14 janvier 2011

Le coût du conseil en politique ...

-- Un conseil à 8000 euros par mois, ...

Ecouter l'émission 5 minutes avec... du 6 janvier 2011.
Pascale Clark y interroge D Paillé, l'ex-porte parole du parti majoritaire.
Ce politicien qui se dit « moins à droite que JF Copé » touchait « 8000 euros net au titre de conseiller du secrétaire général » de l'UMP (autant pour Lefebvre ?). Son ambition affirmée est de « continuer à être utile à NS pour que son septennat (sic et resic) » soit une réussite. Accessoirement, il veut devenir député des Français de l'étranger (zone du Bénélux) - indemnité, environ 9000 euros mensuels
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11710.xml
http://media.radiofrance-podcast.net/

- De la mondialisation à l'universalisation : une ambition sociale
Christine Boutin, l'ex-ministre a rendu son rapport en 17 propositions le 9 déc. 2010 ...
http://asset.rue89.com/files/0000.pdf

- Le coût de la mission confiée par EW, alors ministre du travail, avait soulevé la polémique en juin 2010.
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/06/10/18213842.html

- «  J'ai lu le rapport de Boutin sur la mondialisation : affligeant » constate Pierre Haski dans Rue 89 - 11/12/2010.
« Dans cet inutile et (très) coûteux document, l'ex-ministre du Logement offre à NS d'aller vers l'universalisation du monde ».



 

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Laisser brader l'Hôtel de la Marine ?

Régis Debray, Alain Decaux, Jean-Noël Jeanneney, Jacques Le Goff, Pierre Nora, Mona Ozouf, Michel Winock refusent de laisser brader l'Hôtel de la Marine. Leur Appel a été publié par Le Monde le 10/01/2010

« On veut faire une Maison de l'histoire de France parce que, paraît-il, la France perd sa mémoire. Mais on liquide en même temps une maison qui est, à sa manière, une leçon d'histoire de France. La France ne perd pas sa mémoire, elle la brade ».

Pierre Nora était l'invité de la Fabrique de l'Histoire, ce vendredi, à propos de cet Appel,
en même temps que Jean-Pierre Rioux au sujet de la Maison de l'Histoire de France.

.
Copie de l'Appel :

Sauvons l'hôtel de la Marine à Paris !

« Quiconque éprouve encore un minimum de respect pour le passé national, pour les pierres chargées de symboles et d'une histoire qui touche tous les Français ne peut qu'être révulsé à l'idée que l'hôtel de la Marine, place de la Concorde, soit alloué le 17 janvier - demain ! - sans protestation aucune, affermé, disons le mot : aliéné à un groupe financier international, Alexandre Allard, pour, derrière la façade inchangée, en faire un Barnum commercial assorti de suites de luxe.

Et que ce soit un ancien ministre de la culture, qui, devenu salarié d'un « rénovateur » d'hôtels, facilite auprès des politiques la réalisation juteuse d'un projet si évidemment contraire à l'intérêt général, cela lève le coeur.

Soyons nets et clairs : on peut comprendre que, grâce aux facilités juridiques qui, depuis juillet 2010, permettent la location par bail emphytéotique de trente, cinquante ou quatre-vingt-dix ans de domaines de l'Etat généralement classés, certaines rénovations puissent présenter des avantages, comme celle qui vient d'être annoncée à Versailles pour l'hôtel du Grand-Contrôle, à l'abandon depuis plusieurs années et qui va devenir, pour trente ans, un hôtel de charme de vingt-trois chambres. C'est du cas par cas.

Mais la place de la Concorde ! Mais l'hôtel de la Marine ! Indépendamment de sa situation sur la place la plus célèbre de France, en face de l'Assemblée nationale, indépendamment de la richesse de la décoration intérieure, de l'escalier de Soufflot et de la galerie des Amiraux, ce lieu est chargé des images historiques les plus lourdes qu'on puisse imaginer : au croisement de l'Ancien Régime et de la Révolution.

C'est là, dans cet hôtel construit par Gabriel et Soufflot pour Louis XV, et qui avait toujours appartenu à la Couronne, qu'ont eu lieu les premières émeutes populaires à la veille du 14 juillet 1789 ; là que s'était installé le secrétaire d'Etat à la Marine quand Louis XVI et le gouvernement avaient dû quitter Versailles à la fin de 1789, pour rejoindre les Tuileries.

C'est là que, devant cette façade aux magnifiques péristyles ironiquement dédiés à la magnificence et à la félicité publiques, Louis XVI et Marie-Antoinette, mais aussi tant d'autres acteurs célèbres ou anonymes de la Révolution, ont été guillotinés.

On veut faire une Maison de l'histoire de France parce que, paraît-il, la France perd sa mémoire. Mais on liquide en même temps une maison qui est, à sa manière, une leçon d'histoire de France. La France ne perd pas sa mémoire, elle la vend.

Les deux affaires sont, en réalité, plus étroitement liées qu'il n'y paraît. Car si Maison de l'histoire de France il doit y avoir, c'est là qu'elle devrait s'implanter, pas ailleurs. C'est pourquoi nous faisons appel à vous, Monsieur le Président, convaincus de n'être ici que les porte-parole d'une opinion silencieuse mais majoritaire.

Au nom même des principes supérieurs que vous invoquez souvent et dont vous êtes le garant, nous vous prions de prendre toutes les mesures d'urgence nécessaires pour arrêter ce qui ne peut apparaître que plus grave qu'un crime : une faute ».

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13 janvier 2011

Gestuelle politique en 7 leçons

Le Petit Journal de Yann Barthès (11/01/2011)
http://www.canalplus.fr/index.php?pid=3351

3e mn
Obama et NS ont-ils suivi la même High School of Gestual Communication ?

YB décode les gestes reproduits à l'identique :

leçon 1 : la détermination
leçon 2 : l'ouverture
leçon 3 : la ligne directrice
leçon 4 : je gère (avec les doigts)
leçon 5 : on ira jusqu'au bout
leçon 6 : je reboutonne mon veston quand j'ai fini

7 bis : je dis au revoir aux journalistes,
en restant assis jambes croisées...

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Interdire les réseaux sociaux ?

- En Virginie, au prétexte de la lutte contre la pédophilie... le comité chargé des questions d'éducation veut interdire les échanges entre profs et élèves sur Facebok, par SMS ou en messagerie instantanée.
Le Monde 10/01/2011
Le Monde interroge ses lecteurs sur leurs usages scolaires des réseaux sociaux

.
A partir d'adresses repérées par François Arnal :

- 500 millions d'amis, la carte de Facebook
Dans un premier article, Thierry Joliveau propose une déconstruction de la carte de com' parue sur le site de Facebook
http://mondegeonumerique.wordpress.com

- The effect of Twitter on college student engagement and grades
   (R. Junco, G. Heiberger, E. Loken - LHU Pensylvanie)
paru dans The Journal of Computer Assisted Learning
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-2729.2010.00387.x/abstract

- JL Maigrot, Un finage dans la longue durée: Saint-Martin-du-Mont (Côte-d’Or)
La durée, ce sont surtout les références au cadastre de 1813
http://mappemonde.mgm.fr/num26/articles/art10204.html
dans Mappemonde 99
. Denis Eckert, Vidéos géolocalisées sur Internet (Kinomap).
. Laurent Beauguitte et Christine Zanin s'intéressent aux curiosités géographiques de Strangemaps 
    https://mappemonde-archive.mgm.fr/num27/librairie/lib10301.html

- Singapour, pivot de l'économie maritime mondiale
Jean-François Joly a indexé la Note de Synthèse N°131 Janvier 2011 rédigée par Paul Tourret pour Isemar.
http://www.isemar.asso.fr/fr/pdf/

.
- America's Health Rankings propose des données sur la santé, le niveau de revenu, l'éducation par état..
Les cartes indiquent les rangs, avec la possibilité de choisir une date, entre 1990 et 2010.
Des données nombreuses à exploiter et à cartographier avec Geoclip..
http://statehealthstats.americashealthrankings.org/

AHR

source  : http://statehealthstats.americashealthrankings.org/

 

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12 janvier 2011

Shanghaï, la meilleure des villes

- Plusieurs émissions de France-Culture donnent la parole à des universitaires.
C’est le cas, en géographie, de Planète terre, l’émission de Sylvain Kahn
http://www.franceculture.com/emission-planète-terre.html-0
podcast et mp3 : http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10233.xml
et de son blog Globe.
http://www.franceculture.com/blog-globe.html

Jean-Paul Charvet a analysé « Les défis de notre agriculture globalisée » 15/12/2010.
Le blog propose une vingtaine d’adresses web (dont celle de la revue Carto) ainsi que plusieurs cartes (population agricole, achat de terres, les OGM dans le monde..).
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/12/20/19917729.html

.

shanghai1

Photo Sylvain Kahn - 2010

Trois reportages viennent d’être consacrés à « Shanghaï, la meilleure des villes » :
29/12/2011 - Un océan de tours -
http://www.franceculture.com/emission-planete-terre

05/01/2011 - Le petit livre de la croissance (urbaine) -
http://www.franceculture.com/emission-planete-terre

12/01/2011 - Des millions de propriétaires sans voix.
en mp3 - http://media.radiofrance-podcast.net/

.
Plusieurs diaporamas sont disponibles en ligne

http://tinyurl.com/sk-shanghai-diapos
http://www.franceculture.com/blog-globe-2011-01-12-shanghai

Shanghai, un océan de tours.
http://www.franceculture.com/2010-12-29-shanghai-ocean

Shanghaï en images
http://www.franceculture.com/2011-01-05-shanghai-croissance

Shanghai en images, hauts lieux, un aperçu
http://www.franceculture.com/2011-01-12-shanghai-hauts-lieux

Shanghai en images, Mobilisation dans le quartier Jianyeli
http://www.franceculture.com/shanghai-jianyeli

Shanghaï en affiches -
http://www.franceculture.com/2011-01-10-shanghai-en-affiches.html

Vues de Shanghaï la nuit
http://www.franceculture.com/2011-01-09-vues-de-shanghai-la-nuit.html

.
Un lien renvoie à l'Atlas de Shanghaï de Thierry Sanjuan (Autrement, 2009), présenté dans l’émission en avril 2010.
http://tinyurl.com/pt-2010-sanjuan-sha 
http://geochina.fr
.

songjiang

Songjiang est une ville nouvelle au sud-ouest de Shanghai.
La photo est prise depuis un quartier résidentiel.
Carine Henriot a étudié la ville dans sa thèse sur les villes nouvelles
Photo Sylvain Kahn

version html : http://clioweb.free.fr/dossiers/geo/sk-shanghai.htm

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MHF : 12 recommandations

Le Monde 10/01/2011 a publié la liste du conseil scientifique probable

Dans Télérama, Gilles Heuré a visité le DHM, le Deutsches Historisches Museum à Berlin. L'exposition Hitler und die Deutschen s'y tient jusqu'au 6 février. Hans Ottomeyer, son directeur, prend sa retraite en mars prochain. GH interroge : en 2015, le MHF, détaché de son péché originel, pourra poser la question fondamentale : « Qu'est-ce que l'Histoire aujourd'hui ? »
« Une simple option en Terminale S » pourront alors répondre les lycéens et leurs profs d'histoire. A la suite de la décision d'un homme du marketing et ex-DRH.
.
Jean-Pierre Babelon, Isabelle Backouche, Vincent Duclert, Ariane James-Sarazin et des personnels scientifiques du ministère de la Culture tenus au devoir de réserve ont rédigé
Douze recommandations pour la création d’un musée d’histoire

A lire dans Mediapart
http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-duclert/070111/
ou dans Le Monde Opinions 11/01/2011
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/11/

Les principes
1. Ambition
2. Débat *
3. Public
4. Temporalité

Les outils
5. Conseil scientifique
6. Expertise
7. Forme administrative
8. Comparaison critique

Les finalités
9. Construction de l'histoire
10. Questions d'histoire
11. Forme de l'institution
12. Choix d'implantation

« Débat *   : La programmation d'un musée d'histoire doit s'appuyer sur un débat intellectuel et scientifique, dans le respect des critiques et des controverses qui contribuent à la maturation d'un projet responsable, soucieux des réalisations passées, attentif aux expériences présentes, ambitieux pour l'avenir.

« Ces recommandations s'opposent aux méthodes des responsables du projet de Maison de l'Histoire de France »

.
- 21/01/2011 - Les non-dits de la Maison de l'histoire de France - Le Monde 210/01/2011
« La Maison ne sera pas le reposoir du roman national »
« Le ministre est-il sincère ? » Ou a-t-il rusé et menti pour contourner les oppositions au projet de NS ?

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La pub et les crétins impatients

Comment l'Histoire fait-elle son cinéma ?
Face-à-face entre Pierre Nora et Bertrand Tavernier
A lire dans Le Nouvel Observateur, n° 2407, 23/12/2010.

« L'historien fait savoir, comprendre et sentir, alors qu'un créatif, écrivain ou cinéaste, n'est pas du côté de ceux qui font savoir : il fait sentir complètement et donne à comprendre par des chemins différents »

« Montrer des films historiques à l'école ? Ce serait en tout cas plus vivant ! » (sic)
Mais plusieurs éléments s'y opposent :
. la paupérisation des programmes,
. la rupture du sentiment temporel,
. la formation des profs, etc...

Parmi les réalisateurs cités, en dehors de Tavernier : Jean Renoir, Christian Jaque (François 1er sous les traits de Fernandel), Sacha Guitry, Rachid Bouchareb, Abdellatif Kechiche...

Extraits avec quelques affirmations qui mériteraient débat :

P Nora - « La question de l’enseignement de l’Histoire est indissociable des conditions générales propres à cette époque et là on retrouve la quadrature du cercle : on entend désormais que les élèves apprennent plusieurs langues, quand beaucoup ont déjà du mal avec le français, on souhaite à raison leur enseigner l’informatique, on veut qu’ils fassent plus de sport… Les confectionneurs de programmes s’arrachent les cheveux. Bien sûr, je déplore la paupérisation des programmes : comment peut-on enseigner le christianisme ou l’islam mais pas les deux . L’Asie ou l’Europe, mais pas les deux ?…»

B Tavernier -  … « L’Education nationale a mis très longtemps à prendre l’image au sérieux... »

P Nora - « La question de l’éducation à l’image est essentielle, mais il faudrait commencer par former les enseignants, qui pour beaucoup d’entre eux sont nés dans cette même indifférence à l’Histoire. Et il ne peut y avoir d’éducation à l’image sans enseignement de l’histoire de l’art. Et là nous retombons sur le problème des programmes. Mais l’enseignement le plus en danger en France est sans doute le primaire : les parents veulent seulement que les gosses leur fichent la paix, les professeurs aussi parfois, alors on ne veut pas les brimer en leur apprenant à écrire ! »

B Tavernier - « Face à la TV de Berlusconi, qui en était encore à ses débuts, face à toutes ces coupures publicitaires dans les films, Fellini disait que nous allions engendrer des générations de crétins impatients. On sait aujourd'hui que le temps de concentration maximum de beaucoup ne peut excéder neuf minutes... »

fr1_fern1      fr1_fern2

source : http://monfernandel.free.fr/filmographie.html
et Google images.

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11 janvier 2011

Wikileaks, antis et pros

4 sources pour cette revue de presse :

- Comme on nous parle, Une émission de France Inter vendredi 7 janvier.
En fait 15 mn à écouter (et à regarder) pour les arguments utilisés par Ali Ribeihi et ses trois invités (A Finkielkraut, T. Legrand, G Tabbard).  Un détail : quand la radio veut concurrencer la TV, elle ne filme qu'un seul invité et ses mimiques face à la musique de John Pigeon (diffusée par provoc ?) … En contrepartie, sur la TNT, la TV du pauvre se contente souvent de vendre de la radio filmée...
- 3 points de vue parus dans le dossier du Monde sur WikiLeaks, entre déballage et démocratie.
. Dominique Cardon, En finir avec le culte du secret et de la raison d'Etat - 03/12/2010
http://www.lemonde.fr/retrospective/article/2010/12/03/
. Patrice Flichy, C'est la réhabilitation du journalisme d'expertise - 03/12/2010
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/03/
. Jean-Claude Rufin, WikiLeaks ou la troisième révolte - 21/12/2010
http://larevuedelepoque.20minutes-blogs.fr/

Les réactions que suscite WikiLeaks sont contrastées, écrivent les contributeurs de Wikipedia.  La plupart de ses publications déclenchent de violentes polémiques et des intimidations au plus haut niveau. Le site a également dû faire face à des problèmes techniques et financiers qui menacent son existence même.
Cependant, son action trouve aussi des défenseurs, y compris dans les pays francophones : le Parti pirate suédois ; Reporters sans frontières; La Quadrature du Net... (ils ajoutent que malgré son nom, Wikileaks n'est pas un wiki...)

.
Pour les adversaires de Wikileaks,
- La démocratie serait la cible unique, la sécurité des états (et des USA) serait menacée, la vie de leurs agents mise en péril. Hantise ultime : des révélations pourraient porter sur le monde de la finance...
- Wikileaks abolirait le rôle de médiateur de la presse
- Il incarnerait le mythe de la transparence absolue et l’impossibilité d’une vie privée avec ses petits secrets.
- La personnalité de Julian Assange et ses propos sont décortiqués…

« Rétif par nature à tout contrôle, multiple, insaisissable, impossible à unifier et sans doute à réguler, ce cinquième pouvoir est en train d'acquérir une puissance qui menace tous les autres. En poussant sa logique au plus loin, il est possible d'imaginer que l'activité de ce cinquième pouvoir peut, à terme, rendre les démocraties impossibles à réformer et peut-être même à gouverner, les secrets impossibles à protéger, l'autorité, même émanant de la loi et garantie par la justice, impossible à exercer ». JCR - Le Monde 210/12/2010
(JCR voit trois âges dans la révolte - revanche du citoyen face un Etat à la fois envahissant et impuissant : l’âge de l’humanitaire, celui de l’altermondialisme, celui du militantisme virtuel). Un détail : le 5e pouvoir, pour Rufin, c’est l’initiative citoyenne (des centaines de milliers d’associations). Pour AF, c’est l’internet.

Ceux qui sont familiers de ce type de controverse savent que le statut de celui qui parle est déterminant. Il permet souvent d’anticiper les arguments qui vont être développés. Noter aussi d’emblée la grande confusion dans les domaines mis en avant : la vie politique, le débat citoyen, la presse, l’audio-visuel, l’internet…

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Retour sur quelques arguments avancés :

- La fin de la médiation ? Wikileaks ( ou plutôt le web) empêcherait les journalistes de faire leur boulot, en donnant un accès gratuit aux sources brutes et en effaçant la hiérarchie entre les sujets.

L’argument ne tient pas : les données sur l’Irak ou l’Afghanistan ont été traduites en cartes interactives par The Guardian. Les dernières « révélations » ont transité par 5 quotidiens respectés et ont donné du travail à quelques dizaines de journalistes. De plus certains spécialistes disent n'avoir trouvé dans ces cables diplomatiques une simple confirmation de leurs analyses antérieures. « Le café de la diplomatie ne vaut guère plus que celui du commerce » écrit Jean Cattan (Le Monde Opinions).

Pour les adversaires de Wikileaks, le Off serait menacé ; pour eux la complicité entre politiciens et journalistes serait légitime,
une légitimité qu'ils semblent refuser au journalisme d'investigation et de critique. Ils tolèrent le travail du Canard enchaîné, mais avec des réserves...
Pour eux, dans la version internet, le journalisme d'investigation changerait d’échelle (l’industrie remplaçant l’artisanat) et donc de nature. Il y aurait à dire sur leur convocation de la morale (l'argument du "vol numérique") dans un clonage des discours de l'industrie du disque).

- L’immédiateté et la course au scoop empêcheraient toute lecture distanciée.
La recherche du scoop a-t-elle attendu l’internet ?
En fait, ne faudrait-il pas chercher la source dans les contraintes économiques (vendre le maximum de publicité) et dans l'évolution liée à la technique, qui permet une info en continu, de CNN à France-Info...

Les arguments sur la presse se comprennent chez ceux qui se sont attribués la légitimité de dire aux autres ce qu’il faut penser. Ils méconnaissent l’importance de la logique économique : qui possède en France les principaux titres d’information ? Ils suggèrent le refus de prendre en compte l’intelligence et la culture des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs.

- La transparence absolue  ?
AF cite en référence diabolique la Stasi, et feint de confondre la surveillance policière étatique dans une dictature avec la sous-veillance, l’exposition calculée d’infos personnelles sur les réseaux sociaux. DC souligne l'importance du jeu des acteurs du web, leur combinaison d’exposition et de dissimulation. Pour lui, la visibilité des données est généralement limitée à un cercle restreint de correspondants (sauf en cas d'inimitiés brutales et de coup tordu intentionnel).

.
PF évoque un changement important dans les méthodes du journalisme : l’appel à des logiciels pour traiter et exploiter les masses énormes et brutes contenues dans les bases de données (« le journalisme de données »). Il fait aussi le pari de l’intelligence et de la culture des lecteurs éclairés.

.
DC évoque les conflits de loyauté [engendrés par la RGPP et de la découpe des services publics], et les tensions morales auxquelles sont soumis les agents de l'Etat.

Quant à la raison d’Etat, il écrit :
« Au prétexte de la tyrannie de la transparence, l'affaire WikiLeaks a ranimé chez certains le culte du secret et de la raison d'Etat. Une révélation de plus, et ce sont les vertus de la politique machiavélienne qui seront réhabilitées et, avec elles, cette habitude de protéger n'importe quel agissement du pouvoir du discrétionnaire "secret défense" ».

« C'est pourtant moins le risque de la transparence que celui de l'opacité qui menace aujourd'hui la communication des pouvoirs économique et politique. La demande d'informations issues des coulisses apparaît alors comme un contre-feu face à l'hypertrophie des stratégies de communication qui cadenassent dans une langue de plus en plus artificielle les discours du pouvoir ».

D Cardon et  P Flichy ont longuement exposé leur point de vue dans Le Grain à moudre (16/12/2010).
Ne cherchez pas la transcription sur le site du Nouvel Observateur, elle n'existe pas et n'existera pas.
Lire quelques notes personnelles dans ce billet du 31 décembre 2010

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Bavardages et réflexion approfondie

dans le dernier Place de la Toile, la lecture de Xavier de la Porte, vers 30 mn 50 s :
l'émission en version mp3

How Tweets and Texts Nurture In-Depth Analysis
« Comment les tweets et les textos nourrissent l’analyse approfondie ».
Clive Thompson - Wired  27/12/2010
http://www.wired.com/magazine/2010/12/st_thompson_short_long/

adaptation française :
Du bavardage à la réflexion profonde
http://www.internetactu.net/2011/01/10/du-bavardage-a-la-reflexion-profonde/

version avec qq modifications :

On dit souvent que l’Internet aurait détruit la patience nécessaire aux gens pour les échanges longs et approfondis (Cf. le fameux « Google nous rend-il encore plus stupides ? »). La forme de discussion contemporaine ne consisterait qu’en textos, tweets et autres messages instantanés. Et la popularité de ces déversoirs d’énoncés adolescents signifierait que nous avons perdu notre appétence à la réflexion lente et raisonnée.

Mais tout ceci est-il vrai ? se demande Clive Thompson.

Je n’en suis pas certain, poursuit-il. Je pense que ce qui a lieu est beaucoup plus complexe, et beaucoup plus intéressant. Ce torrent de pensées à court terme est en fait un catalyseur pour une méditation à plus long terme.

Quand il se passe aujourd’hui quelque chose d’important dans le monde, on est assailli par une tempête de mises à jour de statut. Ce ne sont que des instantanés, ils sont souvent imprécis, fruits de la rumeur, et pas forcément vrais. Mais ça n’est pas grave ; l’expression prudente n’est pas leur vocation première. Les internautes ne font que remâcher l’événement, dessinant une première impression des interprétations possibles.

Le temps long, c’est l’exact opposé : l'analyse approfondie peut prendre des semaines, des mois, voire des années. Auparavant, seuls les médias traditionnels, comme les magazines, les documentaires ou les livres, proposaient cette vision à long terme. Mais aujourd’hui, la plupart des analyses en profondeur lit Clive Thompson proviennent des chercheurs ou d’entrepreneurs qui tiennent des blogs : les fans de Dexter qui rédigent des exégèses de plus de 5000 mots sur la série ou des associations à but non lucratif comme le Pew Charitable Trusts qui produit des rapports très fouillés sur la vie des Américains.

Le temps long prospère aussi avec la Longue Traîne. Alors qu’un tweet devient obsolète en quelques minutes, une vision à long terme peut garder de la valeur pendant des années. Dans les années 90, les articles que je publiais dans les magazines, dit Thompson, s’évaporaient quand le numéro disparaissait des kiosques. Mais maintenant que ces articles sont en ligne, les lecteurs m’envoient chaque semaine des mails me disant qu’ils sont tombés sur l’un d’entre eux datant de plusieurs années.

Le perdant, c’est le moyen terme. C’était, historiquement, la valeur ajoutée d’hebdomadaires comme Time ou Newsweek : ces magazines publiaient des reportages ou des articles produits quelques jours après un événement majeur, avec un peu d’analyse saupoudrée sur le dessus. Ils ne sont pas assez rapides pour être conversationnels, et pas assez lents pour à être vraiment profonds. L’internet a essentiellement démontré à quel point ce type de pensée était peu satisfaisant.

Cette tendance a d’ores et déjà changé la manière dont on blogue. Il y a dix ans, mes blogueurs préférés, explique Thompson, écrivaient dans ce moyen terme – un lien avec quelques phrases de commentaire – et ils faisaient quelques mises à jour chaque 24 heures. Depuis que Twitter est arrivé, ils bloguent moins souvent, mais avec des posts beaucoup plus longs, beaucoup plus fouillés.
Pourquoi ?

« Je diffuse l’anecdotique sur Twitter et je ne blogue que quand j’ai quelque chose de vraiment important à dire » explique le blogueur Anil Dash. Il s’avère que les lecteurs préfèrent cela : une étude montre que les posts de blogs les plus populaires aujourd’hui sont les plus longs, 1 600 mots en moyenne (entre 8 et 9 000 signes).

Même nos outils de lecture se modifient pour s’accommoder à cette montée du long terme. Et Thompson de citer trois exemples : Readability, une application qui donne aux textes des sites internet la forme d’une colonne propre, sans publicité, au centre de l’écran – une forme parfaite pour une lecture sans distraction -, une application qui a eu tant de succès que Apple l’a implémentée dans la dernière version de Safari. Deuxième exemple donné par Thompson, l’Ipad : il a été critiqué comme un outil dédié à la seule consommation. Mais c’est là selon Thompson tout son intérêt : c’est un outil magnifique pour la lecture de ces formes longues. Dernier exemple, Instapaper, une application qui sert à mettre de côté du matériel en ligne pour une lecture ultérieure, une application qui a séduit un million d’utilisateurs sans aucune promotion publicitaire.

Conclusion de Clive Thompson : « Nous surfons et nous bavardons beaucoup, certes. Mais nous savons aussi explorer les profondeurs ».

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MHF : le comite scientifique

d'après Le Monde (10/01/2011), le comité scientifique de la MHF comprendrait :

« Sauf surprise de dernière minute, y siégeront
l'archiviste Paule René-Bazin,
les historiens Jacques Berlioz (directeur de l'Ecole nationale des chartes),
Dominique Borne (doyen de l'inspection générale de l'éducation nationale),
Eric Deroo (spécialiste de la colonisation et documentariste),
Jean Favier (ancien directeur général des Archives de France et spécialiste d'histoire médiévale),
Etienne François (ancien directeur du Centre Marc-Bloch de Berlin),
Dominique Missika (productrice à France Culture et éditrice chez Robert Laffont),
Pascal Ory (professeur à l'université Paris-I et spécialiste d'histoire culturelle),
Jean-Christian Petitfils (spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles),
Jean-Pierre Rioux (ancien inspecteur général de l'éducation nationale),
Anthony Rowley (directeur éditorial chez Fayard),
Benjamin Stora (professeur à l'université Paris-VIII et spécialiste de la colonisation),
Laurent Theis (médiéviste et éditeur chez Perrin)
et Emmanuel de Waresquiel (spécialiste du XIXe siècle)  ».

deux dossiers à traiter en priorité :
- « Trouver une sortie de crise avec les Archives nationales, dont une partie des personnels occupe depuis le 16 septembre 2010 l'hôtel de Soubise, dans le quartier du Marais à Paris, pour protester contre l'installation dans ce lieu de la future Maison de l'histoire de France.
- Réfléchir au contenu de la future institution ». (source : GM- cvuh)


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