Jules_Ferry_Nadar

Jules Ferry (1832-1893)
photo Nadar - 1969 - source : Wikimedia Commons


Actualité de Jules Ferry

Concordances des Temps avec Mona Ozouf, 11.02.2012
L'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16278-11.02.2012-ITEMA_20344073-0.mp3


« Ferry famine », « Ferry Tonkin », « Ferry sans Dieu », Jules Ferry a été violemment attaqué de son vivant.
Il continue de l'être même si les difficultés présentes de l'école incitent certains à idéaliser son rôle scolaire.

Surtout dans le dernier quart d'heure (40e-55e mn), écouter la défense de Jules Ferry par Mona Ozouf qui affirme refuser les faux procès et met en contexte son action politique. De son côté, JN Jeanneney prend la défense de Clemenceau.

Racisme et colonisation ? Les discours de Ferry servent à illustrer les thèses des colonisateurs. La vision des races est très marquée par la culture de la fin du XIXe (et le lobbying de certains scientifiques - cf. l'oeuvre de C. Reynaud-Paligot). Mona Ozouf rappelle que les textes de Ferry pourraient nourrir un réquisitoire contre les pratiques des colons en Algérie. Elle replace la divergence entre Ferry et Clemenceau dans le cadre d'un combat politique vigoureux, sur fond de souvenir de la défaite de 1870. Pour Clémenceau, le détour colonial est un abandon pur et simple de la Revanche : à l'Assemblée, il accuse Ferry d'être un traître à la patrie.

Mona Ozouf voit entre les deux dirigeants l'opposition de deux héritages de la Révolution française, d'un côté un jacobinisme autoritaire, de l'autre une attention plus marquée au local. Elle souligne l'opposition de deux tempéraments : Ferry mise sur l'éducation, sur le possible, donc sur la durée ; Clémenceau est un orateur redoutable, c'est vers 1882 l'homme du beau mot et de l'instant.



dans la bibliographie :
- Mona Ozouf, Jules Ferry, Bayard, 2005.
- Jean-Michel Gaillard, Jules Ferry, Fayard, 1989.
- Jules Ferry : fondateur de la République, actes du colloque de l'EHESS 1985
- Odile Rudelle, Jules Ferry. La République des citoyens, Imprimerie Nationale Éditions, 1996.
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