06 janvier 2019

Le totalitarisme ?

 

La notion de totalitarisme est-elle pertinente ? - question sur neoprofs 2014


- dans le Bertrand-Lacoste de première 2003, 2 excellentes pages sur ce sujet,
avec la distinction entre le regard à priori et généralisant des politistes
http://clioweb.free.fr/manuels/1temp/tota-blacoste1.jpg

et la réalité plus nuancée des historiens du social.
http://clioweb.free.fr/manuels/1temp/tota-blacoste2.jpg


- « Les vicissitudes scolaires d’une notion controversée : le(s) totalitarisme(s) »
Lire ce qu'en dit Bernard Bruneteau
Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, 122 | 2014,
http://chrhc.revues.org/3409

Ce qu'en disait Laurent Wirth en 1999 :
http://aphgcaen.free.fr/conferences/wirth.htm

NB : L’assimilation préalable entre les régimes hitlérien et stalinien peut faire gagner du temps en classe, mais la comparaison ne serait-elle pas plus efficace si l'étude des points communs et des différences venait en conclusion ?


- Le point de vue de Krzysztof Pomian, Totalitarisme. Vingtième Siècle, N°47, juillet-septembre 1995
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_1995_num_47_1_3177

(un détail : le copier coller du pdf semble faire perdre certaines lettres. désolé si la correction a été incomplète)

« C’est pourquoi il est loisible de se demander si les mots « totalitaire » et « totalitarisme », inséparables, surtout le second, d’une perspective démocratique sur les idéologies, les mouvements politiques et les régimes fasciste nazi et bolchevik ne peuvent pas réintégrer avec profit la terminologie de l'histoire du 20e siècle et des sciences sociales.

Ces mots, nous l’avons vu, ont eux-mêmes une longue histoire. Ils sont chargés d’émotion. Ils comportent un jugement de valeur tout fait explicite. Ils ont été surexploités par les propagandes et la presse. Et ils souffrent d’une polysémie qui interdit de les utiliser sans précautions. Autant d’arguments pour s’en passer. Mais existe-t-il, dans le langage des historiens, fût-ce un seul terme qu’on aurait pas pu critiquer de la même façon ? Nous ne le connaissons pas. Aussi le procès qu’on fait à « totalitaire » et au « totalitarisme » est-t-il nos yeux un mauvais procès. Il vise travers les mots la chose même. Il entend bannir avec eux pour des raisons purement idéologiques l’idée des similitudes non triviales entre le fascisme, le nazisme et le bolchevisme, voire à invalider pour ces mêmes raisons la démarche même qui consiste à les comparer.

En fait rien ne oppose à l’utilisation de « totalitaire » et de « totalitarisme » par l’histoire et les sciences sociales.
Comme Marc Bloch le dit de « féodalité » et de « société féodale », à condition de traiter ces expressions simplement comme l’étiquette désormais consacrée d’un contenu qui reste définir. L’historien peut s’en emparer sans plus de remords que le physicien en éprouve, lorsqu’au mépris du grec, il persiste à dénommer « atome » une réalité qu’il passe son temps à découper »

- « Le totalitarisme reste-t-il une lecture pertinente de l'Histoire ? »

Johann Chapoutot, Christian Ingrao, Olivier Loubes (Nicolas Werth absent)
9 mai 2018, librairie Ombres Blanches Toulouse

http://radioradiopodcast.net/podcasts/histoireavenir/18/totalitarismelecture.mp3

 

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