09 janvier 2016

André Gunthert, L'image partagée 2

 

partagee


 

- Les liens vers des articles reproduits dans l'ouvrage L'image partagée.


1 - L'empreinte digitale. Théorie et pratique de la photographie à l'ère numérique
André Gunthert, mercredi 3 octobre 2007
http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2007/10/03/506-l-empreinte-digitale

2 - L’image numérique s’en va-t’en guerre
André Gunthert, Études photographiques, 15  Novembre 2004,
http://etudesphotographiques.revues.org/398
http://issuu.com/gunthert/docs/les-photographies-d-abou-ghraib?e=1023961/3093494


+ Les nouveaux chemins de l’authenticité photographique
Études photographiques, 31 Printemps 2014
https://etudesphotographiques.revues.org/3380


3 - Tous journalistes ? Les attentats de Londres ou l'intrusion [supposée] des amateurs 19.03.2009
http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/03/19/956-tous-journalistes


4 - L'image parasite : après le journalisme citoyen
André Gunthert, Études photographiques, 20 | Juin 2007
http://etudesphotographiques.revues.org/996
http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00154197/document


5 - La photographie est-elle encore moderne ?
Cahiers Louis Lumière, colloque 06.2010
http://culturevisuelle.org/icones/500


6 - L’image partagée. Comment internet a changé l’économie des images
André Gunthert, Études photographiques, 24  novembre 2009
http://etudesphotographiques.revues.org/2832


7 - La culture du partage ou la Revanche des foules
in Hervé Le Crosnier, Culturenum 2013
http://culturevisuelle.org/icones/2731

8 - Les photos qu'on ne montre pas
L’Atelier des icônes, 29.07.2012
http://culturevisuelle.org/icones/2469


9 - La faute aux amateurs,
L’Atelier des icônes, 19.07.2013
http://culturevisuelle.org/icones/2761


10 - Pourquoi la conversation l'emportera
L'image sociale, 21.10.2013
http://culturevisuelle.org/icones/2822


11 - L’image conversationnelle
André Gunthert, Études photographiques, 31 Printemps 2014
http://etudesphotographiques.revues.org/3387


12 - La consécration du selfie - Une histoire culturelle
Études photographiques, 32 Printemps 2015
http://etudesphotographiques.revues.org/3529



- Revue de presse de L'image partagée :
dont l'article dans Simples instants
http://imagesociale.fr/limage-partagee

- Travaux (souvent disponibles en ligne) d'André Gunthert
http://ehess.histoirevisuelle.fr/gunthert/travaux
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08 janvier 2016

André Gunthert, L'image partagée 1

 

partagee



André Gunthert vient de publier L’image partagée (Textuel)
à partir de 12 articles publiés auparavant sur la plate-forme Culture visuelle, dans des revues ou des ouvrages collectifs.
http://imagesociale.fr/limage-partagee

L'image fluide, l'introduction est disponible en ligne
http://imagesociale.fr/2044

Ecouter l'entretien d'André Gunthert avec Sylvain Bourmeau, La suite dans les idées, 24.10.2015
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-la-mise-en-flux-des-images-ce-que-le-numerique-fait-a-la-photograph


Dans la transition de l'argentique à la photo numérique, la part de la technique est évidemment considérable. Ceux qui ont développé des photos en noir et blanc au temps de l’argentique le savent, tout comme ceux qui ont intégré la photo numérique dans leur travail au quotidien. Mais la dimension sociale et culturelle est également très importante.

Pour AG, le numérique n’a pas fait avancer l’esthétique et le rapport à l’art. La continuité des formes est évidente.
Le numérique a surtout accéléré l’indexation (possible) et la circulation des images (grâce à la compression au format jpg). Il a fait de la photo un langage, ou au moins un support de conversations (cf. instagram) y compris quand la durée de vie des images est volontairement limitée (snapchat).


Pour l'historien de la culture visuelle, les pros et les industriels n’ont pas vraiment pris la mesure de cette mutation.
Quand Bill Gates créé Corbis, c'est pour commercialiser des images sous copyright venant des fonds institutionnels. Pas pour gérer l'abondance des images prises par les visiteurs et envoyées à leurs proches (la photo était alors interdite dans de nombreux musées).

Pour Kodak, la photo, c’était une industrie avec des films à vendre et à développer, des tirages à rentabiliser. L’industriel a payé au prix fort son aveuglement devant les pratiques et les attentes des utilisateurs (et sa volonté d’imposer le format APS).

En 2009, les industriels produisaient 45 M d’appareils numériques et 12 M d'appareils traditionnels (dont 5 M de jetables). Ils ont refusé d’ajouter une fonction communication aux appareils numériques. Pour le coup, ce sont leurs concurrents de la téléphonie qui ont empoché l’argent généré par la circulation des images (cf le smartphone).

Pour la défense de leur citadelle, les industriels ont lancé des légendes colportées complaisamment par une presse qui redoutait aussi le numérique.
Les partisans du monde d'avant ont cultivé la nostalgie d’un âge d’or où le sens esthétique étaient l’apanage des élites.
Dans le photojournalisme, ils ont laissé croire que la concurrence des amateurs aurait provoqué une dégradation de la profession.
Ils semblent associer la vérité à l'argentique, comme si la retouche (et le mensonge) n'étaient apparus qu'avec Photoshop.

Ils font du numérique un bouc-émissaire. Très longtemps, les mutations techniques ont été sources décisives de progrès social. Ce n’est plus le cas. La technique peut être utilisée pour détruire des équilibres conquis depuis plus d’un siècle. Le nouvel ordre néo-libéral est particulièrement brutal à l’égard des plus fragiles.


AG développe un regard original sur le selfie : les élites et la grande presse veulent y voir un narcissisme excessif et un total manque de considération (cf. la réaction du prince Harry : c’est moi que l’on photographie, pas vous qui êtes ordinaire... cf. aussi les protestations contre des selfies pris à Auschwitz).
AG y voit une forme de subversion sociale, des gens modestes pouvant grâce à une technique, imposer leurs choix aux industriels (cf. écran mobile) et participer à la fixation de normes « culturelles »

Ne rien idéaliser : les échanges sur le web reflètent parfois la montée de la brutalité dans nos sociétés (cf les insultes fréquentes dans les commentaires sur les sites de presse)


2 remarques :
- Le numérique (le blog, les plate-formes) est un excellent outil pour chroniquer une mutation complexe en cours en ce moment, et archives les observations et les traces.
- Le livre reste central dans le monde intellectuel : c'est lui qui donne l'accès au micro, la radio servant de porte-voix au monde de l'éditon.
 
A suivre :
Les liens vers les adresses des articles réunis dans l'ouvrage :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/01/08/33181910.html


Revue de presse de L'image partagée :
dont l'article dans Simples instants
http://imagesociale.fr/limage-partagee

L'ensemble de travaux d'André Gunthert (beaucoup sont consultables en ligne)
http://ehess.histoirevisuelle.fr/gunthert/travaux

 

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07 novembre 2015

André Gunthert, L'image partagée

 

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André Gunthert, l'historien de la culture visuelle vient de publier L'image partagée chez Textuel
(coll l'écriture photographique, dirigée par Clément Chéroux)
Il était l'invité de Sylvain Bourmeau

 

La mise en flux des images. Ce que le numérique fait à la photographie, La suite dans les idées, 24.10.2015
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-la-mise-en-flux-des-images-ce-que-le-numerique-fait-a-la-photograph

L'écouter sur la manière dont un historien peut utiliser le numérique (le blog, les plates-formes) pour chroniquer des mutations en cours. Il souligne les relations entre mutations techniques, choix économiques, réalités sociales et culturelles : dans le monde ultralibéral actuel les progrès techniques sont néfastes pour les précaires et les plus fragiles.

Pour lui, les industriels de la photo ont loupé le coche : ils étaient focalisés sur la production des images (appareils, pellicules, tirage papier..).
Kodak et les autres n'ont pas compris la demande de communication des images, facilitée par le triomphe d'un format unifié (jpg). Ils ne voyaient pas l'intérêt d'ajouter un téléphone à un appareil photo. Le smartphone sert à réaliser une part importante des photos. Du coup, ce sont les industriels des télécoms qui tirent profit des mutations en cours.

Les pratiques vernaculaires se sont modifiées à une très grande vitesse. Les pros ont refusé de comprendre l'ampleur de ce qui se passait. Le monde du cinéma était très structuré. Il a pu se défendre. Le monde de la photo était davantage individualiste. Il était moins armé pour réagir. Il s'est réfugié dans la nostalgie, les années 1980 marquant une apogée, aussi bien pour le photojournalisme (cf. Arles) que pour le rapport de la photo à l'art.

Par habitude, on sépare appareil photo et caméra. La distinction n'a plus de sens. On peut faire des photos avec un caméscope numérique et tourner des courtes vidéos avec un appareil photo numérique. Si les industriels gardent la distinction, c'est pour ne pas froisser les habitudes des clients et peut être aussi capter un double marché.


André Gunthert a beaucoup écrit sur le selfie. Il y voit une pratique sociale révélatrice des changements culturels en cours, une démocratisation du portrait. Il s'intéresse aussi aux attaques contre cet usage (narcissisme, triomphe du vulgaire...)
Aux polémistes qui voudraient ne voir dans le web qu'une poubelle, il répond que le web est un révélateur.
Nous ne vivons pas dans une société pacifiée, mais dans une société très conflictuelle, avec une très forte montée des inégalités. La violence transparaît dans les commentaires non modérés à la suite des articles de presse : trolls, insultes... Cette réalité est à prendre en compte, avant d'essayer d'améliorer les choses, si c'est encore possible.

Arles 2012 ? From Here On
http://www.rencontres-arles.com/C.aspx?VP3=CMS3&VF=ARL_7


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05 septembre 2015

Syrie : Aylan, Galip et Rehan

 

aylan-nifuler-2

« Three-year-old Aylan, five-year-old Galip and their mother, Rehan, were among at least 12 people who died »
The family, Kurdish Syrians, has been refugees in Turkey for three years and previously lived in Damascus
http://www.theguardian.com/world/2015/sep/03/father-drowned-boy-aylan-kurdi-return-syria



aylan-ukpress

Les photos de Nilufer Demir ont été recadrées
http://tinyurl.com/nifuler
et abondamment utilisées le jeudi 3 septembre 2015 dans la presse, surtout étrangère.
Avec un titre très diversifié (Europe divided, Unbearable, It 's Life & Death...)
http://ewn.co.za/-/media/88AF3C434FAD4500B28035E2684167FF.ashx;waad8a28c76c57b163


kos

La famille avait quitté Akyarlar, au sud-ouest de la Turquie, en direction de l'île grecque de Kos

 

dna-03Moyenne
En France, le 3, ce sont les tracteurs qui font l’actualité hexagonale.

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Le 4, la presse régionale se rattrape

 

- Pourquoi nous n'avons pas publié la photo d'Aylan -
Johan Hufnagel, Libération 03.09.2015
http://www.liberation.fr/monde/2015/09/03/pourquoi-nous-n-avons-pas-publie-la-photo-d-aylan-kurdi_1375094

- Pourquoi nous avons publié la photo du petit Aylan, Le Monde 06.09.2015
http://makingof.blog.lemonde.fr/2015/09/06/pourquoi-nous-avons-publie-la-photo-du-petit-aylan/



- A la recherche d'Aylan Kurdi, Olivier Ertzscheid, Affordance.info
La photo a disparu de Facebook.
Pourquoi ?
http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2015/09/recherche-aylan-kurdi.html

rappel : 01.09.2015 : Le mur qui efface les migrants

http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2015/09/le-mur.html

- Aylan Kurdi / Aylan Shenu Mécanique du symbole, André Gunthert
http://imagesociale.fr/2022
une tragédie humaine,
les médias et le commerce de l'émotion
une culture politique et visuelle



- Refugiés dans le monde : 1/3 au Moyen-Orient et au Proche-Orient -
Les décodeurs, Le Monde 03.09.2015 - source JB
http://tinyurl.com/decodeurs-refugies

syriens-decodeurs


d'après l'article, en 2014, 8 M de Syriens ont fui la guerre et sont des réfugiés
ou bien 11,7 M de déplacés (sur une population totale de 23 M)

Chercher la cause de cet exode...
Qu'en pensent les politiques qui dirigent le monde depuis plusieurs années ?


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26 décembre 2014

Plasticité du père Noël


Le père Noël est un personnage qui n’existe qu’en image
http://imagesociale.fr/892

André Gunthert relit un billet de 2012
« L’ethnographie détaillée de Martyne Perrot, qui montre notamment que l’américanisation du rituel des cadeaux, à travers le personnage de Santa Claus, s’effectue sur un mode adaptatif, en faisant évoluer des traditions préexistantes, suggère que surcharger la coutume de lourds enjeux symboliques relève du contresens. Au final, ce qui fait le succès du nouveau rituel, c’est plutôt sa neutralité confessionnelle – un peu à la manière de l’icône vide du Che, d’autant plus appropriable qu’elle véhicule un contenu imprécis ».

« le père Noël prend dès les années 1930 ses galons d’icône mondiale, aux côtés de Charlie Chaplin, Mickey ou Hitler, la fête de Noël nouveau régime contribue à la démonstration de l’autonomie et de la puissance, en termes de circulation culturelle, de l’univers du commerce ».

 

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09 mai 2014

Technophobie, rébellion ou conformisme ?

 


La “vraie vie” sent bon le camembert
Par André Gunthert - L'Atelier des icônes, 09.05.2014
http://culturevisuelle.org/icones/3000

extraits :
« Dans son billet pour Rue 89 , Xavier de La Porte souligne la contradiction qui existe entre l’accueil chaleureux fait aux messages déconnexionnistes (la vidéo Look Up a recueilli 30 millions de vues en 15 jours) et la réalité des pratiques contemporaines - le comble de l’absurdité consistant à relayer sur un réseau social un contenu qui en condamne l’usage.

« Pourquoi les gens approuvent-ils ce propos qui ne correspond pas à leur expérience? »
(un problème proche du paradoxe: “Pourquoi les pauvres votent à droite“).

[...] Le journaliste propose une réponse à caractère psychologique: « En approuvant ce discours et en le faisant circuler, les internautes montrent qu’ils sont capables d’autocritique, de réflexivité, ils disent qu’ils ne sont pas dupes (…).
Mais à qui s’adressent-ils? (…) Sans doute prioritairement à eux-mêmes ».

[...] « l’approche déconnexionniste décrit les pratiques connectées (smartphones, tablettes) comme une régression individuelle, en faisant paradoxalement l’impasse sur ce qui fait leur succès, à savoir leur dimension sociale.

Pour André Gunthert, le bon accueil fait à ce récit ne correspond donc pas à une rébellion face à la technologie, mais traduit au contraire le conformisme de la représentation technophobique, calée comme le discours conservateur sur la préservation de valeurs existentielles qui sentent bon le camembert ».

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03 octobre 2013

pdlt : La photo à l’ère du numérique

 

La photo à l’ère du numérique. Place de la Toile, 28.09.2013
avec Laurence Allard (Lille 3)
Jean-Christophe Béchet (Réponses Photo)
André Gunthert (EHESS)
http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-la-photo-a-l-ere-du-numerique-2013-09-28


La photo a connu deux mutations majeures (outils, usages) :
- La dématérialisation de l'image (l'abandon de l'argentique). L'image peut être indexée, circuler dans les tuyaux et être industrialisée.
- Les réseaux sociaux. L’album familial a perdu son monopole, les photos sont visibles sur le web (en numérique, Facebook c'est le plus grand album du monde)

Avec le progrès, tous les appareils numériques permettent de filmer des vidéos. Mais majoritairement les internautes continuent de prendre des photos (une exception : les snapchat, les vidéos en 6 secondes)
La photo a gagné ses galons artistiques tout en devenant un outil de masse. Les galeries sont un des débouchés naturels des photographes de métier.

Ces mutations obligent à repenser le domaine.
- L'opposition pros-amateurs n'est plus défendable.
Au temps de Kodak dominant, au sein de l’entreprise les secteurs photo amateur / photo professionnel ne se parlaient pas. Quand Andrew Keen parle de « culte des amateurs », c’est pour le dénigrer.
Aujourd’hui, Béchet distingue photos à usage familial, photos à but lucratif, photo à visée esthétique.

- La technique a longtemps été un marqueur (et un moyen pour les pros de se distinguer des autres, par l’argent et par les discours entre initiés en cercles restreints).

- Qui a mis un appareil photo dans un téléphone ?
Au départ, c'est un gadget, le premier modèle d’iPhone a un appareil médiocre (2 M de pixels) et ne communique pas en 3G. Il ne peut servir de support à un modèle conversationnel.
Mais les internautes se sont appropriés ce gadget. Du coup, il est devenu normal de faire des photos avec un téléphone et de les envoyer à ses proches (à l’âge de la publitude, ce qui a le plus de valeur, c’est ce que l'on garde pour soi). Un media nait toujours deux fois : avant l’iPhone, Laurence Allard cite Philippe Kahn en 1997 et la naissance de sa fille.

Avec le smartphone et la convergence électronique, la photo est intégrée dans des outils polyvalents, qui servent à autre chose. Cette intégration aurait pu tuer la photo ; elle la rend en fait beaucoup plus forte grâce à la conversation.

Une question porte sur les mutations formelles, sur les nouvelles formes explorées ou inventées.

Pour AG, la vraie révolution est plus basique : c’est que la photo est utilisée comme un langage avec une puissance incroyable. Il reste à inventer une linguistique des images.
L'image est utilisée comme un langage. Le web, c’est de la micro-édition. Avec le web, on est tous des éditeurs, on fait des montages, des choix d’image, de texte, de contexte qui donne le sens de l’image. L'image est annotée, légendée, dédicacée. Ce travail qui était assuré par des pros, aujourd’hui, tout le monde peut apprendre à le faire. L’image n’est plus seulement un élément de conversation mais un embrayeur de conversation. Si sur Facebook, l’image que vous avez publiée produit des réactions et une conversation, vous avez gagné au jeu social. C’est le but du jeu, c’est fondamental.

La photo n’est pas seulement une technologie, c’est aussi une pratique sociale. Dans un album ancien, on met des photos de mariage, d'anniversaires, presque jamais des photos d'enterrement. L’album est un outil de présentation de soi dans lequel on ne garde qu’une histoire heureuse. Le numérique a multiplié les grilles d’occasions de photographier.
Il y a un moment où on photographie tout le temps, c’est quand on est touriste. L’exotisme de la situation fait que tout est intéressant.
Le smartphone nous change en touristes du quotidien
L'intégration de la photographie fait de nous des touristes du quotidien.
JCB ajoute la gratuité, l’instantanéité, la capacité de transmettre en temps réel...

La photo et le réel ?
L'image a longtemps été utilisée comme preuve. On sait aujourd’hui que c’est faux. On sait travailler les photos, les recadrer, éditorialiser les contenus... Faut-il regretter cette croyance illusoire dans la photo comme copie du réel ?
Un paradoxe : on met de plus en plus de photos sur le web, mais quand un photographe travaille dans la rue ou sur une plage, il se fait rapidement expulser. L’image fixe est rejetée de l’espace public, mais si une caméra de TV apparaît, tout le monde veut être dans l’image (animée).

Etre touriste du quotidien est-ce devenir étranger à sa vie ?
« Photographier la Tour Eiffel, pour quelqu’un qui ne l’a jamais vue, signifie à la fois s’approprier un monument de la culture mondiale et prouver sa participation individuelle à cet espace commun ».
André Gunthert, La photographie, monument de l’expérience privée - 29.09.2012
http://culturevisuelle.org/icones/2514

AG cite également Gombrich, « L’image visuelle » : « en 1972, la totalité du paysage visuel décrit par Gombrich - pub, médias, télé - est manufacturé. Or, la production personnelle n’est pas assimilable à la production médiatique. Produire ses propres représentations, c’est mieux contrôler son quotidien. Faire d’autres images du monde, les siennes, les partager et les commenter sur les réseaux sociaux, ce n’est pas se rendre étranger au monde, c’est au contraire contribuer à se le réapproprier ».

Laurence Allard, Qu’est ce qu’une photo à l’ère du numérique et du téléphone mobile ? 29.09.2013
http://www.mobactu.fr/
André Gunthert, Place de la Toile fait le point sur la photo numérique
http://culturevisuelle.org/icones/2808
André Gunthert : « Plutôt que les questions de créativité, l'enjeu, c'est de comprendre que la photo est devenue un langage ... »
https://twitter.com/search?q=%23pdlt&src=hash
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23 juillet 2013

Brétigny et les amateurs

 

La faute aux amateurs - André Gunthert - L'Atelier des icônes - 19.07.2013
http://culturevisuelle.org/icones/2761

André Gunthert utilise le traitement médiatique du déraillement de Bretigny-sur-Orge pour revisiter « la théorie de la concurrence des amateurs», utilisée par le monde de la photographie pour expliquer les difficultés de la profession.

André Gunthert s'intéresse à trois types de pratiques :
- L'usage documentaire, dans un contexte journalistique, de photographies privées
- Le réemploi d'images en licence Creative Commons, dans un contexte journalistique ou de communication
- La commercialisation à perte d'images amateurs sur microstocks.

Ainsi, Rue 89 a utilisé près de 600 clichés amateurs, moins de 2 % du total des photos utilisées. Pour la rédaction, le bas coût n’est pas la priorité mais la recherche d’un regard différent, moins standardisé.

Pour André Gunthert, la thèse de la concurrence déloyale ne repose sur aucune étude ni aucune donnée chiffrée. Les amateurs dilettantes ne sont pas en cause, mais la concurrence vient des autres acteurs de la chaîne graphique qui empiètent les uns sur les autres. De plus, les lamentations déclinistes oublient que la technique a multiplié les opportunités et que les nouvelles formes d'édition ont élargi le marché.

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16 avril 2013

La chronique internet 422

 

lemans-centre

Le Mans, photo Benoit Marembert, Survol de France, 09.06.2006 (détail)
source : http://www.survoldefrance.fr/affichage2.php?img=5708



La chronique internet 422 à paraître dans la revue Historiens & Géographes est accessible au format pdf en ligne
http://aphgcaen.free.fr/chronique/422/aphg422.pdf
version HD :
http://aphgcaen.free.fr/chronique/422/aphg422-hd.pdf

L'affichage peut poser problème avec certaines versions de Firefox.
Dans ce cas, télécharger le fichier pdf en local
ou utiliser un autre navigateur.

au sommaire,
Culture de l'information et numérique
Technologies éducatives en HG
Guerres mondiales
Sites académiques
Open Access, open edition
Humanités digitales et droit de citation
(dans la conclusion, lire DAVDSI, droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information - et non dadvasi)


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26 mars 2013

#dhehess : Culture visuelle et citation

 

- De la diversité des humanités numériques, EHESS, 25/03/2013
Lors de la journée d'études sur les humanités numériques (digital humanities), les interventions ont été filmées par 3 caméras (une pour le conférencier, une pour la présentation éventuelle, une pour la salle). Le montage devrait arriver rapidement en ligne sur Canal-U
http://www.canal-u.tv/producteurs/ehess
http://culturevisuelle.org/icones/2643


- La journée a été tweetée #dhehess, et les petites phrases ont été regroupées par M-A Paveau via storify.
Ecrire la science en 138 caractères, un sujet pour une prochaine journée d'études, qui limiterait les questions et les réponses à ce format draconien. http://storify.com/mapav8/dhehess


- Pourquoi la recherche en culture visuelle a besoin du web
La présentation utilisée par Andre Gunthert est disponible en ligne :
http://fr.slideshare.net/Gunthert/pourquoi-la-recherche-en-culture-visuelle-a-besoin-du-web

ag

André Gunthert - photo Josquin Debaz

Pour André Gunthert, le droit actuel ne répond pas aux besoins des chercheurs en culture visuelle. Pour l'écrit, le droit de citation existe depuis la convention de Berne (1886). Il n'existe pas d'équivalent pour l'image. La loi, conçue pour les marchands, traite le chercheur comme un margoulin de la contrefaçon.

ag-citation

André Gunthert, situation du chercheur, slideshare

A gauche, un article de Karinne Simonneau archivé sur le site Persée illustre l'impasse : toutes les images sont absentes, à la manière des journaux caviardés par la censure en temps de guerre (« illustration non autorisée à la diffusion »).
Une relecture politique de l'Enlèvement d'Europe du Titien : Philippe II et les Turcs. Revue de l'Art, 1999.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rvart_0035-1326_1999_num_125_1_348460

Pour voir le tableau du Titien : TIZIANO Vecellio (1490-1576), Rape of Europa, 1559-62
Oil on canvas, 185 x 205 cm, Isabella Stewart Gardner Museum, Boston - Web Gallery of Art
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/t/tiziano/08b/5rape_eu.html


Pour André Gunthert, l'évolution des pratiques scientifiques devrait inciter à modifier les règles en usage et faire évoluer le droit appliqué à l'édition de livres et de revues. Selon lui, le critère de la brieveté pouvait s'appliquer au texte, elle n'a pas de sens en matière de citation d'images ou de vidéo. La citation repose sur 3 éléments : le respect de la source, son identification, son usage motivé par la recherche.


Ce combat en rejoint au moins deux autres, liés à l'open access :
- Les débats autour de l'exception pédagogique et de l'exploitation des images et des vidéos en classe.
- La défense et affirmation du domaine public et des biens communs. La situation actuelle est en partie dûe à la privatisation rampante d'oeuvres appartenant au domaine public, au prétexe de financer sur fonds propres la numérisation (cf Copyright Madness, Place de la Toile avec Lionel Maurel /Calimaq).


- Une anecdote : dans l'éducation, les informaticiens oublient souvent de se mettre à la place des internautes. Hier, un autre déphasage était illustré par le pot de l'après-midi : il était servi dans une salle de cours où les tables étaient disposées en rectangle. La cafetière a été installée sur un petit côté. La solution simple, celle de déplacer momentanément quelques tables, a été ignorée. En fait, ce sont les participants qui ont été invités à faire le tour du rectangle quand l'affluence le permettait .....

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