16 septembre 2010

Education : Les pièges de la concurrence

Et si la compétition scolaire portait tort même aux bons élèves ?

Les méfaits de la compétition scolaire, entre bahuts et entre élèves, Le grain à moudre 14/09/2010
avec Philippe Tournier (Snpden), Nathalie Mons, sociologue, Natacha Polony, journaliste, Sylvain Broccolichi, sociologue.

A écouter pour les corrections apportées par les participants à des jugements trop rapides et trop sommaires : comparaison entre la Suède et la Finlande, mise en perspective de l'enseignement privé confessionnel : il est privé mais avec des fonds publics et sans les contraintes imposées à l'éducation nationale. Les journalistes jugent habituellement de la situation du privé par le cas parisien, alors que la situation en Ile de France n'est pas celle de la province (cf chercher ses clés sous le lampadaire ?)

L'émission au format mp3

Chroukri BEN AYED, Sylvain BROCCOLICHI, Danièle TRANCART
École : les pièges de la concurrence. Comprendre le déclin de l'école française. La Découverte

4e de couverture :
« Toujours plus d'élèves en échec, toujours plus d'enseignants démoralisés et de parents inquiets quant à l'avenir de leurs enfants. Toujours plus de palmarès d'établissements qui sèment le doute et attisent les frustrations. Est-ce réellement du choix de l'école que peut venir le salut, comme le suggèrent les récentes mesures d'assouplissement de la carte scolaire ?

Est-il vrai qu'en intensifiant la concurrence entre établissements, on crée une émulation qui favorise l'élévation des performances des élèves ?
La réponse est non.
C'est ce que montre cet ouvrage fondé sur une étude de grande ampleur, qui combine de façon inédite approche historique, comparaisons statistiques et enquêtes de longue durée sur différents sites (restituant la parole d'enseignants, de parents et d'élèves). Partout où la concurrence creuse les disparités entre établissements, à commencer par la région parisienne, les difficultés des élèves se multiplient, et pas seulement dans les « ghettos ». Leur scolarité se trouve en effet perturbée par toute une série de troubles et de déstabilisations associés à l'obsession des classements et au zapping scolaire. À l'inverse, les meilleurs résultats s'observent là où des coopérations durables favorisent des continuités éducatives et des pratiques cohérentes.

Grâce également à un éclairage international, ce livre aide à comprendre en quoi l'essor de la concurrence et le manque de régulation politique ont contribué au déclin de l'école française ».

 

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15 septembre 2010

L'Education, un service public ?

- L'absence de formation des jeunes enseignants est absolument injustifiable, selon Bernard Toulemonde, Le Monde 15/09/2010

.
- Dans Le Monde Education (15/09/2010) :
dossier L'école, un service public EN DANGER (sans point d'interrogation...)

. Antoine Prost : « On s'éloigne du service public d'éducation »
« Un service public se définit par deux traits : l'égalité de l'offre, quels que soient le domicile et les ressources des familles, et une qualité garantie par l'Etat et non par le jeu de la concurrence. On s'en éloigne.
Parler de service public est en outre un piège. La Poste est un service public, mais nul n'est obligé de mettre des lettres à La Poste. L'enseignement, lui, est obligatoire. C'est une institution, que la société charge d'assurer sa propre continuité, de faire que les petits-enfants comprennent leurs grands-parents, et les ruraux les citadins. Sa raison d'être est de créer... un socle commun. C'est beaucoup plus qu'un service, même public. »

. L'enseignement est-il encore un service public ?
« Coauteur d'un très polémique Main basse sur l'école publique (Démopolis, 2008), Eddy Khaldi est même persuadé de cette volonté de saper le service public de l'éducation de l'intérieur : « Le ministère de l'éducation nationale met en avant les problèmes de l'école publique, échec et violence scolaires, absentéisme des élèves, coût élevé du système, pour la rendre impopulaire et valoriser le secteur privé. Il ne faut pas nier les problèmes. Mais pas les exagérer non plus. »

Parmi les autres articles :
. Professeurs : les anciens en charge des jeunes
8600 postes ont été préemptés pour les stagiaires Chatel, au détriment de leurs éventuels tuteurs...
. « Une idée très floue du niveau de mes élèves »

. Enseignant : un métier plus intello, moins pédago
(La hausse du niveau de diplôme - bac + 5 - ne peut masquer le calcul politicien à court terme : récupérer 16 000 postes d'un coup. La politique actuelle fait éclater le cadre national de formation et met en danger les élèves et par contrecoup l'ensemble du système. « Notre priorité, c'est la qualité du service éducatif » affirme pourtant la DRH ! Pour l'instant, ce sont les officines privées qui se frottent les mains (600 euros le stage intensif, 990 euros par an pour des cours du soir...).

« C'est précisément cette année de transition vers le métier qui a été supprimée par la réforme, d'où d'intenses protestations depuis 2009. Outre l'économie de postes ainsi réalisée, le gouvernement a réduit le rôle des IUFM, qu'il suspectait de propager une pédagogie soixante-huitarde. Depuis leur lancement en 1990, ces instituts essuyaient des reproches contradictoires : pas assez de « recettes » pour faire classe ou, au contraire, trop de prescriptions précises. Ils étaient pourtant lancés dans un processus d'amélioration et souffraient surtout de devoir effleurer en une seule année tous les aspects du métier. Mais la réforme, en supprimant l'année d'alternance, équivaut à jeter le bébé avec l'eau du bain ».
« Désormais, tout lauréat des concours commence directement à enseigner, lors de son année de stage, dans le cadre d'un service complet. L'aspect professionnel de la formation, c'est-à-dire tout ce qui n'est pas lié aux connaissances disciplinaires, est censé être apporté par différents modes de " tutorat " du nouvel enseignant par des collègues aguerris. Personne ne conteste l'utilité du tutorat, qui existait d'ailleurs avant la réforme. En revanche, le doute règne sur sa pertinence comme principale voie de formation au métier : il implique de " bien tomber " et se trouve, par définition, restreint à l'échange entre deux individus ».
« La réforme a fait éclater le cadre national de la formation des enseignants »

. Des cursus homogènes, mais des stages qui ne se ressemblent guère
. Les préparations privées s'adaptent aux besoins (sic...)
. La botte secrète des premiers de la classe
. Le succès scolaire repose sur le plaisir
. L'option très contestée du "chèque éducation"
. Dauphine, l'université qui joue à la grande école

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Le cancre de la République

« Le brave néandertalien avait parfaitement compris qu’ici, c’était plus tempéré qu’ailleurs, qu’il devait y avoir du gibier, qu’il faisait beau et qu’il y faisait bon vivre ».

« Avoir passé cinquante minutes dans ce lieu unique, que l’on imagine superbe et inspiré, en bénéficiant des commentaires de sa conservatrice, Muriel Mauriac, et du paléontologue Yves Coppens, certainement savants et passionnés, et en retenir ce qu’il a déclaré laisse rêveur : on ne fait pas plus cancre ni plus cuistre... »

« On comprend mieux les affres des professeurs “de base” confrontés à leurs élèves, quand on sait ce qu’a retenu le premier personnage de l’Etat des leçons particulières d’un éminent paléontologue ».

http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2010/09/14/sarkozy-a-lascaux

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14 septembre 2010

L'histoire scolaire en débats - 2

Plusieurs nuances par rapport à l’article du Monde

L’approche est y globale (école primaire et collège - lycée) comme si la société (et les élèves) n’avait pas évolué depuis 1880.  Le programme de 1923, est-ce seulement des débats sur le surmenage ? N’est-ce pas aussi une approche active et stimulante de la réalité ?

Pour le secondaire, un débat entre 2 lignes a été récurrent : Faut-il plutôt concevoir 2 programmes distincts pour 2 publics très différents (collège-« petit lycée » et lycée classique ), ou bien tenir compte de l’allongement de la scolarité et imaginer un programme en continuité chronologique de la 6e à la Terminale (de la 6e à la 1ère dans le projet JC Martin en 1992).  Il faut y ajouter l’affrontement entre une approche chronologique et une étude donnant davantage de place à une histoire thématique.
La solution actuelle ressemble à un gag : l’histoire est traitée en doublon, avec des questions totalement clonées d’un cycle à l’autre. (jadis, c’était le cas de l’étude de la Révolution en 3e et en 2de, la répétition permettant parfois de varier les approches pédagogiques). Dans le futur programme de 1ere, la 1GM est une guerre totale, la 2 GM une guerre d’anéantissement (tout comme dans le libellé du futur programme de 3eme).  Par contre, la guerre d’Algérie ne semble pas être une guerre... :-):-)
Pour les défauts des IO comme pour les manuels, on pourra s’abriter derrière la course folle imposée par un spécialiste libéral du marketing ... :-)

A propos de la protestation contre la réforme Haby, Le Monde évoque « la perspective d’une dissolution de l’histoire dans un ensemble disciplinaire plus vaste intitulé « sciences sociales ».  C’est passer un peu vite sur la création des SES et sur le sort de l’histoire sociale. Ne faudrait-il pas aussi rappeler l’affrontement pour le primaire entre les tenants des activités d’éveil et les chantres d’une version du  récit national à faire apprendre ?

Sauf erreur, depuis 1980, les libellés des programmes sont devenus de plus en plus directifs, aussi bien pour les indications horaires que pour les contenus (en 2de, cela a failli être Hildegarde et rien d’autre ; la romanisation, ce sera la Table claudienne…  Point à la ligne.
La hiérarchie aurait-elle si peu confiance dans la formation des profs de collège et de lycée ?

Au moins à 2 reprises, les profs ont marqué leur préférence pour l’événementiel : lors du programme Braudel, l’étude de la période 1914-1945 a occupé tout l’espace et réduit les civilisations à la portion congrue. A nouveau en 1980, l’Afrique, l’Asie, le monde musulman pouvaient être étudiés en fin de seconde. Dans les faits, le mois de mai n’avait déjà que 31 jours...

Chatel a supprimé l’HG en Term S. Il a envoyé 16 000 jeunes profs au boulot sans formation professionnelle préalable. Au risque de nier la réalité d’un métier et de rayer d’un seul coup tout l’acquis de plusieurs générations de recherches sur la pédagogie.
Pourtant, à ce jour, personne ne songe à supprimer l’histoire scolaire.  Juste à la faire passer sous des fourches caudines (pour satisfaire tous les groupes de pression, il faudrait des manuels de 2000 pages disait LW dans C dans l’air), - pitié pour les élèves...

Il faut donc beaucoup d’énergie à nos collègues du secondaire pour continuer à travailler dans un tel climat.  Au fait, la chimie enseignée soulève-t-elle autant de polémiques ?

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Claude Chabrol, réalisateur

Claude Chabrol, réalisateur - Le Monde 13/09/2010

dans Libération,
Filmographie sélective
Claude Chabrol, le féroce tranquille
Critique insatisfait, cinéphile insatiable
« En réfléchissant, je pourrais aussi dire le contraire »

L'oeil de Vichy, l'excellent documentaire est très efficace pour étudier le régime de Vichy finissant et sa propagande (bombardements alliés). Réécouter notamment le discours de Pétain à Nancy ( vers 5mn30 : « Aucun Français ne doit se mêler à ce conflit, autrement ce serait lamentable pour vous et pour la France »).
http://www.dailymotion.com/video/x4ecaz_l-oeil-de-vichy-partie-5_news
L'ensemble du documentaire
http://video.google.com/videoplay?docid=-5998673767422515251#

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13 septembre 2010

L'histoire scolaire en débats

Quelle histoire ! Le Monde - 11.09.10  -   copie temporaire au format word

Louis XIV ou l'empire Songhai ?
A propos d'une polémique récente, Le Monde a demandé à Patrick Garcia de balayer un siècle d'histoire scolaire.

Pour lui, l'histoire scolaire, depuis la fin du XIXe siècle, doit répondre à une triple finalité : morale, intégratrice et civique.
- La finalité morale, c'est l'idée selon laquelle l'étude du passé, pour citer les programmes de 1995, doit apprendre "l'absolu des valeurs et le sens du relatif conduisant à la tolérance".
- La finalité intégratrice, cela veut dire que l'histoire a une fonction identitaire ... elle a pour rôle de "fabriquer" des petits Français.
- Quant à la finalité civique, elle repose sur l'idée que l'histoire est censée aiguiser l'esprit critique et que, dès lors, elle est une excellente propédeutique à l'exercice de la citoyenneté. A ce titre, ce n'est pas un hasard si ce sont les profs d'histoire-géo qui, dès l'entrée de l'instruction civique dans les programmes du secondaire, à la Libération, ont assuré cet enseignement."

3 périodes :
- De 1880 à 1960, domination d'une histoire essentiellement nationale faisant la part belle à l'événementiel politique et diplomatique.
- Le programme de terminale de 1957 (manuels de 1962 ?) donne une place importante aux "civilisations" et à la longue durée ; une approche économique et sociale complète l'événementiel politique (Le monde entre 1914 et 1945). Le projet Haby prévoit de remplacer l'histoire par les sciences sociales. Il soulève un tollé. Parmi les adversaires d'Haby, l'APHG, Alain Decaux (Français, on n'apprend plus l'histoire à vos enfants), Louis Mexandeau, Michel Debré.
- Un double retour de balancier a lieu après 1985 : regain de l'histoire nationale sous Chevènement, valorisation du récit et réhabilitation du cours magistral.
"On en a terminé avec l'illusion, en vogue dans les années 1970-1980, selon laquelle le bon prof est celui qui parle le moins possible et laisse ses élèves devenir "historiens" en les faisant travailler sur documents".
Les programmes d'histoire doivent intégrer le "fait religieux", le patrimonial, la citoyenneté européenne. Une originalité en 1995 : un événement n'est plus seulement étudié en tant que tel, mais son historiographie et sa mémoire au sein de la société sont aussi étudiées.
« Autant d'évolutions qui démentent l'idée d'une discipline condamnée à une mort lente. Mais qui rendent à coup sûr son enseignement beaucoup plus complexe qu'au temps du Petit Lavisse et du Malet et Isaac ».

à suivre ....

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12 septembre 2010

Numérique et démocratie

La suite dans les idées - au format mp3

Entretien de Sylvain Bourmeau avec Dominique Cardon, sociologue
à propos de deux ouvrages
Dominique Cardon et Fabien Granjon, Les médiactivistes 2010
Dominique Cardon, La démocratie Internet 2010

Lire également
    * La vie des idées.fr - Vertus démocratiques de l'Internet
    * Internet Actu.net - Réinventer la démocratie : Internet, nouvel espace démocratique ?

7e mn : DC rappelle le rôle de la contre-culture dans la genèse de l'informatique, la sécession d'une partie de la jeunesse américaine vers 1965. Il distingue deux courants dans la gauche d'alors, d'un côté la dénonciation du système et des pouvoirs,
de l'autre la volonté de se changer soi-même faute de pouvoir changer la société. Le rapport à la technologie a plutôt été inspiré par le second courant (cf Apple) ...
En 1996, déclaration d'indépendance du cyberespace du musicien rock John Perry Barlow

13e : Internet change le rapport à l'espace public.
Internet une articulation de plusieurs médias, basée sur la communication interpersonnelle.
Dans la communication de masse classique, des gate-keepers (médiateurs, portiers) décident quels sujets seront mis en avant et qui aura accès aux micros et aux caméras ( ceux qui ont accès aux médias savent la double difficulté, celle de l'invitation, celle de la disproportion entre le temps disponible et le sujet à traiter).

Sur le web, tout le monde peut diffuser une info mais la visibilité n'est jamais acquise. Tout est potentiellement accessible, mais la visibilité est gagnée par le travail collectif. Les internautes peuvent ainsi créer un public par le bas, faire émerger des thématiques originales.

20e mn - une parole alternative, c'est une exigence ancienne des mouvements sociaux (cf radios libres), avec deux tendances
- Critiquer les médias en tant que système et la vision du réel imposée (Le Monde diplomatique, Acrimed)
- Ne détestez pas les médias, devenez vous-même un média (Indymedia)

23e mn : Les blogueurs ne produisent pas vraiment d'information factuelle et originale, mais diffusent beaucoup de commentaires. Pour DC, il ne faut pas mépriser ces commentaires : ils participent de la circulation de l'information et de son appropriation par tous.

24e mn : Le retour des barbelés sur la prairie ?
La tension est permanente entre le réseau et ceux qui veulent le contrôler et le border (entreprises et pouvoirs politiques). Cette tension fait partie de la dynamique du web.

.
- L'utopie Internet
Lieu d'expérimentation voire d'émancipation, la Toile est aussi un laboratoire politique
Compte-rendu des 2 ouvrages dans Le Monde des Livres 17/09/2010
« Dominique Cardon s'attache ici à établir les principes fondamentaux de la " démocratie Internet " : présupposition d'égalité, à l'image de l'encyclopédie Wikipedia abondée également par tous ; force des liens faibles qui coalisent les intérêts et font émerger des causes par le simple partage de l'information ; coopération, auto-organisation, préférence pour le consensus dans les processus de prise de décision, etc. »

 

 

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11 septembre 2010

Education : un constat alarmant

Education nationale : le constat alarmant de l'inspection générale qui craint des tensions... Trois inspecteurs regrettent des choix budgétaires qui « préparent assez peu l'avenir ». Le Monde Société

Le rapport estime la rentrée bien préparée, et constate que les décisions de Darcos pour le primaire sont entrées dans les mœurs (semaine de 4 jours, accompagnement personnalisé, évaluations).

Mais il suggère que la politique ministérielle suscite des préoccupations jusqu'au sein de la haute hiérarchie : jeunes enseignants stagiaires envoyés dans les classes sans formation pédagogique préalable, disparités dans la prise en charge des jeunes profs , incohérences dans la gestion du personnel ( suppression de postes depuis 2007 alors que le nombre des élèves augmente, arrivée simultanée de deux promotions d'enseignants : les lauréats des concours de 2009, qui viennent d'accomplir une année de formation en alternance, et ceux des concours 2010, directement affectés sur le terrain...)

Les restrictions en cours «  vont créer des tensions » dans un proche avenir (2011 ? 2012 ?). « Façon polie d'observer que le service d'éducation va peiner à assurer toutes ses missions ».

- Un rapport de l'Inspection générale pointe des problèmes de remplacement et des tensions dans le secondaire. Véronique Soulé dans Libération, avec l'adresse d'une version pdf du rapport

Les médias semblent très silencieux sur les incohérences et les couacs de la rentrée  2010. S'informer de la réalité concrète dans les établissements, c'est sans doute leur trop demander ; servir de porte-voix aux communicants du ministère, c'est tellement plus simple pour une profession où la précarité a fleuri bien avant l'éducation.




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10 septembre 2010

Construire l'école transparente

Construire l'école transparente
Les conséquences de « l’Espace Numérique de Travail » sur le métier des enseignants, les conditions d’apprentissage et les rapports pédagogiques
Point de vue de Philippe Danino (philo) et Christian Laval (SES), Lycée Buffon

extrait de la conclusion :

Aussi l’ensemble des innovations diverses regroupées sous le terme de TICE réclame-t-il un temps d’expérimentation réelle des professionnels de l’enseignement ainsi qu’une grande liberté d’initiative, de réflexion et de discussion. Ces outils supposent également une vigilance critique quant aux difficultés réelles de leur intégration dans la pratique spécifique de l’enseignement (on n’apprend pas comme on lit un blog) et quant aux risques graves de dérive en matière de stockage d’informations et de surveillance des personnes.

C’est tout le contraire qu’on observe. L’injonction à utiliser les outils numériques, leur caractère bientôt obligatoire témoignent d’une logique purement bureaucratique. Et ce genre de logique « du haut vers le bas », reposant sur la méconnaissance des pratiques actuelles des enseignants, constitue rarement un facteur de réussite.

L’ENT, dans une logique gestionnaire, redéfinit justement le métier enseignant « par le haut » en prescrivant gestes et tâches de façon quasi-taylorienne. Or, les enseignants ne font pas de l’informatique et de l’Internet les usages prescrits et imposés par les responsables politiques. Certains créent des blogs et des sites, conçoivent des supports pédagogiques, initient des mutualisations et sont membres actifs de communautés virtuelles, toutes choses qui échappent largement à la rationalisation technique et administrative envisagée aujourd’hui. Ces pratiques en développement tiennent toute leur efficacité de l’autonomie individuelle et collective du travail des enseignants, c’est-à-dire d’une coopération non dirigée et non cadrée techniquement. Elles ne sont pas encore reconnues et échappent à la sphère commerciale. Il y a peut-être un rapport entre les deux.

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09 septembre 2010

Manuels numériques

- Le manuel numérique va-t-il supplanter le manuel papier ? Le Monde 08/09/2010
«  Comment est-il expérimenté ? Change-t-il la manière d'enseigner ? »

Les manuels numériques sont à la mode : ils doivent pallier le retard imposé par un calendrier politicien speedé.
Pour l'instant, le manuel numérique occupe une place marginale en France. Avec une exception : les 15 % de Sésamath au collège. « ... Ces contraintes ont empêché Sésamath de faire école : des associations mutualistes aux mêmes buts, comme Weblettres pour le français, ou Les Clionautes pour l'histoire et géographie, ne sont pas allées jusqu'à créer leurs propres manuels. L'irruption de l'entreprise Lelivrescolaire.fr (peut) change(r) la donne ...mais les éditeurs scolaires entendent bien transposer leur position dominante sur le terrain numérique ».

Le sous-titre est ambitieux, la double page du Monde a surtout l'intérêt d'attirer l'attention sur un constat :
- Les équipements informatiques restent sous-utilisés - Le Monde
La France figure au 8e rang en Europe pour les équipements (payés par les collectivités territoriales), mais au 24e pour l'usage de l'ordinateur en classe. Quant à la formation, le ministère l'a jugée superflue pour les nouveaux profs... 

- A Conty (Somme), les mathématiques se font sur tableau blanc interactif - Le Monde
« Quelques clics, et la page 157 du manuel Sésamath s'affiche sur le tableau blanc interactif (TBI)... Un outil disponible gratuitement en ligne. Christophe Rindel l'utilise régulièrement avec ses 17 élèves. Et pour cause : il a contribué à le créer ».

- L'increvable Bescherelle se conjugue sur iPad

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