Encore Jaurès… titre Jean-Luc Porquet, dans Le Canard enchaîné 30.07.2014

Il cite un discours de Jaurès à la Chambre des députés, le 7 mars 1895 :

  « Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l’orage. Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir enfin la guerre entre les peuples, c’est d’abolir la guerre entre les individus, c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie, qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille, un régime de concorde sociale et d’unité ».

« Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange, tant qu’elle possédera ainsi et gouvernera les autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sa propre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et pour le pouvoir ; tant que cette classe privilégiée, pour se préserver contre tous les sursauts possibles de la masse, s’appuiera ou sur les grandes dynasties militaires ou sur certaines armées de métier des républiques oligarchiques ; tant que le césarisme pourra profiter de cette rivalité profonde des classes pour les duper et les dominer l’une par l’autre, écrasant au moyen du peuple aigri les libertés parlementaires de la bourgeoisie, écrasant ensuite, au moyen de la bourgeoisie gorgée d’affaires, le réveil républicain du peuple ; tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples. C’est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque pays que sortent les conflits entre les nations ». [...]
http://www.jaures.eu/ressources/de_jaures/le-capitalisme-porte-en-lui-la-guerre-1895/


La droite (Guaino) et un candidat d'extrême droite ont tenté de récupérer la notoriété de Jaurès. La presse nationaliste d'avant 1914 a violemment combattu le dirigeant socialiste. Son héritière d'aujourd'hui n’est pas avare en coups de pied de l’âne.

En 2009, un chroniqueur du Figaro livres écrit : « Le 31 juillet, Jaurès est assassiné par un déséquilibré, sans doute intoxiqué par l'atmosphère du moment, mais sans lien, contrairement à la légende, avec la droite nationaliste » (sic).
Dans Le Figaro Magazine du 21.02.2014, Sevillia copie Rioux : Jaurès ? « son incurable optimisme et son culte naïf des Lumières - la raison, le progrès, la fraternité universelle - font aussi de lui un homme qui, vivant largement dans ses rêves, peine à appréhender le réel ».
Et Zemmour, qui agit sans doute beaucoup,  ajoute le 19.06.2014 : « son assassinat a donné un sens à sa vie, qui fut celle d'un homme qui parle mais n'agit pas ».

« Et voilà pourquoi, même si la droite s’échine à le récupérer, au fond elle l’abhorre » écrit Jean-Luc Porquet qui conclut :
« La preuve que Jaurès n'est pas tout à fait mort, c'est qu'il les énerve encore ».

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