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Vendredi, la Fabrique de l'histoire a présenté le manuel d'histoire critique publié par Le Monde diplomatique (24e-40e minute) -
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-actualite-de-l-histoire-laurence-de-cock-benoit-breville-roland-e


qq observations :
L'histoire, pas seulement scolaire, ne peut échapper aux clivages politiques.

- A droite, le lobbying en faveur d'une histoire franco-française exaltant les chefs (de guerre) a pris la suite de la controverse sur l'identité nationale (et la place de l'immigration). Les débats autour du totalitarisme illustrent aussi la survivance des affrontements entre nationalistes et communistes (cf. la Hongrie de Orban) 

- En nov 2009, Chatel a supprimé l'HG en terminale S. En 2012, Hollande l'a rétablie, avec un horaire réduit.
En 2010, les programmes de lycée ont été écrits dans l'urgence, tout comme les manuels de seconde. Tout devait être bouclé pour 2012. Toutes les séries générales ont été déstructurées (compacter deux programmes en un seul). En première, certains choix ont été contestés : « Aux larmes lycéens » titrait Annette Wieviorka dans L'Histoire.

Plus largement, il y a aurait beaucoup à dire sur les manuels scolaires, devenus des livres d'images sur papier ou sur écran. Pas seulement sur des erreurs ponctuelles. Mais aussi dans leur logique : le « comment » y a supplanté le « pourquoi ». Plus le temps de s'intéresser à la pluralité des interprétations.
Les historiens revendiquent la formation de l’esprit critique. Pourtant quand un manuel reproduit une photo de 1917 avec trois femmes attelées, les auteurs oublient de poser des questions sur les mécanismes et la portée de la propagande. http://clioweb.canalblog.com/tag/lecturespourtous

L'histoire grand public exploite d’autres filons : dans les magazines, l'histoire-bataille est partout. La TV publique met surtout en scène les coucheries des puissants dont elle expose le luxe et l’architecture. Sans souci de la société du temps : plus de place pour le Molière d'Ariane Mnouchkine ou pour les petites gens de Beauvais étudiés par Pierre Goubert. Faut-il s'étonner alors de la survivance des clichés (le partage de Yalta), même quand les historiens ont démontré leur stupidité ?

La Fabrique montre ce qu'il est possible de faire.
Le web est trop peu exploité par les historiens de métier. De très nombreuses revues sont accessibles en ligne, seules ou via le portail Persée : Histoire@Politique, Cahiers d'histoire (critique)... Les internautes ne reculent pas devant un travail d'artisan. Mais il manque vraiment un portail professionnel qui sache faire connaître davantage les questions posées par les historiens d'aujourd'hui aux sociétés d'hier.

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