22 août 2014

Tués du 22 août 1914

 

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source : Mémoire des hommes  -  rechercher un soldat mort pour la France


- 7 Virois ont été tués le 22 août 1914, lors de la bataille des frontières, l'offensive allemande en Belgique en direction de Charleville et de Maubeuge (cf cartes ci-dessous). La recherche a été initiée par une question de Pascal Binet.

LELOGEAIS Georges Emmanuel, 23 ans, 36e RI, tué à  Châtelet Belgique 22.08.1914
LEPLEY Auguste Paul, 27 ans, 1e RIColoniale, Rossignol Belgique
LEROY Albert Henri, 23 ans, 36e RI, Châtelet Belgique
MARQUET Charles Eugène Arsène, 21 ans, 36e RI, Châtelet Belgique
PATARD Louis Albert, 25 ans, 2e RI, Arsimont Belgique
PHILIPPE Henri Georges, 19 ans, 36e RI, Châtelet Belgique
BERGER Marcel, 23 ans, Ethe Belgique


- « On estime, pour la seule journée du 22 août 1914, le nombre de tués à 27.000 » côté français, une dizaine de milliers côté allemand. http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Frontières

La Croix (culture !) et Libération (société) ont publié le même article de l'AFP.
Entre 400.000 et 600.000 soldats français sont engagés. Ils combattent à découvert, dans une guerre de mouvement : ils n’ont pas encore commencé à s’enterrer, pour se protéger des mitrailleuses et de l’artillerie, dans les fameuses tranchées qui symbolisent le premier conflit mondial. Rien n'est prêt pour accueillir et soigner les blessés. L'Etat-major croit à une guerre rapide et violente, et ne se préoccupe guère d’épargner les vies.
http://www.la-croix.com/Culture/Actualite/22-aout-1914-le-jour-le-plus-meurtrier-de-l-histoire-de-l-armee-francaise-2014-08-22-1195164
http://www.liberation.fr/societe/2014/08/22/22-aout-1914-le-jour-le-plus-meurtrier-de-l-histoire-de-l-armee-francaise_1084713

Ce soir, France 3 suit des marcheurs sur les traces de leurs ancêtres.
Dans un reportage au ras du sol, où l'histoire est priée de s'effacer derrière la mémoire, rien sur l'agression de la Belgique, rien sur les stratégies des états-majors (Joffre et l'offensive à outrance, Moltke et le plan Schlieffen), rien sur les armées et les armes en présence (cf l'uniforme choisi pour les soldats français, pantalon et casqette voyants)... Seule originalité, une mention du lien des régiments français avec la géographie du recrutement.

- A Argentan, en Lettres et en Histoire, deux classes de première ont étudié l’histoire du 104ème RI à partir du site Mémoire des hommes et des Archives départementales de l'Orne
Le 22 août 1914, 319 soldats du 104e régiment ont été tués à Ethe.
(en comparaison morbide, sur deux mois, en mai-juin 1940, plus de 700 soldats ornais sont tués
http://www.orne.fr/sites/www.orne.fr/files/fichiers/parution/12/03/ouvrage-final-bd-weblink.pdf

De 1914 à juin 1917, 43 988 Ornais âgés de 18 à 49 ans seront mobilisés.
10 476 ne reviendront pas. Le département comptait 307 000 habitants en 1911.
Gérard Bourdin, Les Ornais face au feu (1914-1918), Le Pays Bas-Normand 3-4/2011
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/01/03/28837906.html

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Pour les opérations militaires, voir les cartes dans l'article de Wikipedia

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L. Bantigny : Les rebelles

 
L'historienne Ludivine Bantigny a démissionné du Conseil Scientifique des Rendez-vous de l'histoire de Blois à la suite au choix unilatéral, par la direction, de demander à Marcel Gauchet de prononcer la conférence d'ouverture.
Son texte de présentation a été retiré du site des RDV.
http://www.rdv-histoire.com/-Les-Rebelles-971-.html

Avec son accord, en voici une copie :

Les rebelles

Esclaves brisant leurs chaînes, paysans et ouvriers insurgés, peuples révoltés, réfractaires et résistants, anarchistes et féministes, artistes avant-gardistes…  Les rebelles, par-delà leur extrême diversité dans le temps et l’espace, ont du moins un point commun : le rejet d’un ordre imposé et supposé partagé qu’ils voient comme une domination, voire une sujétion. Tour à tour valorisée, raillée, stigmatisée voire criminalisée, la rébellion dit bien l’envers des sociétés. Car elle expose tout ce qu’il y a de convention et de conservation, d’obéissance et de soumission, de normes auxquelles il faut être conforme, dans un système qu’elle veut briser. C’est en cela qu’elle est une menace, et doublement : elle entend mettre à bas un monde honni et dans le même mouvement elle en arrache le masque, le divulguant à lui-même. En ce sens, elle apparaît comme un dévoilement. Ainsi la rébellion qui souvent part de la marge, de bas-fonds, de minorités, finit-elle bien souvent par attaquer le cœur même d’un système. Et les imaginaires contestataires qu’elle dessine sont autant de projets de société rompant avec le tout-venant de ce qui va de soi, pour mieux révéler en quoi, justement, il ne va pas.

 La rébellion peut se faire transgression, insoumission, insubordination : elle est tantôt mutinerie dans une armée, indiscipline dans une institution, dissidence dans une organisation, solidarité face à la répression. Elle a ses moments : hérésies, jacqueries et pirateries, révoltes et insurrections, révolutions… Elle a ses formes et ses gestes, sa geste même : violences, grèves, occupations, illégalismes, quand prendre les armes devient plus que légitime – nécessaire et obsédant. Car elle a aussi ses affects et ses sentiments ; si l’amour n’est pas le seul « oiseau rebelle », il y faut en tout cas beaucoup d’émotions : courage, honneur, admiration, aversion et détestation, la rébellion est aussi affaire de passion.

 Est-elle vouée à la récupération ? Elle en est du moins souvent menacée, comme l’illustre encore récemment le lancement d’une marque de vêtements, « belles et rebelles ». Tant de procédés visent en effet à instrumentaliser les rébellions en faisant mine d’en reprendre la lettre, mais négligent radicalement leur esprit, jusqu’à le retourner contre lui. On peut ainsi faire le récit de tous les moments où la rébellion devient banalisée et ritualisée. Il est aussi des rébellions paradoxales : que deviennent les rebelles lorsqu’ils accèdent au pouvoir ? La rébellion lui est-elle compatible ? Peut-elle se faire institution ?

 Il n’empêche, entre contre-cultures et contre-écriture, force de la résistance et de l’insoumission, les rebelles, en rejetant les classements trop évidents, en récusant la loi et l’ordre, en cherchant à les démystifier pour les dynamiter, redonnent souvent du sens à ce qui n’en avait plus et du désir quand il s’était perdu. Les échappées rebelles sont-elles toujours des échappées belles ? A l’histoire ici de leur redonner vie.

 Ludivine Bantigny



Aggiornamento a publié ce texte de soutien :
« Nous, enseignants, chercheurs, lecteurs, amateurs d'histoire, très attachés à la diffusion et au large rayonnement des recherches et travaux auxquels oeuvrent les Rendez-vous de l'histoire de Blois depuis 16 ans, tenons à exprimer notre incompréhension devant le choix de confier cette année la conférence inaugurale à un auteur connu pour des thèses tournées avant tout vers le maintien de l'ordre, qui peuvent être jugées ultra-conservatrices, sceptiques sur l'impératif de respect des droits de l'homme, familialistes, sexistes et homophobes. Ce choix polémique nous paraît d'autant plus déplorable que les Rendez-vous de l'histoire de 2014 sont centrés sur le thème des Rebelles et présidés par une grande historienne de la cause des femmes ».

Une pétition est en cours : envoyer ce texte et votre signature par mail à l'adresse petition.blois@laposte.net, avec éventuellement indication de votre activité et/ou de votre lieu de résidence.
La pétition sera transmise à la Direction des Rendez-vous et diffusée avec la liste des signataires par ordre alphabétique général (sans distinction de premiers signataires).

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