09 février 2020

Langues et réformes : un état des lieux

 

aplv

APLV - Association des Professeurs de Langues Vivantes

 

Enquête sur l’enseignement des Langues Vivantes Etrangères et Régionales

au collège et au lycée suite aux réformes de 2016 et 2019 (nov-dec 2019)

https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article7993

 

 extraits :

« L’APLV a élaboré un questionnaire à destination des professeurs de LVER (langues vivantes étrangères et régionales) en collège, lycée général et technologique. Elle a reçu, entre le 13 novembre et le 31 décembre, près de 1000 réponses au total, dont 878 sont exploitables. L’état des lieux au terme de l’analyse des données récoltées est très inquiétant. »

« La réforme du collège de 2016 semble, malgré l’investissement horaire qu’elle représente, n’avoir amélioré en rien la situation dans les classes, puisque 60,5% des collègues considèrent que le niveau des élèves en fin de 3ème a régressé. »

« La réforme du lycée de 2019 est désastreuse. La volonté du ministère de tout changer en même temps, les enseignements, les programmes, l’examen, induit une charge de travail considérable pour les professeurs, qui, dans leur immense majorité, déclarent qu’ils ont été insuffisamment, mal ou jamais informés ou formés à la nouvelle organisation du lycée et du baccalauréat (76%), au nouveau cadre de travail en tronc commun (72%) ou en spécialité (79,5%). »


« Le tout-anglais est une aberration culturelle, qui fait fi de la diversité dans le choix des langues, gage de réussite et de haut niveau d’enseignement. »


« Les professeurs des langues autres que l’anglais et l’espagnol se trouvent de plus en plus dans des situations précaires, qui leur imposent des services partagés sur plusieurs établissements, des postes instables, le risque de voir leur discipline disparaître… Les professeurs se trouvent face à une situation décrite comme anxiogène, déprimante, démotivante, stressante, et le terme de « burn out » revient dans plusieurs commentaires des collègues. »

Les réformes mises en place par le ministère … ne font pas sens pour les enseignants chargés de les mettre en œuvre. On a un peu l’impression que le ministère procède par une série de réponses simples, voire simplistes, à des situations complexes et qu’il est dans l’incapacité de prévoir les effets annexes des décisions qu’il prend. »

Les E3C imposent des entraînements précoces aux épreuves d’examen ; ils se font se font au détriment de la construction des savoirs, de l’interaction et des apprentissages...

Le rapport Manès-Taylor de septembre 2018 soulignait le rôle des effectifs et des horaires.
Les auteurs savaient que le ministère ne tiendrait pas compte de leurs remarques.
https://cache.media.education.gouv.fr/file/Racine/33/4/propositions_meilleure_maitrise_langues_vivantes_998334.pdf

« Au contraire, depuis septembre 2018, les DHG ont été réduites, le nombre de postes aux concours de recrutement de professeurs de LVER a continué à diminuer et les effectifs des classes à augmenter. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la colère et la grogne dominent dans les réponses des professeurs de LVER à notre enquête ».


.

Posté par clioweb à 08:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,