A quoi bon encore l’université ? par Antonia Birnbaum, Paris 8
Un texte d’humeur
http://lundi.am/A-quoi-bon-encore-l-universite

extrait :
« ...La formation professionnelle s’impose à l’université comme son ressort principal...  Elle soumet l’université au fonctionnement réel de l’économie, c’est-à-dire à la précarité, à la flexibilité, au chômage, à un travail salarié exclusivement conçu au regard de sa solvabilité et de son utilité pour la reproduction capitaliste de la société »...

« En France, la plupart des étudiants travaillent déjà dans des emplois crétins pendant leurs études, pour les financer, en vue d’avoir un autre emploi plus tard. Sera-t-il moins crétin ? Ailleurs les étudiants se surendettent. Bien sûr cela concerne également l’emploi à l’université, puisque les logiques précaires s’y imposent de plus en plus, entre vacataires, ATER, réduction de postes, suppression de budgets récurrents, et tutti quanti.

Quant aux titulaires ils bénéficient certes d’une position privilégiée. Pourtant, leur métier évolue à grande vitesse : plutôt que de passer de très longs étés à lire et à écrire, ils sont occupés à monter des projets et à chercher des financements. Dans les colloques, quasi vides, chacun regarde ses mails pendant que les autres débitent leurs propos, puis débite le sien. Un universitaire professionnel maîtrise le logiciel Excel, produit des maquettes de diplôme qui changent tous les deux ans, monte des conventions avec l’étranger, siège dans un comité d’évaluation ».


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