12 janvier 2011

La pub et les crétins impatients

Comment l'Histoire fait-elle son cinéma ?
Face-à-face entre Pierre Nora et Bertrand Tavernier
A lire dans Le Nouvel Observateur, n° 2407, 23/12/2010.

« L'historien fait savoir, comprendre et sentir, alors qu'un créatif, écrivain ou cinéaste, n'est pas du côté de ceux qui font savoir : il fait sentir complètement et donne à comprendre par des chemins différents »

« Montrer des films historiques à l'école ? Ce serait en tout cas plus vivant ! » (sic)
Mais plusieurs éléments s'y opposent :
. la paupérisation des programmes,
. la rupture du sentiment temporel,
. la formation des profs, etc...

Parmi les réalisateurs cités, en dehors de Tavernier : Jean Renoir, Christian Jaque (François 1er sous les traits de Fernandel), Sacha Guitry, Rachid Bouchareb, Abdellatif Kechiche...

Extraits avec quelques affirmations qui mériteraient débat :

P Nora - « La question de l’enseignement de l’Histoire est indissociable des conditions générales propres à cette époque et là on retrouve la quadrature du cercle : on entend désormais que les élèves apprennent plusieurs langues, quand beaucoup ont déjà du mal avec le français, on souhaite à raison leur enseigner l’informatique, on veut qu’ils fassent plus de sport… Les confectionneurs de programmes s’arrachent les cheveux. Bien sûr, je déplore la paupérisation des programmes : comment peut-on enseigner le christianisme ou l’islam mais pas les deux . L’Asie ou l’Europe, mais pas les deux ?…»

B Tavernier -  … « L’Education nationale a mis très longtemps à prendre l’image au sérieux... »

P Nora - « La question de l’éducation à l’image est essentielle, mais il faudrait commencer par former les enseignants, qui pour beaucoup d’entre eux sont nés dans cette même indifférence à l’Histoire. Et il ne peut y avoir d’éducation à l’image sans enseignement de l’histoire de l’art. Et là nous retombons sur le problème des programmes. Mais l’enseignement le plus en danger en France est sans doute le primaire : les parents veulent seulement que les gosses leur fichent la paix, les professeurs aussi parfois, alors on ne veut pas les brimer en leur apprenant à écrire ! »

B Tavernier - « Face à la TV de Berlusconi, qui en était encore à ses débuts, face à toutes ces coupures publicitaires dans les films, Fellini disait que nous allions engendrer des générations de crétins impatients. On sait aujourd'hui que le temps de concentration maximum de beaucoup ne peut excéder neuf minutes... »

fr1_fern1      fr1_fern2

source : http://monfernandel.free.fr/filmographie.html
et Google images.

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11 janvier 2011

Wikileaks, antis et pros

4 sources pour cette revue de presse :

- Comme on nous parle, Une émission de France Inter vendredi 7 janvier.
En fait 15 mn à écouter (et à regarder) pour les arguments utilisés par Ali Ribeihi et ses trois invités (A Finkielkraut, T. Legrand, G Tabbard).  Un détail : quand la radio veut concurrencer la TV, elle ne filme qu'un seul invité et ses mimiques face à la musique de John Pigeon (diffusée par provoc ?) … En contrepartie, sur la TNT, la TV du pauvre se contente souvent de vendre de la radio filmée...
- 3 points de vue parus dans le dossier du Monde sur WikiLeaks, entre déballage et démocratie.
. Dominique Cardon, En finir avec le culte du secret et de la raison d'Etat - 03/12/2010
http://www.lemonde.fr/retrospective/article/2010/12/03/
. Patrice Flichy, C'est la réhabilitation du journalisme d'expertise - 03/12/2010
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/03/
. Jean-Claude Rufin, WikiLeaks ou la troisième révolte - 21/12/2010
http://larevuedelepoque.20minutes-blogs.fr/

Les réactions que suscite WikiLeaks sont contrastées, écrivent les contributeurs de Wikipedia.  La plupart de ses publications déclenchent de violentes polémiques et des intimidations au plus haut niveau. Le site a également dû faire face à des problèmes techniques et financiers qui menacent son existence même.
Cependant, son action trouve aussi des défenseurs, y compris dans les pays francophones : le Parti pirate suédois ; Reporters sans frontières; La Quadrature du Net... (ils ajoutent que malgré son nom, Wikileaks n'est pas un wiki...)

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Pour les adversaires de Wikileaks,
- La démocratie serait la cible unique, la sécurité des états (et des USA) serait menacée, la vie de leurs agents mise en péril. Hantise ultime : des révélations pourraient porter sur le monde de la finance...
- Wikileaks abolirait le rôle de médiateur de la presse
- Il incarnerait le mythe de la transparence absolue et l’impossibilité d’une vie privée avec ses petits secrets.
- La personnalité de Julian Assange et ses propos sont décortiqués…

« Rétif par nature à tout contrôle, multiple, insaisissable, impossible à unifier et sans doute à réguler, ce cinquième pouvoir est en train d'acquérir une puissance qui menace tous les autres. En poussant sa logique au plus loin, il est possible d'imaginer que l'activité de ce cinquième pouvoir peut, à terme, rendre les démocraties impossibles à réformer et peut-être même à gouverner, les secrets impossibles à protéger, l'autorité, même émanant de la loi et garantie par la justice, impossible à exercer ». JCR - Le Monde 210/12/2010
(JCR voit trois âges dans la révolte - revanche du citoyen face un Etat à la fois envahissant et impuissant : l’âge de l’humanitaire, celui de l’altermondialisme, celui du militantisme virtuel). Un détail : le 5e pouvoir, pour Rufin, c’est l’initiative citoyenne (des centaines de milliers d’associations). Pour AF, c’est l’internet.

Ceux qui sont familiers de ce type de controverse savent que le statut de celui qui parle est déterminant. Il permet souvent d’anticiper les arguments qui vont être développés. Noter aussi d’emblée la grande confusion dans les domaines mis en avant : la vie politique, le débat citoyen, la presse, l’audio-visuel, l’internet…

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Retour sur quelques arguments avancés :

- La fin de la médiation ? Wikileaks ( ou plutôt le web) empêcherait les journalistes de faire leur boulot, en donnant un accès gratuit aux sources brutes et en effaçant la hiérarchie entre les sujets.

L’argument ne tient pas : les données sur l’Irak ou l’Afghanistan ont été traduites en cartes interactives par The Guardian. Les dernières « révélations » ont transité par 5 quotidiens respectés et ont donné du travail à quelques dizaines de journalistes. De plus certains spécialistes disent n'avoir trouvé dans ces cables diplomatiques une simple confirmation de leurs analyses antérieures. « Le café de la diplomatie ne vaut guère plus que celui du commerce » écrit Jean Cattan (Le Monde Opinions).

Pour les adversaires de Wikileaks, le Off serait menacé ; pour eux la complicité entre politiciens et journalistes serait légitime,
une légitimité qu'ils semblent refuser au journalisme d'investigation et de critique. Ils tolèrent le travail du Canard enchaîné, mais avec des réserves...
Pour eux, dans la version internet, le journalisme d'investigation changerait d’échelle (l’industrie remplaçant l’artisanat) et donc de nature. Il y aurait à dire sur leur convocation de la morale (l'argument du "vol numérique") dans un clonage des discours de l'industrie du disque).

- L’immédiateté et la course au scoop empêcheraient toute lecture distanciée.
La recherche du scoop a-t-elle attendu l’internet ?
En fait, ne faudrait-il pas chercher la source dans les contraintes économiques (vendre le maximum de publicité) et dans l'évolution liée à la technique, qui permet une info en continu, de CNN à France-Info...

Les arguments sur la presse se comprennent chez ceux qui se sont attribués la légitimité de dire aux autres ce qu’il faut penser. Ils méconnaissent l’importance de la logique économique : qui possède en France les principaux titres d’information ? Ils suggèrent le refus de prendre en compte l’intelligence et la culture des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs.

- La transparence absolue  ?
AF cite en référence diabolique la Stasi, et feint de confondre la surveillance policière étatique dans une dictature avec la sous-veillance, l’exposition calculée d’infos personnelles sur les réseaux sociaux. DC souligne l'importance du jeu des acteurs du web, leur combinaison d’exposition et de dissimulation. Pour lui, la visibilité des données est généralement limitée à un cercle restreint de correspondants (sauf en cas d'inimitiés brutales et de coup tordu intentionnel).

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PF évoque un changement important dans les méthodes du journalisme : l’appel à des logiciels pour traiter et exploiter les masses énormes et brutes contenues dans les bases de données (« le journalisme de données »). Il fait aussi le pari de l’intelligence et de la culture des lecteurs éclairés.

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DC évoque les conflits de loyauté [engendrés par la RGPP et de la découpe des services publics], et les tensions morales auxquelles sont soumis les agents de l'Etat.

Quant à la raison d’Etat, il écrit :
« Au prétexte de la tyrannie de la transparence, l'affaire WikiLeaks a ranimé chez certains le culte du secret et de la raison d'Etat. Une révélation de plus, et ce sont les vertus de la politique machiavélienne qui seront réhabilitées et, avec elles, cette habitude de protéger n'importe quel agissement du pouvoir du discrétionnaire "secret défense" ».

« C'est pourtant moins le risque de la transparence que celui de l'opacité qui menace aujourd'hui la communication des pouvoirs économique et politique. La demande d'informations issues des coulisses apparaît alors comme un contre-feu face à l'hypertrophie des stratégies de communication qui cadenassent dans une langue de plus en plus artificielle les discours du pouvoir ».

D Cardon et  P Flichy ont longuement exposé leur point de vue dans Le Grain à moudre (16/12/2010).
Ne cherchez pas la transcription sur le site du Nouvel Observateur, elle n'existe pas et n'existera pas.
Lire quelques notes personnelles dans ce billet du 31 décembre 2010

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Bavardages et réflexion approfondie

dans le dernier Place de la Toile, la lecture de Xavier de la Porte, vers 30 mn 50 s :
l'émission en version mp3

How Tweets and Texts Nurture In-Depth Analysis
« Comment les tweets et les textos nourrissent l’analyse approfondie ».
Clive Thompson - Wired  27/12/2010
http://www.wired.com/magazine/2010/12/st_thompson_short_long/

adaptation française :
Du bavardage à la réflexion profonde
http://www.internetactu.net/2011/01/10/du-bavardage-a-la-reflexion-profonde/

version avec qq modifications :

On dit souvent que l’Internet aurait détruit la patience nécessaire aux gens pour les échanges longs et approfondis (Cf. le fameux « Google nous rend-il encore plus stupides ? »). La forme de discussion contemporaine ne consisterait qu’en textos, tweets et autres messages instantanés. Et la popularité de ces déversoirs d’énoncés adolescents signifierait que nous avons perdu notre appétence à la réflexion lente et raisonnée.

Mais tout ceci est-il vrai ? se demande Clive Thompson.

Je n’en suis pas certain, poursuit-il. Je pense que ce qui a lieu est beaucoup plus complexe, et beaucoup plus intéressant. Ce torrent de pensées à court terme est en fait un catalyseur pour une méditation à plus long terme.

Quand il se passe aujourd’hui quelque chose d’important dans le monde, on est assailli par une tempête de mises à jour de statut. Ce ne sont que des instantanés, ils sont souvent imprécis, fruits de la rumeur, et pas forcément vrais. Mais ça n’est pas grave ; l’expression prudente n’est pas leur vocation première. Les internautes ne font que remâcher l’événement, dessinant une première impression des interprétations possibles.

Le temps long, c’est l’exact opposé : l'analyse approfondie peut prendre des semaines, des mois, voire des années. Auparavant, seuls les médias traditionnels, comme les magazines, les documentaires ou les livres, proposaient cette vision à long terme. Mais aujourd’hui, la plupart des analyses en profondeur lit Clive Thompson proviennent des chercheurs ou d’entrepreneurs qui tiennent des blogs : les fans de Dexter qui rédigent des exégèses de plus de 5000 mots sur la série ou des associations à but non lucratif comme le Pew Charitable Trusts qui produit des rapports très fouillés sur la vie des Américains.

Le temps long prospère aussi avec la Longue Traîne. Alors qu’un tweet devient obsolète en quelques minutes, une vision à long terme peut garder de la valeur pendant des années. Dans les années 90, les articles que je publiais dans les magazines, dit Thompson, s’évaporaient quand le numéro disparaissait des kiosques. Mais maintenant que ces articles sont en ligne, les lecteurs m’envoient chaque semaine des mails me disant qu’ils sont tombés sur l’un d’entre eux datant de plusieurs années.

Le perdant, c’est le moyen terme. C’était, historiquement, la valeur ajoutée d’hebdomadaires comme Time ou Newsweek : ces magazines publiaient des reportages ou des articles produits quelques jours après un événement majeur, avec un peu d’analyse saupoudrée sur le dessus. Ils ne sont pas assez rapides pour être conversationnels, et pas assez lents pour à être vraiment profonds. L’internet a essentiellement démontré à quel point ce type de pensée était peu satisfaisant.

Cette tendance a d’ores et déjà changé la manière dont on blogue. Il y a dix ans, mes blogueurs préférés, explique Thompson, écrivaient dans ce moyen terme – un lien avec quelques phrases de commentaire – et ils faisaient quelques mises à jour chaque 24 heures. Depuis que Twitter est arrivé, ils bloguent moins souvent, mais avec des posts beaucoup plus longs, beaucoup plus fouillés.
Pourquoi ?

« Je diffuse l’anecdotique sur Twitter et je ne blogue que quand j’ai quelque chose de vraiment important à dire » explique le blogueur Anil Dash. Il s’avère que les lecteurs préfèrent cela : une étude montre que les posts de blogs les plus populaires aujourd’hui sont les plus longs, 1 600 mots en moyenne (entre 8 et 9 000 signes).

Même nos outils de lecture se modifient pour s’accommoder à cette montée du long terme. Et Thompson de citer trois exemples : Readability, une application qui donne aux textes des sites internet la forme d’une colonne propre, sans publicité, au centre de l’écran – une forme parfaite pour une lecture sans distraction -, une application qui a eu tant de succès que Apple l’a implémentée dans la dernière version de Safari. Deuxième exemple donné par Thompson, l’Ipad : il a été critiqué comme un outil dédié à la seule consommation. Mais c’est là selon Thompson tout son intérêt : c’est un outil magnifique pour la lecture de ces formes longues. Dernier exemple, Instapaper, une application qui sert à mettre de côté du matériel en ligne pour une lecture ultérieure, une application qui a séduit un million d’utilisateurs sans aucune promotion publicitaire.

Conclusion de Clive Thompson : « Nous surfons et nous bavardons beaucoup, certes. Mais nous savons aussi explorer les profondeurs ».

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MHF : le comite scientifique

d'après Le Monde (10/01/2011), le comité scientifique de la MHF comprendrait :

« Sauf surprise de dernière minute, y siégeront
l'archiviste Paule René-Bazin,
les historiens Jacques Berlioz (directeur de l'Ecole nationale des chartes),
Dominique Borne (doyen de l'inspection générale de l'éducation nationale),
Eric Deroo (spécialiste de la colonisation et documentariste),
Jean Favier (ancien directeur général des Archives de France et spécialiste d'histoire médiévale),
Etienne François (ancien directeur du Centre Marc-Bloch de Berlin),
Dominique Missika (productrice à France Culture et éditrice chez Robert Laffont),
Pascal Ory (professeur à l'université Paris-I et spécialiste d'histoire culturelle),
Jean-Christian Petitfils (spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles),
Jean-Pierre Rioux (ancien inspecteur général de l'éducation nationale),
Anthony Rowley (directeur éditorial chez Fayard),
Benjamin Stora (professeur à l'université Paris-VIII et spécialiste de la colonisation),
Laurent Theis (médiéviste et éditeur chez Perrin)
et Emmanuel de Waresquiel (spécialiste du XIXe siècle)  ».

deux dossiers à traiter en priorité :
- « Trouver une sortie de crise avec les Archives nationales, dont une partie des personnels occupe depuis le 16 septembre 2010 l'hôtel de Soubise, dans le quartier du Marais à Paris, pour protester contre l'installation dans ce lieu de la future Maison de l'histoire de France.
- Réfléchir au contenu de la future institution ». (source : GM- cvuh)


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10 janvier 2011

Gabrielle Giffords

Gabrielle Giffords, une élue démocrate de l'Arizona, a été visée dans une fusillade qui a eu lieu samedi à Tucson, sur le parking d'un supermarché. Le dernier bilan de la fusillade fait état de 6 morts et 14 blessés. La parlementaire est toujours dans un état critique.

.
Les Etats-Unis sous le choc de la fusillade de Tucson, titre Libération (10/01/2011) qui écrit :

« Blonde, élégante, âgée de 40 ans, Gabrielle Giffords est l’épouse de l’astronaute Mark Kelly. Première femme juive élue par l’Arizona au Congrès en 2006, réélue en novembre après une campagne tendue dans un Etat plutôt marqué à droite, elle appartient à l’aile centriste du parti démocrate et est plutôt conservatrice en matière de fiscalité et d’immigration mais avait voté pour la réforme de la santé du président Obama ».

La « rhétorique empoisonnée » du Tea Party
« La tragédie a choqué les Etats-Unis, et une partie de la gauche américaine a immédiatement dénoncé le climat politique délétère du pays et la «rhétorique empoisonnée» des ultraconservateurs, terreaux selon elle de tels actes de violence. De nombreux blogueurs de gauche se sont emparés de l’attentat pour dénoncer le parti républicain et les ultra-conservateurs du «Tea Party». Le shérif (démocrate) Dupnik lui-même a estimé dimanche que «la rhétorique de haine, la défiance envers le gouvernement, la paranoïa sur les actions du gouvernement, et les tentatives d’exacerber (les sentiments) du public tous les jours, 24 heures sur 24, ont un impact sur les gens, notamment sur les déséquilibrés».

En mars, Sarah Palin avait publié sur son site ainsi que sur sa page Facebook une liste des «démocrates à abattre», sur laquelle figurait Gabrielle Giffords ».
Voir la carte sur le site de Libération

ggiffords

source : http://giffords.house.gov/IMG_3862.jpg
Lire et voir également l'article de Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Giffords

Sur le site web de l'élue, plusieurs photos évoquent l'importance de la frontière avec le Mexique et la question sensible de l'immigration dans cet état de la Mexamerica...

gg_nogales

source : http://giffords.house.gov/


gg_newseum

- Four Tucsonans stopped gunman titre The Arizona Daily Star
qui ajoute « In split second, ordinary people became heroes  ».
Republic, son confrère, a titré HEROIC

La source : Newseum est le site incontournable pour accéder aux unes de la presse dans le monde entier (dans ce cas précis, rubriques map, North America)
http://www.newseum.org/todaysfrontpages/flash/default.asp

.
Ways to Teach About the Arizona Shootings

By Sarah Kavanagh et Holly Epstein Ojalvo (Teaching with The New York Times)
Des pistes pédagogiques autour de cet événement tragique.(source Laurent, HF)
http://learning.blogs.nytimes.com/2011/01/09/

- La cible de trop des Tea Parties - Le Monde 11/01/2011
La fusillade qui a visé, samedi, une élue démocrate de l'Arizona, a ravivé les critiques sur le climat délétère entretenu par les ultraconservateurs

 


 

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Historic Cities 1486-1800

HCITIES

source : http://historic-cities.huji.ac.il

Historic Cities, le site aux 5 millions de visiteurs, a été déjà mentionné à de nombreuses reprises, notamment pour les plans anciens de Florence, Venise, Bruges, Anvers, Constantinople...

L'adresse en clair est courte et explicite : http://historic-cities.huji.ac.il/
La page d'accueil éclaire sur les auteurs et leur démarche : "This site is a joint project of the Historic Cities Center of the Department of Geography, the Hebrew University of Jerusalem and the Jewish National and University Library", d'où le .il

Parmi les auteurs, un médiéviste, un Ph.D in Atmospheric Sciences, lover of historic cities, des bibliothécaires, un photographe, un web designer... Cette autre page web, à propos de Jérusalem, comporte les photos d’Orly Simon, Shoshana Kelin, Israel Weizer, Masha Halevi…

Les plans anciens concernent surtout l'Europe (environ 500 amassés en 2003) ; ils vont de 1486 à 1800.
Une page web liste les noms des auteurs des cartes
dont Georg Braun et Franz Hogenberg, Joan Blaeu et son fils
ou Hartmann Schedel, dont JM Kiener a exploité la carte de Lubeck.
http://historic-cities.huji.ac.il/mapmakers/schedel.html#maps
Prudence sur le plan attribué à Paris...

Pour Schedel, Wikimedia Commons et Wikisource proposent les mêmes cartes dans une autre interface.
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Liber_Chronicarum
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Nuremberg_Chronicle
http://de.wikisource.org/wiki/Schedelsche_Weltchronik

un dernier détail : le site est en anglais...

Deux autres sites dérivés traitent des plans de Jérusalem
http://maps-of-jerusalem.huji.ac.il/index.html

AMJ

et des cartes du Proche-Orient (« Holy Land » - Palestine )
http://www.jnul.huji.ac.il/dl/maps/pal/html/

S HLM

Sur H-Français, le 16 nov 2001, Michel Neyroud cite longuement cet annuaire de liens
http://www.reisenett.no/map_collection/map_sites/hist_sites.html

Croisé par hasard... cette promo commerciale avec des allusions à des plans de 
Moscou par de Wit en 1697
Paris, Boisseau 1648
Paris, Merian 1640
http://map-fair.com/pub/
http://clioweb.free.fr/carto/plansParis.htm

.
Rappels
. Cartes et Histoire : http://clioweb.free.fr/carto/cartohist.htm

. Map History (Tony Campbell) - History of Cartography - World-Wide Web Virtual Library

. Peter van de Krogt - Maphist  -  Explocart - Mappae Antiquae (Utrecht Historische Cartografie)

 

 

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09 janvier 2011

Le plan parcellaire d’Allemagne (1477)

- Thomas Jarry, Autour d’un plan médiéval normand : Le plan parcellaire d’Allemagne (Fleury-sur-Orne) de 1477, Histoire et sociétés rurales Vol. 23, 2005/1. http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2005-1.htm

Extraits :
« Au sud de l’agglomération de Caen, le marais d’Allemagne (aujourd’hui Fleury-sur-Orne) fit l’objet au XVe siècle d’un dessin parcellaire, conservé dans le fonds de l’abbaye Saint-Étienne de Caen aux Archives départementales du Calvados. Sur près d’un mètre de long, on détaille les microtoponymes, les superficies des parcelles et les noms des tenanciers des 145 ha compris dans un méandre de l’Orne… ».

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source : Th Jarry, Histoire et sociétés rurales - 2005-1

p 172 - Apparemment aisée en raison du caractère immédiat du visuel, l’utilisation des plans comme source historique est un exercice aussi difficile que l’interprétation d’un texte. Confronter les sources cartographiques aux sources archéologiques et textuelles, construire une méthode scientifique et définir les outils de l’analyse géographique sont les conditions primordiales pour répondre à quatre questions : comment le plan a-t-il été dessiné ? quand a-t-il été dessiné ? pourquoi a-t-il été dessiné ? que nous apprend-il sur l’espace et la société rurale ?

p 183 - … Si les plans parcellaires du Moyen Âge sont si peu nombreux, c’est que pour cette époque la plupart des terriers conservés fournissent des descriptions souvent très longues, très précises et très détaillées, qui ne nécessitent pas une représentation du terroir pour remplir la fonction qui leur est dévolue, celle de connaître ou reconnaître des droits perçus sur des terres et des hommes. Les traditions orales et écrites, la reconnaissance par des jurés de la paroisse, suffisent à faire preuve.

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Le manoir du bac d’Athis, Th Jarry, HSR 2005-11

p 187 - Le manoir du bac d’Athis avec sa cour et son étable s’élève au bord de l’Orne. Le passage du fleuve par le bac est toujours en activité au milieu du XVIIIe siècle, comme on le constate dans un bail à ferme concédé par l’abbaye Saint-Étienne de Caen à Thomas Le Coq le 9 juin 1759… Plus aucune construction ne figure à cet emplacement sur le plan cadastral ou dans l’état de section de 1809…

p 191 - Sans doute la « liste figurée » de notices parcellaires, placées les unes à côtés des autres, sans échelle ni orientation, reste-t-elle proche du document fiscal originel, et tient-elle lieu surtout d’« aide-mémoire ». Cependant, cette vision de l’espace par bouts et côtés est une des plus anciennes représentations d’un paysage rural et des plus originales, ancêtre des nombreux et magnifiques plans parcellaires qui accompagnent de plus en plus fréquemment les terriers à partir du XVIIe siècle.

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Le plan parcellaire de 1477 concerne le Grand Marais (source : Google Earth)

Le cadastre napoléonien est numérisé, mais son accès est payant

Voir aussi la zone ZI dans le cadastre actuel

.
- Fleury sur Orne et Allemagne
Fleury-sur-Orne est mentionné sous la forme latinisée Alemannia en 1077, en français Allemagne jusqu’en 1916. Elle doit sans doute son nom à une garnison d’Alamans de l'armée romaine préposée à la garde du gué qui franchissait l’Orne à l’époque du Bas-Empire dans le cadre du tractus Armoricanus et Nervicanus.

Le 23 août 1916, le conseil municipal décide un remplacement du nom pour celui de Fleury-devant-Douaumont, commune de la Meuse détruite cette même année lors de la bataille de Verdun au cours de la Première Guerre mondiale. Par décret du 12 avril 1917, le nom de Fleury-sur-Orne devient officiel.
source : Wikipedia

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08 janvier 2011

Soluble dans la démocratie ?

Ecouter Comme on nous parle, de la 11e :-) à la 27e mn

. Quand Finkielkraut vient Finkielkrauter et s'écouter pontifier à propos de ce qu'il veut diaboliser et décrit comme les horreurs du Cinquième pouvoir...
. Quand la radio veut concurrencer la TV (grâce au cinquième pouvoir) sans s'en donner les moyens techniques... avec deux autres invités, Thomas Legrand (Inter) et Guillaume Tabard (Les Echos)

26e mn :
- est-ce que la transparence de Wikileaks est soluble dans la démocratie ?
- sans avoir tout compris à la question...
- Je la répète : la transparence de Wikileaks est-elle soluble dans la démocratie ?
(une société peut-elle vivre sans une certaine dose d'opacité ?)
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/comme-on-nous-parle/

A comparer avec les points de vue de Patrice Flichy (Le sacre de l'amateur) et Dominique Cardon (La démocratie Internet : Promesses et limites)
http://clioweb.canalblog.com/tag/peurdinternet

Un rappel : au temps de Wilson, traités secrets ou diplomatie ouverte ?


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07 janvier 2011

Globalement positif...

C'est le bilan avancé dans la conclusion d'une étude officielle menée en novembre 2010 sur l'accueil des nouveaux professeurs. Des enseignants concernés préfèrent parler de « stagiaire impossible ».
A lire sur le site Sauvons l’Université, une « Etude relative au dispositif d'accueil, d'accompagnement et de formation des enseignants stagiaires pour le second degré » ( réponses de 28 académies, à partir de la page 10 ) - DGRH B1-2  (source : LdC). Avec carte en pourcentages et aplats de couleur.

« Au 1er octobre 2010, on dénombre 8 604 enseignants stagiaires et conseillers principaux d’éducation stagiaires dans le second degré »

« En moyenne, on compte entre 1,5 à 2 stagiaires par établissement, mais parfois jusqu’à 5 stagiaires par établissement (lycées importants) ; Une petite minorité de stagiaires (394 stagiaires soit 4,5 % des stagiaires) sont affectés sur plusieurs établissements (2 à 3 maximum) ».

« La désignation des tuteurs ne s’est pas réalisée sans difficulté. En effet, les inspecteurs, très impliqués dans ce travail, se sont souvent trouvés confrontés à une forte opposition syndicale et à celle de certains chefs d’établissements et/ou de l’équipe pédagogique. Ainsi, l’académie de Nantes indique qu’une lettre de désignation a été adressée à 35 tuteurs réfractaires sur les 395 sollicités, 4 d’entre eux, à la date de l’enquête avaient maintenu leur refus ».

« A la date de l’enquête, 139 stagiaires n’avaient pas encore de tuteurs dans 12 académies ».

« Il ressort que ceux-ci commencent à connaître, en octobre, un état de fatigue. Il leur semble difficile de concilier, dans l’urgence, l’organisation de leurs classes (préparation des cours, gestion de la classe) et leur formation. Les stagiaires estiment manquer de méthodes et du recul nécessaire pour effectuer leur travail et l’apprentissage de leur futur métier ».

« Début novembre, on dénombre 65 démissions contre 48 l’année dernière durant la même période ». « …une enquête réalisée début octobre sur ce point spécifique avait montré que pour leur grande majorité, les démissions sont intervenues avant la rentrée scolaire et pour des raisons qui ne sont pas liées avec la difficulté du métier ».
.
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« Il ressort des remontées de l’enquête menée auprès des 30 académies et des 100 inspections académiques que la mise en œuvre du nouveau dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des stagiaires, tel qu’il a été préconisé par la circulaire du 25 février 2010, a demandé un très gros investissement de la part des services déconcentrés du ministère de l’éducation nationale ».

«  Le bilan du dispositif de prise en charge des professeurs des écoles stagiaires de la session 2010 est globalement positif (sic). Cela résulte d’une part, de la situation particulière de l’enseignement scolaire du premier degré qui bénéficie cette année d’enseignants en surnuméraire et, d’autre part, d’un réseau de proximité important et qualifié : IEN de circonscription, conseillers pédagogiques de circonscription, professeurs des écoles - maîtres formateurs (PEMF) exerçant en école et déchargés une journée par semaine, maîtres d’accueil temporaires impliqués dans le suivi et la formation ».

«  L’accueil, l’accompagnement et la formation des enseignants stagiaires du second degré s’est mis en place plus difficilement que dans le 1er degré du fait de résistances très fortes, alors même que les académies ont beaucoup travaillé pour bâtir des procédures en phase avec leurs spécificités propres. L’appropriation du nouveau dispositif par l’ensemble des acteurs est en cours, sur le terrain ; il conviendra de réaliser un bilan au terme d’une année scolaire complète afin de mesurer de façon plus exhaustive tous les effets de la réforme du recrutement des enseignants, notamment en termes de gestion des ressources humaines ».

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06 janvier 2011

Comptines payantes

Comptines payantes pour les petits Allemands - Le Monde 05/01/2010

« La GEMA (la SACEM allemande) a sommé par lettre 36 000 crèches et jardins d'enfants de s'acquitter rapidement des droits d'auteur sur les chansons et comptines reproduites ou interprétées en public ... : pour 500 copies de textes ou de partitions, un jardin d'enfants public devra verser 56 euros par an, un jardin géré par une église 44,80 euros, hors taxes. A condition que le formulaire prévu soit dûment rempli : pour chaque chanson, titre, compositeur, éditeur de l'oeuvre et date de diffusion devront être consciencieusement relevés, le tout devant faire l'objet d'un contrôle régulier ».

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