11 juin 2016

1936 : Il faut savoir terminer une grève

 

- 1936 : Il faut savoir terminer une grève
Maurice Thorez, gymnase Jean Jaurès, 11 juin 1936
in Christophe Prochasson - Olivier Wieviorka , La France du XXe siècle, Documents d'histoire - Le Seuil 2011
version pdf : http://clioweb.free.fr/dossiers/1936/thorez-terminer.pdf

La signature des accords Matignon n'arrête pas le mouvement de grèves.
Le 11 juin, on compte deux millions de grévistes.
Le 6 juin, Léon Blum a condamné les occupations d'usines
Le 11 juin, Maurice Thorez prononce le célèbre : il faut savoir terminer (une grève).

« Si le but maintenant est d'obtenir satisfaction pour les revendications de caractère économique tout en élevant progressivement le mouvement des masses dans sa conscience et son organisation, alors il faut savoir terminer [une grève] dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n'ont pas encore été acceptées, mais si l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles et les plus importantes des revendications.
Il faut savoir organiser, préparer l'avenir [...] ».
« Nous ne devons pas risquer que se disloque la cohésion des masses, la cohésion du Front populaire. Nous ne devons pas permettre que l'on puisse isoler la classe ouvrière ».

- Importantes déclarations de Maurice Thorez à l'assemblée des communistes parisiens
L’Humanité 12.06.1936 via Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k406742r.item

« A ce propos, Maurice Thorez rappelle qu'il faut savoir terminer une grève, dès l’instant où les revendications essentielles ont été obtenues. Il faut savoir même consentir aux compromis afin de ne perdre aucune force, et notamment ne pas faciliter les campagnes d'affolement et de panique de la réaction ».


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10 juin 2016

1936 - Grands magasins en grève

 

1936-huma1106-mag-printemps

Au Printemps, des artistes sont venus apporter leur concours aux grévistes.
Miss Paris, dans son tour de chant, se fait applaudir
L'Humanité, 11 juin 1936
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k406741c.item

« Les accords Matignon, connus le lundi 8 juin au matin, n’arrêtent pas une seconde vague de grèves.
Au contraire, elle s’étend à de nouvelles professions. Les grands magasins sont entrés en grève le 6;
le 8, ce sont le bâtiment parisien et les assurances, tandis que des négociations immédiates évitent que les banques ne débrayent.
Au milieu de la semaine on compte un million et demi de grévistes ».
Antoine Prost 2002
http://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2002-3-page-33.htm



 1936-gdsmagasins1

 Dans les grands magasins où l'on campe
Calmes et dignes, unis et forts, les grévistes s'organisent L'Humanité, 09.06.1936
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4067392/f2.item


extraits de L'Humanité, 9 juin 1936

« Tous les matins, on nettoire, on balaye. Si on fait un bal, sitôt après, on remet tout en place...»
« Dans les rayons tout est en ordre...Quelle belle leçon de calme, de dignité donnent ces milliers de reclus volontaires dans ces lieux, au milieu de ces richesses entassées, dont ils savent, comme le leur disait Vaillant-Couturier le soir même, qu'elles constituaient un héritage qui leur est destiné, à ces hommes et ces femmes luttant pour le pain et faisant en même temps de si noble façon leur apprentissage de classe dirigeante ! »

« Filles de travailleurs exploités, les vendeuses des Galeries, en souriant, luttent pour leur pain et parlent un langage nouveau. Et si elles l'apprennent si vite, n'est-ce pas qu'elles le pensaient depuis longtemps ? »


- La grève à La Samaritaine
. vue par Marcel Brient, chambre syndicale des employés CGT de la région parisienne
http://clioweb.free.fr/dossiers/1936/1936-Samaritaine-Brient.pdf

« M. Gabriel Cognacq explose, tape sur la table, parle d'ingratitude...
Nous l’interrompons : « Il n'y aurait jamais eu de grève sans le système américain ».
M. Cognacq se croit victime des forces du mal... »


. vue par Gabriel Cognacq le patron de la Samaritaine - Note du 27 juin 1936
http://clioweb.free.fr/dossiers/1936/1936-Samaritaine-Cognacq.pdf

« Votre direction veut ignorer les sympathisants de cette grève. Il y en a eu d'ailleurs si peu, si elle s’en rapporte aux très nombreuses lettres qui lui parvenaient depuis quelques jours d’occupants se disant occupants involontaires ».


juin36-lefranc

in : Juin 1936, L’explosion sociale du Front populaire
présentée
par Georges Lefranc, Archives Julliard n° 22, 1970




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Le massacre d'Oradour

 

vie-avec-oradour

[Robert Hébras] Une vie avec Oradour, documentaire de Patrick Séraudie 2011

Le massacre d'Oradour-sur-Glane
Le Centre de la Mémoire
 
Oradour-sur-Glane, village martyr
 
Robert Hébras, Une vie avec Oradour, 2011
Joachim Gauck à Oradour, 4 septembre 2013

Sarah Farmer, Oradour : arrêt sur mémoire, Calmann-Lévy‎ 1994
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09 juin 2016

Bac HG 2016 Europe-Afrique

 

Bac HG 2016 Europe-Afrique (source EC-aggior)



Bac 2016 HG Série S :

Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales
ou
L'inégale intégration des territoires dans la mondialisation


La gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975
acteurs, remise en cause

. caricature de Plantu 27 janvier 2002
. article Les Brics ont lancé leur banque de dvt - Le Monde 16 juillet 2014

gouv-2016-S



Bac 2016 HG série ES-L

Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne de 1875 à 1945 **
ou
Le Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la 2GM


L'Inde face aux défis de la population et de la  croissance
La démographie indienne, bénédiction ou calamité ?
texte Les Echos 04.12.2013
tableau stat sur populatoin et croissance en Asie du Sud et de l'Est

 

inde-2016a

inde-2016-b



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Thème 2 – Idéologies et opinions en Europe de la fin du XIXe siècle à nos jours 
Question - Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875 (6-7 h)
Lecture de la question par Eduscol
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/H-G_2015/97/0/Ress_Hist_TermES-L_Theme2_socialisme_503970.pdf

L’Allemagne a été choisie parce qu’elle est un pays emblématique des questions qui se posent depuis le XIXe siècle à tous les socialistes européens : l’affrontement entre réformistes et révolutionnaires y est particulièrement marqué ; le mouvement ouvrier y croise des enjeux majeurs comme la démocratisation et l'unité nationale. Pour autant, l’étude du socialisme et du mouvement ouvrier s’y inscrit dans un contexte national très spécifique et fortement évolutif.

En Allemagne, l’essor du socialisme et du mouvement ouvrier est lié à l’industrialisation. L’aspiration collective à une société plus juste s’y incarne dans une idéologie socialiste transformée par la pensée marxiste. Dans l’opposition puis au pouvoir, les socialistes contribuent à l’amélioration de la condition ouvrière. Toutefois, dès l’origine, syndicats et formations socialistes sont déchirés entre des aspirations révolutionnaires et le désir d’une action politique légale. Partis et syndicats militent en faveur d’une transformation radicale de la société et de changements concrets destinés à améliorer la vie des ouvriers dans le cadre du système économique existant. Le congrès de Gotha en 1875 associe ainsi une stratégie révolutionnaire et des propositions réformistes ; en 1891, le congrès d’Erfurt confirme l’orientation marxiste des socialistes tout en présentant des revendications pour la mise en oeuvre d’une démocratie parlementaire et l’amélioration de la condition ouvrière. Ce choix stratégique consacre la rupture entre le SPD et les partisans d’une révolution (Spartakistes, puis KPD). Le contexte révolutionnaire des lendemains de la Première Guerre mondiale conduit à la scission du mouvement ouvrier. Cette division des socialistes entre révolutionnaires et réformistes, qui concerne toute l’Europe dès 1904 (congrès d’Amsterdam) et se cristallise après la révolution bolchevique autour de la question de l’adhésion à la Troisième Internationale, a des conséquences particulièrement graves en Allemagne.

La répression menée par le gouvernement hitlérien, dès 1933, anéantit le mouvement ouvrier que le gouvernement nazi tente de contrôler par la répression et l’encadrement (Front du travail).

Après la Seconde Guerre mondiale, l’opposition entre socialistes et communistes réapparaît et redevient frontale. En Allemagne de l’ouest, entre 1945 et 1949, tandis que les communistes se marginalisent, le SPD, bénéficiant de la tertiarisation et de l’essor des classes moyennes, s’affirme comme un parti réformiste. Il est accompagné dans cette voie par les syndicats, constitués en puissantes confédérations. En RDA, le SED dispose du monopole politique et place sous sa dépendance les autres formations. Les syndicats sont inféodés au parti unique, la grève est interdite, les manifestations réprimées (1953).

Avec la réunification, les antagonismes s’estompent du fait de l’effacement des communistes, mais les socialistes comme les syndicats doivent s’adapter à un nouveau paysage politique et social (montée du chômage notamment dans les Länder de l’est, multiplication des activités à temps partiel, hausse du nombre des indépendants, préoccupations environnementales qui se traduisent par le poids des « verts »…) et aux problématiques liées à l’Europe et au contexte de la mondialisation. Alors que le SPD est depuis longtemps un parti de gouvernement, les ex-communistes du PSD gardent une influence dans les nouveaux Länder et l’émergence de « Die Linke » confirme la présence d’une gauche plus radicale dans le paysage politique. Le modèle allemand du partenariat social est ébranlé.

 

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08 juin 2016

Les Accords Matignon 7 juin 1936

 

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080636-huma

L'Humanité, 8 juin 1936
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k406738p.item
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327877302/date1936

 

accords-mat-af

L'action française, 8 juin 1936 source Gallica

La CGPF (Confédération générale de la production française) a été créée le 19 mars 1919
Elle devient le 4 août 1936 la confédération générale du patronat français (CGPF) présidée par C-J Gignoux.
Le Conseil national du patronat français (CNPF) créé en décembre 1945 est rebaptisé Medef en 1998
(Seillère 1998-2005, Parisot 2005-2013 puis Gattaz 2013- ).

mars 1936 : Réunification de la CGT et de la CGTU lors du congrès de Toulouse (2 mars-5 mars)
déc 1947 :  nouvelle scission de la CGT et naissance et la confédération « CGT-Force Ouvrière » (FO).



Les Accords Matignon, 7 juin 1936
site de l'Assemblée nationale
http://www2.assemblee-nationale.fr/static/evenements/1936/Les_accords_de_Matignon7juin36.pdf


« Les délégués de la Confédération générale de la production française et de la CGT se sont réunis sous la présidence de Monsieur le Président du Conseil, et ont conclu l’accord ci-après, après arbitrage de Monsieur le Président du Conseil :

Art.1. La délégation patronale admet l’établissement immédiat de contrats collectifs de travail.

Art.2. Ces contrats devront comprendre notamment les articles 3 à 5 ci-après.

Art.3. L’observation des lois s’imposant à tous les citoyens, les employeurs reconnaissent la liberté d’opinion, ainsi que le droit pour les travailleurs d’adhérer librement et d’appartenir à un syndicat professionnel constitué en vertu du livre III du Code du travail. Les employeurs s’engagent à ne pas prendre en considération le fait d’appartenir ou de ne pas appartenir à un syndicat pour arrêter leurs décisions en ce qui concerne l’embauchage, la conduite ou la répartition du travail, les mesures de discipline ou de congédiement (...)

Art.4. Les salaires réels pratiqués pour tous les ouvriers à la date du 25 mai 1936 seront, du jour de la reprise du travail, rajustés suivant une échelle décroissante commençant à 15% pour les salaires les moins élevés pour arriver à 7% pour les salaires les plus élevés, le total des salaires de chaque établissement ne devant, en aucun cas, être augmentés de plus de 12% (...)

Art.5. En dehors des cas particuliers déjà réglés par la loi, dans chaque établissement comprenant plus de dix ouvriers, après accord entre organisations syndicales, ou, à défaut, entre les intéressés, il sera institué deux ou plusieurs délégués ouvriers selon l’importance de l’établissement. Ces délégués ont qualité pour présenter à la direction les réclamations individuelles qui n’auraient pas été directement satisfaites, visant l’application des lois, décrets, règlements du Code du travail, des tarifs de salaires, et des mesures d’hygiène et de sécurité (...)

Art.6. La délégation patronale s’engage à ce qu’il ne soit pris aucune sanction pour faits de grève.

Art.7. La délégation confédérale ouvrière demande aux travailleurs en grève de décider la reprise du travail dès que les directions des établissements auront accepté l’accord général intervenu et dès que les pourparlers relatifs à son application auront été engagés entre les directions et le personnel des établissements ».



La semaine de 40 heures, les congés payés font partie du programme du Front populaire.
Ils ne sont pas mentionnés dans les Accords,
mais les lois sont votées rapidement.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_Matignon_(1936)


Front populaire, les lois adoptées en juin 1936

http://www2.assemblee-nationale.fr/14/evenements/2016/80eme-anniversaire

La semaine de 40 heures, loi du 12 juin 1936, promulguée le 21 juin 1936
discussion d'un projet de loi tendant à instituer la semaine de 40 heures dans les établissements industriels et commerciaux et à fixer la durée du travail dans les mines souterraines.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63118090/f1.item.zoom

Les  congés payés, loi du 11 juin 1936, promulguée le 20 juin
Loi instituant un congé annuel payé dans l'industrie, le commerce, les professions libérales, les services domestiques et l'agriculture -
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5714372q/f2.item

Conventions collectives
Les  11 et 19 juin 1936, la Chambre des députés discute et adopte, par un vote à main levée, le projet de loi relatif à la convention collective de travail.
Pour l'industrie et le commerce, la loi du 24 juin 1936 complète la loi de 1919.

 

080636-figa

Le Figaro, 8 juin 1936 - source Gallica

 

080636-af3

L'action française, 8 juin 1936 source Gallica

 

- Les grèves de mai-juin 1936 revisitées , Antoine Prost, Le Mouvement Social 3/2002 (no 200)
http://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2002-3-page-33.htm

AP y voit une réponse ouvrière à la pression patronale et à la taylorisation sans contrepartie salariale.
Avec les conventions collectives, le lieu de travail sort de la sphère privée. «l’entreprise n’est plus une grande famille, et les ouvriers ne sont plus des domestiques, des serviteurs... » Le contrat de travail est d’ordre public.
A comparer avec la loi-travail qu’Hollande veut imposer en 2016


- Aux origines ouvrières du Front populaire, Gérard Noiriel, Le Monde diplomatique juin 2016

« Le 3 mai 1936, le gouvernement de Léon Blum parvenait au pouvoir dans une France affaiblie par la crise économique et menacée par la guerre. Cette date constitue le point de départ politique du Front populaire. Mais elle occulte les conditions d’émergence et les racines sociales d’un mouvement de grèves sans précédent, qui permit des avancées considérables ».
Pour GN, le mouvement de grèves ne commence pas le 3 mai 1936, après la victoire électorale du FP mais en 1933 (Renault-Billancourt)
« Les luttes sociales et l’action collective dans les entreprises paient ».
« Le Front populaire montre que les représentations collectives de la société sont bouleversées quand la classe ouvrière fait entendre sa voix ».


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07 juin 2016

Normandie - 6 juin 1944 - 6 juin 2016

 

 

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 Saint-Charles-de-Percy 6 juin 2016


4445

Lieutenant J.K. Maguire
Irish Guards  killed on the 4th August 1944  Age 21

 

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Saint-Charles-de-Percy 6 juin 2016

 

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Vire 6 juin 2016

 

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Vire 6 juin 2016

4455

Vire 6 juin 2016

 

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Vire 6 juin 2016


La cérémonie viroise dans Ouest-France

 


D-Day, choix de liens
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/dday.htm


Normandie 1944-2014
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/normandie44.htm


Vire 1944
http://clioweb.free.fr/dossiers/vire/vire-44.htm
Vire, les bombardements du 6 juin.
Le témoignage des Virois - Vire-FM 1984
http://clioweb.free.fr/dossiers/vire/vire6644.htm

06.06.2014 : inauguration de plaques listant les victimes civiles à Vire
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/06/06/30024804.html

 

 

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Fusillés de la prison de Caen, 6 juin 1944

72e D-Day. Cérémonie en mémoire des 87 prisonniers fusillés à Caen - Ouest-France maville

Parmi les 87 fusillés, 15 noms sont mentionnés sur le monument de Montchamp (dont Henri Morel)
http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/06/07/33928072.html



6 juin 1944 et après
http://clioweb.canalblog.com/tag/6juin

Timbres et commémorations de 1944
http://clioweb.canalblog.com/tag/timbres44

 

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6 juin 1944 : Fusillés à la prison de Caen

 

Fusillés de la prison de Caen, 6 juin 1944


06.06.2016 - 72e D-Day - Cérémonie en mémoire des 87 prisonniers fusillés à Caen
http://www.caen.maville.com/actu/actudet_-72e-d-day.-ceremonie-en-memoire-des-87-prisonniers-fusilles-a-caen



fusilles-caen-44

Une liste des 87 fusillés dont les corps n'ont pas été localisés à ce jour
http://tinyurl.com/fusilles1944-Caen

http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=14118&dpt=14&idsource=38454&table=bp06
http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=38454

 

 

Montchamp-060644



15 noms figurent sur le monument de Montchamp

dont Henri Morel, arrêté le 31/05/44 à la suite d'une enquête de routine concernant son commis Camille LAMOUREUX, interné à la prison de Caen comme otage - fusillé dans la cour de la prison - Domicilié à Montchamp, marié deux enfants, agriculteur, marchand de chevaux et maire du village.
Dans une commune voisine, un collaborateur notoire n'a pas survécu à la Libération.

AUVRAY Roger
* BIZÉ René Gaston Henry Auguste
CAULET François
* LAIR Alexis
* LAIR Gustave Henry
* LAMOUREUX Camille Marcel Louis
* LE FOLL Olivier Marie
LEPETIT Camille
LOSLIER René Félix Alexis Georges
MADORET Georges
MÉNOCHET Pierre
* MONSION Jean
* MOREL Henri
* VINCENT Marcel Albert
(il manque un nom à cette liste)

rappel : délation et dénonciations pendant la 2GM :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/04/24/20967771.html

 

 

postel-legoff

Yves Le Goff et Roland Postel font partie des fusillés.
Ils appartenaient au réseau Arc-en-Ciel
http://www.onac-vg.fr/files/uploads/deux-resistants-de-la-prefecture-du-calvados.pdf 

 

 

fusilles44

Juin 1944 - Alarme sur les prisons de France - Témoignage chrétien n° 12 - TDC
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/fusilles.htm
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06 juin 2016

L'Humanité : unes 24 mai-6 juin 1936

 

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L'Humanité, samedi 6 juin 1936
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327877302/date1936.item

 

Front populaire
Titres de L'Humanité en Une (24 mai - 6 juin 1936)


24 mai 1936
Elle aura sa revanche (La Commune de Paris)
Au Mur, à partir de 13 heures, pour fêter la victoire
Pour le pain, pour la paix, pour la liberté
Les soviets partout !

25 mai
600 000 au Mur
un défilé de neuf heures
Enthousiasme - Force - Discipline

26 mai
La volonté disciplinée des masses assurera la réalisation du programme du Rassemblement populaire
Le grand succès des communistes belges

27 mai
Pour le respect de la volonté du peuple
Les 72 élus communistes ont tenu, hier, leur première réunion dans une atmosphère de travail allègre
Pour une France libre, forte et heureuse
Le soulèvement national arabe en Palestine
Hier 6 000 grévistes

28 mai
Le syndicat patronal accepte de discuter avec les représentants des ouvrier
Dans l'ordre, le calme et la discipline, la grève s'est continuée ou s'est étendue au cours de la journée d'hier à...
Les impôts des topazes

29 mai
Les impôts des topazes
Métallurgie : Le syndicat patronal accepte de discuter avec les représentants des ouvriers
Dans l'ordre, le calme et la discipline, la grève a continué ou s'est étendue au cours de la journée d'hier à :
Boulogne (Renault, Farman, JJ Carnaud) - Courbevoie (La Licorne) Issy (Nieuport, Gévelot) - Gennevilliers (Gnome et Rhône) - St-Ouen (Lavalette) - La Courneuve (Fouché) - Nanterre (SIMCA) - Paris (Citroën) - Arcueil (Hanriot) - Meudon et Sèvres (Renault ) - Toulouse (Dewoitine) - aux camps d'aviation de Toussus-le-Noble et Buc. Dans de nombreuses usines, vive agitation.

30 mai
La grève sur place pour le pain - Victoire aux usines Renault - Victoire chez Gnome et Rhône

31 mai
En masse à La Courneuve
Les 50 000 ouvriers de 35 usines, dont Citroën, sont à leur tour victorieux

1er juin
Assises de Huyghens - Léon Blum : Nous exécuterons le programme de Rassemblement populaire
Après la grève sur le tas, les pourparlers sur le contrat collectif dans la métallurgie parisienne sont engagés entre délégués ouvriers et patronaux
A La Courneuve, une foule immense acclame les sportifs et l'aviation populaire.
Marcel Cachin exposant le projet communiste réclamant un milliard pour le sport est longuement acclamé.

mardi 2 juin:
Oui, la Française doit voter
La nouvelle chambre est rentrée hier
Le patronat de la métallurgie parisienne a dû reconnaître officiellement le droit syndical et la liberté d'opinion
Le congrès socialiste se clôt par un vote unanime


3 juin
Hier, 35 victoires - 200 entreprises en grève
Le mouvement s’étend : chimie, alimentation, bâtiment, livre, agriculture, employés, techniciens
et gagne la province : Lille, Orléans, Bourges, Béziers, Rouen, etc...
Augmentation de 10 % du salaire, reconnaissance du droit syndical et des délégués d’ateliers, 15 jours de vacances payées aux usines Gnome et Rhône dans le 13e...
Chiappe, Henriot, Bouisson, Doriot doivent être invalidés.


4 juin
200 000 travailleurs défendent leur pain.
Hier 80 victoires nouvelles. Le mouvement s’élargit encore.
12 000 grévistes dans l’agglomération lilloise
Presque toutes les entreprises sont en lutte à St-Denis, Pantin, Arcueil, Ivry, Nanterre, St-Ouen, Puteaux, Argenteuil, Le Bourget, Aubervilliers, Bezons, Vitry, Colombes etc.
danse en ronde chez Olida

5 juin
Le ministère Léon Blum est constitué
Hier,  75 victoires ; 500 000 grévistes en France

6 juin 1936
L’ordre assurera le succès
Hier 107 victoires !
Par dizaines de milliers, les grévistes rejoignent les syndicats
200 000 grévistes dans le Nord (100 000 à Lille, 40 000 à Roubaix, 28 000 à Valenciennes,
des milliers à Denain, Avion, Lens, Liévin, Maubeuge, etc.
dans la région parisienne, le mouvement s’est étendu  aux grands magasins : le Printemps, les Galeries Lafayette (photo), le Bon Marché, le Bazar de l’Hôtel de Vile, etc.

Le gouvernement annonce le dépôt d’une série de projets de lois faisant droit aux revendications populaires :
40 heures, congés payés, contrats collectifs
révisions des décrets-lois, nationalisation industries de guerre, réforme de Banque de France
Les communistes interviennent contre les mal élus

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05 juin 2016

1936 : Le gvt Léon Blum



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Le Populaire, 5 juin 1936 - source Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327877302/date1936

Le 4 juin 1936, Léon Blum est nommé président du Conseil par Albert Lebrun

Son gouvernement est annoncé le 5 juin dans la presse.
Il comporte 33 ministres et sécrétaires d’Etat (20 socialistes, 13 radicaux)
Édouard Daladier, ministre de la Défense nationale est vice-président du Conseil
Yvon Delbos aux Affaires étrangères,
Vincent Auriol aux Finances
Roger Salengro est ministre de l’Intérieur
Jean Zay à l’Education nationale

Léo Lagrange, nommé sous-secrétaire d'État aux Sports et aux Loisir
Les femmes n’ont pas le droit de vote, mais Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschvicg sont secrétaires d’Etat.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_populaire_(France)



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L'Humanité vendredi 5 juin 1936 : Le ministère Léon Blum est constitué.
Hier, 75 victoires, 500 000 grévistes en France
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327877302/date1936

 

blum-0506a 

blum-0506b
Le Figaro 5 juin 1936 - source Gallica

 

fig-0506b

Le Figaro 5 juin 1936 - source Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z/date1936

 

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L'Action Française organe du nationalisme intégral, 5 juin 1936 - source Gallica
Béraud prépare la charge antisémite de Vallat à la Chambre contre Léon Blum ("Le nouveau maître")
http://gallica.bnf.fr/html/und/presse-et-revues/les-principaux-quotidiens


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04 juin 2016

1936-2016 : Les grèves de 1936

 

Antoine Prost, " Les grèves de mai-juin 1936 revisitées ", Le Mouvement Social 3/2002 (no 200)
http://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2002-3-page-33.htm

    Trois vagues de grèves et un accord
        Les débuts
        Des grèves venues d’en bas
    Les causes du mouvement
        Le temps court du Front populaire
        Le temps médian de la crise économique
        Le temps long de la taylorisation
    Signification des occupations
        Une visée révolutionnaire ?
        La lutte et la fête
        Espace privé, espace public

Antoine Prost rappelle les trois vagues de grève :
- Les grèves de mai (11-13 Bréguet Le Havre et Latécoère Toulouse, usines d'aviation et auto dernière semaine de mai)
- Les grèves du début juin : 150 usines en grève le soir du 2 juin, extension en province (Lille, Nantes).
Nouveaux secteurs : les grands magasins parisiens le 6 juin, la veille des Accords Matignon, le bâtiment et les assurances le 8, le lendemain des Accords. 1,5 millions de grévistes vers le 10 juin.

- Une 3eme vague se produit fin juin et début juillet 1936. Elle concerne plutôt des petites entreprises.

Les grèves n'ont pas affecté les services publics de l'Etat, ni les chemins de fer ni les Postes


Les causes -
L'explosion sociale de 1936 ne vient pas d'un complot du PCF, de la CGT ou de l'extrême gauche. Pour AP, elle est sur le plan social, l'aboutissement d'une puissance mobilisation qui a conduit à la victoire du Front populaire aux élections de 1936.

AP y voit une réponse ouvrière à la pression patronale. « La crise de 1929 n'a pas plongé les ouvriers dans la misère, mais elle s'est traduite par une surexploitation systématique, par une intensification des cadences, par un renforcement des contraintes disciplinaires ». La course à la productivité (taylorisation) n’a pas été compensée comme aux USA par des hausses des salaires (fordisme)

Les conquêtes ouvrières portent sur le temps (40 heures par semaine, 15 jours de congés payés). Le temps libre n’est plus un privilège de la bourgeoisie. L’instauration des délégués ouvriers introduit un contre-pouvoir au sein des entreprises. « Le travail a repris après les grèves, mais pas comme avant ».


Les occupations, une visée révolutionnaire ?

Les patrons ont vu dans les occupations d'usine une atteinte au droit de propriété et un début de soviétisation.

Pour AP, l'occupation est une arme tactique :
elle permet de protéger l’outil de travail ; elle prévient l’appel aux « jaunes ».
« L’usine occupée, gardée par les piquets, se vit aussi comme une place assiégée. La fête, quand elle éclate, est bien une vraie fête et la joie des grévistes une vraie joie, mais cela n’empêche pas que la fête est organisée : pour le comité de grève, c’est aussi une façon de maintenir le moral en combattant l’ennui autant que le désordre ».
cf. Simone Weil :  « La grève est en elle-même une joie »

« L'occupation et la fête [relative] dépassent la simple lutte revendicative pour affirmer l'existence et la force d'un groupe solidaire (la classe ouvrière) et amener le patronat et l'encadrement à reconnaître à tous ses membres une existence propre, des besoins légitimes et de la considération ».
« Au cœur de la satisfaction profonde qui donne aux occupations leur caractère exceptionnel et inoubliable, il n'y a pas seulement le sentiment d'une dignité retrouvée et affirmée, haut et fort, mais l'émotion d'une fraternité et d'une communauté de destin ».


Un patron d’usines de coton en Côte d’Or oblige ses salariés grévistes à signer un acte de contrition.
Mais Juin 1936, c’est surtout la délégitimation du paternalisme.
« L’entreprise n’est pas une grande famille, et les ouvriers ne sont pas des domestiques, des serviteurs; ils ne s’engagent pas pour autre chose que pour un travail déterminé, payé d’un salaire déterminé. Ils n’attendent pas de bienfaits de leurs patrons et ne leur doivent en contrepartie aucun service, aucune allégeance. Le contrat de travail est d’ordre public, et son contenu doit faire l’objet non d’une négociation personnelle impossible entre chaque salarié et l’employeur, mais d’une négociation entre syndicats et patronat. La grande nouveauté, en ce sens, ce sont les conventions collectives, et il est révélateur qu’elles ne se généralisent qu’à partir du Front populaire, alors qu’elles ont été instituées par une loi de 1919 ».

Le lieu de travail sort ainsi de la sphère privée.
Le contrat de travail n’institue pas un lien personnel de subordination, mais un lien fonctionnel de production. Du coup, la détermination même du salaire en est affectée : elle ne relève plus du bon vouloir ou de la générosité patronale, mais de la convention collective, et des procédures obligatoires de conciliation et d’arbitrage sont mises en place pour trancher les désaccords ».

« Ce qui frappe sans doute le plus dans l’épisode du Front populaire, c’est l’adéquation des conquêtes ouvrières à la situation économique, sociale et politique. L’occupation s’inscrit dans l’exact prolongement des manifestations qui scandent l’ascension de ce grand mouvement social et politique. Les 40 heures et les congés payés répondent à la surexploitation entraînée par la crise économique dans des entreprises en voie de rationalisation. Ils donnent réalité et consistance au temps privé des salariés.
Symétriquement, les conventions collectives et les délégués d’atelier instituent un nouveau régime du contrat de travail, conçu comme contrat d’ordre public dans des entreprises qui restent la propriété de leurs actionnaires. L’extension de l’espace privé de la vie ouvrière s’accompagne du passage dans l’espace public du travail ouvrier. Par quoi s’introduit, dans l’univers du travail, une modernité décisive où les salariés conquièrent leur dignité d’hommes libres ».

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