- La paix mort-née de Versailles

Bertrand Le Gendre, Le Monde 27.06.1999
http://www.lemonde.fr/archives/article/1999/06/27/la-paix-mort-nee-de-versailles_3583729_1819218.html

« En retard sur son temps, le traité de Versailles surestime, qui plus est, la possibilité de bouleverser les relations internationales. Brouillon bâclé de la future Organisation des nations unies, qui verra le jour en 1945, la SDN est handicapée dès l'origine par le poids des nationalismes et de la vieille diplomatie. Elle n'est dotée d'aucun moyen de coercition susceptible de ramener à la raison les contrevenants à l'ordre de Versailles. Pour refuser la création d'une armée internationale qui garantirait ce nouvel ordre, Woodrow Wilson invoque une garantie supérieure, la « force morale de l'opinion publique du monde », un argument... désarmant. Enfant de la paranoïa européenne et de l'utopie américaine, le traité de Versailles ne pouvait, sous de tels auspices, qu'engendrer le pire ».


 - « La grave erreur du traité de Versailles a été de vouloir imposer un modèle libéral à l’Europe »
Laurence Badel, Le Monde 26.06.2019
http://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/26/laurence-badel-la-grave-erreur-du-traite-de-versailles-a-ete-de-vouloir-imposer-un-modele-liberal-a-l-europe_5481505_3232.html

« Paix inachevée », « bâclée », paix « manquée », les épithètes ont été légion pour accabler les négociateurs de 1919. Elle conjugue en réalité le réalisme géopolitique, défendue par Georges Clemenceau [le chef du gouvernement français], et la « nouvelle diplomatie », incarnée par Woodrow Wilson [le président américain], une diplomatie de puissance et une diplomatie « des valeurs », comme l’on dit aujourd’hui. En cela, elle ne signe pas plus l’échec de l’une que de l’autre, d’autant que l’ensemble des négociateurs souscrivaient à l’idée de fonder le nouvel ordre international sur le droit.

La paix de Versailles a été, fondamentalement, une paix de compromis, non avec l’Allemagne d’ailleurs,
avec laquelle on ne négocia pratiquement pas, mais entre des Alliés aux intérêts contradictoires.
Les livres récents des historiens français et allemands convergent en ce sens, que ce soit
La Grande Illusion. Comment la France a perdu la paix, 1914-1920 (Tallandier, 2016), de Georges-Henri Soutou
ou bien deux livres allemands signés
Eckart Conze, Die Große Illusion. Versailles 1919 und die Neuordnung der Welt [Siedler, 2018, non traduit]
ou Jörn Leonhard Der überforderte Frieden. Versailles und die Welt 1918-1923 [C.H. Beck, 2018] ».


- « Un siècle après le traité de Versailles,
ne pas se tromper sur les causes du fascisme et du nazisme »
Jean-Claude Hazera historien, ancien journaliste économique,
http://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/26/un-siecle-apres-le-traite-de-versailles-ne-pas-se-tromper-sur-les-causes-du-fascisme-et-du-nazisme_5481703_3232.html

La crise économique n’a pas été le principal ressort de l’arrivée au pouvoir de Mussolini et d'Hitler…

« Le ressentiment nationaliste était le poison le plus dangereux pour les démocraties libérales il y a un siècle.
Il le reste. Invitons ceux qui en doutent à réfléchir sur le Royaume-Uni ou l’Italie de 2019 ».


- Rappels :

1919-1923 : une paix controversée
Le règlement de la guerre
http://clioweb.canalblog.com/tag/paix1919

Wilson, les 14 points, la SDN
http://clioweb.canalblog.com/tag/sdn

 

 



.