- Nathalie Mons : [la notation des profs par le seul chef d'établissement] « Une mesure à contre-courant »
Si le projet ump-chatel passait, « la France adopterait un modèle ultraminoritaire, en vigueur dans seulement deux pays, et en plus en voie de disparition - la Belgique l'a abandonné il y a quelques années en décidant d'avoir recours aussi à des inspecteurs. Elle irait ainsi à contre-courant des tendances actuelles qui vont vers le collectif et un regard externe ». La France est aussi l'un des rares pays à ne pas évaluer ses établissements

Egalement dans Libération Education :
http://www.liberation.fr/education,99763
« Le texte est imprécis, qu’est-ce qu’on mesure finalement ? »
C.P. proviseure d’un Lycée Pro à Toulon
« Ce ne sera pas pire que le système actuel, c’est la loterie »
Prof des écoles
« Il faut faire évaluer les profs par des spécialistes »
B.M. Professeur de collège à Montreuil
« Si le chef d’établissement devient un patron, c’est non »
P.R. Inspecteur (académie de Clermont)
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L'actualité de l'Education  Rue des Ecoles, 14/02/2011 -
3 invités, E Davidenkoff, M Baumard, F Jarraud
L'émission au format mp3 : http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11192-14.12.2011-ITEMA_20329344-0.mp3

L'émission revient sur la rétention de l'information, sur la politique actuelle de l'éducation, sur l'enjeu de la notation (l'évaluation ?) des profs, sur le repérage des enfants supposés à risque dès la grande section de maternelle.

Vers la 12e minute : Pourquoi la relative atonie des enseignants face à l'annonce sur la notation des profs par le seul chef d'établissement ? Parfois les facteurs, ED cite : le calendrier ; ballon d'essai ou casse délibérée ; depuis 2003, rupture dans mobilisation (amputation du salaire). Selon lui, si cette dernière mesure passe sans mobilisation significative, alors qu'elle touche au coeur du métier d'enseignant, alors le gvt pourra ensuite tout se permettre (dans son entreprise de démolition partisane, ce que la com' vendait comme rupture en 2007).

MB  évoque une profession totalement déstabilisée et une tactique redoutable du ministre actuel : il communique sans arrêt, mais il n'a jamais exposé clairement sa vision de l'école. D'où l'impression d'être devant un puzzle, où les pièces arrivent l'une après l'autre. On tente un coup (cf le programme ECLAIR), on ne fait jamais de bilan, et quand cela passe sans bruit, on accélère jusqu'a ce que cela coince.

28e minute : une fois que l'on a écarté toute référence à la pédagogie, une fois que l'on a supprimé la formation, les postes, les dispositifs d'aide, que reste-t-il pour faire marcher le système ? La schlague ?? (FJ)

Plusieurs lectures politiques.
2 dans l'émission :
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MB cite aussi un entretien avec M Gauchet : la droite a une seule idée sur l'Education, de la maternelle à l'université : mettre des petits chefs partout !
- Le pouvoir actuel peut aussi jouer électoralement les parents (de droite) contre les profs (FJ), voire se servir de la jalousie de salariés précarisés à l'égard des fonctionnaires (la détestation de la fonction publique, c'est un fond de commerce habituel de l'extrême droite)

- Une troisième sur la durée :
Relire l'Appel des Appels - Remettre l'humain au coeur de la société (22/12/2008) :
http://www.appeldesappels.org/

« A l'Université, à l'École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l'information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s'accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d'une idéologie de l'homme économique, le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois naturelles du Marché. Cette idéologie s'est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture, refusons qu'une telle idéologie mette maintenant en faillite le soin, le travail social, l'éducation, la justice, l'information et la culture ».

Ecouter et lire Roland Gori* (il était à l'IRTS d'Hérouville vendredi dernier).
http://clioweb.free.fr/dossiers/rolandgori.htm

A Lille, vers la 35e minute, il dénonce la casse des métiers et leur réduction au seul travail soumis à la mécanisation (le numérique) et à la course double à la productivité et au dumping social. Selon lui, l'injonction faite à ses agents d'abandonner leur mission et de se convertir aux logiques de l'entreprise privée est une véritable trahison. La violence de cette rupture symbolique génère à la fois une énorme colère (cf le mouvement contre la démolition des retraites) mais aussi de la démobilisation et de la désespérance.


- « On dépossède les professionnels de leurs savoirs » - Libération 21/10/2011
http://www.liberation.fr/societe/01012366982-on-depossede-les-professionnels-de-leurs-savoirs

- « L’école condamnée à produire du capital humain » - Libération 22/10/2011
A la botte de l’économie (et de la finance), le système scolaire serait lancé dans une course à la compétitivité. Une mutation que déplore le sociologue Christian Laval, qui dénonce le déclin de la pédagogie et un surcroît d’inégalités.
http://www.liberation.fr/societe/01012367077-l-ecole-condamnee-a-produire-du-capital-humain


- Comment vendre à la découpe le service public - Laurent Bonelli, Serge Pelletier - Le Monde diplomatique 12/2009
http://clioweb.free.fr/debats/decoupe-public.htm


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