16 septembre 2016

Hollande veut « réformer » le lycée

 

La gauche veut relancer la refonte du lycée
Aurélie Collas Le Monde 15.09.2016
http://www.lemonde.fr/education/article/2016/09/15/bilan-mitige-et-incomplet-pour-la-reforme-du-lycee-de-2010_4997837_1473685.html

« Faut-il réformer le lycée ? A huit mois de l’élection présidentielle, la question s’invite déjà dans une campagne qui n’a pas commencé. François Hollande a donné le ton en déclarant, à Orléans, le jour de la rentrée scolaire, que le lycée devait être « la prochaine étape de nos réformes ».

« Le lycée a connu sa dernière réforme en 2010, sous l’impulsion de Luc Chatel, ministre de l’éducation de Nicolas Sarkozy. Ce chantier, modeste, est venu remplacer le projet avorté de « lycée modulaire » de son prédécesseur, Xavier Darcos. Faisant du primaire et du collège sa priorité, la gauche n’est pas revenue sur cette réforme toujours critiquée, se contentant d’y apporter quelques retouches : un allégement de certains programmes, le rétablissement de l’enseignement de l’histoire et de la géographie en terminale scientifique (S), de nouvelles options… »


- S’attaquer à la « réforme » du lycée, un pari politique risqué
Mattea Battaglia Le Monde 15.09.2016
http://www.lemonde.fr/education/article/2016/09/15/s-attaquer-a-la-reforme-du-lycee-un-pari-politique-risque_4998021_1473685.html

Hollande candidat pourrait envisager la scolarité jusqu'à 18 ans, promettre plus d'interdisciplinarité...
3 types de difficultés l'attendent, selon François Dubet : le poids des disciplines scolaires, le coût du lycée, le bac.
Depuis 1973, tous les ministres « ont entonné, peu ou prou, le même refrain : casser les hiérarchies internes du lycée, faire évoluer des programmes encyclopédiques, alléger les horaires, bousculer les pratiques… » Pour des résultats insignifiants.


- François Hollande et la délicate reconquête du vote enseignant
Mattea Battaglia Le Monde 07.09.2016
http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/09/07/francois-hollande-et-la-delicate-reconquete-du-vote-enseignant_4993670_823448.html

Un immense gâchis - «  Des " années Sarkozy ", les profs n'ont pourtant oublié ni le ton (" L'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ", avait assuré l'ancien président en 2007) ni la " purge " des 80 000 postes supprimés en cinq ans. Que la gauche ait rétabli une dynamique, une écoute, un élan, tous - ou presque - le reconnaissent. Un budget aussi : l'un des seuls qui ne soit pas à l'économie. Et pourtant, " un sentiment de gâchis, de malaise s'est installé ", affirme Laurent Escure, de l'UNSA Education ».

« Peu de spécialistes de l'école croient vraiment à la tentation du FN chez les enseignants. Mais le risque de l'abstention, lui, est pris très au sérieux. Voire d'une " sur-abstention, conclut M. Dabi, comme en 2002, quand les enseignants avaient fait payer à Lionel Jospin les années Allègre ».


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08 octobre 2012

Ecole : des ministres et des mots

 

Les ministres passent, les mots aussi. Véronique Soulé, blog C'est Classe !
http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2012/10/education-des-mots-et-des-ministres.html


du côté de Chatel :
l'excellence, les performances, l'optimisation des moyens, la personnalisation, l’évaluation,
opposés à l'égalitarisme, l'immobilisme ...
L'usage d'une langue technocratique pouvait habiller d'une illusion de modernité une politique brutale de privatisation ...


« Pour Vincent Peillon, le choix des mots est plus difficile. Le ministre parle énormément, et sur tout » …
Parmi les termes qui reviennent :
- une école qui rassemble
- l'investissement éducatif
- la pédagogie
- la co-éducation
- les inégalités et la solidarité
- la mixité sociale et la mixité scolaire
... la morale laïque au lieu de l'éducation civique ...

« Maintenant, après les grands mots et les belles promesses, il reste à voir ce qui va changer réellement.
Rendez-vous dans quelques mois ».

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10 septembre 2012

Le triste bilan

 

Numérique : Le triste bilan des années Chatel et du plan de 2010 - (source : Le Café peda - tw LA et JMC)

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/09/07092012Article634825950381420493.aspx


Le rapport de l'IGEN cité et commenté par François Jarraud :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2012/05/8/Rapport_IGEN-IGAENR_2012-082_plan_developpement_usages_du_numerique_225058.pdf


F. Jarraud conclut : « Pour développer le numérique il faut déjà que ceux qui sont censés le faire sur le terrain y trouvent leur compte  matériellement, professionnellement et intellectuellement dans l'exercice de leur métier. Dès que le numérique sera au service des enseignants, le paysage pourra changer. En attendant les intéressés bricolent leurs propres outils... »

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27 juillet 2012

Les désobéisseurs reçus au ministère

 

- Appel des 60 au ministre de l'Education nationale - 06.06.2012
extraits :
« Qui mieux que nous pourra témoigner de la nocivité des réformes imposées par le ministère de l'Education nationale depuis bientôt cinq ans ? Nous qui avons décidé de résister à cette politique de destruction volontaire de l'école républicaine, poussés par le seul appel de notre conscience, au mépris des sanctions qui se sont abattues sur nos têtes ».
« Nous, membres du Réseau des enseignants du primaire en résistance, demandons solennellement que soient levées ou effacées toutes les sanctions qui nous ont frappés et que soit symboliquement reconnue notre action pour la défense de l'école de la République ».
http://resistancepedagogique.org/site/blog.php?lng=fr&sel=pg&pg=634


- « Une délégation du Réseau des enseignants du primaire en résistance sera reçue au ministère de l'Education nationale demain jeudi 26 juillet à 14h30. Ce rendez-vous fait suite à la publication de l'Appel des 60 enseignants-désobéisseurs au nouveau ministre, le 22 mai dernier.

Le Réseau rappellera au ministère son engagement pour une école au service du progrès de tous les enfants, une école privilégiant les valeurs d'entraide et de coopération plutôt que des logiques de compétition et de fichage.

Il demandera la levée de toutes les sanctions, financières, administratives ou disciplinaires, infligées aux enseignants du primaire en résistance.

Il fera part de ses attentes et de ses propositions pour la nécessaire transformation de l'école ».
http://resistancepedagogique.org/site/blog.php?lng=fr&sel=pg&pg=644


- Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école
blog collectif initié par Alain Refalo en octobre 2008.
http://resistancepedagogique.org/

« Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre ».  Georges Bernanos

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09 mai 2012

Evaluation des profs : un décret mort-né

 


- Décret n° 2012-702 du 7 mai 2012 portant dispositions statutaires relatives à l'appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle de certains personnels enseignants, d'éducation et d'orientation relevant du ministre chargé de l'éducation nationale

Chapitre IV : Dispositions modifiant le décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré. Extrait :  ... un entretien professionnel intervient tous les trois ans ... L'entretien est conduit, pour les professeurs agrégés qui exercent des fonctions d'enseignement relevant de l'enseignement scolaire, par le chef de l'établissement dans lequel ils sont affectés
« Art. 7-1. - Pour les personnels qui exercent des fonctions d'enseignement relevant de l'enseignement scolaire, l'entretien professionnel est réalisé sur la base d'une autoévaluation. Celle-ci consiste pour l'enseignant à analyser et expliciter :
« 1° Sa capacité, en termes disciplinaires et didactiques, à faire réussir les élèves, dans le respect des programmes et des politiques éducatives ;
« 2° Son apport à l'amélioration de l'enseignement de la discipline dans l'établissement et à la diffusion des méthodes d'enseignement ;
« 3° Sa contribution à la mise en œuvre du projet d'établissement, au travail en équipe et à l'approche interdisciplinaire de l'exercice des fonctions ;
« 4° Sa participation à la qualité du climat scolaire dans l'établissement ;
« 5° Les besoins d'accompagnement et de formation dont il estime devoir bénéficier prioritairement.
« Pour chacun des critères d'autoévaluation énumérés aux 1° à 4°, l'enseignant précise les résultats obtenus au regard des objectifs qui lui ont été assignés.

Chapitre V : Dispositions modifiant le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés
Chapitre VIII : Dispositions modifiant le décret n° 86-492 du 14 mars 1986 relatif au statut particulier des professeurs d'enseignement général de collège
Chapitre IX : Dispositions modifiant le décret n° 90-680 du 1er aout 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles
Chapitre X : Dispositions modifiant le décret n° 91-290 du 20 mars 1991 relatif au statut particulier des directeurs de centre d'information et d'orientation et conseillers d'orientation-psychologues
Chapitre XI : Dispositions modifiant le décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel
http://www.legifrance.gouv.fr/Texte=JORFTEXT000025824582


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- Un communiqué du PS précise que ce texte sera abrogé par le prochain gouvernement :
http://www.parti-socialiste.fr/communiques/concernant-les-nouvelles-modalites-devaluation-des-personnels-enseignants


Concernant les nouvelles modalités d’évaluation des personnels enseignants

Le texte portant sur l’appréciation de la valeur professionnelle des enseignants a été publié au Journal officiel du 8 mai 2012, après avoir été unanimement rejeté par les organisations syndicales présentes au Comité technique ministériel du 15 mars 2012.

La gestion de ce dossier important a constitué, de la part du gouvernement sortant, un modèle de mépris du dialogue social dont il fut coutumier, mais la date retenue pour la publication constitue aussi un passage en force du point du vue politique peu compatible avec les usages républicains et tout à fait inacceptable.

Le jeu de dupe, qui a consisté pour l’équipe de Luc Chatel à laisser croire, durant l’automne 2011, que les discussions au fond de ce dossier majeur se poursuivraient et porteraient à la fois sur la reconnaissance de la valeur de l’investissement des enseignants du service public d’éducation, ainsi que sur l’effet de cet investissement sur la qualité des enseignements dispensés à nos élèves, a constitué une caricature inacceptable de dialogue social. Aucun échange constructif n’a en réalité eu lieu.

Les atermoiements du gouvernement sortant ont de plus provoqué un doute sérieux dans l’encadrement des écoles, des collèges et des lycées sur les rôles effectivement dévolus, dans ce dispositif, aux corps d’inspection et de direction dans la pseudo-procédure d’évaluation proposée. Les nombreux amendements du ministre proposés dans une totale improvisation lors du Comité technique du 15 mars ont de plus montré le degré d’impréparation du dossier.

C’est pourquoi, dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement, ce texte sera abrogé.

[ Un rappel préalable : les profs sont évalués et notés, par un inspecteur général ou un IPR pour la partie pédagogique, par le proviseur ou le principal pour la partie administrative. Un parti politique peut avoir intérêt à faire croire le contraire aux électeurs. Ce qui est en cause, c'est ne n'est pas le principe de l'évaluation, mais la forme imaginée par le cabinet Chatel. Depuis 5 ans, le mot réforme a trop souvent servi à masquer ue entreprise de démolition : suppression de la formation des jeunes enseignants, postes supprimés, déstructuration de l'HG en lycée, etc.

Sur le site du Café, Jean-Louis Auduc y voit une ultime provocation du libéralisme autoritaire.
« Alors que le suffrage universel s’est clairement prononcé le 6 mai 2012 pour un candidat à la Présidence de la République qui a une autre vision de l’école que l’actuel ministre Luc Chatel, celui-ci vient de faire publier au Journal Officiel  du 8 mai 2012, le décret daté du 7 mai 2012 concernant les procédures d’évaluation des enseignants. » Un pouvoir désavoué par l'électorat utilise la période de transition pour laisser à son successeur un cadeau empoisonné sur un sujet très controversé ...


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15 décembre 2011

L'Ecole change-t-elle de modèle ?

 

L'école française est-elle en train de changer de modèle ?
Maryline Baumard - Le Monde Education - 11.02.2011
http://www.lemonde.fr/education/contre_enquete/2011/02/10/l-ecole-francaise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele_1478198_1473685.html

2 sources en ligne pour un article cité dans l'émission Rue des Ecoles du 14/12/2011
http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article389
http://www.profencampagne.com/

Se rapproche-t-elle du système anglo-saxon ?
Qu'en pensent les acteurs de terrain ?

Une nouvelle école s'esquisse. Comme face à un puzzle auquel il manque trop de pièces, il est longtemps resté difficile de deviner à quoi l'école de l'après-2012 pourrait ressembler en cas de réélection de la droite. Est-ce qu'on était dans un simple régime minceur - jeudi 10 février, les enseignants sont en grève pour dénoncer une rentrée avec 16 000 postes en moins -, ou dans un changement de modèle ? La réponse s'impose doucement et une architecture nouvelle se dessine.
La pièce maîtresse s'est emboîtée le 12 janvier. Ce jour-là, a été annoncé le passage sous statut dérogatoire de près de 2 000 collèges et écoles. Dès septembre 2011, une part des 354 collèges et 1 725 écoles vont imaginer leur propre projet pédagogique, trouver des enseignants volontaires pour le mettre en œuvre et une organisation sur laquelle l'appuyer. Le tout contractualisé avec le recteur.

La promesse d'une contagion territoriale. Ce ne sont que 3,5 % des écoles et 4,5 % des collèges du pays ; de surcroît, ce sont les plus difficiles. Mais la symbolique est forte et le discours présidentiel prononcé le 19 janvier, lors des vœux au monde de la connaissance, augure d'une contagion territoriale à venir. Félicitant la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui a amené 90 % des universités à l'autonomie, le chef de l'Etat a lancé devant 500 invités : " Si cela marche pour les universités, cela doit marcher aussi pour nos établissements, les lycées. Et si, dans notre pays, on faisait confiance aux enseignants, en leur laissant un peu d'autonomie ? "
Déjà, depuis la réforme du lycée, à la rentrée 2010, les proviseurs disposent d'un tiers de leurs heures à gérer en fonction de leur projet d'établissement. Un petit avant-goût dont ils ont encore un peu de mal à se saisir. Avec les conversions expérimentales de la rentrée prochaine, une mue plus importante se prépare. On octroie là " aux chefs des établissements lesplus difficiles une voix dans le recrutement des enseignants. C'est un début. On verra s'il passe ", lance l'académicien Antoine Compagnon dans un entretien au Point du 27 janvier.

Des "cellules dormantes". La grande mue se prépare, par bribes, sans plan d'ensemble visible. "Comme en espionnage, on installe des dispositifs dormants. Un matin, on se réveillera, ils seront activés et le paysage aura changé", analyse Christian Chevalier, secrétaire général du Syndicat des enseignants.
L'autre "cellule dormante" est la hiérarchie intermédiaire. Doucement, on la prépare à ses nouvelles fonctions. Les chefs d'établissement sont particulièrement choyés par le ministre qui voit en eux une bonne courroie de transmission. Dernièrement, Luc Chatel a voulu signer avec eux l'octroi d'une prime de 6 000 euros tous les trois ans. Au mérite. Un mois avant, les recteurs avaient vu leur prime flamber avec la mise en place d'une part de la récompense modulée selon la politique menée. Un recteur peut désormais obtenir 6 840 euros annuels de plus qu'un autre, qui traîne des pieds.

Or dans un système autonome, il faut des chefs. Le philosophe Marcel Gauchet prédisait, dès 2009, ce qui se dessine dans l'enseignement scolaire. " La seule idée de la droite, en matière d'éducation, est de créer des patrons de PME à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. Il paraît que c'est le secret de l'efficacité ", expliquait-il, de l'ironie plein la voix, dans un entretien au Monde le 23 avril 2009.
Dans une éducation nationale pilotée par le terrain, chaque établissement pourra développer son projet. Déjà 124 collèges ou lycées proposent des cours le matin et du sport l'après-midi. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de " permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives ". Bientôt, d'autres établissements vont développer les sciences. Le plan présenté par Luc Chatel autorise cette orientation. Et puis, compte tenu des restrictions budgétaires, il y aura ici un lycée qui joue la carte des langues vivantes et là un autre qui se concentre sur les langues anciennes.
La rationalisation des options aboutira à ce profilage. Un peu comme dans l'enseignement privé sous contrat, où tel établissement est plutôt scientifique, tel autre élitiste ou axé sur l'épanouissement de l'enfant, quand un troisième est réputé pour son savoir-faire avec les élèves en difficulté.
Dans un système où les établissements ne se ressembleront plus, permettre aux familles de choisir a du sens. L'ouverture du choix des collèges et des lycées a été la première mesure prise dans le domaine de l'éducation par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Annoncée début juin 2007, elle paraissait symbolique. Demain, ce pourrait être la clé de voûte d'un système où les propositions différeront réellement d'un collège ou d'une école à l'autre.

Taux de réussite et évaluations. Et pour bien choisir, il faudra que chacun affiche ses résultats. Pour le bac, les statistiques sont disponibles. Pour les collèges, les taux de réussite au diplôme national du brevet se trouvent le plus souvent sur les sites académiques. Mais pour les écoles, rien. A moins que les enseignants qui se refusent à faire passer les évaluations ne soient pas tout à fait paranoïaques et qu'un jour l'outil d'évaluation nationale ne devienne un outil de classement. Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT, ne l'exclut pas, " une fois que l'outil existe, on ne contrôle plus rien ".
D'ailleurs la publication école par école était le souhait initial de Xavier Darcos qui annonçait, le 28 janvier 2008 : " Je souhaite mettre en place une double évaluation, pour les classes de CE1 et de CM2, qui aura lieu en milieu d'année. Les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance ". Un an plus tard, il revenait sur sa décision. Le mal était fait et ces évaluations ont été partiellement sabotées cette année encore par des enseignants opposés à cette mise en compétition.
Comme le rappelle régulièrement Luc Chatel, il n'y aura plus de grand soir de l'éducation. Le paysage nouveau se dessine par petites touches, par glissements successifs. Mais au final, on pourrait bien, d'ici quelques années, se réveiller avec un modèle éducatif très différent, des établissements qui auraient chacun une identité, un projet et le vendraient à des parents en mal de choix.
Une construction brique à brique. Connaissant l'attachement syndical à une certaine uniformité - parfois purement théorique -, le gouvernement joue le puzzle. Une pièce par-ci, une pièce par-là, sans que l'architecture d'ensemble soit immédiatement lisible. Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n'y aura vu que du feu. D'autant que l'attention des observateurs est retenue ailleurs. Cette construction brique à brique est masquée par un autre combat qui occupe le devant de la scène : une bataille pour la sauvegarde des postes, alors que plus de 100 000 ont été supprimés depuis 2007. Et pendant que les syndicats s'échinent sur ce combat perdu, la voie est libre pour les grands travaux.


Autres articles dans une double page du Monde :
- A Lille, une brèche pour gérer le public comme du privé (programme CLAIR ou Eclair)
- Grande-Bretagne : L'école libre (les free schools), c'est possible
- Entretien avec François Dubet : « Il y a évolution sur le long terme, pas révolution »

 

 

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18 novembre 2011

Supprimer davantage de postes ?

 

- Supprimer davantage de postes de profs ?
C'est possible après 2012 selon Chatel - Les Echos, 17/11/2011
http://www.lesechos.fr/economie-politique/17112011/chatel

extraits :
Faire évaluer les profs par le chef d'établissement ?
« Rien n'est décidé, nous sommes au stade de la concertation, aucun décret ne sera signé en catimini ».

Faut-il continuer de supprimer des postes ?
«... Je pense que si l'on fait des réformes d'organisation et de structures du système éducatif, oui, il sera possible de réduire encore le nombre de postes en ne remplaçant pas un certain nombre de départs en retraite ».

Faut-il généraliser, comme le veut l'UMP, l'expérimentation du recrutement des profs par le chef d'établissement ?
« Nous avons déjà fait de grands pas vers l'autonomie...».

Faut-il rendre publics les résultats des évaluations des élèves par établissement ?
« A terme, c'est nécessaire ».

Faut-il selon vous, revenir en profondeur sur la réforme de la formation des enseignants ... ?
( comprendre la suppression de la formation professionnelle en alternance)

« Je note que la première année de mise en route s'est plutôt bien passée ...
... les professeurs stagiaires de la première promotion dressent, à près de 70%, un bilan assez positif de leur 1ère année ».

 

 

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10 septembre 2011

2 GM - Shoah : Penser la complexité



Shoah : pourquoi refuser de penser la complexité ?
http://www.liberation.fr/societe/01012358713-shoah-pourquoi-refuser-de-penser-la-complexite

dans une tribune publiée par Libération,
Gilles Rozier rappelle les débats suscités par la création d'une Journée du souvenir de la catastrophe et de l’héroïsme et les polémiques qui ont accompagné le choix du mot Shoah

« Si Raul Hilberg a consacré sa vie, réunie dans un ouvrage de plus de mille pages, pour circonvenir la complexité d’une entreprise de mort inouïe, c’est bien que le génocide des Juifs par les nazis n’était pas réductible à un mot de cinq lettres ... ».

« Monsieur Lanzmann nous explique que, pour tenter d’appréhender une catastophe innommable, il fallait un titre incompréhensible. Pendant ce temps, le fait que le camp d’Auschwitz se soit transformé en un des lieux les plus touristiques de notre temps ne semble pas le déranger ».

« Il faut Raul Hilberg pour tenter d’approcher la destruction des Juifs d’Europe. Il faut Primo Levi pour essayer de saisir Auschwitz. Les suppliciés n’ont plus besoin de visites guidées. Ce n’est pas ainsi, pour reprendre une expression de Cécile Wajsbrot, qu’il sera possible de vivre et se souvenir à la fois ».

- Shoah, un mot français - Le Monde 10/019/2011
C'est en 1959 que les autorités de l’Etat d'Israël l'adoptent, de préférence à Hurbn (destruction).

Patrick Jean-Baptiste Dictionnaire des mots français venant de l'hébreu, Seuil, 618 p
257 mots de notre vocabulaire seraient d'origine hébraïque ou araméenne (l'araméen était la langue proche de l'hébreu parlée dans l'ensemble du Moyen-Orient antique, probablement par Jésus ainsi que par de nombreux auteurs du Talmud).
Le dictionnaire tient compte aussi bien des attributions certaines que probables.


rappels :

La tribune de Claude Lanzmann dans Le Monde : http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/08/31/

Raul Hilberg, The destruction of the European Jews, Yale Univ. Press, 1961, 2003
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Destruction_of_the_European_Jews

Primo Levi, Si c'est un hommehttp://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/primolevi.htm

Alain Resnais, Nuit et Brouillardhttp://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm

La déportation dans les camps nazis, sélection de sites web : http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

 

Deux autres points de vue :
- Henri Meschonnic, Pour en finir avec le mot Shoah. Tribune parue dans Le Monde, 20-21 février 2005
http://joelle.zask.over-blog.com/article-32671466.html

- Tony Judt, Trop de Shoah tue la Shoah, Le Monde diplomatique, juin 2008
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/06/JUDT/15982

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31 août 2011

2 GM - Le siècle des anéantissements


Contre le bannissement du mot Shoah des manuels scolaires -

Dans une tribune publiée par
Le Monde, Claude Lanzmann part en guerre contre le nouveau programme Chatel d'histoire en première : le terme Shoah y serait banni et remplacé par celui d'anéantissement.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/30/


Plusieurs détails montrent que son information est incomplète :


- Les critiques portées par 2 Inspecteurs généraux à une prof d'histoire de Nancy portent sur un entretien, par sur une leçon d'histoire.

- Les manuels ne sont pas en cause, mais les instructions officielles.
Inutile de citer et d'attaquer les éditeurs Hachette, Hatier, Magnard.

>> Une circulaire, parue dans le Bulletin officiel n° 7 de septembre 2010 de l'éducation nationale

Il s'agit du BO spécial n° 9 du 30 septembre 2010 : Les programmes du lycée Chatel.
La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes
http://www.education.gouv.fr/cid53319/mene1019675a.html
http://www.education.gouv.fr/cid53354/au-bo-special-n-9-du-30-septembre-2010-programmes-d-enseignement-du-lycee.html

- Le programme a été publié en septembre 2010, et les nouveaux manuels envoyés dans les lycées en mai et juin 2011. Inutile de chercher "un mauvais coup à la faveur de l'été (2011)".
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Programme de première, directives officielles :

 La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes
La Seconde Guerre mondiale témoigne d’un degré supplémentaire dans la guerre totale, ce dont le programme rend compte en l’abordant par l’étude de la volonté d’anéantissement de l’adversaire, qu’il soit militaire ou civil, doublée par la volonté politique d’exterminer spécifiquement certaines catégories de populations (génocide des Juifs et des Tziganes, indépendamment de leur nationalité).
Déjà présente dans le premier conflit mondial, la conception de la guerre totale comme guerre d’anéantissement (théorisée par Clausewitz au temps des guerres de la Révolution et de l’Empire) est portée à son paroxysme lors du second. En témoignent tant le jusqu’au-boutisme des belligérants, qui amène à faire disparaître la distinction entre combattants et non-combattants (combats à outrance, bombardements stratégiques des villes, massacres de prisonniers ou de populations civiles, traitement des prisonniers de guerre …), que la politique raciste menée par les Allemands à l’encontre des populations juives et tziganes dans les territoires qu’ils contrôlent.
Il ne s’agit donc pas de présenter dans le détail les événements, mais d’aborder la question de manière problématisée en insistant sur les caractéristiques nouvelles du conflit : place des idéologies, guerre de mouvement, extension géographique, guerre technique et industrielle, ampleur des destructions (humaines et matérielles), en privilégiant la présentation du massacre des Juifs et des Tsiganes comme un phénomène particulièrement révélateur de la dimension d’anéantissement de la guerre au XXe siècle.
http://media.eduscol.education.fr/file/lycee/70/2/LyceeGT_Ressources_Hist_1_04_GuerresPaix_184702.pdf


- Cette tribune illustre un double paradoxe :

. Elle oublie de regarder du côté de la géo : les lycéens scientifiques, dans leur majorité, n'étudieront plus la mondialisation ni la géographie du monde actuel. Dommage pour de futurs cadres et de futurs dirigeants. Qui s'en est soucié, en dehors du cercle des géographes de métier ? Ne faudrait-il pas se battre pour un devoir de géographie au lycée ?


. Venant sans doute après la campagne contre une double page du manuel Hachette, cette tribune prétend que la destruction des juifs a disparu des programmes. C'est un contresens : cette destruction devient la principale grille de lecture de l'histoire de la 2 GM. Au risque de laisser certains élèves chercher une volonté d'anéantissement dans la stratégie des Alliés en lutte pour la reddition sans conditions de l'Allemagne hitlérienne et du Japon impérial.

Un dommage collatéral. C'est à la suite d'une décision très contestée de l'actuel ministre (supprimer l'HG en Term Squ'il a fallu réécrire en urgence les programmes et compacter deux années scolaires en une seule, avec les dégâts que l'on peut imaginer : sur la 2 GM, 3 chapitres (environ 75 pages en première) ont été remplacés par un seul chapitre (environ 20 pages), faisant par exemple l'impasse sur les Résistances au nazisme, sur le front de l'Est ou la guerre du Pacifique ...

Dans un premier projet, l'histoire de la France depuis 1958 a disparu de l'ensemble des séries. Dans le texte final, elle sera largement inconnu des lycéens qui ne feront pas d'histoire en Terminale S.

 
. La tribune de Lanzmann a été précédée par un texte qui avait fait moins de bruit
Guy Konopnicki, Le nouvel enseignement du mépris - Primo, 25-07-2011
http://www.primo-info.eu/selection.php?numdoc=Do-211998549

.
Shoah, holocauste, génocide, destruction des juifs d'Europe, l’extermination des Juifs et des Tziganes, etc...

Sur le fond, les musées mémoriaux illustrent la multiplicité des lectures et des choix possibles. 
2 exemples qui n'utilisent pas le terme shoah :
L'USHMM, United States Holocaust Memorial Museum fait référence à l'Holocauste, comme le téléfilm de 1979. 
http://www.ushmm.org/
Yad Vashem, combinerait mémorial (Yad) et un nom (Shem)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémorial_de_Yad_Vashem

Deux autres points de vue :
Henri Meschonnic, Pour en finir avec le mot Shoah. Tribune parue dans Le Monde, 20-21 février 2005
http://joelle.zask.over-blog.com/article-32671466.html

Trop de Shoah tue la Shoah
Tony Judt, Le Monde diplomatique, juin 2008
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/06/JUDT/15982

 Raul Hilberg, The destruction of the European Jews, (Yale Univ. Press, 1961, 2003)
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Destruction_of_the_European_Jews

 

.Le devoir de mémoire menace-t-il la vérité de l’histoire ?
A Rennes, le 15 avril dernier, Claude Lanzmann et Pierre Nora participaient au forum de Libération.


Les réécouter sur France-Culture et noter l'agacement de l'historien :
à écouter à l'adresse : http://www.franceculture.com/rennes-nora-lanzmann
Les plus techniciens sauront utiliser le cache de leur navigateur pour récupérer le fichier mp3 (environ 50 Mo)

Vers la 34e minute : à propos de la loi Gayssot et des lois mémorielles qui ont suivi
PN : « Si l'association Liberté pour l'histoire n'était pas intervenue, plusieurs lois étaient en préparation : la Vendée, la saint Barthélémy, l'Ukraine et les roms. Toute l'histoire de France aurait pu être criminalisée »

CL : « J'en ai un peu marre de t'entendre comme cela, non ? »
 « Voyez comme ils sont :  (ils imposent ) une sorte de sacralisation enivrée de leur propre discipline ! »
PN : « N'importe quoi... »
CL : « Pas du tout n'importe quoi, c'est exactement cela »
ND : « Et ils sont amis »
PN : « (Et j'ajoute que je n'ai pas beaucoup envie) de capituler devant Claude »


37e - CL a eu à faire la laudatio  de Raoul Hillberg à Burlington, à l'université du Vermont.
CL : « Marrus, il avait des petits yeux vipérins, il était prêt à me fusiller avec sa langue »

38e : CL « Quand mon film Shoah est sorti, cela a été la panique chez pas mal d'historiens.
S
oudain, le savoir historique changeait de nature »

41e : « Vous demandez une différence de traitement (pour la destruction des juifs) »
CL : « Pas du tout ! »
« Je demande une différence de traitement parce qu'il y a une différence de traitement...
je vous explique ... dans la traite des noirs, ils avaient besoin de la force de travail, il ne s'agissait pas de les exterminer.
Avec les juifs, c'est autre chose...»

...
06/09/2011
Shoah : l'éducation nationale ne voit pas matière à polémique - Le Monde - 05.09.11
http://www.lemonde.fr/societe/2011/09/05/enseignement-de-la-shoah

L'article évoque une stupidité du nouveau programme de 1ere (on peut traiter la 2 GM avant d'étudier le nazisme !),
parle de méconnaissance du nazisme, de confusion possible entre compassion et histoire.

"Que Claude Lanzmann se rassure" écrit Chatel dans Le Monde 06/09/2011...
Internet dépannera les profs. Le site web shoah.education.fr a été créé en 2008. 
NS voulait alors confier la mémoire d’un enfant juif de France mort du fait de la shoah à chaque élève de CM2. « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste » avait commenté Simone Veil.
Un autre site web est annoncé pour janvier 2012.

 

 

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07 juin 2011

Chatel et la notation des profs

Luc Chatel réfléchit à une réforme du système de notation des enseignants
M Baumard, Le Monde Education 07/06/2011

extrait : 

Lundi 6 juin, le ministre Luc Chatel a réuni les syndicats représentatifs des enseignants pour leur présenter un rapport réalisé par un cabinet d’audit privé (Alixio) 

... « Luc Chatel aborde le sujet de façon très prudente. D’abord, il intègre les données d’un cabinet d’audit qui va dans le sens des souhaits ministériels. Mais il pourra toujours, si le sujet de l’évaluation au mérite, qui sous-tend le dossier, suscite un tollé, préciser que ces conclusions n’engagent pas ses services... Ensuite, en évaluant l’enseignant non plus globalement, mais sur une série de tâches différentes, il pourrait entrouvrir une brèche dans le décret de 1950 qui définit le statut des enseignants. Une fois que ce verrou aura sauté, le métier pourra être redéfini ». 


Pour le calcul mental, voir BFM TV

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