Mythologies contemporaines : Révolution française et cultures populaires dans le monde aujourd’hui, c’est le titre d’un colloque qui a eu lieu à Vizille en mars 2012. Martial Poirson et Alain Chevalier, les organisateurs veulent conduire une « histoire sociale et culturelle de l’imaginaire révolutionnaire contemporain » en étudiant les « réappropriations et détournements » des mythes (des mémoires ?) de la Révolution française dans différentes cultures.

Dans le compte rendu rédigé et mis en ligne le 5 mai 2012, Serge Bianchi souligne le choc entre l’héritage d’une vision républicaine de la Révolution et les nouveaux stéréotypes forgés par les fictions mâtinées d'histoire qui redonnent vie à la légende noire, celle d'un Dickens (A Tale of two cities). La Révolution n'est plus la matrice de la société et de la politique actuelle (les droits de l’homme, les débuts de la démocratie) mais une violence aveugle contre Marie-Antoinette et les aristocrates, mis en scène sur fond de victimisation et de frivolité.

Les participants du colloque ont souligné plusieurs chantiers urgents :
- « occuper les milieux et les médias qui ont consommé un divorce certain entre cultures populaires et patrimoine historique de la Révolution : le théâtre populaire, comme au temps de l’an II, de Romain Rolland, du TNP et de la Cartoucherie ; le roman populaire, à l’image du Quatre vingt treize de Victor Hugo en 1874 ou des Dieux ont soif d'Anatole France en 1912 ; le cinéma populaire de Napoléon (1925-, de la Marseillaise (1932), de 1788 (1978), de La Caméra explore le temps (1964) ».

- Reconquérir l’espace de l’enseignement. (cf la journée « Enseigner la Révolution française » à Ivry en mars 2011).

- Mettre à portée d'un large public l'érudition disponible et le travail des historiens d'aujourd'hui.

L’ampleur d'une refondation néessaire est considérable.Le bicentenaire suggère des pistes possibles. « La lutte est très inégale », mais ne pas l’engager serait une démission, un renoncement à des journées et des valeurs qui ont « changé la face du monde  et pesé sur le destin des nations écrit Serge Bianchi.


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