20 février 2014

La mixité dans l'Education

 

Antoine Prost vient de publier l’ouvrage « Du changement dans l’école ». Il combat le stéréotype selon lequel les enseignants seraient opposés à toute réforme. Dans l’entretien publié dans Libération 25.09.2013, il évoque un changement majeur mené sans bruit, celui de la mixité scolaire.

Deux ouvrages abordent ce sujet :
- Françoise et Claude Lelièvre, Histoire de la scolarisation des filles, Paris,1991 -
- Rebecca Rogers, La mixité dans l’éducation, Enjeux passés et présents, ENS Editions, 2004.

Chez les catholiques, le concile de Trente a réaffirmé l’attachement de l’Eglise à la séparation des sexes et des espaces. La droite religieuse s’oppose à la mixité, avec le soutien du Vatican (cf. l’encyclique de Pie XI en 1929).
Côté républicain, Condorcet a plaidé en faveur de la coéducation. Vers 1880, les républicains font le choix d’une scolarisation séparée, de « l’égalité dans la différence ». En 1936, les CEMEA appliquent la mixité ; ils sont suivis par les Francs-Camarades après 1945.

Dans les années 1960, face au gonflement des effectifs (du fait du baby-boom et de la prolongation de la scolarité jusqu’à 16 ans), l’administration comprend son intérêt : la mixité réduit les dépenses de construction ou le volume des salaires. Dans le secondaire, une circulaire est publiée en 1957, et la moitié des collèges sont mixtes dès 1964. En primaire, la circulaire de 1965 s’applique aux nouvelles écoles. La mixité concerne moins de 10 % des effectifs en 1961-62 ; elle en touche plus du tiers à la fin de la décennie, y compris dans le secteur privé. En 1975, la loi Haby la généralise. Mais les ENS n’ont suivi que dans les années 1980, longtemps après le choix pionnier de l’ENSET (Cachan).

Il existe des exceptions significatives. En 1956, Bourguenolles, une commune du sud Manche inaugure un nouveau groupe scolaire. Le couple d’instituteurs veut installer la mixité, garçons et filles en rangs séparés. Le curé (prêtre depuis 1904) et le conseil municipal s’y opposent. Les parents, habitués à la gémination au temps de la classe unique, se mobilisent et soutiennent les enseignants. L’inspection académique leur donne raison. Une fracture durable s’installe : aux élections municipales de 1959, la commune change de majorité ; le nouveau maire reste en poste pendant trente ans.

La mixité a permis aux filles d’accéder aux mêmes études que celles des garçons, mais il faut attendre 1982 pour voir une circulaire réclamer « une pleine égalité des chances ». En 2004, Nicole Mosconi constatait que « les programmes scolaires contribuent à persuader les élèves, filles et garçons, que les femmes n’existent pas dans la société, dans l’histoire et la culture ». La lutte contre les préjugés sexistes n’était donc pas terminée. Elle est même toujours d’actualité.

source : conclusion de la Chronique Internet n° 425
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg425.pdf

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19 février 2014

1956 : la gémination qui divise

 
1956 : la gémination qui divise la commune...

A Bourguenolles, une petite commune du sud Manche, le passage à la mixité scolaire n'a pas été le long fleuve tranquille évoqué récemment par Antoine Prost.

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Demain, il sera trop tard. 8 filles et 9 garçons viennent en classe (sur 62) - Ouest-France 06.12.1956
Cliquer sur les photos pour les agrandir



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En 1956, la commune inaugure un nouveau groupe scolaire.
http://www.bourguenolles.info/page33/page92/page92.html

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La même année, un couple de jeunes instituteurs arrive. Il décide d’installer à la rentrée d'octobre la mixité, garçons et filles en rang séparés, comme dans la commune de Maupertuis où il enseignait auparavant (photo du couple et de ses quatre filles, sans doute vers 1961). http://clioweb.free.fr/dossiers/normand/bourg/bo-laroche.jpg

cm-300956

La veille de la rentrée, le dimanche 30 septembre, le conseil municipal vote massivement contre cette décision.
Le maire va par la suite à la préfecture pour exiger l’application de ce vote.
L’impulsion vient très probablement du curé, une correspondance privée et plusieurs témoignages en attestent. Pour lui, il est impensable qu'un homme puisse enseigner à de grandes filles (mais le catéchisme semble faire exception !).
http://clioweb.free.fr/dossiers/normand/bourg/cm-300956.jpg

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Les parents ont été habitués à la gémination au temps de la classe unique (ou de la double classe, avec des institutrices femmes) depuis la loi de 1933 : cf la photo d'une classe géminée vers 1948, avec le fils du maire entre deux filles.

Les parents soutiennent les enseignants, se mobilisent très vigoureusement.
Une Amicale des parents d’élèves est constituée en décembre 1956, avec le soutien de Georges Fatome, le maire de Tourlaville. 45 enfants (sur 62) cessent de fréquenter l’école, avant d'être accueillis dans les écoles des communes voisines.

trochon      vital    fatome

             Mme Trochon, Vital Rémande, G. Fatome

Fin janvier 1957, les parents obtiennent gain de cause, le ministère confirme la mixité de l’école.
http://clioweb.free.fr/dossiers/normand/bourg/bo-280157.jpg


Un article très détaillé de Victor Normant dans Ouest-France
(06.12.1956) décrit longuement cette nouvelle guerre scolaire. Avec des observations intéressantes, qui rappellent les débats autour de la loi de 1933 : les besoins des tout-petits, c’est un travail de mère de famille… une femme peut manquer d'autorité face à de grands gaillards.
http://clioweb.free.fr/dossiers/normand/bourg/ouest-06121956.jpg

Deux lettres privées traduisent le poids des tempéraments.
Le curé qui a provoqué la crise montre son  intransigeance. Son parcours personnel l'explique peut-être : il est né en 1880, il devient prêtre en 1904 (!), et toute la population défile en 1954 pour célébrer ses cinquante années de prêtrise. Il a pu espérer être suivi par toute la population dans son combat contre une école de la République.

bo-cure-54


L'autre curé a connu le couple d'instituteurs dans la commune où ils étaient en poste.
Il écrit: « je n’ai jamais eu à me plaindre de cette gémination, où filles et garçons étaient sur des bancs différents, les cours de récréation séparées… ». Il vante le sérieux du couple ét ajoute « l'instituteur sera très regretté, par moi en particulier, car le niveau intellectuel des enfants avait monté depuis son arrivée, ce qui a facilité beaucoup le catéchisme ».


Les élections municipales de 1959 voient la déroute du maire et de l'ancien conseil.
Le nouveau maire reste en place pendant trente ans.
Mais la crise a laissé dans la commune des inimitiés tenaces.


bo-classe-2013

2014 : Bourguenolles (école maternelle) est associée avec La Lande d'Airou (école primaire) 


NB : 3 observations :
- Les militants de la mémoire voudraient parfois bousculer l'histoire et les historiens de métier. Pourtant, plus de 50 ans après, les souvenirs sont souvent très fragiles et les dates incertaines, du moins quand un texte écrit ne vient pas les confirmer.

- L'accès aux archives de la presse est contrasté. Avant 1944, Gallica a accompli un énorme travail de numérisation et d'indexation. Pour les années 1950, cette indexation fait défaut. Il faut donc consulter les exemplaires un à un aux archives départementales ou parcourir les microfilms.

- L'Education ne brille pas toujours pour l'état et la conservation de ses archives.

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Contresens sur Milgram ?



Milgram travesti, Charlotte Lacoste, U de Nanterre - source apses
http://www.revue-texto.net/docannexe/file/2511/milgram_travesti_lacoste.pdf

Texto ! Textes & Cultures, 1/2010
http://www.revue-texto.net/index.php?id=2511
http://www.revue-texto.net/index.php?id=2493


Entre 1960 et 1963, la population de New Haven (Connecticut) est conviée à participer à une série d’expériences sur la mémoire au laboratoire de psychologie de l’université de Yale ...
C’est un leurre. L’étude porte en fait sur la notion d’obéissance... (infliger des chocs électriques)

Pour Charlotte Lacoste, les expériences de Milgram sont l'objet d'un contresens total. « Elles n’apportent pas la preuve métaphysique de l’existence du Mal, mais la preuve formelle de l’existence de valeurs nobles propres à l’espèce humaine et, surtout, un début de réponse à un problème politique ».
« La thèse véhiculée à tort par les médias ... revient à faire dire à Milgram l’exact contraire de ce qu’il a dit et établi. Mais la manoeuvre a ses avantages : elle permet d’escamoter la dimension politique de son propos ».

« La première grande leçon délivrée par cette série d’expériences, c’est que l’homme n’est pas un loup pour l’homme. [Dans toutes les expériences] la plupart des sujets testés manifestent la plus grande répugnance pour ce qu’on leur ordonne de faire ».
Dans la préface qu’il rédige cinq années après la sortie de son livre, la conclusion que Milgram tire de sa série d’expériences reste inchangée : « De même que l’autorité de l’oppresseur n’est pas incarnée dans un seul individu, mais dans un système de relations complexes, de même la résistance à l’autorité malveillante doit être enracinée dans l’action collective si elle veut être véritablement efficace. » (10)

Comment (ne pas) s’étonner de ce que le message politique de Soumission à l’autorité qui démontre le bien-fondé de l’action collective soit aujourd’hui phagocyté par une lecture essentialiste qui, spéculant sur la cruauté naturelle de l’espèce humaine, correspond tellement mieux au paradigme idéologique de notre temps ?

Stanley Milgram, La Soumission à l'autorité, 1974
http://en.wikipedia.org/wiki/Stanley_Milgram

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Genre : cessons de reculer

 

12 000 signatures en faveur de l’égalité, du genre et de la liberté
Collectif Genre, Recherche, éducation : la bonne rencontre - Libération rebonds, 16.02.2014
http://www.liberation.fr/societe/2014/02/16/12-000-signatures-en-faveur-de-l-egalite-du-genre-et-de-la-liberte_980611

extraits :
« La rumeur court depuis plus d’un mois, les contre-vérités circulent, les prises de parole s’enchaînent, se reprennent, se contredisent, s’oublient. Certains récupèrent ces mouvements d’opinion, d’autres menacent, d’autres encore retrouvent avec nostalgie leurs livres d’enfance et les stéréotypes de leur jeunesse. On brocarde, sans les connaître, des ouvrages de la littérature enfantine, on lance des anathèmes, on ricane quand le mot «genre» est prononcé, on manipule à coup d’affirmations les plus choquantes et les moins fondées. Pendant ce temps, d’autres font pression sur les bibliothécaires, d’autres encore sur les professeurs des écoles, les enseignants des collèges et des lycées, les chercheurs, les parents d’élèves ».

« Le genre est une question et non une réponse. C’est un concept que les scientifiques du monde entier utilisent pour étudier les sociétés et analyser la manière dont elles fabriquent la distinction entre les hommes et les femmes et créent, dans les différents champs des pratiques humaines (travail, éducation, santé, sexualité, loisirs, soin aux autres, etc.), des hiérarchies, des inégalités, des injustices. En tant que telle, cette méthode d’investigation n’impose rien, elle ouvre de nouvelles perspectives d’analyse. Parce que le genre est un outil scientifique, sa remise en question, sous l’effet de certaines pressions, n’est pas admissible. Si demain les créationnistes descendent dans la rue, allez-vous proscrire l’usage du terme d’«évolution» dans les manuels scolaires et à l’université ? »

« Défendre cette égalité et ces libertés, Mesdames et Monsieur les ministres (Najat Vallaud-Belkacem, Geneviève Fioraso, Valérie Fourneyron et M. Vincent Peillon), c’est, dans un front commun entre vos quatre ministères, redonner leur sens aux mots, c’est refuser de laisser à certains le pouvoir de changer la langue ».

« Nous attendons de votre part non seulement une position ferme de soutien à la liberté de l’enseignement et de la recherche ainsi qu’un engagement réaffirmé dans la lutte contre les discriminations, mais nous attendons aussi des propositions et des avancées … et  une condamnation ferme de toutes les intimidations contre les enseignants et les chercheurs ».

Mesdames et Monsieur les ministres, aujourd’hui, nous attendons des actes.

L'adresse de la pétition : http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2014N45876

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18 février 2014

Chercheurs, la triple arnaque

 

Amis chercheurs, vous vous faites arnaquer trois fois (merci Elsevier) -
Pierre-Carl Langlais, Wikipédien, Rue 89, 17 février 2014
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/les-coulisses-de-wikipedia/2014/02/17/
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6598


« Le domaine de la recherche n’échappe pas à l’austérité : en dépit de nombreux effets d’annonce, les financements diminuent constamment depuis le début de la crise, le recours aux fonds privés se généralise, et comme ailleurs, les faillites se multiplient ».
« Et pourtant, la France s’apprête à reconduire un accord avec le géant de l’édition scientifique, Elsevier. Coût de l’opération : près de 190 millions d’euros, versés sur cinq ans. Une somme qui n’était pas censée être révélée au grand jour ».
Le communiqué du consortium Couperin
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/sites/blogs/files/assets/document/2014/02/pdf2.pdf
ou
http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1658/files/2014/02/Communique-Couperin-Negociation-Elsevier.pdf


« … l’Etat acquiert chèrement un produit dévalorisé ; les institutions scientifiques vont le financer une seconde fois en achetant des droits à publier (évolution inévitable d’ici à cinq ans) ; et pour couronner le tout, la recherche française est elle-même le produit (via la transmission de métadonnées stratégiques). Par comparaison, Facebook a au moins la politesse de rester gratuit ».

« … Elsevier a tenté de faire valider ces exceptions juridiques au niveau européen. Le processus « Licences for Europe » entérinait une forme de « balkanisation » du droit : chaque éditeur serait libre d’édicter ses propres lois. Il s’est soldé par un échec cuisant. Échaudée, la Commission européenne envisagerait désormais une refonte en profondeur du droit d’auteur ». [Elsevier, c'est 2 milliards d'euros de chiffre d'affaire, 724 millions de marge brute]

Pour Pierre-Carl Langlais , dans ce contexte, la non-reconduction de l’accord avec Elsevier constituerait un électrochoc salutaire.

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17 février 2014

Les Sentiers de la Gloire

 

paths-chefs


Ce soir, 17 février 2014, Arte diffuse Les Sentiers de la Gloire et l'Adieu aux Armes

De nombreux extraits sont disponibles sur les sites de vidéo (préférer la version en anglais avec sous-titres)
par exemple,
http://www.dailymotion.com/video/x3jvqh_paths-of-glory-1_shortfilms


Quelques moments forts du film :

vers la 11e minute, l’assaut
http://www.dailymotion.com/video/x3jvyi_paths-of-glory-2_shortfilms


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SdG-technicalities

 

9e mn, la cour martiale, une parodie militaire de « justice » ?
l'arbitraire face à une défense à l’américaine
- « This is a general court martial...
don’t take up the court’s time with technicalities ».

- « Private Ferrol, you retreated... »
- « Attaquer la Fourmilière ? »
- « Me and Meyer alone, you are kidding sir... »
http://www.dailymotion.com/video/x3jw67_paths-of-glory-3_shortfilms

http://www.dailymotion.com/video/x3k5gz_paths-of-glory-4_shortfilms

 

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SdG-execution

3e mn, l’exécution

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broulard

7e, Broulard : « Colonel Dax, vous me décevez »
Le colonel Dax au général Broulard :
« Vous m'offrez le commandement du général Mireau ? »
« Vous êtes un vieillard dépravé et sadique »

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alittlepearl

10e, une petite perle
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Sentiers_de_la_gloire

http://en.wikipedia.org/wiki/Paths_of_Glory

Les soldats, la sauvagerie de la meute, le souvenir de l'humanité pour chacun.
http://www.dailymotion.com/video/x3k5oc_paths-of-glory-5_shortfilms


Autre copie avec sous-titres
http://www.dailymotion.com/video/x6n1iu_les-sentiers-de-la-gloire-1-6_shortfilms


Les sentiers de la gloire, Stanley Kubrick (Paths of Glory, 1957) - CNDP
analyse d'un professeur de philo

http://www2.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_sentiers.htm

Une fiche à Strasbourg
http://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/histoiregeographie/HDA/FicheSentiers.rtf

 

paths-chanteuse

In the final scene, Christiane Susanne Harlan sings
folk song Ein treuer Husar (The Faithful Hussar)
adaptée en français par Francis Lemarque sous le titre Marjolaine

un choix de photos :
http://hal0000.blogspot.fr/2009/02/paths-of-glory-1957.html

 

29.10.2017

- Le film a été interdit en Suisse
Hadrien Buclin, GMCCC 253, 2014
http://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2014-1-p-101.htm


- En Belgique, des Français ont tenté en vain de faire pression pour empêcher la diffusion
Catherine Lanneau, Histoire@Politique 8 2009
http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=08&rub=autres-articles&item=48


À travers le drame des fusillés pour l’exemple, Les Sentiers de la gloire semble dresser un réquisitoire ciblé contre l’armée française
même si Stanley Kubrick dira avoir voulu dénoncer le militarisme sous toutes ses formes.

Ce film controversé, qui sort en 1958, n’est pas projeté en France, en pleine guerre d’Algérie.
Mais par des pressions, des manifestations et des menaces,
quelques Français ou francophiles vont tenter – en vain – d’imposer également son exclusion des écrans liégeois et bruxellois.
Leurs manœuvres susciteront de vigoureuses réactions, bien au-delà des milieux traditionnellement antimilitaristes.
Très attachée à la liberté d’expression, la Belgique francophone se montrera peu désireuse de se voir traitée en protectorat


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Déportation : la carte et la mémoire

 

Déportation : la carte et la mémoire - Le Monde 15.04.2014
Où habitaient les 11 458 enfants juifs envoyés de France vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 ? A partir des données accumulées par Serge Klarsfeld, Jean-Luc Pinol un historien et informaticien a dressé une carte interactive

Territoires et Trajectoires de la Déportation des Juifs de France
http://tetrade.huma-num.fr/
« Il s’agit de géolocaliser l’ensemble des données rassemblées par Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF), qui a établi les états civils complets et les adresses, au moment de leur arrestation, de la quasi totalité des 76 000 déportés juifs de France. Chaque point sur la carte fournit l’identité d’une ou plusieurs victime(s) et le lieu de résidence lors de l’arrestation. Les données sont accessibles à différentes échelles: de la rue au quartier, du quartier à la ville, de la commune au département… Il est possible d’accéder à la carte en interrogeant un moteur de recherche à partir d’un nom ou d’une adresse précise (Ancien département de la Seine, Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux et Grenoble) ou d'un nom de commune ».


dep-enfants

La déportation des enfants juifs (1942-1944)
JL Pinol, http://tetrade.huma-num.fr/Exposition/2014_CNAM/p1.php


rappel : Paris 1942-44 : Enfants juifs déportés
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/09/29/25212252.html

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16 février 2014

Lettre aux historiens rénovateurs

 

Lettre ouverte aux historiens " rénovateurs " et autres " usagers "
de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l'Histoire. Blog Médiapart
L'auteur, Guillaume Foutrier prépare une thèse sur les marchands de Rouen au XVIIIe.
http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-foutrier/100214/propos-de-la-gauche-de-lhistoire-et-du-roman-national-1ere-partie
http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-foutrier/100214/propos-de-la-gauche-de-lhistoire-et-du-roman-national-2e-partie
http://clioweb.free.fr/debats/foutrier.doc
Le CVUH est le Comité de Vigilance face aux Usages publics de l'Histoire : http://cvuh.blogspot.fr/


Guillaume Foutrier s'en prend au CVUH, à Aggiornamento et aux auteurs de l'ouvrage Les historiens de garde. Dans ce qui semble combiner querelles entre universitaires et désaccords politiques profonds, il leur reproche de confondre expertise professionnelle et débat public. Il estime que vilipender toute l'histoire nationale, de voir une vague brune dans les ouvrages vantés par Le Figaro Magazine ne peut que renforcer les historiens nationalistes.

extraits :
« Etrange histoire vigilante qui est passée maîtresse dans la déploration des attaques de la droite mais se garde bien de nous dire à quoi ressemblerait une offensive de la gauche, quand bien même ce mot au singulier aurait encore un sens.  Etrange histoire vigilante qui, à l'image de ce gouvernement, voudrait masquer sa faillite idéologique en lançant des alertes brunes et en livrant à l'opprobre fasciste les figures de la gauche radicale ».

« Il est fort à craindre qu'à travers l'échec du CVUH et de l'Aggiornamento à se faire entendre il ne faille lire l'incapacité d'une gauche universitaire à s'adresser au peuple en dehors des formes du discours académique et de la voie officielle et faussement désidéologisée des programmes scolaires. Entre des médias obnubilés par les succès éditoriaux de Lorant Deutsch et une histoire universitaire frappée du soupçon du mandarinat, il n'est guère sûr que la voie associative choisie par les historiens rénovateurs soit le plus pertinent des remèdes ».

« La référence appuyée au lexique des mobilisations antifascistes de l'Entre-deux-guerres n'est ici que le paravent facile d'une association dépourvue de but politique et prisonnière d'une idéologie scientiste de substitution. Derrière la fracassante dénonciation de la vague brune, il y a le vide ».

La suite, sous forme de plusieurs non-réponses
http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-favier/110214/non-reponse-guillaume-foutrier-pour-en-finir-avec-les-fausses-querelles

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15 février 2014

Google maître du monde

 

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Google maître du monde -
C dans l’air, 13.02.2014
http://www.dailymotion.com/video/x1c01x5_c-dans-l-air-google-maitre-du-monde-13-02-14_tv
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/sciences/google-maitre-du-monde-40913
invités  : Isabelle Falque-Pierrotin (CNIL) - Benjamin Bayart (Quadrature) - Laurent Alexandre - Pascal Perri

« Google est-elle en passe de dominer le monde ?
Le géant de l’Internet multiplie les rachats de société dont certaines ne concernent plus seulement le numérique, mais la médecine, la robotique… Et semble en parallèle se jouer des lois, en étant sous le coup d’un énorme redressement fiscal en France ».

« ... le géant est devenu une pieuvre avaleuse de données qui en a profité pour s’essayer dans des domaines divers. La téléphonie mobile bien sûr, avec Android, mais aussi les réseaux télécoms, les objets intelligents (Google Glass, montre), la voiture sans conducteur, etc. »

B. Bayart : « Vous n'êtes pas un client de Google, au mieux vous êtes l'utilisateur  ; le client, c'est le vendeur de la pub, vous, vous êtes la marchandise ».
L'écouter aussi sur la prétention à l'intelligence artificielle (15e mn).
et sur le viol (à but commercial) des correspondances (26e mn) :
Que Google s'amuse à conserver tout ce que j'ai recherché sur son moteur, c'est déjà embêtant. Je ne suis pas sûr que le fichier qu'ils ont constitué soit parfaitement légal, parce qu'il est nominatif ... c'est un vrai problème : ils vous profilent à votre insu.
Le cran suivant, c'est la correspondance sur Gmail : ils ont accès à la totalité de ce que vous écrivez et recevez ; ils vous doivent un secret sur ce courrier. C'est votre correspondance, elle ne leur appartient pas, ils n'ont pas le droit de la lire sans votre autorisation. Leur pratique, c'est comme si la Poste vous livrait une lettre décachetée, numérisée et archivée ; ils se comportent comme si ce courrier leur appartenait et qu'ils vous donnaient aimablement accès à une copie temporaire...

Google est un des moteurs de l'évasion fiscale, grâce à la concurrence faussée entre Etats européens (premier reportage

et l'article Irlande, Pays-Bas, Bermudes : guide du roublard fiscal selon Google, Libération Ecrans 10.12.2010

 Gsandw-20120430

« ... Première étape du montage : établir que c’est bien Google Ireland Holdings, dont la société mère est domiciliée aux Bermudes (paradis fiscal des Caraïbes), qui détient les droits sur les brevets développés aux Etats-Unis (moteur de recherche, système d’enchères publicitaires en ligne) et les marque du groupe. L’autre filiale irlandaise, Google Ireland Ltd, gère l’ensemble des activités Europe, Moyen-Orient et Afrique et concentre 88% des 12,5 milliards de dollars du chiffre d’affaires encaissé en dehors du territoire américain. Pour ne quasiment pas payer d’impôt sur les bénéfices, Google Ireland Ltd va reverser sous forme de royalties (5,4 milliards de dollars) l’essentiel de ses bénéfices à Google Ireland Holdings, dont le portefeuille de brevets est à l’origine de la fortune du moteur de recherche. Et ça tombe très bien puisque la fiscalité irlandaise prévoit une taxation minime sur les royalties générées sur son sol par la propriété intellectuelle, et exempte même d’impôts les royalties reversées à certains membres de l’UE comme les Pays-Bas.
Il n’y a plus qu’à activer le «sandwich néerlandais» et faire transiter le tout via Google Netherlands Holdings BV qui reversera ensuite à 99,8% des sommes dans une coquille aux Bermudes ».
http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2010/12/10/irlande-pays-bas-bermudes-guide-du-roublard-fiscal-selon-google_957412

Le secret de polichinelle de l'optimisation fiscale d'Apple, Anthony Nelzin, 30 avril 2012
http://www.macg.co/aapl/2012/04/le-secret-de-polichinelle-de-loptimisation-fiscale-dapple-77097

NB : quand C dans l'air s'intéresse à l'Internet :
Internet : les escroqueries à la carte bleue 11/12/2012
Cartes bancaires : l'explosion des fraudes 02/03/2012
Internet : libres ou prisonniers ? 29/09/2011
La France et l'affaire des fuites 01/12/2010
Attention, fausses nouvelles ! 18/03/2010

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