Historiens & romanciers. À propos de l'écriture de l'Histoire

Sous la direction de Dominique Le Page et Philippe Poirrier
Territoires contemporains, juin 2020, n°12.
http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/prodscientifique/TC/sommaires_nouvelle_serie.html#n12_2020

 

Introduction
Dominique Le Page (uBFC, LIR3-UMR 7366)   
http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/publications/historiens-et-romanciers/Dominique-Le-Page.html

La palette enrichie de l’historien.
Réflexions sur le passage de l’histoire scientifique au roman historique
Bertrand Lançon (Université de Limoges)

De l’histoire romancée à l’histoire virtuelle
Yves-Marie Bercé (Sorbonne)

L’écriture au risque de l’histoire
Christophe Blanquie (Centre de recherches historiques-UMR 8558)

Historien-romancier qui n’écrit pas de romans
Christian Jouhaud (EHESS)

Du Front populaire à la Nuit de Cristal : Je m’appelle Herschel Grynszpan
Morgan Poggioli (uBFC, LIR3-UMR 7366)

Du roman à l’enquête
Ivan Jablonka (Université Paris 13)

Postface. Historiens et romanciers : vertus et plaisir de l’écriture romanesque
Philippe Poirrier (uBFC, LIR3-UMR 7366)

Introduction (extrait)

« de plus en plus d’historien(ne)s, spécialistes reconnus de différentes périodes publient – ou ont publié – des romans.
Pour ne citer que quelques noms dans cette dernière catégorie, on peut mentionner
Bartolomé Bennassar
Yves-Marie Bercé
Christophe Blanquie
Thomas Bouchet
Laëtitia Bourgeois
Sophie Cassagnes-Brouquet
François Cusset
Antoine de Baecque
Jean-Claude Diedler
Janine Garrisson
Ivan Jablonka
Marcel Lachiver
Bertrand Lançon
Jean-François et Lucie Muracciole
Morgan Poggioli
Philippe Papin
Jean-François Soulet
Jean-Frédéric Schaub, voire, si on se permet de l’intégrer à cet échantillon,
le spécialiste de la littérature médiévale Michel Zink ou Patrick Boucheron.

La plupart n’en ont publié qu’un seul en s’excusant presque parfois de l’avoir fait ; d’autres ont écrit un livre sous une forme romancée puis en tant qu’ouvrage d’histoire à l’instar de Benoît Garnot avec l’affaire des possédées d’Auxonne ; quelques-uns ont publié plusieurs romans, notamment Janine Garrisson ou Bartolomé Bennassar, donnant ainsi l’impression que leurs publications scientifiques n’étaient qu’un moyen parmi d’autres de s’exprimer, un mode d’écriture dans une palette plus riche et variée. Certains ont renoncé à leurs travaux historiques pour se consacrer au roman comme la médiéviste Laëtitia Bourgeois voire Fred Vargas dont le succès éditorial de ses livres policiers a fait presque oublier qu’elle était historienne de formation.

D’autres enfin, peut-être plus nombreux encore, ont eu la tentation d’écrire un roman sans mener leur projet à bien et il est impossible d’en faire un inventaire complet ; ainsi l’ouvrage de Stefan Lemny consacré à Emmanuel Le Roy Ladurie apprend-il que parmi des centaines de lettres, de milliers de notes éparpillées sur des bouts de papier figurent aussi des bouts de romans... »


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