10 février 2013

Réformer les rythmes scolaires ?

 

Dans la réforme contestée des rythmes scolaires, les médias parlent beaucoup du mercredi matin. Beaucoup moins des 45 minutes journalières à organiser et financer dans toutes les communes.

- Réformer les rythmes scolaires, oui, mais pas n’importe comment !
@Anne Thébaud – Marianne courrier des lecteurs, 09.02.2013

Raccourcir la journée de travail des enfants à Paris, et dans les grandes villes, requiert des structures, des personnels et des moyens financiers dont personne ne dispose encore.

« Je suis enseignante et directrice d'école à Paris. Oublions les textes de loi, volontairement vagues. Oublions les corporatismes, nos préjugés et regardons les faits.
Le but originel et louable de la réforme est de raccourcir la journée de travail des enfants. La plupart des enseignants y sont favorables. Le problème à Paris et dans beaucoup de grandes villes, est que personne ne dispose des structures, des personnels et des moyens financiers pour occuper 137 000 enfants si on les libère en milieu d'après-midi.
La grande nouveauté est la coupure du déjeuner qui durera désormais deux heures quarante-cinq. Un temps qui sera, selon le maire de Paris, le moyen de donner « une chance supplémentaire d'éveil, d'accès à la science, la culture, le sport, la vie » et utilisé pour « permettre aux enfants de profiter de l'important tissu d'activités culturelles de la ville ». Peut-on raisonnablement laisser croire aux parents que, d’une part. on déplace facilement 137 000 enfants en dehors de l'école, et ce quatre fois par semaine toute l'année, et. d'autre part, qu'il existe les structures et les moyens financiers pour accueillir les enfants de ces 662 écoles ? Ces enfants vont donc rester dans l'école la majorité du temps et retourner dans les classes. On n'organise pas des activités culturelles avec 300 enfants rassemblés dans un préau ou une cour. Et qui s'occupera des enfants dans les classes des animateurs
et des vacataires de la Ville de Paris, qu’il faudra recruter pour renforcer les équipes existantes.
En résumé, pour réduire de quarante-cinq minutes le temps d'enseignement par jour, les enseignants passeront le temps du déjeuner à se concerter en salle des maîtres, pendant que les enfants seront en garderie dans les classes avec de jeunes vacataires sans formation. Quel progrès ! »

- Un héritage lourd : les quatre jours de Darcos et Chatel. Marianne
http://www.marianne.net/Quatre-jours-qui-font-mal-a-l-ecole_a182148.html

- Des adversaires déterminés, des arguments à débattre - blog Marianne
http://www.marianne.net/Ecole-primaire-pourquoi-la-semaine-de-cinq-jours-est-une-aberration_a218842.html

- Recteurs et inspecteurs convoqués. Le Café pédagogique
Le ministre a réuni recteurs et inspecteurs à Assas (plus de 1500 personnes). Il les a invités à soutenir sa réforme.
La pédagogie doit passer avant le management :  « Nous sommes des pédagogues et nous avons à faire en sorte que la pédagogie soit au coeur de l'éducation nationale dans les rapports entre nous, avec les parents, avec les collectivités locales ».
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/02/08

Le pédagogue en chef : http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2013/02/08/vp-pedagogue-en-chef


- Un ministre et son splendide isolement - Marianne

http://www.marianne.net/Vincent-Peillon-ou-le-splendide-isolement_a226021.html

La solution politique à court terme : acheter le ralliement des enseignants du primaire ?


- Guide pratique de la réforme des rythmes scolaires à destination des maires
http://cache.media.education.gouv.fr/file/02_Fevrier/52/9/2013_rythmesco_guidel_elus_bdef_240529.pdf
extraits :
Les collectivités pourront proposer un large éventail d’activités visant à favoriser l’épanouissement des enfants, à développer la curiosité intellectuelle et à renforcer leur plaisir d’apprendre et d’être à l’école : activités sportives, artistiques et culturelles, ateliers consacrés au numérique, éducation citoyenne (travail coopératif, projets solidaires, ateliers sur l’environnement et le développement durable), etc.
... Si les devoirs écrits sont supprimés, il subsiste des leçons à apprendre ou des lectures à effectuer. Les études surveillées mises en place par les communes le soir après la classe peuvent donc être intégrées dans le cadre des activités périscolaires.

Ces intervenants doivent être des personnes qualifiées, c’est-à-dire répondre aux conditions posées par l’arrêté du 9 février 2007 modifié fixant les titres et diplômes permettant d’exercer les fonctions d’animation ou de direction en séjours de vacances, en accueils sans hébergement et en accueils de scoutisme
Le maire ou le président d’EPCI peut par ailleurs recourir à des enseignants volontaires pour assurer le temps périscolaire, comme cela est déjà parfois le cas aujourd’hui. Les enseignants sont alors rémunérés et assurés pour cette activité par la collectivité, qui devient, pendant ces heures-là, leur employeur.


PS : Décentralisation : la colère des conseillers d'orientation - Le Monde 10.02.2013
L'exécutif envisage de transférer aux régions de nouvelles compétences sur la formation.



14.02.2013 : Le Ministère communique sur sa réforme :
http://www.education.gouv.fr/cid67139/questions-reponses-sur-la-reforme-des-rythmes-a-l-ecole-primaire.html

 

 





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29 décembre 2011

L’Ecole à contretemps

 

L’école à contretemps - 16 Mars 2011
Conférence d’Antoine Prost à Lodève, transcription par Sébastien Rome
http://blogs.mediapart.fr/edition/changer-les-rythmes-scolaires-lodeve/article/160311/l-ecole-contretemps

Les temps scolaires ont toujours été des temps sociaux ; les choix économiques et culturels ont souvent pesé plus lourd que la pédagogie et l’intérêt des élèves.

Pour Antoine Prost, les vacances concernent d'abord exclusivement le secondaire.
Au XIXe, les vacances d’été allaient du 15 août au 1er octobre. Il n’était pas question de foin et de travaux des champs, mais de sociabilité des classes dirigeantes, et notamment de chasse. Il n’y avait pratiquement pas de petites vacances, à cause du coût et de la lenteur des transports.
En un siècle, les vacances d'été vont remonter dans l'année.
En 1891 elles commencent le 1er août.
En 1912 : elles vont du 14 juillet au 1er octobre.
En 1959, les grandes vacances passent du 1er juillet au 15 septembre ( peu avant l’ouverture de la chasse).
L’industrie touristique s’en mêle en 1972, avec la création des (petites) vacances d’hiver par zones.
En 1986, le couple 7 semaines/2semaines est tenté mais aussitôt abandonné.

La situation est différente pour le primaire.
« Au XIXème, les enfants des paysans et des ouvriers vont en classe quand ils n'ont rien de mieux à faire. Ce qui est normal, en quelque sorte, ce n'est pas qu'ils soient en classe, c'est qu'ils soient ailleurs, occupés à aider leurs parents. La question n'est pas de savoir quand il faut leur donner des vacances, c'est de les faire venir ». La fréquentation scolaire est donc une bataille menée par les républicains.
Le jeudi sans classe n’a pas été inventé en 1882 ; il existe pour le primaire depuis 1858. C’est en 1972 qu’il est remplacé par le mercredi, pour équilibrer la semaine jusqu’au samedi midi (4 demi-jounées avant, 5 après). En 2008, Darcos impose la semaine de 4 jours, choisie alors par seulement ¼ des écoles.

Pour Antoine Prost, le volume horaire annuel est passé de 1128 h en 1939 à 840 en 2008. Réclamer un retour à des méthodes massivement répétitives est doublement contestable : elles ont montré leurs limites à la fin des années 1950 ; elles consomment un temps considérable dont l’Ecole d'aujourd'hui ne dispose plus.
AP aborde aussi l’organisation du travail dans la journée scolaire.

Au temps des vacances scolaires – Claude Lelièvre – blog Médiapart - 26/12/2011
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/261211/aux-origines-des-vacances-scolaires

 

 

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