09 juillet 2016

Quand Le Monde fabrique la photo

 

mrs-lm

Quand Le Monde fabrique une photo unique par collage de deux clichés distincts...


« La pratique ordinaire du journalisme visuel,
qui ne s’embarrasse pas de considérations déontologiques excessives,
en dépit de toutes les affirmations contraires ».

Sur la liste du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire), l’historienne indique que « l’interlocuteur Marcel Gauchet [lui] a été imposé », et que « la photo réalisée est un montage. J’avais refusé de poser avec lui. J’en suis absolument désolée. J’espère que le contenu est suffisamment éloquent pour inverser cette première impression laissant [croire] à une certaine complicité ».

« Le Monde rapproche Marcel Gauchet et Michèle Riot-Sarcey »
André Gunthert, L'image sociale, 09.07.2016
http://imagesociale.fr/3440


Le débat intellectuel français est-il un champ de ruines ? Le Monde 07.07.2016
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/07/07/le-debat-intellectuel


L'article annonce les Rencontres de Pétrarque, la semaine prochaine à Montpellier

« Trente ans de débats qui ont marqué la France »
« Dépasser la crise du progrès »
« Interroger la France et ses valeurs »
« S’orienter dans un monde en mouvement »
« Réinventer la politique »

des extraits seront diffusés sur F-Culture, le matin (11-12 h) du 22 au 26 août
http://www.franceculture.fr/medias/grille-d-ete-la-curiosite-n-est-plus-un-vilain-defaut


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21 octobre 2014

LM : Les mots creux

 

Les mots creux
Bastien Bonnefous, Le Monde Opinions, 19.10.2014
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/10/19/les-mots-creux_4508643_3232.html

« Quand le travail devient un « coût », quand les cotisations sociales sont transformées en « charges », quand la question de la réforme de l’assurance-chômage « doit être reposée », la gauche parle comme la droite. Elle serait même devenue une « droite complexée », adepte de la « double pensée », concept emprunté à George Orwell par le philosophe Jean-Claude Michéa, selon lequel on réalise en pratique ce que l’on dénonce en théorie. « La gauche est incapable de parler avec ses propres mots », estime Juan Branco, chercheur à l’ENS, qui regrette que la gauche de gouvernement ait abandonné « tout discours lyrique au profit d’une parole technocratique, dénuée de tout sens tragique de l’Histoire ».

« A l’heure où le Front national engrange chaque jour des voix supplémentaires, la reconquête par les partis traditionnels, à commencer par le PS, d’une parole audible par l’ensemble de la cité est donc indispensable… »

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08 octobre 2014

M. Gauchet : Conformisme et Tradition


Conformisme et tradition. Quelques remarques sur la pensée de Marcel Gauchet, blogs de Médiapart, 07.01.02014
http://blogs.mediapart.fr/edition/rendez-vous-de-lhistoire-de-blois-2014-les-rebelles-quelle-edition/article/071014/conformisme-et-tradition-quelques


Ludivine Bantigny (U. Rouen) a démissionné en août du conseil scientifique des RDV de l'histoire de Blois. Elle a découvert dans la presse, comme les autres membres, le choix de Marcel Gauchet pour une conférence inaugurale sur « les rebelles ».

Dans un article publié par Médiapart, elle considère ce choix « étonnant pour le moins, indécent quand on y regarde de près ». Elle décrit « la suffisance » du philosophe très actif dans les médias, elle analyse ses prises de position sur l’ordre néo-libéral, sur les mouvements sociaux, sur 1968 (l’événement ou sa postérité ? le concept de génération, l’ignorance des archives), sur l’immigration vue comme problème, sur l’enfant désiré vu comme une catastrophe provoquée par la libération des femmes. A travers une citation de Sandra Laugier, elle « refuse de prendre pour argent comptant le discours de la domination ».

extrait :
« Il y a certes, chez Gauchet, de nombreuses flèches décochées contre le présentisme, en tant qu’enfermement dans le présent. C’est pourtant un présentisme activement pratiqué qu’il propose en refusant d’imaginer la moindre alternative à ce couvercle pesant.

Car s’il y a bien de l’intouchable chez Gauchet – la tradition, la famille, la nation –, il inclut, et au premier chef, un capitalisme non interrogé. C’est là un « cela va de soi », interdisant justement la mise en cause, le refus, la rébellion, et empêchant que de l’autre soit pensé, imaginé et pourquoi pas rêvé – autre gros mot. « C’est dans le cadre du marché, de la liberté individuelle et de la propriété privée que devra se situer toute politique plausible. En ce sens, il est possible de soutenir en effet qu’il n’y a plus d’autre socialisme concevable que libéral. Il en va de même d’ailleurs du conservatisme. Ils sont condamnés à composer avec le fait libéral et à s'inscrire dans ses limites indépassables. »
On accordera à Marcel Gauchet de n’avoir pas changé : à l’aube des années 1990, il y insistait déjà : « les vieilles disputes autour du capitalisme sont rendues obsolètes par sa redéfinition de fait comme économie de l’innovation ». Quoi qu’on en pense par ailleurs, ces leçons délivrées dans la majesté d’un ton qui n’admet pas la contradiction reviennent à condamner toute brèche, toute incursion dans les failles d’un système qui précisément ne va pas de soi parce qu’il est historiquement, politiquement et  idéologiquement déterminé. Le philosophe de la condition historique pourrait au moins le faire saisir, au lieu de nourrir l’absence de réflexion sur une telle historicité ».

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27 août 2014

Blois et la banalisation

 

Dans Les Inrocks 26.08.214, Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie expliquent leur appel au boycott des RDV de l’histoire de Blois et analysent la violence des réactions provoquées par leur texte.
http://www.lesinrocks.com/2014/08/26/actualite/edouard-louis-geoffroy-lagasnerie-rebelle-forcement-progressiste-11520670/


extraits :
Pour EL et GDL, les institutions imposent un espace de “discussion”. Elles choisissent pour vous des interlocuteurs… Refuser ce type de banalisation de discours inacceptables, c'est s'exposer à un rappel à l’ordre.

- La violence des attaques dont vous êtes l’objet dans les journaux depuis trois semaines est souvent âpre ; beaucoup vous présentent comme des intellectuels sectaires, refusant le principe même du débat démocratique. Comment recevez-vous cette accusation ?

« Ce qui nous frappés, c’est la violence des termes utilisés : on a parlé de nous comme des ayatollahs, staliniens, excommunicateurs, des totalitaires, des inquisiteurs, des Beria… Ce qui nous étonne, c’est surtout la perception différentielle de la violence. Si vous dites  : nous ne voulons pas accepter comme interlocuteur quelqu’un qui milite pour l’infériorisation des homosexuels, contre les droits des femmes, contre la lutte antiraciste, contre les luttes sociales, vous êtes perçu comme un stalinien ; alors que si, comme Gauchet, vous vous situez du côté de la réaction, si vous militez contre les droits des minorités, vous êtes perçu comme un démocrate qui participe au débat ».

« Ce sont des gens qui ne supportent pas qu’on dise ce qu’ils sont ; le problème pour eux est d’être nommés ».

« Marcel Gauchet est un penseur authentiquement réactionnaire… Le dernier numéro de la revue Le Débat se demande si le mariage pour tous est une “perversion” – c’est le terme employé ; le numéro précédent s’interrogeait sur l’immigration et la crise de l’identité nationale. Nous n’avons pas envie de discuter de cela ».

« Il faut repenser la vie intellectuelle et mettre en place des stratégies de rupture; il faut créer ses propres lieux, ses espaces de diffusion, affirmer ses points de vue, être autonome, se créer ses propres scènes… nous voulons réinstaller un peu de démocratie intellectuelle dans un champ saturé par tous ces discours autoritaires et dangereux ».


- Comment appréhendez-vous politiquement la figure du rebelle aujourd’hui ?

« On ne peut pas aborder la catégorie des rebelles sans poser la question de l’émancipation et de la critique des différents ordres qui limitent les possibilités d’égalité et de liberté. On est rebelle quand on se situe du côté de la critique des ordres traditionnels, des hiérarchies, des censures, des interdits. Quelqu’un qui manifeste pour restaurer un ordre familial traditionnel, même s’il affronte la police, n’est pas un rebelle. Un rebelle est forcément progressiste, il met en question un ordre donné pour plus de désordre et plus de liberté ».

 

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22 août 2014

L. Bantigny : Les rebelles

 
L'historienne Ludivine Bantigny a démissionné du Conseil Scientifique des Rendez-vous de l'histoire de Blois à la suite au choix unilatéral, par la direction, de demander à Marcel Gauchet de prononcer la conférence d'ouverture.
Son texte de présentation a été retiré du site des RDV.
http://www.rdv-histoire.com/-Les-Rebelles-971-.html

Avec son accord, en voici une copie :

Les rebelles

Esclaves brisant leurs chaînes, paysans et ouvriers insurgés, peuples révoltés, réfractaires et résistants, anarchistes et féministes, artistes avant-gardistes…  Les rebelles, par-delà leur extrême diversité dans le temps et l’espace, ont du moins un point commun : le rejet d’un ordre imposé et supposé partagé qu’ils voient comme une domination, voire une sujétion. Tour à tour valorisée, raillée, stigmatisée voire criminalisée, la rébellion dit bien l’envers des sociétés. Car elle expose tout ce qu’il y a de convention et de conservation, d’obéissance et de soumission, de normes auxquelles il faut être conforme, dans un système qu’elle veut briser. C’est en cela qu’elle est une menace, et doublement : elle entend mettre à bas un monde honni et dans le même mouvement elle en arrache le masque, le divulguant à lui-même. En ce sens, elle apparaît comme un dévoilement. Ainsi la rébellion qui souvent part de la marge, de bas-fonds, de minorités, finit-elle bien souvent par attaquer le cœur même d’un système. Et les imaginaires contestataires qu’elle dessine sont autant de projets de société rompant avec le tout-venant de ce qui va de soi, pour mieux révéler en quoi, justement, il ne va pas.

 La rébellion peut se faire transgression, insoumission, insubordination : elle est tantôt mutinerie dans une armée, indiscipline dans une institution, dissidence dans une organisation, solidarité face à la répression. Elle a ses moments : hérésies, jacqueries et pirateries, révoltes et insurrections, révolutions… Elle a ses formes et ses gestes, sa geste même : violences, grèves, occupations, illégalismes, quand prendre les armes devient plus que légitime – nécessaire et obsédant. Car elle a aussi ses affects et ses sentiments ; si l’amour n’est pas le seul « oiseau rebelle », il y faut en tout cas beaucoup d’émotions : courage, honneur, admiration, aversion et détestation, la rébellion est aussi affaire de passion.

 Est-elle vouée à la récupération ? Elle en est du moins souvent menacée, comme l’illustre encore récemment le lancement d’une marque de vêtements, « belles et rebelles ». Tant de procédés visent en effet à instrumentaliser les rébellions en faisant mine d’en reprendre la lettre, mais négligent radicalement leur esprit, jusqu’à le retourner contre lui. On peut ainsi faire le récit de tous les moments où la rébellion devient banalisée et ritualisée. Il est aussi des rébellions paradoxales : que deviennent les rebelles lorsqu’ils accèdent au pouvoir ? La rébellion lui est-elle compatible ? Peut-elle se faire institution ?

 Il n’empêche, entre contre-cultures et contre-écriture, force de la résistance et de l’insoumission, les rebelles, en rejetant les classements trop évidents, en récusant la loi et l’ordre, en cherchant à les démystifier pour les dynamiter, redonnent souvent du sens à ce qui n’en avait plus et du désir quand il s’était perdu. Les échappées rebelles sont-elles toujours des échappées belles ? A l’histoire ici de leur redonner vie.

 Ludivine Bantigny



Aggiornamento a publié ce texte de soutien :
« Nous, enseignants, chercheurs, lecteurs, amateurs d'histoire, très attachés à la diffusion et au large rayonnement des recherches et travaux auxquels oeuvrent les Rendez-vous de l'histoire de Blois depuis 16 ans, tenons à exprimer notre incompréhension devant le choix de confier cette année la conférence inaugurale à un auteur connu pour des thèses tournées avant tout vers le maintien de l'ordre, qui peuvent être jugées ultra-conservatrices, sceptiques sur l'impératif de respect des droits de l'homme, familialistes, sexistes et homophobes. Ce choix polémique nous paraît d'autant plus déplorable que les Rendez-vous de l'histoire de 2014 sont centrés sur le thème des Rebelles et présidés par une grande historienne de la cause des femmes ».

Une pétition est en cours : envoyer ce texte et votre signature par mail à l'adresse petition.blois@laposte.net, avec éventuellement indication de votre activité et/ou de votre lieu de résidence.
La pétition sera transmise à la Direction des Rendez-vous et diffusée avec la liste des signataires par ordre alphabétique général (sans distinction de premiers signataires).

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07 août 2014

Boycotter Blois 2014 ?

 

Edouard Louis et Geoffroy de la Gasnerie annulent leur participation aux Rendez-Vous de l’histoire (Thème 2014 : les rebelles).

Ils contestent le choix de Marcel Gauchet pour prononcer la conférence inaugurale :
selon eux, « Gauchet est un rebelle contre les rebellions et les révoltes »,
« il a publié dans Le Débat tout ce que le France compte d’idéologues réactionnaires ».
http://www.liberation.fr/debats/2014/07/30/pourquoi-nous-appelons-a-boycotter-les-rendez-vous-de-l-histoire-de-blois_1072778
http://geoffroydelagasnerie.com/
http://edouardlouis.com/

André Téchiné, Didier Eribon, Dominique A et une vingtaine d'autres personnalités soutiennent leur appel.
http://www.liberation.fr/debats/2014/08/06/pourquoi-il-faut-boycotter-les-rendez-vous-de-l-histoire-un-appel-collectif_1076316

 

- 11.08.2014 - Allons à Blois… pour nous y rebeller ? Aggiornamento
http://aggiornamento.hypotheses.org/2275

extrait :
« La micro-rebellion de papier lancée par la tribune de Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis ne fait donc pas de mal. L’histoire est une discipline vivante, avec des controverses fécondes et régulières qui stimulent la recherche et qui n’a pas peur de croiser le fer, le cas échéant, avec d’autres champs intellectuels. Elle n’a rien à gagner à se rassembler autour des sempiternelles mêmes figures médiatiques et scientifiques, rabâchant sans cesse et quel que soit le sujet les mêmes vieilles idées. Les passionné(e)s d’histoire doivent pouvoir s’abreuver à différentes sources. Les besogneux de la discipline, enseignants, associatifs, syndicalistes, instituts de recherches, revues, doivent pouvoir y trouver leur place et s’y exprimer en dépit de cartes de visites considérées comme moins prestigieuses. Il serait bon que la « surface médiatique » des invités, ou leur proximité avec les sanctuaires de l’entre-soi conservateur,  cessent de constituer l’alpha et l’oméga d’une représentation publique qui mérite plus de variété.
Il faut donc aller à Blois pour s’y rebeller … »
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10 juin 2014

Gauchet : le besoin de profs

 

« Internet oblige le prof à remettre de l’ordre dans du désordre »
entretien de V. Soulé avec Marcel Gauchet, Libération week-end 06.06.2014
http://www.liberation.fr/societe/2014/06/06/internet-oblige-le-prof-a-remettre-de-l-ordre-dans-du-desordre_1035384

Selon MG, les cours en ligne ne signent pas la mort de l’enseignant. A rebours d'un discours fréquent, il considère que la société aura plus que jamais besoin de médiation, d'école et de professeurs.


« Contrairement à ce que l’on dit souvent, l’école est une institution qui a un facteur de changement en son sein : les élèves. Le mythe de l’école à l’abri de la société, fonctionnant comme un temple ou une caserne, est une pure fiction. Cela n’a jamais été. Les enseignants, qui ne sont pas des brutes insensibles, s’adaptent aux élèves et aux influences de la société qu’ils incarnent ».

« Pour les bons enseignants, le numérique m’apparaît comme un excellent moyen de stimuler l’esprit de curiosité et d’opposition »

« L’école ne fait plus rêver, elle a perdu la magie qu’elle avait dans une société constituée largement d’illettrés. Mais elle possède une utilité supplémentaire : dans ce bain d’informations gigantesque, elle est le lieu où l’on peut trouver le code, où toutes les questions peuvent être posées et l’on vous donne le cadre pour organiser tout cela.
Elle assume une fonction unique dans la société ».


L’entretien conviendra aussi bien aux tenants de la modernité qu’aux chantres de la tradition.
Il y aurait beaucoup à dire sur la vision de l’école : « l'institution de confiance qui fournit des réponses à des questions... » (mais qui préfère « les questions préprogrammées »).


Gauchet poursuit visiblement la promotion d'un ouvrage à 3 voix (avec Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi)
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-transmettre-apprendre-et-maintenant-2014-02-20
http://www.marcelgauchet.fr/blog/

Skhole a publié une recension et organisé une table ronde
http://skhole.fr/recension-de-transmettre-apprendre-blais-gauchet-ottavi
« la crise actuelle de l’institution scolaire s’expliquerait par le fait que si l’univers de la transmission est « mort et bien mort », l’univers de l’apprendre qui lui a succédé, malgré ses intentions et son triomphe, n’est pas parvenu jusqu’ici à fonder une nouvelle école motivante, efficace et juste »...
« Apprendre, c’est devoir entrer dans un système de significations cohérent qu’il faudrait idéalement pouvoir s’approprier d’un coup – parce qu’il est cohérent, précisément, et que c’est sa dimension d’ensemble qui lui procure sa portée. Ainsi toute entrée de ce genre se solde-t-elle chez les impétrants par le sentiment (de découragement) » ...
« Il est besoin de passeurs qui font le pont avec cette autre rive qui semble inaccessible. Il faut pouvoir compter sur des complices qui vous apportent à la fois la sécurité due à leur contrôle du point d’arrivée et la compréhension du chemin à parcourir. »

En 2012, MG avait fait une conférence pour la St Barthélémy
http://www.marcelgauchet.fr/blog/?p=1910

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22 mars 2013

Une pédagogie à inventer

 

Une pédagogie vraiment éclairée est à inventer. – Le Monde 22.03.2013
entretien avec Marcel Gauchet qui approuve les orientations de la loi sur l'école et appelle à redéfinir l'acte d'apprendre
http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/03/22/marcel-gauchet


« La droite portera éternellement la honte d'avoir osé faire croire que le métier d'enseignant ne relève pas d'une formation. Ce serait le seul métier dans ce cas... Alors que c'est l'un des plus difficiles qui soient aujourd'hui… »


« Nous avons vécu un tournant important dans les années 1970. La pédagogie transmissive fondée sur l'inculcation d'un savoir détenu par le maître à un élève passif a laissé place à une pédagogie active qui fait de l'enfant l'acteur de la construction de ses savoirs.
Il y a dans ce renversement un acquis irréversible, mais nous sommes allés un peu vite en besogne ».

« Ne prenons pas l'écolier pour un étudiant miniature ! »

« Je suis pessimiste à court terme et optimiste à long terme. Les obstacles sont grands. Nous allons sans doute tâtonner un bon moment encore, il va falloir du temps, mais les perspectives commencent à se dégager »


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15 décembre 2011

L'Ecole change-t-elle de modèle ?

 

L'école française est-elle en train de changer de modèle ?
Maryline Baumard - Le Monde Education - 11.02.2011
http://www.lemonde.fr/education/contre_enquete/2011/02/10/l-ecole-francaise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele_1478198_1473685.html

2 sources en ligne pour un article cité dans l'émission Rue des Ecoles du 14/12/2011
http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article389
http://www.profencampagne.com/

Se rapproche-t-elle du système anglo-saxon ?
Qu'en pensent les acteurs de terrain ?

Une nouvelle école s'esquisse. Comme face à un puzzle auquel il manque trop de pièces, il est longtemps resté difficile de deviner à quoi l'école de l'après-2012 pourrait ressembler en cas de réélection de la droite. Est-ce qu'on était dans un simple régime minceur - jeudi 10 février, les enseignants sont en grève pour dénoncer une rentrée avec 16 000 postes en moins -, ou dans un changement de modèle ? La réponse s'impose doucement et une architecture nouvelle se dessine.
La pièce maîtresse s'est emboîtée le 12 janvier. Ce jour-là, a été annoncé le passage sous statut dérogatoire de près de 2 000 collèges et écoles. Dès septembre 2011, une part des 354 collèges et 1 725 écoles vont imaginer leur propre projet pédagogique, trouver des enseignants volontaires pour le mettre en œuvre et une organisation sur laquelle l'appuyer. Le tout contractualisé avec le recteur.

La promesse d'une contagion territoriale. Ce ne sont que 3,5 % des écoles et 4,5 % des collèges du pays ; de surcroît, ce sont les plus difficiles. Mais la symbolique est forte et le discours présidentiel prononcé le 19 janvier, lors des vœux au monde de la connaissance, augure d'une contagion territoriale à venir. Félicitant la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui a amené 90 % des universités à l'autonomie, le chef de l'Etat a lancé devant 500 invités : " Si cela marche pour les universités, cela doit marcher aussi pour nos établissements, les lycées. Et si, dans notre pays, on faisait confiance aux enseignants, en leur laissant un peu d'autonomie ? "
Déjà, depuis la réforme du lycée, à la rentrée 2010, les proviseurs disposent d'un tiers de leurs heures à gérer en fonction de leur projet d'établissement. Un petit avant-goût dont ils ont encore un peu de mal à se saisir. Avec les conversions expérimentales de la rentrée prochaine, une mue plus importante se prépare. On octroie là " aux chefs des établissements lesplus difficiles une voix dans le recrutement des enseignants. C'est un début. On verra s'il passe ", lance l'académicien Antoine Compagnon dans un entretien au Point du 27 janvier.

Des "cellules dormantes". La grande mue se prépare, par bribes, sans plan d'ensemble visible. "Comme en espionnage, on installe des dispositifs dormants. Un matin, on se réveillera, ils seront activés et le paysage aura changé", analyse Christian Chevalier, secrétaire général du Syndicat des enseignants.
L'autre "cellule dormante" est la hiérarchie intermédiaire. Doucement, on la prépare à ses nouvelles fonctions. Les chefs d'établissement sont particulièrement choyés par le ministre qui voit en eux une bonne courroie de transmission. Dernièrement, Luc Chatel a voulu signer avec eux l'octroi d'une prime de 6 000 euros tous les trois ans. Au mérite. Un mois avant, les recteurs avaient vu leur prime flamber avec la mise en place d'une part de la récompense modulée selon la politique menée. Un recteur peut désormais obtenir 6 840 euros annuels de plus qu'un autre, qui traîne des pieds.

Or dans un système autonome, il faut des chefs. Le philosophe Marcel Gauchet prédisait, dès 2009, ce qui se dessine dans l'enseignement scolaire. " La seule idée de la droite, en matière d'éducation, est de créer des patrons de PME à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. Il paraît que c'est le secret de l'efficacité ", expliquait-il, de l'ironie plein la voix, dans un entretien au Monde le 23 avril 2009.
Dans une éducation nationale pilotée par le terrain, chaque établissement pourra développer son projet. Déjà 124 collèges ou lycées proposent des cours le matin et du sport l'après-midi. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de " permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives ". Bientôt, d'autres établissements vont développer les sciences. Le plan présenté par Luc Chatel autorise cette orientation. Et puis, compte tenu des restrictions budgétaires, il y aura ici un lycée qui joue la carte des langues vivantes et là un autre qui se concentre sur les langues anciennes.
La rationalisation des options aboutira à ce profilage. Un peu comme dans l'enseignement privé sous contrat, où tel établissement est plutôt scientifique, tel autre élitiste ou axé sur l'épanouissement de l'enfant, quand un troisième est réputé pour son savoir-faire avec les élèves en difficulté.
Dans un système où les établissements ne se ressembleront plus, permettre aux familles de choisir a du sens. L'ouverture du choix des collèges et des lycées a été la première mesure prise dans le domaine de l'éducation par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Annoncée début juin 2007, elle paraissait symbolique. Demain, ce pourrait être la clé de voûte d'un système où les propositions différeront réellement d'un collège ou d'une école à l'autre.

Taux de réussite et évaluations. Et pour bien choisir, il faudra que chacun affiche ses résultats. Pour le bac, les statistiques sont disponibles. Pour les collèges, les taux de réussite au diplôme national du brevet se trouvent le plus souvent sur les sites académiques. Mais pour les écoles, rien. A moins que les enseignants qui se refusent à faire passer les évaluations ne soient pas tout à fait paranoïaques et qu'un jour l'outil d'évaluation nationale ne devienne un outil de classement. Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT, ne l'exclut pas, " une fois que l'outil existe, on ne contrôle plus rien ".
D'ailleurs la publication école par école était le souhait initial de Xavier Darcos qui annonçait, le 28 janvier 2008 : " Je souhaite mettre en place une double évaluation, pour les classes de CE1 et de CM2, qui aura lieu en milieu d'année. Les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance ". Un an plus tard, il revenait sur sa décision. Le mal était fait et ces évaluations ont été partiellement sabotées cette année encore par des enseignants opposés à cette mise en compétition.
Comme le rappelle régulièrement Luc Chatel, il n'y aura plus de grand soir de l'éducation. Le paysage nouveau se dessine par petites touches, par glissements successifs. Mais au final, on pourrait bien, d'ici quelques années, se réveiller avec un modèle éducatif très différent, des établissements qui auraient chacun une identité, un projet et le vendraient à des parents en mal de choix.
Une construction brique à brique. Connaissant l'attachement syndical à une certaine uniformité - parfois purement théorique -, le gouvernement joue le puzzle. Une pièce par-ci, une pièce par-là, sans que l'architecture d'ensemble soit immédiatement lisible. Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n'y aura vu que du feu. D'autant que l'attention des observateurs est retenue ailleurs. Cette construction brique à brique est masquée par un autre combat qui occupe le devant de la scène : une bataille pour la sauvegarde des postes, alors que plus de 100 000 ont été supprimés depuis 2007. Et pendant que les syndicats s'échinent sur ce combat perdu, la voie est libre pour les grands travaux.


Autres articles dans une double page du Monde :
- A Lille, une brèche pour gérer le public comme du privé (programme CLAIR ou Eclair)
- Grande-Bretagne : L'école libre (les free schools), c'est possible
- Entretien avec François Dubet : « Il y a évolution sur le long terme, pas révolution »

 

 

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05 septembre 2011

Apprendre à penser

 

Comment réinventer l'école ? - Le Monde 02/09/2011 - source CR
http://www.lemonde.fr/idees/ensemble/2011/09/02/comment-reinventer-l-ecole_1566764_3232.html

Rentrée scolaire : Les nouveaux défis
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/02/rentree-scolaire-les-nouveaux-defis_1566840_3232.html

Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser
http://www.lemonde.fr/idees/2011/09/02/apprendre-a-penser

Débat entre Philippe Meirieu et Marcel Gauchet, le 13 juillet 2011, dans le cadre du Festival d'Avignon.

 

«... Nombre d'enseignants ont l'impression que la société défait le soir, après la classe, ce qu'ils ont patiemment tenté d'élaborer dans la journée ».
« On demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés [et de choix politiques], et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... »


Lire les analyses sur la famille, ses mutations, ses attentes face à l'école, sur le comportement d'enfants désirés...

Vision très critique des référentiels behavioristes : « De même qu'aucun métier ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour l'exercer, aucun savoir ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour le maîtriser ».

Pour PM, le débat politique oppose « ceux qui chargent l'école de transmettre une somme de savoirs techniques garantissant à terme l'employabilité du sujet dans l'entreprise, et ceux pour qui l'école a une vocation culturelle qui dépasse la somme des compétences techniques qu'elle permet d'acquérir ».


PM - « Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que savoir faire preuve de créativité et savoir attacher une pièce jointe à un courriel ».
« Que peut bien signifier alors l'élève a 60 % des compétences requises ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser ».

MG - « Dans le travail comme dans le reste de l'existence, c'est avec de la pensée que l'on peut progresser, à tous les niveaux. La fonction de l'école, c'est tout simplement d'apprendre à penser, d'introduire à ce bonheur qu'est la maîtrise par l'esprit des choses que l'on fait, quelles qu'elles soient. C'est, de très loin, la démarche la plus efficace. L'illusion du moment est de croire qu'on obtiendra de meilleurs résultats pratiques en abandonnant cette dimension humaniste ».
 

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Philippe Meirieu - http://meirieu.com/ 
http://blogue.sdp-cmontmorency.ep.profweb.qc.ca/?p=248
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm


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Marcel Gauchet - http://gauchet.blogspot.com/
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