num-conc

Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/


Encore 5 jours pour partager des idées, enrichir la réflexion et « éclairer plus largement les décisions et les choix politiques »


5 thèmes sont proposés. Le nombre de contributeurs est très inégal (188 pour le premier, 41 pour le dernier)

188 Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves
188 Le numérique, renouvellement et diversification des pratiques pédagogiques et éducatives
 85  Le numérique et les compétences de demain
 63  Le numérique et la réduction des inégalités
 41  Le numérique, un facteur d’ouverture de l’école à son territoire et à son environnement
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/


Cette concertation mérite d'être questionnée
- sur le fond : les professeurs sont consultés lors des changements de programme. Les avis sont filtrés par la hiérarchie. En HG, si ces avis avaient été pris en compte en 2010, cela aurait éviter bien des désagréments.
Aucune distinction n'est faite entre les niveaux ni entre les enseignements, généraux ou techniques. Les enjeux seraient-ils les mêmes en primaire et dans un lycée, général ou professionnel ?

- sur la forme :
La forme retenue pour cette concertation est-elle la plus adaptée ? N'incite-t-elle pas à l'empilement des points de vue ? Aucune table des matières ne permet d'avoir une vue rapide des angles choisis par les contributeurs. D'autres formes n'auraient-elles pas été plus propices à une discussion collective et constructive ?


Une synthèse est promise.
Les contributions aux deux premiers thèmes illustrent un virage actuel : la parole des internautes s’efface de plus en plus derrière celle des structures et des institutions qui ont une plus grande force de communication. Les points de vue semblent dépendre beaucoup du statut de celui qui écrit. Près de deux cents contributeurs, ce n’est pas négligeable. Mais si ce chiffre est rapporté au nombre des enseignants, que dire de la représentativité de cet échantillon ?

Parmi ces contributeurs, quelques syndicats et associations sont très visibles
. L’UNSA occupe beaucoup d'espace avec des extraits de ses 10 propositions (Partir des besoins, former les cadres..)
. « Numérique à l’école : ce qu'en dit le SNUipp-FSU » (l’Etat prescrit, mais qui doit payer ? Faciliter l’accès aux enseignants - un observatoire de l'équipement et des pratiques)
. Pour l’association Pagestec : les profs de techno sont les mieux placés.
(« Continuer à promouvoir la formation aux usages des TIC dans les autres disciplines,
afin de compléter, consolider les enseignements dispensés en cours de Technologie »)

. Les CEMEA vantent la primauté du projet et abordent les intentions pédagogiques
. Quelques vendeurs proposent leur solution clé en mains (Cybelibris)
Les antis savent se servir  d’internet pour crier qu'il faut débrancher l’Ecole.
Parmi ces contributeurs semblent manquer les didacticiens, les documentalistes, les éditeurs de manuels, etc.

Les militants sont présents :
Frédéric Pierron : « des logiciels libres, des ressources libres pour des hommes libres »
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/310


Les médias préfèrent dénigrer le travail de nos devanciers ; aujourd'hui, ils utilisent le numérique pour stigmatiser l'Ecole.
Quant au ministère de l'Education nationale, s'il avait l'habitude de tirer des bilans sérieux des politiques mises en place et la volonté d’en tirer des leçons, cela se saurait.


Numérique éducatif : faut-il désespérer des politiques publiques ?
Lire l'excellente analyse de Jean-François Cerisier
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/971

aussi
Michel Guillou : « Engager sans tarder le chantier de la modification radicale des programmes, de la maternelle à la terminale, de l’évaluation et des examens »
Yann Houry : « Renouveler et diversifier les pratiques pédagogiques, oui, mais progressivement »


L’attention aux facteurs externes, aux conditions de travail est légitime

- Comment utiliser de manière active des ordis dans une classe à 36 élèves ?
L’exemple des séries techniques serait à prendre en compte : les effectifs sont adaptés à l’équipement en machines, les programmes intègrent les usages attendus de l’informatique... Dans les séries générales, quand les effectifs le permettent, en géographie, pourquoi consacrer du temps à faire de la carto par ordi quand l’épreuve de bac demande un croquis ou un schéma réalisé à la main avec des crayons de couleur ?

- « Embaucher les AED TICE » - « un lieu avec des formateurs experts »
Comment faire marcher efficacement un réseau sans recruter et payer des professionnels ?
(L’éducation est un domaine où des techniciens passent parfois plus de temps à filtrer et compliquer les accès qu’à faciliter le travail des profs et des élèves. Une contribution demande une réflexion sur le temps perdu lors de ces accès).

- « Le téléphone portable dans la classe »
La question de l’évolution des matériels est posée. Quel rôle peuvent occuper les smartphones actuels, souvent plus efficaces que des PC vieillissants ?


Sur le fond, celui des usages scolaires du numérique au quotidien, il est bien sûr impossible d’échapper aux divergences profondes sur le choix des pédagogies possibles.
La concertation est globale. Elle n'incite pas à distinguer les usages selon les niveaux, primaire ou secondaire.
Il est aussi difficile d’aller au coeur de l’apprentissage : repérer et identifier ce qui marche et a déjà marché, de définir les conditions d’une généralisation.

Il faut espérer que les remontées des rencontres organisées dans les académies compléteront cet aperçu. Le numérique est à la mode. Sans besoin de tsunami ou de révolution, un usage maîtrisé des ordis devrait pouvoir faciliter le travail scolaire et améliorer la formation de la prochaine génération d’élèves.

Notes personnelles prises à la volée :
1 - Apprentissages : http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/03/03/31638077.html

2 - Pratiques pédagogiques : http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/03/03/31638049.html

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