charlot-ministre-verite

 

Charlot, ministre de la vérité,
Frédéric Lordon, blog La pompe à phynance
http://blog.mondediplo.net/2017-02-22-Charlot-ministre-de-la-verite


extraits :
Les médias sociaux ? Les bulles de filtre ?
Voilà 50 ans, la rumeur d’Orléans s’est fort bien passée des médias sociaux


Decodex ? Le ministère de la vérité a inventé la turbine à claques
« Le brainstorming de Veritator, Otrhofact et Rectifas a conduit au mariage
de l’idéologie dominante (la neutralité et la dépolitisation par la religion du fact-checking)
et de l’obsession de l’évaluation généralisée, du rating néolibéral ...des autres


La neutralité ? - La religion du « fait pur et vrai » ?
« Prétendre que « Jean-Claude Juncker s’efforce de faire la chasse aux paradis fiscaux » ?
« Quand un patron parle, c’est de l’économie, quand un syndicaliste parle, c’est du militantisme »
« La neutralité journalistique [du journal de référence] est,
au choix, une ânerie sans nom ou une parfaite hypocrisie ».


- La pathologie néolibérale du rating
« ...née dans la finance, la pratique de l’évaluation est en voie de coloniser toutes les sphères de la vie sociale, organisant par là leur soumission à la logique d’une société de marché de part en part régie par le principe de concurrence. On évalue les chauffeurs de VTC, les appartements de location, les toilettes d’aéroport, et sans doute bientôt les dîners entre amis — le « code couleur », cette tragédie de la couleur que même la plus fertile imagination dystopique n’aurait pas pu anticiper. Voilà donc que Le Monde distribue des gommettes de couleurs à l’information comme d’autres le font aux apports nutritionnels ou aux pots d’échappement. Le Monde est bien le journal de ce monde ».
« au jeu de l’évaluation, le truc est de se situer toujours du côté des évaluateurs »


Colorier les tweets de T. ?
L’essentiel n’est-il pas ailleurs ?
Eviter les sermons de vérité
et analyser les causes politiques qui ont fait advenir l’irruption de l’énormité au sommet de la politique.

« Dissuader de rien changer, dissuader de faire de la politique, c’est le lieu naturel de la dépolitisation par le fact-checking, qui croit d’abord pouvoir s’aménager son domaine propre, celui des faits purs, mais finira par y dissoudre toute politique, labellisée selon sa conformité ou sa distance au « réel des faits ». Toute politique transformatrice y recevra donc, mais par définition, le rouge »

Avec un tel « naufrage intellectuel, la politique abandonnée à des illettrés politiques » ... peut-on s’étonner « après ça que le trumpisme prolifère. C’est que lui au moins fait de la politique. De la politique folle, assurément, mais de la politique, que ses électeurs perçoivent d’ailleurs parfaitement comme telle, raison pour quoi ils la sollicitent avec véhémence »

« des pans entiers de la population suffoquaient d’avoir été si longtemps privés de respiration politique. C’est sans doute un air chargé de miasmes qu’ils respirent à nouveau, mais à leurs yeux c’est au moins de l’air, et pas le gaz inerte des zombies du fact-checking et de leurs chefs ».

« Les responsables du désastre qui vient, ce sont eux. Ils avaient pour mission de faire vivre la différence et ils ont organisé le règne du même, l’empire labellisé de l’unique. Maintenant que la forteresse est attaquée par tous les bouts, plutôt que de commencer à réfléchir, ils se sont payé des épagneuls... Voguons donc avec entrain vers un deuxième tour tant espéré, qui ne nous laissera que le choix de la candidate de l’extrême-droite et du candidat qui fera nécessairement advenir l’extrême-droite — avec les compliments de la presse de la vérité »


Lordon propose de soumettre de soumettre Decodex et Le Monde
aux critères appliqués aux autres (univers clos, croyance, pensée confirmante, etc. )


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