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Quarante et un ans pour dévoiler le képi caché - LDH Toulon
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1533
Alain Resnais, Nuit et Brouillard.
Entre 1956 et 1997, le képi du gendarme a été censuré et masqué à la gouache

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Alain Resnais, Nuit et Brouillard
Le cliché présenté depuis 1997

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Cadrage plus large dans la version Illusions perdues (1941-1942) de JM Plouchard

 

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Un autre gendarme en arrière-plan de cette photo du documentaire de JM Plouchard


- La censure de 1955-1956 :
Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard un film dans l'histoire (chapitre 9, Bas de fer avec la censure), O Jacob, 2007
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm

Jacques Mandelbaum - Nuit et Brouillard, le scandale - Le Monde : 22.08.2006
En décembre 1955, à la suite d'une demande du ministère de la Défense, la censure exige la suppression de la silhouette du gendarme. Resnais qui n’avait pas repéré initialement ce gendarme accepte de masquer le képi par un bandeau noir. Pendant 41 ans, cette censure devient une icône illustrant la collaboration de l’Etat français à la destruction des juifs.
En avril 1956, Maurice Lemaire refuse la présence du film à Cannes (pression de la RFA ?). Le film sera néanmoins projeté hors compétition le 29 avril, lors de la Journée du souvenir de la déportation.
http://resistancememoires.over-blog.com/article-3594795.html


- Pithiviers ou Beaune-la-Rolande ?
d'après Sylvie Lindeperg, le cliché fourni par le CDJC à Alain Resnais indique au dos que le camp est celui de Pithiviers [Agence Fulgur 46 rue Laffitte autorisé par censure 7 mai 1941]. Il a pu être publié dans la presse de la collaboration. En 2007, dans une note, page 144, SL écrivait « aucune investigation poussée n’a été entreprise sur cette photographie ».

En 2010, pour le Cercil, Catherine Thion a mené ce travail d'expertise. La mention de Pithiviers a été mise en doute. « Le travail de comparaison et l'identification des bâtiments présents à l'arrière-plan permettent de conclure que la photo dite du gendarme représentait en fait la partie sud-ouest du camp de Beaune-la-Rolande, et non le camp de Pithiviers ».
Rapport d'activités 2010 du CERCIL (source NM) : http://www.cercil.fr/cercil/adherents/files/page19_1.pdf

Cette expertise risque de rester longtemps lettre morte :
toutes les pages web consultées mentionnent le gendarme de Pithiviers et continueront longtemps de le faire ...

 

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Le camp de Pithiviers - source wikimedia commons                        Le camp de Beaune-la-Rolande - source JM Plouchard


- Le rôle de la gendarmerie, d'après l'historien Benoît Verny
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JM Plouchard, 1941-1942 : Illusions perdues (vers la 36e minute)

« La gendarmerie locale, tout comme la parisienne, est constamment associée au camp. La crainte des autorités (les ministères ou le préfet du Loiret), c'est que les gendarmes finissent par sympathiser avec les internés. Ils savent que les hébergés ne sont pas des délinquants, qu'on n'a rien à leur reprocher.
On demande aux gendarmes de faire des choses qui leur répugnent. Ils voudraient se dégager de ce qui se passe à l'intérieur du camp. Mais quand les choses deviennent difficiles, par exemple quand il y a des tentatives d'évasion, les gendarmes remplissent leur rôle : ils tirent sur les évadés, ils les pourchassent, ils les arrêtent, ils les livrent à la justice. Et lors de la rafle du Vel d'hiv, ce sont eux qui vont faire le pire.
Les gendarmes peuvent avoir des réticences ou des états d'âme, mais ils appliquent les consignes. La gendarmerie (et la police), ce sera une force de persécution très efficace ».


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En bas à gauche, le gendarme au clairon

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