21 juillet 2012

Duby, l'historien et les éditeurs

 

- Benoît Marpeau, Georges Duby, L'historien, l'éditeur et l'oeuvre
Un article publié dans Livres d'Histoire, lectures de l'Histoire
le dernier numéro des Cahiers du CRHQ (en ligne), n°3 (2012)

L’analyse des archives conservées par l’IMEC montrent l’importance des sollicitations des éditeurs et de certaines de leurs interventions sur les textes de l’historien. Elles permettent de reconstituer un parcours éditorial qui ne correspond pas de manière simple et directe avec le parcours intellectuel du médiéviste
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/71/88/01/PDF/c3a6-Marpeau.pdf

(l'article prolonge le séminaire CRHQ-IMEC du 21 avril 2011,
http://www.crhq.cnrs.fr/archives/fichiers-attaches-manifestations/seminaires-2010-2011/sem-culture-2010-2011.pdf


Lire également dans ce numéro des Cahiers, 
Chapoutot, Les Humanités allemandes en guerre : le Rome et Carthage des antiquisants allemands (1943)
http://www.crhq.cnrs.fr/cahiers/page-cahier.php?id_num=8

Le site des Cahiers :
http://www.crhq.cnrs.fr/cahiers/index.php


- Théories entourant Mona Lisa - Les Inrocks listent les plus courantes:
http://www.lesinrocks.com/2012/07/19/mona-lisa


- Géographie parallèle Marc Jurt - Michel Butor
expo Musée de l'imprimerie Lyon
dossier de presse :
http://www.imprimerie.lyon.fr/jurt_butor

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20 juillet 2012

Vivoin, morts 1914-1918

 

A Vivoin, le nombre des soldats morts pour la France varie selon la source :
Le monument aux morts public indique 18 tués en 1914, 6 en 1915, 4 en 1916, 2 en 1917, 8 en 1918.
La plaque présente dans l'église indique 7 tués et 3 disparus en 1914, puis 1, 4, 0, 8.
Les prénoms y figurent en entier.

Les critères ont parfois varié d'une commune à l'autre (naissance, résidence).
Il faudrait exploiter les données fournies par Mémoire des hommes

vivoin-1914

vivoin-14-18-eglise


vivoin-1915-18

 

v-couillaut

Sur le site web Mémoire des hommes,
la fiche d'Ernest Couillaut, tué à l'ennemi le 16 septembre 1914
(porté disparu sur la liste de l'église)


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19 juillet 2012

La mémoire des robes

 

duflot-robe


La mémoire des robes
Marie-Anne Paveau, blog La pensée du discours - 18 juillet 2012
http://penseedudiscours.hypotheses.org/10138    

« Hier, Cécile Duflot portait une robe. Hier elle répondait, à l’Assemblée nationale, à une question qui la concernait. Et hier, au moment de sa réponse, elle a été huée, et/ou sifflée ... »

« Cette robe, qui n’a rien d’extraordinaire comme objet ... a sans doute le malheur de ne pas être un tailleur, qui est plus ou moins l’uniforme des femmes politiques, même coloré, ou de ne pas être LA “petite robe noire” qui est la tenue de l’élégance normative prescrite par Coco Chanel. Évidemment, il y a une femme sous la robe et la robe imprime aussi, si je puis dire, les sentiments négatifs envers cette  femme-là. Il n’en reste pas moins que cette robe est un puissant indicateur sémiotique et culturel, et cette affaire est finalement bien intéressante à analyser ».


l'incident résumé par Maître Eolas :
Une jeune femme agressée verbalement car elle portait une robe
https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/225495674299490304


Les électeurs ont mis au chômage plusieurs spécialistes de la vulgarité partisane. Mais les coups bas semblent continuer, avec en toile de fond les vieux clichés machistes et sexistes de certains politiciens.


- Christine Bard, Performances de genre : images croisées de Michèle Alliot-Marie de Roselyne Bachelot - Histoire@Politique, 2012-2
http://www.cairn.info/revue-histoire-politique-2012-2-page-69.htm
source : ED - Apses

extraits:
« Dans le gouvernement formé en 2007, le casting de Nicolas Sarkozy annonce la percée du glamour (Rachida Dati, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rama Yade). La beauté n’est plus taboue. Elle participe à un processus de séduction décomplexée ».

« Les carrières longues de Roselyne Bachelot et de Michèle Alliot-Marie semblent indiquer qu’elles ont bien géré leur image. Typées dans leur genre, elles sortent du lot. Toutes deux profitent donc de la spectacularisation de la vie politique qui exige une présence féminine, pour les besoins même du spectacle.
Les femmes, en tant qu’outsiders, ont un intérêt immédiat à profiter de cette nouvelle donne qui facilite leur accès au pouvoir et ne se gênent pas pour le faire ».


- 02.08.2012 - La parole est à la robe à fleurs, Libération Rebonds

« On a le droit d’être une femme dans notre démocratie, oh oui, mais en politique, seulement une femme modeste qui ne porte pas son sexe ou sa fleur en bandoulière ».


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1ere S : Mauvaises notes au bac

 

- 1ere S : Mauvaises notes au bac (Lettres, HG). Ouest-France
 Des parents d'un lycée catho de la Ferté-Bernard écrivent au recteur
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Mauvaises-notes-au-bac


- Quelles sciences sociales au lycée ?
Contribution de l’APSES sur le site de la FSU
http://desideespourleducation.net/Contribution-de-l-APSES.html

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18 juillet 2012

Géricault, études pour le Radeau

 

gericault-radeau

Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse - 1818-1819 - Louvre (détail)
source : http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/g/gericaul/1/index.html

 

Géricault au cœur de la création romantique : études pour Radeau de la Méduse
Musée Quilliot,Clermont, jusqu'au 2 septembre 2012.
Site Internet de l'exposition : http://www.clermont-ferrand.fr/gericault


Géricault, reporter du naufrage de la Méduse - Le Monde culture

« Des gravures du drame circulent vite, et le Théâtre de la Porte-Saint-Martin en fait un mélodrame, joué en avril 1819. Le 25 août 1819, s'ouvre le Salon. Une toile, dont le titre a été censuré, suscite le scandale : Le Radeau de La Méduse, de Théodore Géricault ... »

« Géricault se mesure en toute simplicité à Michel-Ange. Il démontre, face à l'hégémonie de David et du néoclassicisme, qu'il n'est pas obligatoire d'aller chercher dans l'histoire gréco-romaine ou dans la Bible des sujets héroïques et tragiques. Le présent en propose ... » http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/07/16/gericault-reporter-du-naufrage-de-la-meduse_1734228_3246.html


L'article de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Radeau_de_la_méduse

Le Radeau sur Wikimedia Commons :
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:The_Raft_of_the_Medusa

- Géricault, peintures dans The Web Gallery of Art
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/g/gericaul/1/index.html

La présentation du site l'Histoire par l’image, avec une animation
http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=136

2 mn de Palettes, la vidéo de Jaubert
http://gericault.blogspot.fr/2011/09/le-radeau-de-la-meduse.html
sur un site consacré à Géricault : http://gericault.blogspot.fr

Figures du désastre, rencontres de la galerie Colbert - APAHAU
http://blog.apahau.org/figures-du-désastre/
dans le programme en pdf : le scandaleux Radeau, Voir en grand, L'esclave sans visage, Le corps en morceaux
http://www.arias.cnrs.fr/colloques/journee_Galerie_Colbert/Prog_12_03_2011_Galerie_Colbert.pdf


http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=rs_avance_frame

Rouen, étude pour le Radeau de la Méduse, cabinet des dessins
http://www.rouen-musees.com/Musee-des-Beaux-Arts/

Géricault, Catalogue de la rétrospective du Grand Palais, 1991-1992
Une biblio de 20 pages
fournie par le MARQ avec mention de 3 fichiers en pdf dont :
Elodie Verlinden ? http://serveur1.archive-host.com/membres/up/1169320477/le_radeau_de_la_meduse.pdf


Parmi les très nombreuses présentations pédagogiques :

- une présentation par Nicole le Méner - DAAC Rochefort - Académie de Poitiers 2006-2007
Elle cite la copie grandeur nature du Radeau exécutée par Ronjat et Guillemet en 1859, copie conservée au Musée d’Amiens. http://www.inventezvousunmusee.org/data/contenu-pedagogique/Rochefort_radeauMeduse.pdf

Eléna Mahé, arts visuels, IA 17 (citée dans la biblio)
http://ww2.ac-poitiers.fr/ia17-pedagogie/IMG/pdf/0_Gericault_Le_Radeau_de_la_Meduse.pdf

Pierre-Emmanuel Valla, 2009
dont un entrée Versions du tableau à propos des hésitations de l'artiste : navire sombrant (Rouen), scène de mutinerie (Rouen et Amsterdam) , le sauvatage des naufragés (Dijon), Scène de cannibalisme (coll part.), L'Argus en vue (Rouen), Les survivants appelant au secours (Rouen), les esquisses du Louvre ...
http://pterodaxtyle.free.fr/en-regard/index.php?post/Meduse

Au collège, une triple approche : informative, sensible, plastique
http://espacehgfauthoux.e-monsite.com/pages/coin-methode/methode-etude-de-tableau.html

- Cycle III - http://blog.crdp-versailles.fr/studebaker/index.php/category/Cycle-III/Arts/Histoire-de-l-art

- dans un clip : http://www.mathoman.com/index.php/1589-les-tableaux-d-art-les-plus-connus-dans-un-clip-musical


gericault-ebauche

Géricault, une des ébauches - source : http://christaldesaintmarc.centerblog.net/


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17 juillet 2012

Le prieuré de Vivoin

 

v-prieure

Le prieuré en 2012

Le prieuré a été probablement fondé au XIe (par le vicomte Raoul V de Beaumont-au-Maine) et donné à l'abbaye de Marmoutier (Tours). La construction se poursuit jusqu'au XVIe.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieure_de_Vivoin
http://prieuredevivoin.sarthe.com/histoire_du_prieure.asp

Abandonné et laissé en ruines au XIXe, il est sauvé par une initiative locale en 1965 et l'émission Chefs d'oeuvre en péril. Plusieurs campagnes menées par des bénévoles ont permis de le reconstruire. Il est aujourd'hui propriété du département de la Sarthe.

v-1960-80

A gauche, l'état du bâtiment central en 1960,
peu avant la participation à l'émission Chefs d'oeuvre en péril (60 000 F obtenus).
à droite, la reconstruction de la salle voûtée en croisée d'ogives,
par des bénévoles a eu lieu dans les années 1980.

v-voutes

L'état actuel de la salle du rez de chaussée, dans le bâtiment central
(Centre culturel de la Sarthe. concert - exposition Aude Franjou (lin et chanvre)
http://prieuredevivoin.sarthe.com/detail_actu.asp?card=2652 )

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La charpente, dans une salle du premier étage (le dortoir ?)

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salle dite du palais de justice

 

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dans l'ancien cloître, décor Renaissance

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reconstitution du jardin


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A l'intérieur de l'église, une statue en marbre du XIVe siècle

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et un marchepied artisanal pour enfants de choeur ... petits ....


 Le site web du prieuré de Vivoin : http://prieuredevivoin.sarthe.com

 

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MHF : moratoire annoncé le 11.07


La ministre de la Culture a annoncé un "moratoire" sur ce dossier, projet culturel phare et contesté du sarkozysme.

L'avenir de la Maison de l'histoire de France est désormais en suspens.
La ministre donne satisfaction aux historiens qui dénonçaient un projet politique, partisan et imposé et qui plaçaient beaucoup d'espoirs en l'alternance. La décision d'Aurélie Filippetti "est un choix de responsabilité et de raison", se félicite Vincent Duclert.

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120716.OBS7360/coup-dur-pour-la-maison-de-l-histoire-de-france.html

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HG terminale ST2S - STMG

 


4 Programme d'histoire-géographie-éducation civique
en classe terminale de la série sciences et technologies de la santé et du social
Arrêté du 15 juin 2012
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026122404&dateTexte=&categorieLien=id

6 Programme d'histoire-géographie-éducation civique
en classe terminale de la série sciences et technologies du management et de la gestion
Arrêté du 15 juin 2012
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026122417&dateTexte=&categorieLien=id


3 Programme d'enseignement de l'histoire-géographie-éducation civique
dans les classes de troisième conduisant au diplôme national du brevet, option internationale
Arrêté du 15 juin 2012
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026122398&dateTexte=&categorieLien=id

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16 juillet 2012

La France a-t-elle peur de son histoire ?

 

cité sur twitter, Droit d'inventaire n°8 : La France a-t-elle peur de son histoire ? - L'Ours, mars 2012
http://www.lours.org/default.asp?pid=398

Pourquoi enseigner l'histoire ? par Alain Bergounioux
« Relier les évènements entre eux et problématiser davantage l’enseignement serait retrouver les fondements (et tout l’intérêt) de la démarche historique, mener une « enquête » pour répondre à des questions que se posent les hommes et confronter les interprétations pour comprendre les changements ! » - http://www.lours.org/default.asp?pid=810
L'histoire dans l'enseignement secondaire : orientations nouvelles, par Laurent Wirth
Pour lever des malentendus sur les programmes, par Jean-Yves Piboubes
Une réforme qui ne passe pas, par Françoise Gour
Histoire, notre école en péril, entretien avec Jean-François Sirinelli
Musée d'histoire de France : une autre voie est possible, par Vincent Duclert


16.07.2012 - Une version en pdf est disponible sur le forum Aggiornamento

JY Piboubès, un des concepteurs, voudrait de lever les malentendus : selon lui, ce programme permet de problématiser, de mettre en perspective, d'échapper à la course à l'exhaustivité et à la restitution.

Françoise Gour ne partage pas cet optimisme. « Cette réforme, dont peu de professeurs comprennent la nécessité, semble en fin de compte ne répondre qu’à une seule : détruire ce qui tenait encore de la transmission de l’histoire aux élèves dont ils ont la charge ».

Extraits du texte Une réforme qui ne passe pas, à lire en ligne
« L’inspection pataugeait autant que nous, pire, elle courait après la réforme, tentant au jour le jour de trouver les formes pour la mettre en pratique ».
« Pléthoriques et superficiels, schématiques et simplifiés, ces programmes ont renoncé à l’ambition de former les élèves à réfléchir ».
Ces programmes courent après chaque mode sont perceptibles ; les ravages en sont déjà perceptibles. Ils privent l’enseignant de sa liberté pédagogique, ils l’obligent à courir après le temps, à survoler et à décérébrer à force de simplifications.

« La suppression récente de l’HG en terminale scientifique a provoqué un certain émoi » ose l’IG Alain Bergougnioux.
« La dernière réforme ne crée pas un certain émoi . Les professeurs ne s’en remettent tout simplement pas » lui rétorque Françoise Gour.


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HG : Une réforme qui ne passe pas


Une réforme qui ne passe pas
par Françoise Gour, professeure d’histoire, lycée Racine - L’Ours 416 - mars 2012
version en pdf sur le forum Aggiornamento ou sur Clioweb

Enseigner l’histoire ne procure plus autant de plaisir au professeur que je suis. Précisément, ce plaisir est terni par le sentiment de bâcler mon travail, sentiment nouveau, mêlé de colère, qui ne cesse de croître depuis que j’ai à mettre en application la dernière réforme des programmes. Cette réforme, dont peu de professeurs comprennent la nécessité, semble en fin de compte ne répondre qu’à une seule : détruire ce qui tenait encore de la transmission de l’histoire aux élèves dont ils ont la charge.

Inscrite dans le cadre plus général de la réforme des lycées, celle des programmes s’est faite dans la plus complète improvisation. On réformait le cadre, il fallait modifier les contenus. On a donc innové, dans l’urgence. L’innovation a consisté à introduire un enseignement par thèmes. En seconde, les contenus de ces thèmes ne s’éloignaient pas vraiment de ceux des années précédentes. Malgré certaines nostalgies, les enseignants s’y retrouvaient et n’ont pas forcément perçu le changement à l’oeuvre. Les consignes étaient vagues, les directives rares. L’inspection pataugeait autant que nous, pire, elle courait après la réforme, tentant au jour le jour de trouver les formes pour la mettre en pratique. Dans la précipitation, les éditeurs ont sorti des manuels que les élèves n’ont eu en mains qu’au bout d’un trimestre de cours et qui ne disaient rien des types d’épreuves auxquelles nous devions les préparer. Comment l’auraient-ils pu ? Les inspecteurs, très occupés à les imaginer, n’en savaient rien eux-mêmes. Pour ce qui concerne les programmes de 1ère dont l’élaboration a disposé de plus de temps, les professeurs de l’académie de Paris n’ont été informés de la nature des épreuves de 1erS et des attentes de l’inspection en matière d’évaluation que fin décembre dernier. C’est peu dire que cette réforme n’a pas été préparée. Ni réfléchie.

Les programmes de 2de mis en oeuvre en 2010-2011 comme ceux de 1ère en chantier cette année présentent un allègement drastique des contenus. Critique récurrente à chaque réforme. Il semble bien néanmoins que cette fois-ci, on ait atteint l’os : 10 h pour « Croissance économique, mondialisations et mutations des sociétés de 1850 à nos jours », 17 pour « la guerre au XXe siècle ». Pour que les élèves de S puissent passer une épreuve anticipée en fin de 1ère, il a fallu ramasser ce qu’on étudiait en deux ans en un seul. Les élèves doivent donc étudier une période très longue et difficile, et la seule façon, d’y parvenir est de la survoler. D’où le découpage par thèmes.

L’HISTOIRE PAR THÈME : LA SIMPLIFICATION
Qu’est-ce qu’un thème ? C’est un fourre-tout qui balaie la période. Celui sur la guerre au XXe rassemble les deux guerres mondiales, la guerre froide et les « nouvelles conflictualités », ce qui conduit à des amalgames inévitables de la part des élèves et dont l’approche est réduite à une série d’études de cas : Berlin, Cuba et guerre du Vietnam pour la Guerre froide. L’intention, me semble-t-il, est de déclencher un réflexe pavlovien chez l’élève le jour de l’examen : Guerre froide = un lieu + une crise + une guerre. Ce goût du schéma se retrouve dans les exercices de l’examen ; en géographie, ils pourront avoir à en faire un.

Pléthoriques et superficiels, schématiques et simplifiés, ces programmes ont renoncé à l’ambition de former les élèves à réfléchir. L’étude de la Première Guerre mondiale se résume à présent à l’expérience combattante, contraignant le professeur au récit convenu de l’effroi de l’assaut, de la brutalisation et de la solidarité qui, s’il suscite immanquablement l’empathie chez les élèves, ne leur apporte pas grand-chose dans la perception des enjeux de ce conflit. Les préoccupations (mais qui donc a conçu ce programme ?) sont autres : semer le graine du bon sentiment, faire psalmodier les élèves : « Comme la guerre est affreuse ! Comme il faut tout faire pour l’éviter ! » Nous pourrions leur rappeler comment, en 1914, les hommes n’ont pas su ou pas voulu l’éviter, rappeler la parole de Jaurès, par exemple, oubliée dès sa mise en terre. Mais au logos on préfère le pathos.

DES PROGRAMMES DANS L’AIR DU TEMPS
Et le ludique. Dans le programme des futures TS, il est prévu d’étudier la mondialisation au travers du football. Pourquoi pas ? Mais pourquoi pas au travers du marché de l’art ? Parce que l’argument est toujours le même, il faut partir de ce que sont censés aimer les élèves. En réalité, on les rive à leur clou. Le rôle de l’école et particulièrement du cours d’histoire est de les mener dans des chemins qu’ils n’ont pas l’habitude de fréquenter. Obligés de séduire, les programmes sont soumis à des effets de mode : nombre d’entre nous se souviennent avec agacement d’avoir eu à enseigner les « aires de civilisation » à la sauce Hungtington dans le programme de Terminale qui vit sa dernière année et se livrer à des contorsions pénibles. Aujourd’hui, la mode est au développement durable…

Last but not least, ces programmes subissent une empreinte idéologique forte. Ainsi, au fil des ans, l’expression « révolution industrielle » est devenue un gros mot que nous avons été sommés de remplacer par industrialisation car, c’est un « processus lent et cumulatif », surtout pas une révolution. En 2de, on aborde cette question par le biais ludique et attrayant de la machine à vapeur. Si on apprend ainsi comment une invention devient une innovation, passent à la trappe les concentrations de maind’oeuvre, la naissance de la classe ouvrière, de la question sociale et des doctrines socialistes. Quid du socialisme ? Il a disparu des programmes (le XIXe est le siècle sacrifié de la réforme). Il surgit, dans le cours de 1ère, au chapitre des totalitarismes, sous la forme du stalinisme version années 1930.

LES PROFESSEURS NE S’Y RETROUVENT PAS
La question des contenus est au coeur du malaise des professeurs d’histoire, éloignée cependant des nostalgies exprimées par les parents ou par une classe politique en peine de roman national. L’entrée des Annales dans les collèges et les lycées a fait un bien fou. Mais l’enseignement qui en découle n’a pas trouvé de cadre chronologique satisfaisant. D’où la difficulté pour la grande masse des élèves de se repérer dans le temps (et dans l’espace). Ce n’est pourtant pas le découpage en thèmes longitudinaux balayant le dernier siècle et demi qui aidera les élèves de 1ère à mieux s’y repérer. Au contraire, les ravages en sont visibles au quotidien. Mettre ces programmes en application est d’une difficulté folle : transmettre un contenu de plus en plus léger requiert en amont une préparation de plus en plus lourde. Il faut établir des passerelles entre le cours et les études de cas en évitant les redites, multiplier les activités tout en veillant à ce que nos élèves prompts à « zapper » ne perdent pas le fil et boucler un programme trop lourd. Les professeurs de 1ère S s’arrachent les cheveux pour y arriver, les mêmes qui n’ont pas de difficulté particulière à enseigner la totalité de celui de terminale.

Ces programmes, tels qu’ils sont conçus, privent l’enseignant de liberté, son temps est compté, minuté. Empêché de « dériver », il n’a plus le droit au récit qui, lorsqu’on n’en abuse pas, porte les élèves, leur donne à comprendre, parce qu’a priori un professeur sait ce qu’il dit et comment le dire, toute chose qu’avec la meilleure volonté, les élèves ne parviennent ni à formuler, ni à percevoir au travers de l’étude, forcément rapide, de documents. Au tabou du cours magistral répond en miroir le culte du document. Le document est la panacée. Les classes butinent de texte en graphique, de carte en photo, sans oublier les immenses perspectives de l’ENT (environnement numérique de travail). Lentement, pesamment, sans que pour autant les élèves se métamorphosent en historiens. La dernière réforme ne crée pas un « certain émoi ». Les professeurs ne s’en remettent tout simplement pas.


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