Guillaume Doizy, « Le dessin de presse dans l’histoire, le crayon armé ? »
à voir ou revoir sur YouTube - 2 h 50 - 3 h 25
http://www.youtube.com/watch?v=Ur0irQJMjc0

Le texte de l'intervention sera publié sur le site
http://www.caricaturesetcaricature.com/


Quel a été le poids de la caricature dans l'histoire depuis 1830 ?
Quelle reconnaissance sociale du rôle des dessinateurs ? à partir de quand ?


La caricature a d'abord une dimension subversive.
Elle est très virulente au début de la Monarchie de Juillet.
Un dessin de Charles Philipon connaît un succès énorme :
il illustre la métamorphose de Louis-Philippe en poire (14.11.1831)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Philipon

Mais en 1835, l'attentat de Fieschi est suivi de lois très répressives.
La Caricature cesse de paraître. Le Charivari est vendu pour une somme dérisoire.
Le pouvoir a réussi à museler les dessinateurs et à faire taire son opposition.

En 1881, les républicains font le choix de la liberté de la presse
La caricature entre dans la grande presse, elle perd sa dimension de contestation
(faire une exception pour L'assiette au beurre.
http://www.assietteaubeurre.org/
http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Assiette_au_beurre


Pendant la Grande Guerre, la caricature est mise au service de la haine du peuple voisin.
Par la suite, les dictatures la mettent au service de leur propagande.
Elle prend une dimension oppressive.


L'Affaire Dreyfus permet de relativiser le rôle de la caricature.
Les dessins antisémites sont peu nombreux lors de la condamnation du capitaine.
Ils sont nombreux et violents en 1898, au moment de la condamnation de Zola.
Ils appellent même au meurtre.
Heureusement, ils n'ont pas empêché la réhabilitation du capitaine.
Il ne faut donc pas surévaluer l'impact politique de la caricature


Dans le cas des réactions aux 12 caricatures publiées le journal danois Jyllands-Posten (30.09.2005)
il faut tenir compte du calendrier, du contenu des dessins, des instrumentalisations politiques.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caricatures_de_Mahomet_du_journal_Jyllands-Posten

5 000 personnes ont défilé à Copenhague, à l'appel des imams locaux.
Mais il faut attendre 5 mois pour voir une crise médiatique à l'échelle internationale.
Il faut rappeler le contexte au Moyen-Orient, en Iran, en Irak, en Palestine.
Les dessins servent d'alibi
Dans le dossier à charge, 3 autres dessins insupportables non publiés ont été ajoutés aux 12 du journal danois.

Internet n'a rien à voir avec cette crise.
C'est la TV satellitaire qui donne un écho mondial à ce type de protestation.
Cela avait déjà été le cas à propos du livre de Salman Rushdie.

On assiste alors à une double instrumentalisation, à la fois de la part
des Etats du Moyen-Orient, et d'une partie des médias occidentaux.

Le 11 janvier 2015, la réaction a été de très grande ampleur.
Mais la présence de dictateurs a permis une récupération
qui a discrédité en partie le combat mené par les dessinateurs de Charlie-Hebdo.



poire



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