demoule-retrouve

JP Demoule, ... Comment l'archéologie raconte notre passé - source Robert Laffont


[ Un article de Libération, l'occasion d'explorer le rôle de l'archéologie,
et de vérifier plusieurs forces du web :

- L'extraordinaire capacité d'archivage et de suivi d'un sujet, surtout quand il n'est pas nécessaire de sortir au préalable une CB pour acheter un contenu.
- L'intérêt du numérique avec
l'interdépendance entre tous les supports, de l'article au livre, de la presse écrite à la conférence disponible en ligne.
..]



Libération a publié dans le Mag et mis en ligne un entretien de Sylvestre Huet avec Jean-Paul Demoule, l'ancien directeur de l'INRAP (il publie On a retrouvé l'histoire de France. Comment l'archéologie raconte notre passé). Une version de l'article a été mise en ligne sur le blog Sciences 2.

En 2009, Libé a déjà publié "Sous les chantiers, les temps retrouvés" 13.10.2009.
Lire ou écouter aussi une conférence de 2010 au Collège de France.


Les archéologues peuvent se vanter de plusieurs réussites :
- ils ont conquis leur indépendance face à l'histoire de l'art et à l'histoire,
- ils publient, sont présents sur internet et ont l'oreille de la presse écrite et de la radio (cf Le Salon noir)
- ils ont renouvelé la connaissance d'un passé installé par les historiens à partir des sources écrites et des hagiographes.
JP Demoule ose une lecture globale de l'histoire (la généalogie des inégalités, de la domination et de la servitude).



Mais ils se heurtent à au moins 3 obstacles :
- Les fouilles préventives peuvent perturber les chantiers et déranger les bâtisseurs
- La TV commerciale les ignore, et Arte achète surtout des docus fictions à l'allemande.
- Les clichés véhiculés par la presse conservatrice ont plus de force, de poids et de durée que l'archéologie scientifique.


Enfin, dans le lobbying, ils sont moins efficaces que les historiens de l'art :
Ils n'ont dans le secondaire ni discipline ni enseignement transversal.
Allègre a attribué la Préhistoire aux SVT, pas aux historiens.
La religion du patrimonial s'accommode mal d'une histoire au raz du sol, associant culture matérielle et représentations. Et oser travailler à partir de questions et d'hypothèses, chercher des indices, les interpréter, émettre parfois des doutes, c'est mal venu dans un monde qui veut surtout des vérités a-historiques, installées ou révélées.


.