Venise Les digues corrompues
C'est le plus grand scandale de corruption de ces vingt dernières années en Italie : " Moïse ", le projet de digues mobiles devant préserver la Sérénissime de la montée des eaux, était au cœur d'un système de surfacturations
http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/07/11/venise-le-scandale-des-digues-corrompues_4455782_3208.html

Depuis la loi spéciale de 1984, le Consorzio Venezia Nuova (CVN) avait la haute main sur la répartition des chantiers publics. Il semble avoir été conçu dès l'origine pour favoriser les surfacturations.
 
« L'affaire a changé d'échelle avec le lancement d'un chantier hors du commun, baptisé MOSE. Un acronyme de Modulo sperimentale elettromeccanico, ou Module expérimental électromécanique, formant le nom italien du prophète Moïse pour un projet visant à stopper les eaux de l'Adriatique lorsqu'elles dépassent une certaine hauteur afin de mettre un terme au phénomène de l'acqua alta, dont la répétition menace l'existence de la ville. Une chimère dont la complexité a souvent poussé les experts à douter de sa faisabilité, depuis sa mise en chantier en 2005, et dont le coût, estimé à 2 milliards d'euros au lancement des travaux, a dérapé jusqu'à frôler les 6 milliards, alors que la mise en place des digues, sans cesse repoussée, n'est plus attendue avant 2016. L'administrateur délégué du CVN, Piergiorgio Baita, estime la marge des entrepreneurs sur ce chantier à 50 %, contre 10 % d'ordinaire, et évalue les sommes détournées à une centaine de millions d'euros par an »
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Massimo Cacciari, maire de la ville de 1993 à 2000, puis de 2005 à 2010, reprochait au projet son coût faramineux et son utilité discutable. Lorsqu'on lui demandait ce qu'il fallait faire contre l'acqua alta, il avait une réponse toute faite : «  Il suffit d'acheter des bottes ».

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