23 octobre 2010

Retraites

- La France en grève, vue par un journal américain :

marseille_16102010

Combien de manifestants selon la police ? 200 ?

moiatonage

A ton âge je travaillais déjà
Moi, à ton âge, je travaillerai encore
http://www.boston.com/bigpicture/2010/10/france_on_strike.html

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- « Diriger, c'est conduire un peuple avec son assentiment »
A l'heure du conflit social autour de la réforme des retraites, la philosophe Cynthia Fleury estime qu'il est urgent de réunir les différents acteurs publics pour orchestrer le compromis démocratique

« Comme l'explique très bien Pierre Rosanvallon, à la suite de Montesquieu, il y a une asymétrie de la souveraineté : une souveraineté positive, qui renvoie au Parlement et au gouvernement, et une souveraineté que certains disent négative, c'est-à-dire la rue, qui gouverne par son pouvoir de veto, son pouvoir de sanction.
Les démocraties adultes s'organisent différemment, surtout avec l'irruption des nouvelles technologies et la part croissante de la démocratie participative ».

« Mon travail consiste à réfléchir aux nouveaux outils de la régulation démocratique, à ces fabrications collectives de l'exemplarité. Que vise-t-on ? Pas " le pouvoir au peuple ", cher aux populistes, pas la tyrannie de la majorité, chère aux conservateurs, non, nous visons une fabrication collective, plurielle, de la raison publique et du pouvoir d'Etat ».

« Gouverner, ce n'est pas pratiquer l'autoritarisme. Pour cela, il y a les petits chefs, les petits tyrans qui n'ont rien à voir avec l'art de gouverner. Diriger, c'est conduire un peuple avec son assentiment ... »

«  ...Le renouveau du thatchérisme, posture politique ringarde, ridicule, vieille déjà, serait l'intelligence moderne de la démocratie ?? Je tombe des nues. C'est l'antithèse de la modernité démocratique ... ».
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/10/23/

 

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22 octobre 2010

MHF : Un projet dangereux

- « ... La « Maison de l'histoire de France » dont Nicolas Sarkozy vient d'annoncer, dans son discours des Eyzies (prononcé en septembre), qu'elle doit prendre place aux Archives nationales est un projet dangereux ». Le Monde Opinions 22/10/2010

« Ce danger découle de trois options hautement contestables : celle d'une France étriquée, celle du discours rétrograde qui sous-tend la Maison de l'histoire de France, et enfin, celle résultant du lieu d'implantation... »

« ... N'y a-t-il pas d'autres lieux pour exposer l'histoire que les hôtels princiers, alors que tant d'espaces du travail rappelleraient plus aisément que l'histoire est aussi faite de vies minuscules, des hommes et des femmes ordinaires dont le quotidien et l'héritage légué à notre époque fut bien autre chose que la seule construction de l'Etat-nation et les souffrances imposées par l'histoire-bataille ? »

« Les soussignés appellent donc à la suspension de ce projet tant qu'il n'est pas repensé dans un esprit d'ouverture en prise avec une recherche historique de notre temps ».
Isabelle Backouche (EHESS),
Arlette Farge (EHESS),
Jacques Le Goff
Gérard Noiriel (EHESS),
Roger Chartier (Collège de France),
Daniel Roche (Collège de France)
Christophe Charle (université de Paris 1),
Nicolas Offenstadt (Paris 1)
Michèle Riot-Sarcey (université de Paris 8).

Dans la Fabrique, le dernier quart d'heure a été consacré  à ce sujet, avec la participation d' Isabelle Backouche et de Vincent Duclert (il a présenté à Blois son dernier ouvrage L'Avenir de l'histoire)
A podcaster et écouter au format mp3

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- Jean-François Hebert (château de Fontainebleau) a livré son rapport :
Eléments de décision pour la Maison de l'Histoire de France

- Faut-il une «maison de l’histoire de France» ?,
Nicolas Offenstadt, Paris 1, Libération 09/10/2010

 

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La Fabrique : musique et politique

Semaine sur les rapports entre musique et politique dans La Fabrique de l'histoire.

- Lundi, balade en radio dans l'Exposition Lénine, Staline et la musique,
avec Pascal Huyn, le commissaire et Nicolas Werth.
http://www.cite-musique.fr/minisites/1010_lenine/index.htm

sur France-Culture,
podcaster et écouter en différé au format mp3

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- Jeudi La Fabrique s'est intéressée à l'histoire de l'Opéra
invités : Mélanie Traversier, Gouverner l'opéra : une histoire politique de la musique à Naples, 1767-1815  EF Rome, 2010
Laurent Feneyrou, Résistances et utopies sonores  Publication Cdmc, 2005
David Chaillou, Napoléon et l'opéra, la politique sur la scène  Fayard, 2004
Didier Francfort (musique et nationalités au XIXe), Martin Kaltenecker (le XXe)
Podacster et écouter en différé en mp3

.

 


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21 octobre 2010

L'Orne et le télétravail

L'Orne, la fibre optique et l'armoire normande

orne_armoire

source : France 3 Basse-Normandie, mercredi 20 octobre 2010, 12/13, vers la 11e mn

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- Un publi-reportage de France 3 Normandie (20 octobre) vante une initiative du conseil général de l'Orne. En 2 mn, à partir de 10 mn 30, l'exemple d'un informaticien qui a fui Velizy pour faire du télétravail à Boitron, une commune de 324 habitants au sud-est de Sées.

Le problème n'est pas dans la décision de financer les infrastructures, mais dans la communication politico-médiatique sur cette dépense publique.

Tout est dit sur l'achat de la fibre optique, sur les relais hertziens, sur les chiffres du débit, sur la verdure des champs opposés au temps perdu en banlieue. Rien sur la dimension humaine et sociale du travail dans un local qui ressemble à une boite sans vie et sans humanité. Alors l'armoire normande n'est-elle là que comme alibi pour supporter les inévitables discours de promotion sur le couple tradition et modernité ?


boitron_cube

Boitron - source : France 3 Basse-Normandie, mercredi 20 octobre 2010, 12/13, vers la 11e mn

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le télétravail.
JJ Mahé a déjà servi d'exemple dans un article des Echos (22/06/2010) où patrons et députés UMP réclament une modification du Code du travail : « program manager chez Sun Microsystems (aujourd'hui Oracle), il est ravi de travailler deux jours par semaine dans sa maison de Boitron, un petit village de l'Orne  » écrivait Tatiana Kalouguine, la journaliste.

La fibre optique et le télétravail pour repeupler un département que les jeunes préfèrent souvent fuir ? Pourquoi un patron choisirait-il l'Orne plutôt que la Roumanie ou le Maroc ? Relire sur les mirages du travail à distance un excellent article d'Alain Rallet (Sciences Humaines n° 104, Avril 2000)

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- L'accès lent et compliqué au reportage est surtout très révélateur de la conception du web chez les gens de télévision.
D'abord il faut être très patient :  Pour revoir 2 minutes de reportage, il faut subir 25 secondes de pub. Il faut avoir installé une extension microsoft $. Enfin, les fermes de serveurs des sous-traitants de France-T semblent terriblement sous-dimensionnés.
http://info.francetelevisions.fr/video-info/
ou
en version temporaire, au format real player

Bien sûr la pub a submergé la TNT, et la formule répétée, les « Ne quittez surtout pas, (le reportage) c'est tout de suite après la pub » sont devenus la règle. Ou encore « vous pouvez le recevoir sur votre smartphone, mais c'est payant ».

Imaginez un seul instant le même mode de fonctionnement soit imposé à l'ensemble du web. 25 secondes de pub avant chaque requête ? Vous auriez probablement fui le web depuis longtemps, et vous ne seriez pas en train de lire ce commentaire.
Google a des tas de défauts, mais l'entreprise US fait d'autres choix, dont nous profitons tous. Cela permet de comprendre l'irritation de certains de nos dirigeants hexagonaux doublement nostalgiques d'un minitel 2.0 : ils continueraient d'avoir un  contrôle total ; l'accès tarifé arrondirait leurs fins de mois.

orne_champs

source : France 3 Basse-Normandie, mercredi 20 octobre 2010, 12/13, vers la 11e mn

Xavier de Mazenod, un responsable de cette initiative précise :
- L'Orne n'est pas couverte de fibre optique. Dommage.
- Rien (dans le reportage) «  sur le réseau humain derrière le télécentre (une centaine de télétravailleurs) et une récupération du projet au profit du CG ».
« Pour le dire plus vite : notre projet vaut mieux que ce raccourci de com'. Authentique comme notre armoire normande restaurée pour l'occasion ;-) »
Consulter le site Zevillage, présenté comme « la communauté du télétravail ». On y apprend que le télécentre de Boitron a été inauguré le mardi 21 septembre 2010.


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OpenOffice ou LibreOffice ?

OpenOffice met les voiles,
Stéphane Viossat, Micro-Hebdo, 652, 14/10/2010
Tombée dans le giron d'Oracle lors du rachat de Sun, la suite bureautique libre traverse une crise.
Open dérivait de Star Office, dont Sun a rendu le code public en juin 2000.
"la culture du libre, ce n'est pas vraiment le truc de Larry Ellison, 6e fortune mondiale"
Les développeurs d'OpenOffice ont décidé de créer la Document Foundation.
Ils ont à se battre pour reprendre le contrôle du nom. Pour l'instant Open Office est baptisé Libre Office
http://pressenumerique.viapresse.com/

Libre_Office

La communauté d'OpenOffice.org déclare son indépendance
Guillaume Deleurence, 01net, 28/09/10
Elle sort du giron d'Oracle et crée The Document Foundation pour proposer la première bêta d'une fork de la suite bureautique, baptisée pour l'instant LibreOffice. Elle espère récupérer le nom OpenOffice.org.
http://www.01net.com/editorial/

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Lire également

docu
http://www.documentfoundation.org/download/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oracle_Open_Office
http://hightech.nouvelobs.com/actualites/depeche/20100930
http://forums.cnetfrance.fr/topic/176226-libre-office-330-sur-openoffice-installation-ou-mise-a-jour/

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20 octobre 2010

Criminocorpus, histoire de la justice

- Le portail Criminocorpus est une source majeure sur l’histoire de la justice.
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/
Ce portail dirigé par Marc Renneville a été lancé en 2005. Il résulte d’un partenariat entre le CNRS, le ministère de la justice, Sciences Po, la BIUM à Paris et les Archives nationales d'outre-mer. Cette plate-forme scientifique gratuite est complétée pour le suivi de l’actualité par le blog Criminocorpus et une page Facebook.
http://criminocorpus.hypotheses.org/

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Parmi les entrées proposées aux chercheurs et au grand public, on peut trouver :

- des outils de recherche : les textes juridiques (lois, arrêtés, décrets, circulaires) ; la Bibliographie d’histoire de la justice française (1789-2008) comporte plus de 67 000 références rassemblées par l’historien Jean-Claude Farcy ; Le Guide des Archives judiciaires et pénitentiaires (1800-1958) recense l’essentiel des sources numérisées - il est épuisé en librairie. Dans l’espace chercheurs, un Annuaire recense les principaux centres de recherche (dont Rouen, Lille 2, Montpellier…)

- des archives et des revues en ligne : La peine de mort en France (avec édition des débats parlementaires de 1791, 1908, 1981 et 2006), Archives de l’Anthropologie criminelle (1886-1914)…

- Le portail propose plusieurs expositions virtuelles, avec une iconographie souvent inédite : La Révolution à la poursuite du crime !, Le bagne de Guyane en relief, Les prisons de Paris, les prisons de Loos, La colonie pénitentiaire agricole de St Hilaire, La résistance politique dans la prison d’Eysses, Le camp de la relégation de St Jean du Maroni...

- des dossiers thématiques : Histoire de la police, Crimes et criminels au cinéma, Les bagnes coloniaux…

- des thèmes de débats : Le pouvoir judiciaire, L’indépendance de la magistrature

- un espace pédagogique offre un choix de documents commentés et des conseils de lecture.

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Voir aussi la page Histoire de la Justice, choix de sites web (pdf)

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CNRD : La répression de la Résistance

repression_fdr

Le dossier proposé par la Fondation de la Résistance est disponible en deux versions, une en brochure, l'autre en ligne en pdf. Il est organisé en 3 parties :
- Le processus de répression (par les autorités d'occupation et le régime de Vichy)
- Résistants et Résistance face à la déportation
- Faire le bilan et juger la répression
(voir la page 29, le bilan chiffré mis en contexte par François Marcot)

Ce dossier très étoffé rendra de grands services aux élèves qui vont préparer le Concours de la Résistance (CNRD 2011)

- Un détail : page 15, l'escalade de la répression est datée de l'Eté 1944. Ne faudrait-il pas plutôt parler de l'année 44, soit en entier, soit les 6 premiers mois (Pour l'Affiche rouge, Manouchian est arrêté le 16 novembre 1943, le simulacre de procès a lieu du 15 au 18 février, les exécutions le 21 février).
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/afficherouge.htm

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- Comment travailler avec internet ?

Une vingtaine de sites web sont mentionnés au fil du dossier, des sites en .com (http://museehistoirevivante.com :-) , .net  (http://www.france-libre.net),  .fr (http://www.musee-resistance31.fr ) ou .org (http://www.fondationresistance.org) ...

Une fiche conseil réaffirme avec justesse le rôle du prof surtout sur des sujets qui peuvent être très sensibles : « la recherche est délimitée par l'enseignant à un  thème ou à des mots-clés »

La suite de la fiche illustre une vision très frileuse, du même ordre que celle présente dans les manuels d'histoire 2de 2010. Cette lecture craintive est renforcée par une écriture très elliptique et réductrice, peut être liée au manque de place (une demi page, 2000 signes).

> « le recours à la photocopie est le plus souvent d'un faible intérêt »
Il serait souhaitable de ne pas confondre l'outil et ses usages.
Que ceux qui ne distribuent jamais de photocopies en classe lèvent le doigt !
Faites le détour chez un photocopieur proche d'une université...

> « la consultation erratique des sites  »,
> « passer en revue des dizaines de sites superficiellement  »

Ne faudrait-il pas distinguer plusieurs phases dans une recherche, notamment entre l'exploration préalable du web et l'exploitation fouillée de quelques sites web sélectionnés pour leur pertinence par rapport au sujet à traiter ?

> « Les sites privilégiés seront des sites officiels »

donc L'Ordre de la Libération, ou le mémorial charlesdegaulle... Dommage de se priver de sites web excellents comme http://www.memoire-net.org/ ou de http://www.crdp-reims.fr/memoire/

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- Une conférence de Michel de Bouard en 1986 avait suscité une vive controverse à propos de Roques. Dans sa première partie, l'historien, résistant et déporté, détaille Les procédures pénales menant à la déportation. La version publiée par Historiens et Géographes a été scannée (une version texte suit)
http://clioweb.free.fr/chronique/mdb/
http://clioweb.free.fr/dossiers/mdb/mdb.htm

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19 octobre 2010

A quoi sert l'histoire ?

La question a été posée en 2009-2010 par Emmanuel Laurentin, chaque vendredi, aux invités de la Fabrique de l'histoire. Un ouvrage publié par les éditions Bayard regroupe les transcriptions des réponses, souvent volontairement décalées, d'une quarantaine d'historiens et d'historiennes. Le web aurait permis de laisser ces interventions de 4 mn 30 durablement en ligne.  Les choix faits par France-Culture ne le permettent pas. Dommage.

Dans sa préface, Emmanuel évoque le sourd regret qui tire en arrière le milieu historien, et sa reconstruction idéalisée des années 1970 quand l’histoire apparaissait comme la discipline reine des sciences sociales, et quand la « nouvelle histoire » bénéficiait de tirages exceptionnels, avec le soutien des médias de masse.

Gérard Noiriel, un des absents de cet ouvrage, a analysé la « crise (multiforme) de l’histoire ». En 1996, il appelait à la tenue de vraies controverses entre historiens. La brutalisation en cours (notamment l’évolution récente du recrutement universitaire) ne semble guère propice aux débats rationnels entre historiens, pas plus que la politique suivie depuis 2007.
Lire les notes prises par Michel Lévêque, et sa mention du CR par Garner Guillaume. Sur la «crise de l'histoire». In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°59, juillet-septembre 1998. pp. 161-164.
http://lethiboniste.blogspot.com/2006/07/gerard-noiriel-sur-la-crise-de.html
http://www.revue-lebanquet.com/reposoir/pdfs/c_0000146.pdf

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Extraits de l'ouvrage

La réponse de Philippe Artières : « A quoi sert l’histoire ? A rester en vie »

Pour Pascal Ory, l'histoire « a servi à justifier les dynasties, puis les nations, puis les impérialismes ». Mais elle n'a, en revanche, « jamais servi à éviter une seule guerre, une seule crise économique (ou) une seule révolution »
(CR de Th Wieder dans Le Monde 15/10/2010).

p 68 - La question est posée à Fabrice d’Almeida, à Berlin, par un vendeur de voitures de luxe qui « projetait sur les autres son sentiment de vacuité » : « Je veux savoir où passent mes impôts »
FdA répond hommage aux morts et sens à donner aux désordres du monde.
Il a rencontré … « des hommes et des femmes qui n’ont aucun doute sur l’utilité de l’histoire. Ils veulent la servir, car ils l’aiment, tout simplement ». Selon lui, « L’histoire est la dernière discipline chevillée au réel… »

Raphaëlle Branche : « L’histoire détache du fatalisme et du sentiment d’irrémédiable. C’est fondamentalement sa manière à elle d’être une force de liberté… »

Régine Robin : « Du roman national à l’invention de soi, des images virtuelles aux simulacres du biographique, l’histoire dans sa traque de vérités partielles reste malgré tout le grand garde-fou de notre époque ».

Claire Zalc : « L’histoire répond aux grandes questions, par de petites histoires, des histoires d’hommes, de femmes et d’enfants qui disent bien mieux que les grands mots la diversité des trajectoires et la force des persécutions… »

André Burgière : « Raul Hillberg, Jean-Louis Flandrin et d’autres pionniers audacieux n’ont pas simplement inventé des sujets, ouvert des pistes nouvelles. Ils ont approfondi notre connaissance de l’homme. En nous arrachant à nos certitudes, ils ont renforcé notre capacité à critiquer l’ordre du monde. C’est à cela que doit servir l’histoire ».

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La question est contestée par ceux qui citent Lucien Febvre : « Une histoire qui sert est une histoire serve » (1919).

Claire Lemercier : « Je sais bien qu’il n’y a pas de leçons de l’histoire, mais je sais aussi que si les historiens se taisent, tous les pouvoirs, tous les groupes de pression et tous les Eric Zemmour du monde les tireront à leur place »

Pascal Ory : « La question n’est pas de savoir à quoi sert l’histoire mais à qui…
L’histoire sert à quelques individus, qu’on appellera conventionnellement historiens, à satisfaire une curiosité, dont on sait qu’elle est un vilain défaut, et le hasard fera (ou ne fera pas) que d’autres individus affectés du même défaut, ce qui à un certain stade de propagation le transforme ipso facto en vice y trouveront des réponses à des questions que l’historien ne se sera parfois jamais posées on aura en effet compris que l’historien est le moins intelligent de tous les chercheurs en sciences sociales ».

Patrick Boucheron : Le latin des humanistes italiens faisait la différence entre la vetustas (ce qui est dépassé et hors d’usage) et l’antiquitas, ce passé qui ne passe pas mais demeure … disponible pour vivre l’aujourd’hui
« En ce sens, il n’y a d’histoire que contemporaine... si certains choisissent de se faire médiéviste, c’est pour éclairer ce qui demeure obscur dans ce que nous sommes en train de devenir ».

Quelle histoire ? LG Tin part des préjugés de jeunes filles à l’égard du féminisme… « Au delà du stigmate social qui pèse sur le féminisme en général, on enseigne, dans le meilleur des cas, l’histoire des résultats. On leur a appris que dans sa grande bonté, le général de Gaulle a octroyé le droit de vote aux femmes à la fin de la 2 GM. Or si on leur avait appris l’histoire des processus, elles auraient entendu une toute autre version. Elles auraient appris que après plusieurs décennies de combats acharnés, les mouvements féministes avaient finalement obtenu le droit de vote pour les femmes ».

Annette Wieviorka : « Au-delà des pétitions de principe, ou du travail d’écriture auquel s’adonnent encore avec passion et bonheur ceux dont le métier est de faire de l’histoire, on peut craindre que la question ne se décline bientôt au passé. A quoi servait l’histoire ? »

Claire Soltinel : « Pour être honnête, ce n’est pas une question que je me pose très souvent parce que je fais aussi de l’histoire par plaisir, pour l’immense excitation intellectuelle que donne l’exploration de ces situations singulières, augmentée encore par l’échange d’idées avec mes collègues…pour la facilité avec laquelle ce plaisir se communique aux étudiants…L’histoire est aussi un plaisir d’intelligence, et en cela, elle est en même temps merveilleusement inutile et indispensable… »


aquoisert

A quoi sert l'histoire, la table ronde de Blois en photos :

el


el_salle

Les historiens présents dans l'ouvrage :

Philippe Artières
Christine Bard
Annette Becker
Patrick Boucheron
Raphaèlle Branche
André Burguière
Joêlte Burnouf
Christophe Charle
Sophie Coeuré
Maryline Crivello
Fabrice d’Almeida
Emmanuel Droit
Ariette Farge
Mathieu Flonneau
Etienne François
Jean-Noël Jeanneney
Patrick Garcia
Claude Gauvard
Sudhir Hazareesingh
Isabelle Heullant-Donnat
Jacques Le Goff
Claire Lemercier
Judith Lyon-Caen
Jean-Clément Martin
Gabriel Martinez Gros
Jean-Luc Mayaud
Philippe Minard
Pap Ndiaye
Nicolas Offenstadt
Pascal Ory
Michelle Perrot
Christophe Prochasson
Régine Robin
Daniel Roche
Henry Rousso
Bénédicte Savoy
Claire Sotinel
Louis-Georges Tin
Sylvie Thénault
Julien Vincent
Danièle Voldman
Annette Wieviorka
Claire Zalc

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Lapsus : l'Auvergnat

Autre lapsus, après la fellation de Dati...

Hortefeux a inventé un nouveau fichier de police très invasif dimanche lors du Grand Jury.
http://www.liberation.fr/politiques/06012533-hortefeux-et-le-fichier-des-empreintes-genitales

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18 octobre 2010

Blois 2010 : échos des RVH

Pour tous ceux que l'histoire passionne mais qui n'ont pas voulu (ou pas pu)  faire le déplacement de Blois ce week-end, le web fournit plusieurs sources pour accéder aux conférences et aux tables rondes :

- Consulter le programme en ligne : http://www.rdv-histoire.com/

- Les conférences et les tables rondes ont été filmées et devraient arriver rapidement en ligne sur Canal-C2. Il sera alors possible de voir  l'ovation faite à Robert Badinter dimanche soir.

- Transmettre l'histoire aujourd'hui ?
Comment ?
Pourquoi ?
Quelles limites ?
Caroline Chatelet pose 3 questions à des historiens.
( Qui aurait envie de lui répondre sur la liste H-Français ?)
http://www.rdv-histoire.com/?q=node/1027

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- Plusieurs thèmes ont eu un écho dans les émissions de France-Culture
Ainsi, dans Le bien commun : Antoine Garapon a invité Jean-Pierre Royer pour la 4e édition de l'Histoire de la Justice (PUF 2010), après avoir animé avec lui une table ronde sur les grands procès et l'histoire

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Blois 2010 dans la presse :

- Dans le Libé des historiens, vendredi 15
. 1449 : Quand le roi pardonnait
.  La Maison de l'histoire rance
. Le passé colonisé par la droite dure (Sylvie Thénault sur la Fondation pour la mémoire de la Guerre d'Algérie),
. Droit à l'oubli : la charte de NKM ronronne
http://clioweb.free.fr/blois/2010/libe-hist2010.htm

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- Les RDV de l'Histoire dans La Nouvelle République

- France 3 à Blois
http://tinyurl.com/france3-blois2010

b_files
Files d'attente


b_proces_s2

Les grands procès racontent l'histoire

b_varennes

Varennes

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