20 septembre 2012

Nos ancêtres les Germains

 

germains-lo


«Intelligence avec l’ennemi» : les archéologues français ont-ils collaboré ?

invité du Salon noir, le 19.09.2012 : Laurent Olivier pour l'ouvrage
Nos ancêtres les Germains : les archéologues au service du nazisme
Laurent Olivier a co-dirigé : Le sang et le sol : l'archéologie nazie en Europe de l'Ouest, Infolio - 2007

http://www.franceculture.fr/emission-le-salon-noir
l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10267-19.09.2012-ITEMA_20401710-0.mp3


- La première partie du Salon noir traite de l'archéologie allemande complice du nazisme.
(un sujet déjà abordé en mars 2010 au Collège de France
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/03/05/17122488.html
ou http://clioweb.canalblog.com/tag/olivier

« Plus de 80 % des archéologues ont adhéré au parti nazi et aux théories de Gustav Kossinna, maître à penser de cette archéologie et pour lequel cette discipline devait être une science de combat … Mise au service du régime national-socialiste, l'archéologie fournit une légitimité scientifique directe à l'entreprise d'épuration raciale et de germanisation forcée ».
L'hitlérisme a financé et boosté les carrières de jeunes archéologues. En retour, ils ont appliqué les théories raciales à tout ce qui avait été publié sur la préhistoire des territoires dont les nazis prévoyaient la conquête et la germanisation.

Laurent Olivier rappelle la rivalité entre l’AMT Rosenberg (Reichsbund für deutsche Vorgeschichte ) - le parti nazi - et « l’héritage des ancêtres » d’Himmler et de la SS, entre Hans Reinerth l’arriviste collaborateur de Rosenberg et Herbert Jankuhn (Himmler).

Après 1945, beaucoup de ces archéologues ont échappé à la dénazification.
Ce n'est que vers 1990 que leur rôle sous le nazisme sera interrogé.
Herbert Jankuhn meurt en 1990 : « Following his death in 1990 an obituary appeared in the Nouvelle Droite magazine Nouvelle Ecole in which Alain de Benoist, the journal's editor and the head of far right GRECE, acknowledged Jankuhn as one of the "sponsors" of the magazine ».
http://en.wikipedia.org/wiki/Herbert_Jankuhn


- La seconde partie s'intéresse aux archéologues dans la France occupée

L'archéologie de Vichy s'intéresse moins à la préhistoire qu'à la période gallo-romaine : elle veut y voir l'intégration réussie d'un peuple vaincu qui a su reconnaître sa défaite et adopter la culture du vainqueur.
(les Gaulois posent problème aux racistes nazis, par ex à propos du mur gaulois : un autre peuple aurait-il pu soumettre et dominer des Germains ?)

L'archéologie c'est environ 150 personnes, un milieu minuscule,
composé surtout d'autodidactes d'origine plutôt modeste.
De nombreux régionalistes se laissent séduire et prendre dans les filets nazis.
(« la collaboration implique plutôt des franges aisées et éduquées » précise Laurent Olivier.
En Moselle annexée, Emile Delort et Marcel Lutz participent aux fouilles du IIIe Reich

Il développe l'exemple de Johannès Thomasset. Le paléontologue, spécialiste de Chassey, évolue vers des thèses racistes, et veut faire de la Bourgogne une burgondie germanique.
A l'invitation d'Himmler, à Berlin, il prononce un discours sur L'héritage burgonde et la France.
Après 1945, il est arrêté et jugé. Gaston Roupnel lui apporte son soutien.
Il est amnistié (la police et la justice ne connaissaient pas la teneur de son discours de Berlin)
cf Aryens de tous pays, CR d'ouvrage - http://www.monde-diplomatique.fr/2007/12/

D'autres sont fusillés. C'est le cas du couple Passemard, de Marthe et SaintJust Péquard, archéologues et miliciens.
Cela fait beaucoup de fusillés dans un si petit milieu.

Néanmoins, l'archéologie doit tout à cette période : la loi Carcopino de 1941 a été validée en 1945), l'organisation en services régionaux, la revue Gallia......


Lors du colloque (2004 ?), la session sur la germanisation de l'Ouest du Reich n'a pas été bien accueillie.
Les organisateurs français l'ont refusée, il a fallu louer une salle (aucune n'était disponible à l'université).
Les actes ont été publiés en Suisse

Le sang et le sol : l'archéologie nazie en Europe de l'Ouest, Infolio - 2007
L'ouvrage a été présenté dans Le salon noir le 25.04.2007

laurentolivier

Laurent Olivier, MAN, St Germain - source MHF

.
.

Posté par clioweb à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


1792, Entrer en République

 

1792, Entrer en République
Colloque IHRF et SER les 20 et 21 septembre 2012 à Paris

http://ser.hypotheses.org/464  -  http://ihrf.univ-paris1.fr/


Jeudi 20 septembre 2012
Matin : fonder la République (I)

    9h30 Allocutions d’ouverture du colloque
    10h A de Francesco (Université de Milan), « Comment naissent les républiques ? »
    10h20 Raymonde Monnier (CNRS), « Que signifie « être républicain » en septembre 1792 ? »
    10h40 pause
    11h00 Guillaume Glénard (Université d’Artois), « Les principes constitutionnels de la République ».
    11h20 Serge Aberdam (INRA), « Une Constitution destinée à recevoir une sanction populaire ? »
    11h40-12h15Débats

 Après-midi : fonder la République (II)

    14h10 Peter McPhee (Université de Melbourne), « Robespierre et la République ».
    14h30 Philippe Bourdin (Université de Clermont-Ferrand), « Une pédagogie de la République : les correspondances des députés auvergnats, entre Assemblée législative et Convention »
    14h50 Laurent Brassart (Université de Lille 3), « Devenir républicain à l’été 1792 : mythes et aléas d’une conversion »
    15h10 pause
    15h30 Gaid Andro (Université de Rouen), « Les procureurs généraux syndics face à la rupture républicaine : entre engagement politique et pragmatisme administratif, entre adhésion collective et dissidence individuelle »
    15h50 Paul Chopelin (Université de Lyon 3), « Bénir la République. Providentialisme et contingences pastorales dans le discours politique des évêques constitutionnels (août-septembre 1792) »
    16h10 Anne Jollet (Université de Poitiers), « Femme de conventionnel : un enjeu politique dans la république »
    16h30-17h15 Débats


Vendredi 21 septembre 2012
Matin : élire la Convention nationale.

    9h Serge Bianchi (Université de Rennes 2), « Les élections en Seine-et-Oise : un vote déjà républicain ? »
    9h20 Jean-Paul Rothiot (Université de Nancy), « Le vote républicain en Lorraine ou La Lorraine devient républicaine »
    9h40 Jean-Baptiste Legoff (Archives départementales de la Meuse), Des élections sous la menace de l’invasion ennemie.
    10h pause
    10h20 Julien Bouchet, Sébastien Pivoteau, Jean Salvat, Côme Simien (Université de Clermont-Ferrand), « Incarner la République ? Les attitudes des futurs Conventionnels devant l’idée républicaine dans trois départements méridionaux (Ariège, Aude et Pyrénées-Orientales) ».
    10h40 Frédéric Régent (Paris I), « Devenir Républicain aux Petites Antilles à travers l’exemple  de l’élection des députés à la Convention »
    11h Hervé Leuwers (Université de Lille 3), « Les conventionnels des 20 et 21 septembre 1792. La progressive mise en action des députés qui ont choisi la République »
    11h20-12h Débats

 Après-midi : parler au nom de la République

    14h Michel Biard (Université de Rouen), « Premières prises de parole et débats législatifs à l’aube de la République ».
    14h20 Pierre Serna (Université Paris I), « La France est république ». Brissot et les origines politiques de la république ».
    14h40 pause
    15h Bernard Gainot (Université Paris I), « Tout citoyen doit être armé pour la cause commune. La République comme camp militaire en 1792 ».
    15h20 Virginie Martin(Université Paris I), « Entrer en République : gageure ou impasse diplomatique (août 1792-avril 1793) ? »
    15h40 Annie Jourdan (Université d’Amsterdam), « Le regard des étrangers sur l’entrée en république de la France (1791-1793) ».
    16h-16h45 débats
    A partir de 17h commémoration au Panthéon

Posté par clioweb à 07:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,