Dans Les Lundis de l'histoire du 28/11,
Michelle Perrot a invité deux historiens :
Christophe Charle pour Discordance des temps. Une brève histoire de la modernité , Paris, Armand Colin (2011)
Anne-Marie Thiesse pour Faire les Français. Quelle identité nationale ? Paris, Stock (2010)

L'émission au format mp3

courbet-atelier

Gustave Courbet, L'atelier du peintre, 1855 - Musée d'Orsay - 359 x 598 cm
source : The Web Gallery of Art

- 20e minute : Courbet, L'enterrement à Ornans, L'atelier du peintre

CC vante le rôle de Courbet dans l'invention de la modernité, à côté de Manet.
Ornans, c'est pour lui le scandale d'un tableau de grande dimension qui met au centre des gens ordinaires, pas des grands hommes. 
L'atelier du peintre : c'est une réponse à l'autocélébration de Napoléon lors de l'exposition de 1855, Courbet louant un pavillon face à l'exposition officielle. CC y voit le sacre de l'artiste (au centre, à la place de Napoléon 1er), la femme (modèle ou allégorie de la vérité), un jugement dernier (les amis du peintre parmi les élus, ses adversaires parmi les réprouvés).

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- vers la 27e minute, Christophe Charle distingue 3 modernités

. Le moment 1830 : retour de la révolution, convergence entre phénomènes esthétiques, politiques et sociaux - les utopies, le romantisme comme un potentiel de relecture de l'avenir

. La modernité classique (pour la France), 1850-1890, naissance de l'art moderne, industrialisation,  lutte en faveur de la démocratie et de la république, 3 éléments au fondement de notre modernité, espoir d'un progrès indéfini

. La modernité problématique, retour critique et doute vers 1900. La modernité n'a pas tenu ses promesses, le grand soir n'arrive pas, le peuple se laisse séduire par des démagogues, le progrès social n'efface pas les inégalités, la guerre n'a pas été abolie, mais les conquêtes coloniales installent les Empires et la concurrence entre pays européens mène à la Grande Guerre.