Une méthode à fabriquer des cancres

Le Nouvel Observateur publie un article sur le sort et les enjeux de l'histoire enseignée, après une réforme très controversée en lycée. (source LDC)
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Un article trop vite écrit ? - Le Journal de Lubin


En deux pages, Claude Soula rappelle l'essentiel des débats récents : polémique autour de l'ouverture en collège aux autres civilisations, déstructuration de l'HG en lycée à la suite de la suppression de l'HG en Term S.
L'accent est mis sur la faiblesse de ce qui est assimilé et maîtrisé par les élèves (pour certains, l'Everest serait le plus haut sommet de la France), en contradiction totale avec des intentions ambitieuses (prétentieuses ?).
L'article cite beaucoup de monde : Laurent Wirth, l'APHG, l'UNSA, plusieurs profs, qq élèves.
Mais il ignore la pétition du SNES contre un programme insoutenable, qui dénature la discipline et le métier


Le journaliste cogne contre les manuels (de beaux emballages), contre les programmes, contre la démarche (l'étude de cas).
Mais rien n'est dit sur la colère des profs et l'inquiétude des élèves, sur les conditions de travail réelles en première (examen en fin d'année, nouvelles épreuves non testées au préalable, suppression de postes, destruction de la formation initiale et continuée). cf l'interrogation Est-ce qu'il y a quelqu'un ? sur le site Aggiornamento en décembre 2011, ou les messages sur la liste H-Français, dont un récent de Cécile de Joie.
Rien n'est dit l'écart entre les discours (enseigner avec le numérique) et les décisions du ministre (suppression des travaux de groupes). Rien n'est dit sur les conditions d'élaboration des programmes, sur le refus de prendre en compte les avis formulés par les profs.Si la concertation avait été réelle, la mise en oeuvre des programmes aurait été moins catastrophique.


Que va-t-il se passer demain pour l'histoire et la géographie ?

« Je rétablirai l'enseignement de l'histoire en terminale scientifique »
L'enjeu dépasse bien sûr le sort des seuls Terminale S.
Mais la promesse du candidat Hollande en février sera-t-elle tenue ?
Quels acteurs seront associés à la décision du nouveau ministre et de ses conseillers ?
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Le ministère précédent a joué des divisions entre profs, entre associations et syndicats. Il a surfé sur l'allergie à la pédagogie. Il a démoli énormément et dans la précipitation, avec l'espoir secret d'interdire toute évolution alternative.

Face à une telle situation, les attentes sont considérables.
Les choix politiques ou idéologiques sont souvent difficilement conciliables
(voir ce qu'écrit le forum Neoprofs sur les conseillers de V. Peillon).

« Le ministère serait bien avisé d'évaluer la mise en oeuvre des programmes » estime la syndicaliste.
S'agit-il seulement de la mise en oeuvre ?
Est-il possible de corriger à la marge un ensemble si contesté ?
Entre l'accomodement et le maximalisme, n'y aurait-il pas place pour une annonce rassurante rapide et pour la poursuite d'une réflexion d'ensemble dans la durée ?


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