Le paradoxe Fukushima
Philippe Pelletier, Libération rebonds, 10.03.2014
http://www.liberation.fr/terre/2014/03/10/le-paradoxe-fukushima_985957

Au Japon, le choix nucléaire ne relève pas de l’irrationnel mais d’une volonté économique et politique. Il ne s’est pas effectué malgré le bombardement atomique de Hiroshima et de Nagasaki, mais grâce à lui. Il ne s’est pas imposé au moment où le Japon devenait gourmand en électricité, mais bien avant.

Dans les années 1950, le Japon devient l’allié des USA, il est présenté comme un exemple industriel au reste du monde. L'agresseur peut se présenter comme une victime. De nombreux criminels de guerre échappent à l’épuration, on les retrouve dans la propagande pro-nucléaire («L’allergie au nucléaire» est vigoureusement combattue) et dans la définition des normes.

Aujourd’hui, trois ans après la catastrophe de Fukushima, toutes les enquêtes montrent que les trois quarts de la population sont désormais hostiles au nucléaire civil. Pourtant, Abe Shinzô veut redémarrer toutes les centrales nucléaires. L’actuel Premier ministre libéral démocrate, revendique l’héritage politique de son grand-père Kishi Nobusuke, ancien criminel de guerre emprisonné en 1945 puis relâché sans jugement, devenu Premier ministre de 1957 à 1960.


Energie et nucléaire, blog Sciences 2, Sylvestre Huet
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/energies_nuclaire/

Tepco a publié l'an passé 2 145 photos et censuré 849 clichés. Le directeur de la centrale est décédé en juillet 2013
http://www.liberation.fr/monde/2013/02/06/plus-de-2-000-images-de-desolation-publiees-apres-fukushima_879673
http://www.liberation.fr/monde/2013/07/09/l-ex-directeur-de-la-centrale-de-fukushima-est-mort_917010

Les plus optimistes prédisent qu’il faudra au moins 40 ans pour démanteler la centrale de Fukushima et espérer le retour à une vie normale.

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