30 mai 2014

Zeev Sternhell, une passion française

 

Zeev Sternhell, une passion française - Le Monde des livres, 28.05.2014
http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/05/28/zeev-sternhell-une-passion-francaise_4428262_3260.html
Fascisme français : le débat continue - Le Monde des livres, 28.05.2014
http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/05/28/fascisme-francais-le-debat-continue_4428253_3260.html

- La démocratie est vulnérable partout - Rue 89 24.05.2014
http://rue89.nouvelobs.com/2014/05/24/lhistorien-israelien-zeev-sternhell-democratie-est-vulnerable-partout-252418


L'historien publie des entretiens avec Nicolas Weill : Histoire et Lumières : changer le monde par la raison. Albin Michel

Il a 7 ans quand il voit les Allemands tirer à vue sur les juifs du ghetto. Sa mère et sa sœur sont déportées ; elles ne reviendront jamais. «  Sauvé par une famille polonaise, il est envoyé vivre auprès d’une tante, en France. Au lycée d’Avignon, il découvre la culture française, notamment la laïcité, dont il demeure un admirateur inconditionnel . Et qu’il regrette de ne pas voir s’appliquer en Israël ».

Pour lui, « la France a été le berceau du fascisme ». Vichy n’est pas un le résultat d’un hasard, mais le produit d’une droite révolutionnaire et de la haine des Lumières et de la démocratie.
Ni droite ni gauche. L'idéologie fasciste en France, Le Seuil, 1983

Sa conception a choqué les héritiers de Réné Rémond, pour qui il n’y avait que trois droites, et pour qui la France avait été immunisée contre la tentation du fascisme.
Michel Dobry, dir. « Le Mythe de l’allergie française au fascisme » (Albin Michel, 2003)

« Le débat, lui, est appelé à rester figé, Sternhell et moi sommes chacun de part et d’autre de la faille historiographique. Il n’y a pas de compromis possible » dit JF Sirinelli dans l’entretien.
Il poursuit : dans la crise actuelle « des Etats-nations dans un monde globalisé », « les valeurs des Lumières …doivent être un combat, un aiguillon et une façon de continuer à lire la situation historique ».

Selon Sternell, « …par sa conception d’une nation fermée sur elle-même et son culte d’un pouvoir fort, le FN est plus proche de ce qu’a été Vichy que des idées démocratiques fondées sur les Lumières »

« La vraie exception française, ce n’est pas celle d’une prétendue « allergie » au fascisme. C’est celle des Lumières. Les principes qui en sont issus … sont des abstractions, des fictions inventées par la raison humaine, et qu’il faut défendre jour après jour. Elle est là, la gloire de la France ».


Zeev Sternhell dans Rue 89 : « Je suivais mes recherches, je suivais une piste, j’écrivais ce que je trouvais... Mais comme je ne cherchais pas à faire carrière dans le système Sciences-Po, je pouvais me permettre de dire ce que je pensais ! Je vais être honnête : si j’avais été un produit de Sciences-Po et que j’espérais y faire carrière, peut-être que je ne l’aurais pas écrit. Si j’avais été un produit de Sciences-Po, peut-être que je ne l’aurais même pas pensé... ».

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Maurice Agulhon (1926-2014)

 

 - Elève d'Ulm, Maurice Agulhon, l'historien de la République a enseigné à Aix-en-Provence puis à Paris I.
Il a été professeur au Collège de France de 1986 à 1997.

« Ses travaux ont porté sur la sociabilité (La République au Village, 1970), la symbolique républicaine, ses effigies, ses rites (Marianne au combat, 1979, Marianne au pouvoir, 1989, Les métamorphoses de Marianne, 2001) ou encore la pratique du pouvoir par le général De Gaulle (Coup d'Etat et République, 1997) ».
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/05/30/l-historien-maurice-agulhon-est-mort_4428993_3382.html


Le site du Collège de France mentionne :
La République au Village, Plon, 1970
Marianne au Combat, 1979
Marianne au Pouvoir, 1989
Les Métamorphoses de Marianne, 2001
http://www.college-de-france.fr/site/maurice-agulhon/principales-publications.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Agulhon#Principaux_ouvrages

Wikipedia liste des articles qui sont en accès libre sur le site Persée.


Parmi les hommages :
03.04.2015 : Le collègue et l’ami
Hommage de Michel Vovelle : http://ahrf.revues.org/13458

- Le Monde culture a publié un texte de JF Chanet et Gilles Pécout
« Au-delà de la figure gaullienne dont la redécouverte a surpris plus d'un de ses amis ou de ses disciples, Maurice Agulhon était conscient d'être devenu, aux yeux de beaucoup, l'historien de la République. Une République capable d'intégrer des traditions qu'il aurait cru incompatibles dans sa jeunesse, certes, mais une République qui sache garder le cap à gauche. »
https://twitter.com/ThomasWieder/status/472794326897291265
http://lesoukhistoiregeo.blogspot.fr/2014/06/mort-de-lhistorien-maurice-agulhon.html

- Un texte de Christophe Charle pour le Maitron
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9733
« Parmi les débats historiographiques qu’il a entretenus et qui ont marqué la discipline, il faut mentionner la rencontre autour de l’œuvre de Michel Foucault, Surveiller et punir, le 20 mai 1978 à la Sorbonne. Les analyses de Foucault sont plus percutantes pour le XXe siècle que pour le XIXe, dont le mouvement général a été plutôt de desserrer les liens » (sur ce débat, voir Sociétés et Représentations, n° 3, novembre 1996).
De même, un débat sur la politisation des campagnes l’a opposé à l’historien américain Eugen Weber et à la politiste Christine Guionnet ».

- Histoire des idées républicaines, Rencontre avec Maurice Agulhon, avril 1998
http://www.scienceshumaines.com/histoire-des-idees-republicaines_fr_9865.html
« Les républicains réclamaient la liberté de la presse, de réunion, d'association parce que c'était la condition même de leur progression. En l'absence de libertés, les gens sont normalement conservateurs : le paysan pauvre d'autrefois obéissait à son propriétaire, à son patron et à son curé. C'est la liberté qui permet la mise en circulation de nouvelles idées. Voilà la raison pour laquelle le camp des républicains au xixe siècle a été celui de la lutte pour toutes les libertés, tandis que leurs adversaires de droit, le parti de l'ordre, misait le plus souvent sur la tradition et l'immobilité garanties par l'autoritarisme. »

- Marianne dévoilée - Entretien avec Maurice Agulhon, 1990
http://terrain.revues.org/2986

- Entretien avec l’historien Maurice Agulhon
Guillaume Bourgeois - Arkheia Histoire, Mémoire du Vingtième siècle en Sud-Ouest n°5-6 / 2002
http://www.arkheia-revue.org/Entretien-avec-l-historien-Maurice.html

extraits :
« les sensibilités politiques, le goût esthétique, l’imagerie ont une histoire »
« Le temps n’est plus où la République s’identifiait à la Révolution dont elle était l’aboutissement et où elle était, par conséquent, l’enjeu d’une lutte à la fois idéologique et physique opposant l’une à l’autre deux moitiés de la France. Il y a maintenant une sorte de ralliement général à la forme républicaine de gouvernement et une banalisation des valeurs républicaines pour lesquels on ne se bat plus… »
« L’objection qui vous viendra peut-être à l’idée… c’est que travailler trente ans et écrire trois livres pour dire une chose aussi simple, c’était peut-être excessif ! »
« de Gaulle a été le premier président à ne pas mettre une Marianne au revers mais à s’inventer autre chose, de plus sérieux, de plus abstrait, de plus lié à sa personne aussi – en l’occurrence la croix de Lorraine. De Gaulle a ainsi créé la tradition finalement étonnante – et qui aurait fait Gambetta ou Jules Ferry se retourner dans leurs tombes – que les présidents de la République, maintenant, se font tirer des médailles avec des sortes d’armoiries personnelles. C’est un peu énorme quand on y pense ! »
« Aujourd’hui, beaucoup de dessinateurs, pour être expressifs, acceptent de faire laides les choses qu’ils aiment »

- Décembre 1851 dans l’Histoire de France, Maurice Agulhon, nov 1997
http://www.1851.fr/publications/decembre_histoire_france.htm

- Périlleuses amnésies, troublants amagalmes - Faut-il réviser l’histoire de l’antifascisme ?
Le Monde diplomatique, 06.1994 (ldc)
« Oui, la démocratie libérale est une bonne chose. Oui, elle doit être défendue, et les politiques opposées doivent être combattues »
« ... La liberté dont nous jouissons date de 1944, notre gratitude doit donc aller à tous ceux qui l’ont reconquise, même si le temps écoulé depuis lors a quelque peu démodé leur langage et empoussiéré leurs drapeaux ».
http://www.monde-diplomatique.fr/1994/06/AGULHON/7178

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