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source : Mediamediorum



Vier Sheriffs zensieren die Welt - Die Zeit 06.08.2012

Wie Apple, Facebook, Amazon und Google dem Internet ihre Gesetze aufzwingen.
4 shérifs censurent le monde. Comment Apple Facebook Amazon et Google imposent leurs lois sur l'internet
http://www.zeit.de/2012/32/Zensur-Apple-Facebook-Amazon-Google

1/4 : Vier Sheriffs zensieren die Welt
2/4 : Google & Co. erweisen sich zunehmend als moralisch verkniffene Bibliothekare
3/4 : Internetsurfer nehmen heute an einer Reihe von gigantischen Experimenten teil
4/4:  Auf einmal scheinen Gedankenspiele nah zu sein


La Une de l'hebdomadaire allemand Die Zeit titre sur la censure du Web par les quatre géants américains (Apple, Facebook, Amazon et Google) :

« Photos d'hommes ou de femmes bloquées par Facebook, censure effectuée au nom de Community Standards discutables, chansons censurées, applis politiques censurées sous prétexte de diffamation, oeuvres d'art masquées, filtrage politique des recherches en fonction des exigences des régimes politiques en place mais, plus encore, filtrage par les moteurs de recherche en fonction de l'activité passée de l'internaute, de sa situation actuelle... »
http://mediamediorum.blogspot.fr/2012/08/censure-sur-le-web.html - (source : Nicole)


« Pourquoi ne protestez-vous pas ? » ( Warum protestiert ihr nicht? ), demande le romancier Benjamin Stein.Il redoute que les citoyens n'abdiquent leurs responsabilités et se laissent aller, naïfs, à une nouvelle forme de totalitarisme.
http://www.zeit.de/2012/32/Zensur-Interview-Benjamin-Stein

 

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Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Larry Page et Tim Cook - source Die Zeit



Die Zeit n° 32, 2 août 2012
- adaptation d'extraits - source NM

Les réponses sont effrayantes : c'était simplement un test. Ou :  des statistiques. C'est tout.
Ainsi les dirigeants esquivent les questions qui pourraient fâcher : « Ne vous inquiétez pas. Il n'y a rien à savoir ».

Qui  demande dérange.

Justement, vous avez raison de vous inquiéter. D'être très inquiet.

Un test, Statistiques.  Ce sont les réactions d' un employé de Facebook contre les critiques des membres du réseau social . « Blockwart 2.0» et  «  un peu Stasi, le tout », avait-elle maugrée lorsqu'elle était interrogée par ses connaissances à propos de Facebook. Les informaticiens de Facebook ont déjà remarqué que les usagers utilisaient des pseudonymes, au lieu de leurs vrais noms. La maison n’aime pas que ses membres aient des secrets. Aussi, depuis quelques semaines, Facebook se sert de son interface pour interroger le cercle de connaissances des suspects identifiés et pose la question: « Est-ce le vrai nom de votre ami ? »
http://www.zeit.de/2012/30/Social-Network-Facebook
Un test ? Quel genre de test ? Est-ce que les gens sont prêts à dénoncer leurs amis s'ils y sont invités par un logiciel?
L'espionnage par Facebook est juste un cas parmi d'autres, dans lequel les sociétés de premier plan  imposent leurs règles aux internautes avec des méthodes douteuses.

Vers la même époque Apple a refusé de diffuser un jeu satirique que Frédéric Jacobs (San Francisco) a programmé pour l'iPhone. Le jeu s'appelle « Syriens en colère » ; dans un univers coloré de bande dessinée, il critique le régime brutal du président Bachar al-Assad.
Pourquoi n'est-ce pas autorisé chez Apple? Par ce que ce serait « diffamatoire ou injurieux » affirme l’entreprise US.

Apple censure le discours politique. Combien de fois encore ?

Ou Amazon : début juin Amazon a retiré Le livre noir de  WWF du programme. L'auteur Wilfried Huismann appartient à une organisation environnementale proche de l'industrie ; le différend juridique est devenu évident . Amazon a banni le livre, avant même que le tribunal ait statué. Dans les faits, un seul groupe privé peut-il décider seul de ce qui nous pouvons lire ?

Ou Google : il filtre les résultats de son moteur de recherche mondial d'après l'orientation politique, parfois d'après les intérêts personnels des utilisateurs. Le fond blanc du site suggère la neutralité ; la réalité est bien moins simple.

Qu'est-il arrivé ici ?
L'Internet des pionniers était un espace de liberté. Où on pouvait découvrir des mondes inconnus et ne pas se retrouver. Un lieu, en effet anarchique et sauvage. Mais libre.

… Résumé :
 Apple, Facebook, Google et Amazon veulent tout sécuriser. Les quatre shérifs décident pour nous : la technique leur permet de censurer sans effort. Y compris sur des sujets qui mériteraient un débat au sein de nos sociétés.

Les 4 shérifs refusent de répondre aux questions
Google ne répond pas aux questions sur ses algorithmes.
Apple censure des mots comme motherfucking (putain)
Chez Apple, il est aussi impensable de montrer un sein nu de femme, même en peinture (un nu de Max Beckmann, l' expressionniste allemand est censuré).
Frau im bett -  1932, 40*80 cm
http://p0.storage.canalblog.com/02/78/119589/54539137.jpg
Lying Nude - 1928
http://www.bloomberg.com/photo/-lying-nude-/168380.html
Pas question de diffuser une publicité pour l'exposition  « Femmes » à  la  Pinacothèque de l'art moderne de Munich.
Frauen - Pablo Picasso, Max Beckmann, Willem de Kooning
Munich - Die Pinakothek der Moderne 2012 - http://www.pinakothek.de/node/20674

Que filtre Apple ou pas ?
Chez Apple, il est impossible d'évoquer le travail des enfants (en Afrique ils sont utilisés pour chercher les matières premières nécessaires aux smartphones) ou de parler de suicides d'ouvriers dans les usines en Chine.
Aucune réponse.

 Facebook  surveille même les conversations de ses membres. Le prétexte : la protection des mineurs contre les pédophiles. Mais un tel combat peut-il légitimer des atteintes réelles aux droits individuels ? Les Etats de droit ont besoin d'un tribunal pour décider, avant d' intercepter des conversations téléphoniques ou fouiller des maisons. Facebook n'a pas voulu commenter officiellement le sujet.

Des exemples par pays suivent.
http://www.zeit.de/2012


 

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