Il y a « bonnets rouges » et « bonnets rouges ». Nicolas Offenstadt, Le Monde des livres, 27.11.2013
http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/11/27/il-y-a-bonnets-rouges-et-bonnets-rouges_3521348_3260.html

« Jamais les révoltes du Moyen Age et de l'Ancien Régime n'ont été autant mobilisées pour évoquer des contestations contemporaines où le patronat semble moteur (bonnets rouges, jacquerie …. )
Pour Nicolas Offenstadt, ces emprunts à l'Histoire ne sont pas pertinents : « Ce que nous apprennent l'historien Hugues Neveux ou deux médiévistes belges, Jan Dumolyn et Kristof Papin, c'est que l'expression " révolte antifiscale " ne permet pas de restituer l'ensemble des enjeux à l'œuvre lors des soulèvements urbains ou ruraux ».


Cependant, au XVIe et au XVIIe, la fiscalité a soulevé des foules
cf. les Croquants
cf. la révolte des Nu-Pieds en Normandie
http://www.wikimanche.fr/Révolte_des_Nu-pieds
Relation de la répression de la révolte des Nu-pieds 1639-1640
http://tinyurl.com/mha5y4p
« L'augmentation de la pression fiscale (hausse des impôts extraordinaires, menace de généralisation de la gabelle) liée à l’implication croissante de la France dans la guerre de Trente Ans, et le bouleversement des hiérarchies sociales du fait du rapide enrichissement des financiers, la menace sur les « libertés » normandes sont des facteurs avérés du soulèvement ».
(Roland Mousnier et Boris Porchnev sont cités)


- Manipuler l’histoire, tomber dans le populisme, n’a jamais aidé à résoudre de vrais problèmes.
Tribune de Alain Croix, André Lespagnol et Fanch Roudaut - Le Télégramme 22.11.2013


- Les rouges bonnets, c'est une opération de com' réussie : les médias sont tombés dans le piège.
(écouter l'historien Alain Croix dans La Fabrique de l'histoire du 20.11.2013
http://clioweb.canalblog.com/tag/alaincroix )

L'impôt est aussi une arme dans le combat politique, surtout quand la gauche est au pouvoir.
Au lendemain de la crise de 1929, la Fédération des contribuables est une des formes de mobilisation de l'extrême droite
Ces dernières années, aux USA, le Tea-Party en incarne une version radicalisée, avec le rejet de toute action publique. La charité privée étant la seule solution envisagée à la misère, chez des idéologues qui nient l'existence de toute forme de société (mais vilipendent l'individualisme égoïste).



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