24 juin 2013

Le prix de l'Education

 

- Le prix de l’Education -
Un sujet abordé dans Le Monde Economie 23.06.2013

Avec un double paradoxe :
- «  La France, championne de la dépense publique et si fière de son éducation publique, est devenue l'un des tout premiers marchés en Europe pour l'enseignement supérieur privé ».

- Selon Catherine Paradeise, « les familles acceptent de payer cher pour des écoles privées mais elles veulent garder le choix d'envoyer leurs enfants à l'université quasi gratuitement… il y a une vraie demande des familles, notamment modestes, pour qui le fait de payer est vu comme un gage de qualité et de rigueur de la formation, comme pour les étudiants ». Reste pour les écoles privées à tenir la promesse d'offrir, à la sortie, un meilleur job, plus intéressant et mieux rétribué.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/24/il-y-a-une-vraie-demande

Razzia des fonds d'investissement sur les campus
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/23/razzia-des-fonds-d-investissement-sur-les-campus_3434938_3234.html
Près d'un étudiant sur cinq suit une formation privée.
« Les investisseurs privés visent des niches délaissées par l'enseignement public sur des nouveaux métiers, le Web et le numérique, ou traditionnellement privé, comme les écoles de management ou le paramédical. Mais, lorsque ces initiatives s'attaquent aux forteresses publiques, elles rencontrent de fortes résistances ».
Les écoles privées ont le souci permanent de leur réputation... les dépenses de com' atteignent entre 10 % et 30 % des budgets .. elles embauchent le moins possible de profs permanents et préfèrent les pigistes au carnet d'adresses épais. Les anciens élèves sont aussi mis à contribution ...


- A Marseille, la résistance d'un lycée ghetto (le lycée St-Exupéry, construit à la hâte en 1957). Le Monde 21.06.2013
« ... le sentiment est unanime : si le lycée ne sombre pas c'est parce que l'équipe éducative y est plus soudée qu'ailleurs … Et, puis, « quand un élève sort de classe en claquant la porte, il y a la mer : ça fait baisser la tension » »
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/21/a-marseille-la-resistance-d-un-lycee-ghetto_3434252_3224.html

- Liberté, égalité, morosité - Le Monde, 20.06.2013
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/20/liberte-egalite-morosite_3433505_3224.html

Les Français apparaissent comme d'éternels mécontents. « L'économiste Claudia Senik (Paris 4) a analysé les quatre premières vagues de l'European Social Survey (2002-2008) montre qu'ils ont nettement moins confiance que leurs voisins, notamment scandinaves, envers leurs institutions (Parlement, système judiciaire, police, élus) … La proportion de sondés convaincus que pour la plupart des gens, la vie est de pire en pire bat, en France, tous les records... »

Parmi les facteurs évoqués, le modèle scolaire occupe une place importante (4 paragraphes). La France a un modèle scolaire catastrophique, hypersélectif et ultra-élitiste. C'est un proche de l'UMP qui le dit. D'autres chantres de la compétition reprochent à « une école hiérarchique et verticale » de ne pas enseigner  «le sens de l'organisation et le goût de la coopération »

Dans La Société de défiance (2007), Yann Algan et Pierre Cahuc mettent en cause l’Etat Providence mis en place après 1945.
La neurasthénie nationale pourrait venir de plus loin : la France serait en deuil de sa grandeur passée. « Les Français ont une si haute image de la France qu'elle leur paraît toujours en dessous de ce qu'elle devrait être », analyse le sociologue François Dubet. Enfin, l’article déplore sur le rejet important du néo-libéralisme.

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Così et la manière Haneke

 

arte_cosi_haneke

Michael Haneke sur Cosi fan tutte - photo classicnews
& répétitions : http://www.lamonnaie.be/

Mozart, Lorenzo da Ponte, Così fan tutte (Ainsi font-elles toutes), Vienne 1790 : Wikipedia FR - Wikipedia IT

en vidéo, sur Arte-TV : http://liveweb.arte.tv/fr/video/Michael_Haneke_Cosi_fan_Tutte_Mozart_teatro_real_Madrid/
et sur le site de la Monnaie après le 26 juin.

Mozart et la manière Haneke
- Eric Dahan,  Libération 01.03.2013
http://www.liberation.fr/culture/2013/03/01/mozart-et-la-maniere-haneke_885712
Le cinéaste autrichien offre une lecture profonde et incisive de "Cosi fan tutte" au Teatro Real de Madrid.

« La troisième bonne surprise tient à une distribution qui a l'âge des personnages et joue comme si sa vie en dépendait : la soprano Anett Fritsch incarne une Fiordiligi fruitée et souple même au plus aigu du désespoir, et la mezzo Paola Gardina chante une Dorabella pas moins lumineuse et investie. Face à elles, le ténor Juan Francisco Gatell livre un Ferrando ardent, convaincant dans la tension et la rage, et le baryton Andreas Wolf campe un Guglielmo robuste et stylé ».


Michael Haneke opère sa mise à mort de l'amour - Le Monde 27.02.2013
« Michael Haneke a vêtu sa Fiordiligi, la plus rétive à la séduction adultère, d'un rouge libre et soyeux. Il a exploité les longues jambes de sa chanteuse perchée sur de hauts talons qui font volter et virevolter les volutes de sa jupe. Il a, en revanche, claquemuré la sensuelle Dorabella d'un look à la garçonne, une androgynie en cheveux courts et tailleur-pantalon noir - c'est elle, pourtant, qui enlèvera son tee-shirt la première ».
http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/27/michael-haneke-opere-sa-mise-a-mort-de-l-amour_1839730_3246.html

Le Così très cruel de Michael Haneke Par Philippe Venturini - Les Echos, 27.05.2013
« Haneke installe son Cosi dans un décor séduisant de villa Renaissance, dont la loggia ouvre sur un appartement contemporain avec cheminée ancienne. Le même désordre temporel s'empare des costumes, de splendides habits XVIIIe côtoyant des smokings actuels».
http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/sorties/spectacles/0202783804152-le-cosi-tres-cruel-de-michael-haneke-569375.php

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Fiordiligi (Anett Fritsch), la fiancée de Guglielmo (Andreas Wolf)

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et sa sœur Dorabella (Paola Gardina) fiancée à Ferrando (Juan Francisco Gatell)


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copies d'écran à partir de la version diffusée le 21.06.2013 par Arte-TV


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Turquie, EHESS 28.06.2013

 

GIT - Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »


Mouvement social et violences d’Etat en Turquie
28 Mai - 28 Juin 2013

Que s’est-il passé entre le 27 Mai et le 27 Juin ?
Table ronde. Comprendre le soulèvement, penser l’avenir

Réunion d’information & Table ronde
Vendredi 28 juin, 17h-20h45

EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,
105 boulevard Raspail, 75006 Paris
http://www.gitfrance.fr/

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Bac HG 2013 : Lettre à l'inpection

 

Académie de Nantes


Les professeurs correcteurs                                                                                                                        Nantes, le 24 juin 2013
Histoire-Géographie 1ère S
Épreuve anticipée Baccalauréat 2014


à  Inspection Pédagogique Régionale Histoire-Géographie

 

Mesdames, Monsieur,


A l’issue de l’épreuve anticipée d’Histoire-Géographie du Baccalauréat 2014 en 1ère S, les professeurs correcteurs réunis en commission d’harmonisation le mercredi 19 juin 2013 au lycée Appert d'Orvault (44) tiennent à vous exprimer leur plus vive colère face aux sujets proposés aux candidats qui ont mis en difficulté nos élèves malgré nos recommandations de l’année dernière.
Au-delà du silence du Ministère quant à nos alertes et propositions, malgré les faux-semblants des allègements, nous constatons avec rancœur que c’est l’ensemble de nos disciplines et de nos enseignements qui s’en trouve discrédité aux yeux de nos élèves. Ce contrat de confiance entre professeurs et élèves si long à construire et donc si fragile vient d’être rompu par l’irresponsabilité des initiateurs de ces sujets.

Le choix des thèmes et l’intitulé des sujets sont en totale contradiction avec les consignes ministérielles. Pour une dernière année de ces types d’épreuves nous étions en droit d’attendre des intitulés classiques valorisant le travail des élèves tout au long de l’année et leurs connaissances ; tout le contraire avec ces sujets appartenant au même Thème 2 du programme réduisant le choix des élèves et augmentant les inégalités entre candidats.
Le choix de la Géographie en Première Partie était prévisible mais les deux compositions portent sur des sujets difficiles correspondant à peine à 3 heures de cours. Les intitulés ont tellement désarçonné les candidats qu’ils se sont réfugiés sur le Sujet 2 à 80 %.

Le Sujet 1 pose trois problèmes précis. D’abord, une étude de cas n’a pas vocation  à être retranscrite sous forme de composition. Cette étude devait aboutir selon les programmes officiels, scrupuleusement respectés par les correcteurs, à un schéma qui a disparu de votre liste transmise le 26 octobre 2012. Ensuite, la diversité possible des études de cas traitées souligne l’impossibilité de s’entendre au préalable sur une proposition de correction. Enfin la référence de durabilité à l’étude de cas a produit de la confusion car de nombreux candidats ont choisi un autre exemple que celui attendu : ils ont confondu l’étude de cas du Thème 1 et celle du Thème 2.

Le Sujet 2 a donc été plébiscité par défaut. Mais il révèle l’imposture des allègements du programme. Comment traiter l’ensemble des « activités » sans mentionner les espaces agricoles et touristiques français participant à la mondialisation qui ont été supprimés en 2013 ? Les candidats sont les victimes finales de la tromperie des allègements. Devons-nous sanctionner le candidat ayant respecté l’intitulé selon son cours ou bien devons-nous valoriser exagérément le candidat ayant saisi la logique du programme et qui aura donc intégré dans sa composition les leçons sur Paris, sur les transports, sur le tourisme, sur la Northern Range, sur l’agriculture néanmoins évoquée par les professeurs ? Que de questions sans réponse, où le professeur correcteur se retrouve isolé face à ses copies et sa conscience professionnelle avec toutes les dérives possibles constatées l’année dernière dans les écarts de notation.

L’analyse d’un document en Histoire sur l’économie-monde britannique pose aussi trois problèmes. D’abord, elle correspond à une partie du programme vue en septembre en moins d’une heure de cours. Le choix d’Élisée Reclus, « géographe français » dans un document d’Histoire, est très discutable. Le document manquait de notes explicatives pour appréhender un auteur du XIXe siècle. Ensuite, peu de candidats ont fait référence à l’empire colonial britannique surtout qu’il a disparu du Thème 4 d’Histoire. Enfin, les candidats ont confondu économie-monde et économie mondiale, confusion déjà présente dans la fiche Éduscol d’aide à la mise en œuvre du programme.

Même si les candidats savaient que le croquis ou schéma n’était pas systématique à l’épreuve, l’analyse de deux documents en Géographie a aussi surpris nos élèves.
Nous les avions préparés à la cartographie et leurs beaux crayons de couleur bien taillés n’auront pas servi dans l’ensemble. Leurs compétences cartographiques n’ont vraiment pas pu s’exprimer avec la proposition d’une carte faussement simpliste et d’un texte (trop) court extrait d’un manuel scolaire. Deux documents paraphrasés par les candidats car ils ne leur permettaient pas d’en extraire un avis critique ou de les amender d’arguments attendus en réponse comme par exemple les migrations, la situation politique, la culture dans la place de l’UE dans la mondialisation.

Nous sommes d’autant plus écoeurés qu’il a fallu répondre à l’incompréhension et à l’inquiétude des élèves et de leurs parents à l’issue de l’épreuve. En s’excusant parfois pour rassurer les élèves quant à la correction de leur copie.
Nous serions en droit de connaître le nom des rédacteurs de ces sujets scandaleux qui ne reflètent en rien voire même dénigrent l’ambition des sujets proposés par les correcteurs lors des bacs blancs dans chaque établissement.

Malgré nos alertes et nos propositions de l’année dernière, le pire est advenu. Nous vous avions demandé de ne plus avoir autant de copies à corriger (une moyenne de 105 copies par correcteur) avec 3 exercices différents à évaluer. Nous ne constatons cette année aucun changement surtout que tous les professeurs exerçant en 1èreS n’ont pas été convoqués.

En plus de la répartition inégale des copies entre les 2 sujets de composition (Sujet 1, 20 % et Sujet 2, 80 %) qui prouvent l’incohérence du choix des thèmes et des intitulés, nous observons cette année une grande hétérogénéité dans le nombre de pages des copies : entre des copies structurées et complètes, même avec de nombreux hors-sujets et des copies trop peu fournies alors que l’auteur a respecté les consignes.

Ce courrier exprime notre désarroi face à l’avenir de nos disciplines.
Notre défiance est grande depuis 2 ans vis-à-vis d’une institution incapable de prendre en considération les avis et propositions des professionnels de terrain que nous sommes. C’est pourquoi nous réclamons d’être réellement consultés quant aux futurs types d’épreuves de Terminale S de juin 2015, surtout lorsque nous lisons dans le JORF N°0137 du 15 juin 2013 (page 9909, texte n°3) que la durée de ces épreuves sera de 3 heures au lieu de 4 heures auparavant.

Notre défiance est encore plus grande lorsque nous nous apercevons que l’Inspection Générale n’a pas su défendre nos disciplines en rétablissant les horaires d’avant la réforme en Première et Terminale S (perte d’1.5 heure).
Les élèves étant suffisamment pénalisés par les difficultés du programme, par la lourdeur du travail imposé et par la difficulté des sujets, nous ne souhaitons pas les dévaloriser davantage en ajoutant la pression et les inégalités supplémentaires qu'entraînerait une correction accélérée des copies, sans possibilité de revenir sur certains devoirs.

Nous refusons donc de respecter la seconde limite figurant au bas de nos convocations (vendredi 5 juillet), alors que la clôture officielle de saisie des notes est le jeudi 11 juillet (haut de la convocation). Les personnels du rectorat auprès desquels nous nous sommes informés nous ont expliqué que les paquets de copie étaient importants car nous avions un long temps de correction. Amputer ce temps d'une semaine se ferait nécessairement au détriment des candidats.

L’Histoire et la Géographie méritent toute votre attention afin de continuer d’élever la curiosité de nos élèves et de contribuer au développement de leur raisonnement critique.  Nous attendons ainsi de votre part une réponse rapide à nos demandes.

Veuillez croire, Mesdames, Monsieur, à notre profond attachement à un service public d’éducation respectueux des valeurs républicaines et de ses usagers.

La lettre est signée par 34 professeurs d'Histoire-Géographie,
dont Benoît Picherit (Lycée Livet - Nantes) qui a diffusé ce courrier.


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