.10.2014
http://aggiornamento.hypotheses.org/2373

extraits :
« De prime abord, Élisée Reclus (1830-1905) ne semble pas avoir écrit un traité de théorie géographique…
Mais plusieurs chapitres de ses ouvrages, notamment introductifs ou conclusifs, exposent des principes géographiques forts. C’est notamment le cas de sa préface de L’Homme et la Terre (1905) ou l’introduction à l’ouvrage d’un autre géographe anarchiste, La Civilisation et les grands fleuves historiques (1889) de Léon Metchnikoff (1838-1888). En outre, comme viennent de le montrer de récentes recherches, la Nouvelle Géographie Universelle (1876-1894) d’Élisée Reclus, loin de se résumer à une simple description du monde, livre aussi des éléments généraux à travers une analyse régionale »...

« ... Il existe un lien historique, idéologique et personnalisé entre ces trois idéologies (les religions monothéistes, le marxisme, le catastrophisme écologiste). Le catastrophisme est un excellent moyen pour culpabiliser les individus de façon très religieuse, pour les tétaniser et pour les détourner, face à l’ampleur de ce qui paraît incommensurable et insurmontable, inhumain. L’« heuristique de la peur » proposé par un Hans Jonas (1903-1993), celui-là même qui suggérait une « dictature bienveillante » pour régler les problèmes écologiques de la planète, n’est rien d’autre qu’une supercherie ».

« Or l’anarchisme place la liberté et la critique du pouvoir au cœur de sa philosophie, de son éthique et de sa pratique...
L’analyse géographique permet de démasquer cette fiction en décrivant la réalité spatiale des exploitations (division socio-spatiale du travail), des dominations (division en États-nations et en empires), des oppressions (lieux de pouvoir coercitif, marginalisation des minorités, ghettos) et des aliénations (lieux de culte, lieux de la société marchande spectaculaire, lieux du sexisme). Une perspective anarchiste en géographie analyse, et dénonce, les formes spatiales du pouvoir, que celles-ci soient particulièrement coercitives ou visibles, ou moins fortes ».

« La géographie actuelle, outre qu’elle se complaît bien souvent dans un outillage informatique et quantitatif, garde cependant une lecture verticale de ces espaces…

... Une perspective anarchiste de la géographie peut libérer celle-ci de ce carcan verticaliste et lui substituer une lecture horizontale du monde, démontant les systèmes hiérarchiques du pouvoir et valorisant les tentatives horizontales d’émancipation humaine dans l’espace. Elle refuse une vision statique et fétichiste de la nature. Elle s’interroge sur les limites supposées de la biosphère et de la terre, mais aussi sur le retour du malthusianisme en science comme en politique.  Elle n’est pas l’esclave de la technologie, mais elle ne tombe pas non plus dans une critique aveugle ou tronquée de celle-ci. Elle se met au service non des dominants, en leur fournissant des outils d’analyse et de contrôle, des discours et des lectures du monde, mais au service de la société, du peuple, non pas de l’extérieur ou d’en haut, mais en son sein, en franchissant et en dépassant la barrière académique ».


pelletier

Philippe Pelletier, Paris, mars 2012
http://corotzilla.eklablog.com/salon-du-livre-jour-1-a44820332

geo-anar-pp

http://editions-libertaires.org/?p=519

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12 avril 2014

La France en 10 régions ?

 

- Redécoupage régional : le degré zéro de la géographie
Philippe Pelletier, la lettre d'Orion
http://libelalettredorion.blogs.liberation.fr/mon-blog/2014/04/combien-de-r%C3%A9gions-pour-la-france-.html

« Non, le plus simple pour la technobureaucratie soutenue par des politiques en panne d’inspiration, c’est de jouer à nouveau au mécano territorial : on ajoute des régions les unes aux autres pour faire de grandes institutions, on les fait passer de 22 à 11. Autrement dit, on divise par deux, comme une poire. C’est le degré zéro de la géographie ».

- Redécoupage des régions, 7 cartes rappelées par Libération
http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/11/redecoupage-des-regions-les-cartes-de-liberation_994748


- Jacques Lévy, . Réinventer la France, Trente cartes pour une nouvelle géographie, Fayard, 2013
http://geobunnik.over-blog.fr/jacques-levy

. Et si on redessinait la France à la carte ? Slate, 18.01.2014
http://www.slate.fr/story/82419/geographes-redecoupage-regions-francaises

. La France en 10 régions (Pourquoi votre région doit (peut-être) disparaître) - Slate 10.04.2014
http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions

fr-levy-10regions



- rappel : les propositions du Comité Balladur en 2009
http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/collectivites-locales-propositions-du-comite-balladur.html

fr-regions-balladur

source : Prenez vos ciseaux, Libération 2014
http://www.liberation.fr/politiques/2014/01/16/redecoupage-des-regions-prenez-vos-ciseaux_973241

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05 octobre 2013

Un vent libertaire sur la géo

 

Un vent libertaire sur la géographie
Les marxistes sont attirés par l’histoire et le temps, les anarchistes sont sensibles à l’espace et aux milieux.
La liberté a besoin d’air.
Philippe Pelletier a publié « Géographie et Anarchie, Reclus, Kropotkine, Metchnikoff »
Le spécialiste du Japon est directeur scientifique du FIG de Saint-Dié -des-Vosges.

Géographie et anarchisme sont historiquement reliés par une histoire peu connue mais essentielle qui remonte à la seconde moitié du XIXe siècle et implique des géographes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine qui furent également des militants et des penseurs anarchistes de premier plan. Avec d’autres géographes anarchistes, comme Léon Metchnikoff, Charles Perron ou Mikhail Dragomanov, ils ont participé à la constitution du mouvement anarchiste au cours des années 1880 en Europe, à l’issue de la décomposition de la première Association internationale des travailleurs.

http://www.liberation.fr/monde/2013/10/03/un-vent-libertaire-sur-la-geographie_936784

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09 mars 2012

Japon - La cicatrice

 

libe-09032012


- Japon, La cicatrice
- Libération 09.03.2012

La société nippone paie la fracture
Opacité nucléaire, classe politique discréditée, la catastrophe a mis en lumière tabous et tensions.
http://www.liberation.fr/monde/01012394845-la-societe-nippone-paie-la-fracture

Un an après, les joueurs de flûte de Fukushima
http://www.liberation.fr/monde/01012394771-un-an-apres-les-joueurs-de-flute-de-fukushima


- Le Japon post-nucléaire.

. Couverture de la revue Carto n° 10,
. plus un article de Philippe Pelletier (avec une carte des partenaires commerciaux du Japon),
. et une description des richesses de la BNF en cartes anciennes du Japon

Le sommaire détaillé :
http://www.carto-presse.com/?p=1243


- Rappels :

. Le Japon quatre fois frappé, Philippe Pelletier, Echogéo, avril 2012
  http://clioweb.canalblog.com/tag/Pelletier

. Japon 11 mars 2011 -  Du cataclysme à la catastrophe, Remy Scoccimarro
  http://clioweb.canalblog.com/tag/scoccimarro

Japon : face à la catastrophe, le recours aux échelles géographiques
Les catastrophes ont changé de nature
Le Japon, trois mois après
Planète Terre, Sylvain Kahn, l'émission et le blog - http://clioweb.canalblog.com/tag/kahn

. Fukushima et ses conséquences, Sylvestre Huet, blog Sciences 2
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/energies_nuclaire/

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12 avril 2011

Le Japon quatre fois frappé

Le Japon quatre fois frappé, un article du géographe Philippe Pelletier pour Echo-Géo *, 1/04/2011
http://echogeo.revues.org/12327

Sommaire :
Le centre a tremblé, la province a encaissé
Le Sanriku et sa mémoire du risque

Le problème du chiffrage des victimes
Le petit nipponisme ne connaît pas la crise
Yes future


Extraits : 
Aux trois catastrophes subies par le Japon (séisme, tsunami, accident nucléaire), Philippe Pelletier en ajoute une quatrième, celle du regard des médias occidentaux.

« Il faut bien avouer que la géographie a été singulièrement malmenée dans le traitement effectué non seulement par les médias mais aussi par certains experts. Car les analyses sur les événements sismiques ont été déspatialisés en deçà d’une certaine échelle. La géographie a été ignorée, oubliée, bafouée même ».

 dès l'annonce du « gigantesque séisme du Tôhoku »…tout le monde s’est inquiété du sort de Tôkyô…les gratte-ciels y ont tangué, le parking de Tokyo Disneyland a été inondé ... les témoignages sensationnalistes et inutiles d’étrangers présents à Tôkyô ont afflué sur les ondes… ». Mais il a fallu attendre presque 48 h pour que « les médias français balbutient tout juste les noms de Sendai (un million d’habitants, une ville grande comme Lyon ou Marseille, pourtant) et de Miyagi (son département) ».

Pourtant, « dès vendredi, quelques heures après la principale secousse, un simple clic sur la Toile permettait déjà d’en savoir beaucoup. Deux options étaient même possibles. D’une part consulter Google Earth pour vérifier le décalage entre les images présentées par les médias, abusivement généralisées, et l’organisation spatiale de l’aire urbaine de Sendai. D’autre part consulter des sites japonais, ce qui suppose évidemment de connaître la langue japonaise et donc d’avoir fait l’effort de l’apprendre… »

 « La socioculture de la « coexistence » (kyôson) entre le risque naturel et l’habitant est caractéristique du Japon », écrit Philippe Pelletier qui décrit les infrastructures construites par « l’Etat-BTP » et l'entretien de la mémoire du tsunami dans le Sanriku. Selon lui, « l’alerte a été correctement donnée (par sirènes et hauts parleurs), mais les médias ne l'ont guère relevé ». C'est la réactivité des populations côtières qui explique le relativement faible nombre de morts rapporté au nombre d’habitants et à l’ampleur du tsunami.

« Autrement dit, les Japonais, bien organisés, ont fait face autant que possible au tsunami. Mais de ce fonctionnement collectif, prévoyant et bien organisé, limitant autant que faire se peut les dégâts (les infrastructures routières ont tenu), nous n’en avons quasiment rien su pendant trois à quatre jours ».

Le nucléaire, un secteur très juteux où l'opacité règne depuis longtemps, a été aussi malmené par les médias. Ils ont été discrets sur le fait que « la centrale de Fukushima, déjà en ligne de mire, aurait dû être fermée il y a un an ». « L'option nucléaire dans un pays à risque sismique très élevé, et dans des régions encore plus risquées, relève d'une irresponsabilité totale ».

« La question environnementale - évidemment sérieuse - masque également une dimension sociale et une dimension géopolitique. Les médias parlent beaucoup de Tepco, l’entreprise qui a construit les centrales nucléaires de Fukushima, et de ses techniciens. Ils négligent de dire que, conformément à une pratique déjà bien instaurée au Japon, les « liquidateurs » envoyés au cœur des réacteurs sont en quasi-totalité des sous-traitants, généralement des travailleurs journaliers recrutés sur le marché ad hoc de San'ya à Tôkyô. Cette utilisation du sous-prolétariat permet non seulement de faire des économies en termes de statut (pas de contrats à durée indéterminée, pas de retraites, pas d’assurances ni d’indemnisations), mais aussi de perdre la trace des contaminés, ce qui a déjà, lors des incidents nucléaires précédents, contribué à fausser gravement le bilan des dégâts. Mais cette dimension de « lutte des classes » n’est pas dans l’air écologique du temps. Quant à la dimension géopolitique, il faut souligner que la centrale a été construite en 1971 par l’entreprise américaine General Electric tandis que le troisième réacteur fonctionne avec un mélange d’uranium et de plutonium, le Mox, vendu par l’entreprise française Areva. Ce type de décisions, d’achat et de vente, est pris au plus haut sommet, et en fonction de paramètres politiques et internationaux parfois éloignés de la seule question énergétique ».


« Décidément, le Japon n’a pas de chance. Il ne fait parler de lui dans les médias que pour des catastrophes, rarement pour autre chose ». Dans cette vision quasi xénophobe, les Japonais seraient décidément des êtres à part, passifs, mal organisés et assez fous pour vivre sur une telle terre.

Pour Philippe Pelletier, « le regard occidental est préoccupant. On pouvait en effet penser qu’à l’heure de l’information rapide et généralisée, dans un monde et à une époque où les livres scientifiques sur le Japon sont de plus en plus nombreux, à propos d’un pays qui est désormais facilement accessible et ouvert … un certain nombre d’idées reçues, d’approximations et de stupidités aurait été éliminé… Il n’en est donc rien. Cette non réception, ou bien cette mauvaise lecture (une mauvais écriture, alors ?) appelle à une modestie, dût-elle en souffrir, chez les chercheurs japonisants, et à une interrogation sur le pourquoi du comment ».
 
.
Japon: le regard tordu des Occidentaux
Une préversion de l'article semble avoir été publiée sous forme de tribune le 13 mars, par http://www.cyberpresse.ca 
Le titre canadien n'en tire aucune leçon, mais pose un tag vers 
« accident de la route » et titre sur « les dernières heures d'un prêtre québécois au Japon » !!  http://www.cyberpresse.ca/opinions/

.
Les médias se sont acculturés 
Un autre géographe constate également l’absence de « vision spatiale d’ensemble ». Mais selon lui, les médias ont beaucoup écrit sur le Japon, souvent au-delà des catastrophes ; les journalistes se sont acculturés au contact des spécialistes du pays, de ses habitants et de sa culture. 
Les 
angles d’analyse ont évolué au fil des jours ; ne faudrait-il pas compléter l’article en prenant en compte cette évolution ? 
Que donnerait une étude de la couverture des trois catastrophes par les médias japonais ?

* EchoGéo
: Notre vocation est de produire une information pertinente et documentée sur des pays et des thèmes qui, soit ne sont pas pris en compte par les médias, soit le sont de façon évasive et superficielle.

 

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17 mars 2011

Japon : Le regard des géographes - 6

- 17/03 : Japon : face à la catastrophe, le recours aux échelles géographiques, Sylvain Kahn, blog Globe


- Le site web du japonisant Rémi Scoccimarro (Toulouse 2), l'auteur de la Doc photo 8076 sur le Japon (jt-août 2010) comporte deux textes :
Philippe Pelletier Le centre a tremblé, la province a subi
Rémi Scoccimarro, Premiers éléments d’analyse et de compréhension
http://japgeo.free.fr/  (source François Arnal)


- L’actualité japonaise est révélatrice du fonctionnement des médias.
F-Culture a intitulé son dossier « Apocalypse au Japon ». Par anticipation ? Sous l’influence de France 2 ? Pour imiter le commissaire Günther Oettingrer ? Sur le conseil d’une astrologue (tarot-numerologie, last-days…) ? Tous ces gens ont-ils pris le temps de consulter un dictionnaire ? (Vision d’une catastrophe comparable à la fin du monde, telle qu'elle est décrite dans l'Apocalypse de Jean).

On peut parfois sourire devant les casquettes et le statut attribué à certains invités : scientifique ? politicien ? idéologue ? chef d'entreprise ? responsable de communication ?

Les médias veulent occuper l’antenne 24 h sur 24, mais ils manquent d’informations fiables et renouvelées en permanence. Le durable doit céder la place à l’éphémère et au spectaculaire : il a fallu attendre ce jeudi, près d’une semaine après le séisme , pour voir Télématin s’occuper de tectonique et de subduction ! Les hélicoptères et les pompes ne sont-ils pas imaginés pour occuper les commentateurs ? Pourquoi un silence assourdissant sur les entreprises nucléaires (la Tokyo Electric Company) ? Le Japon vante ses réalisations en robots et en robotique. Pourquoi ne sont-ils pas mis davantage au service de l’industrie nucléaire ? Où sont les milliers de capteurs automatiques et les caméras de vidéosurveillance ?

[ démonstration caricaturale sur la TNT, ce jeudi : un commercial d'une entreprise fabriquant des robots (français) vient montrer sa marchandise, capable de descendre un escalier normal, pas un espace dévasté par un séisme et des explosions. Question : vous a-t-on sollicité ? Non ! Peut-être que les entreprises japonaises savent aussi faire ...] 

 
Les géographes sont absents; les médias leur préfèrent les économistes (plutôt pro-patrons) et les politologues (côté sondages). Pourtant, les géographes auraient beaucoup à dire sur les sociétés humaines face à la tectonique des plaques, sur l'Asie orientale dans la globalisation, sur l’occupation du sol au Japon (ne pas confondre le littoral pacifique du Tohoku et la Mégaloplis), sur l’implantation des réacteurs à confronter avec la répartition de la population, sur la conception et l’âge de la centrale…

La Perry-Castenada Library a mis en ligne une sélection très utile de cartes sur le Japon, anciennes ou récentes.
. http://www.lib.utexas.edu/maps/
ou bien http://www.lib.utexas.edu/maps/japan.html
dont celle-ci sur l’implantation des centrales nucléaires au Japon
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Japan_Nuclear_power_plants_map.gif


- Franck David, qui a enseigné ses dernières années au Lycée Français de Tokyo, vante l’anticipation des risques naturels par le Japon. A lire dans les archives de la liste H-Français(une liste hébergée par H-Net à l’université du Michigan)


- « Le Japon est profondément optimiste »
Marianne publie un entretien avec Jean-Robert Pitte - Mardi 15 Mars 2011
http://www.marianne2.fr/Jean-Robert-Pitte

La nucléaire ? « il n’y a pas d’alternative » affirme le géographe -T.I.N.A disait Thatcher en son temps.

« Les Japonais disent « c’est la crise » quand ils font 5% de chômage et 3,5% de croissance ! C’est ce que j’aime dans ce pays. Les gens se remettent en cause, ils cherchent des solutions à tous leurs problèmes. C’est passionnant. La vraie grande qualité du Japon c’est d’être aux aguets des idées nouvelles et ils « japonisent » tout ce qu’ils empruntent, religion, technique, architecture, culture, politique etc. »

Le Japon de l’entre-deux guerres a-t-il seulement été « influencé par le modèle européen des grandes dictatures » ?
L’entretien en dit sans doute davantage sur l’ancien président de la Sorbonne, son tempérament et ses idées que sur celles de Japonais d’aujourd’hui.


- Philippe Pelletier (Lyon 2) était l’invité de l’émission Cultures monde, sur France Culture (mercredi 16/03)
L’émission au format mp3
J’ai pris le temps de transcrire ses quatre interventions, qui tranchent nettement avec les propos des économistes libéraux ou des politiques invités dans les médias dominants.

Vers la 3e mn
Etes-vous toujours aussi optimiste quant à la capacité des Japonais à surmonter la catastrophe ?

Je me suis peut-être mal exprimé. Je n'ai pas cherché à relativiser, mais à géographiser, ce qui n'est pas la même chose. On dit toujours « les Japonais » mais on sait très bien qu'il y a des classes sociales, avec des intérêts divergents et des antagonismes, qu'il y a des régions : ce qui se passe à Tokyo n'est pas ce qui se passe à Sendai, Tokyo, ce n'est pas le littoral et les rias de Sanriku qui ont été frappées de plein fouet par le tsunami. Donc il faut différencier les situations pour bien comprendre ce qui se passe.

Après, sur la question de l'optimisme et du pessimisme, je ne lis pas dans le marc de café. J'observe cependant un regain du catastrophisme, une idéologie dominante genre choc dénoncée par Naomi Klein. Il ne faut pas tout mélanger. Quand on met sur le même plan le bombardement d'Hiroshima, un largage humain - ou plutôt inhumain - sur une ville dans le cadre d'une guerre impérialiste, et la vague du tsunami, je ne peux pas être d'accord : ce sont deux choses très différentes, même s'il y a des morts dans les deux cas.


Vers la 11e mn
Comment voyez-vous la place de l'armée et le sentiment nationaliste au Japon ?

La catastrophe nucléaire est une catastrophe technologique, humaine, qui résulte de choix politiques et économiques en amont, c'est un enjeu énorme et j'ai peur que nous soyons dans une logique dominante, alors qu'en réalité on est à un tournant absolument incroyable aussi bien au Japon que dans le reste du monde. C'est à dire : va-t-on continuer comme cela, à prendre des risques aussi inconsidérément ? La centrale nucléaire était toute pourrie, cela fait un an que l'on demandait sa fermeture, la maintenir sur une zone sismique, il y a de quoi se poser des questions. On peut supposer que les Japonais [certains Japonais ?] vont se poser des questions et demander des comptes. C'est à ce moment-là que les choses sérieuses vont commencer, une fois le choc passé.

Les réponses vont être multiples, car la société est composite ; ce n'est pas un bloc homogène. Sur le plan politique, par exemple, deux courants se sont dégagés. Le première ministre Kan Naoto a dit que c'était la crise la plus grave que le Japon avait connu depuis 1945, ce qui n'est pas totalement faux. En face, le gouverneur de Tokyo Shintarō Ishihara tient un discours hallucinant ; il a été réélu trois fois sur des positions néo-nationalistes pour ne pas dire quasi xénophobes ; pour lui, le tsunami est une punition du ciel ; il fallait nettoyer une fois pour toutes l'égoïsme japonais, la crasse que les Japonais ont accumulé dans leur cœur toutes ses années. Pour lui, ils se seraient abimés dans le matérialisme sordide, le japon aurait perdu ses valeurs. Or il y a un paradoxe : Ishihara est membre de l'élite, il soutient le modèle capitaliste, on voit pas très bien sur quoi déboucheraient de telles positions. Mes correspondants notent un discours ambiant : « ah, on a vécu une guerre, on a subi des bombardements, on est costaud, on s'en sortira, sous-entendu, nous sommes forts, nous sommes différents ». Ce type de conviction risque de tordre les choses malgré tout.

Un dernier mot, à propos des forces d'auto-défense : moi, j'aurais une analyse un peu différente. Les forces d'auto-défense, ce ne sont pas des pompiers, pas des civils. A un moment donné, les Japonais sauront aussi faire la différence. Envoyer des troupes en Afghanistan, c'est une chose, avoir des groupes civils qui pratiquent une solidarité active, c'en est une autre. [face à un tel désastre, il vaut mieux avoir des techniciens efficaces que des uniformes formés pour d'autres missions]


Vers la 28e mn
Peut-on faire un parallèle avec Kobé en 1995 ?

Haruki Murakami, c'est un auteur bobo, très bohème, très onirique. C'est une sentinelle, il a une réflexion, mais il n'est pas vraiment politisé sur le fond. Il est cosmopolite, il est ouvert sur le monde il représente ce Japon qui connaît mieux le monde que le monde ne connaît le Japon.

J'attends avec beaucoup d'impatience ce qu'il va tirer de ces chocs, à la fois du séisme, du tsunami et du nucléaire. S'il n'en disait rien, ce serait décevant, pathétique, pitoyable ; il ne pourra pas se contenter de dire « on coupe la télé et on va au zoo ». http://www.deslivres.com/auteur/67/Murakami-Haruki.html
On fait comme si tout devait fonctionner comme avant, les pièces détachées vont continuer d'être livrées à la Chine, etc, ce n'est pas possible, ce n'est plus possible. Le Japon a des liquidités, l'épargne populaire est efficace, il peut récupérer ses bons du Trésor aux USA, il peut comprimer un certain nombre de dépenses.. Kobé a montré que l'on peut relancer l'économie : le BTP occupe 7 millions de personnes, c'est 10% de l'emploi, entre 8 et 10 % du PIB. Mais fatalement le Japon devra repenser la protection, le nucléaire, l'énergie, l'ensemble du fonctionnement de son économie.


Vers la 41e mn
Le Japon sera-t-il le premier pays décroissant ?

Le modèle pour une agri raisonnée est né au Japon, a transité par la Californie, avant d'arriver en Europe... shima okoshi, reveil des villages, des petites villes... c'est embryonnaire, minoritaire, mais la situation peut pousser à changer d'échelle... le mouvement citoyen peut aussi prendre de l'ampleur..


Un nouveau Japon ? Regards sur les mouvements alternatifs, Jean-Marie Bouissou – Ceri 1997
http://www.ceri-sciencespo.com/publica/etude/etude30.pdf

http://www.una-leader.org/leader/IMG/pdf/AMAP_V2.pdf

jp_atlas                  pelletier

Philippe Pelletier, Le Japon - Géographie, géopolitique, géohistoire, Sedes, 2007

A lire dans les cafés géographiques 

 

 

 

 

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