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« La gauche doit changer la société »

dossier de Libération autour de « La société des égaux », l’ouvrage de Pierre Rosanvallon - Le Seuil

- « Nous sommes aujourd’hui dans des sociétés en panne de réciprocité »
Pierre Rosanvallon analyse le recul progressif de l’idée d’égalité et propose de réactualiser cette notion ».
http://www.liberation.fr/politiques/rosanvallon

- Le nécessaire retour aux sources d’une « société des égaux »
http://www.liberation.fr/politiques/01012356481-le-retour-aux-sources-d-une-societe-des-egaux

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extraits : 

Le néolibéralisme a servi à légitimer le démantèlement de l’Etat-providence (même s’il est encore résilient) et la réduction des impôts. Il a correspondu à des formes d’attentes sociales. Il a mis en avant de la figure du consommateur, un individu diminué, a-social. Il a aggravé les inégalités, et balayé les acquis du mouvement social : ce n'est plus le travail qui fait le niveau de vie, mais l'héritage, le capital accumulé. Il en résulte la destruction du monde commun, le mode de fonctionnement indispensable en démocratie, et le retour aux deux nations hostiles de l'Angleterre victorienne.

Pour les néo-libéraux, les individus seraient gouvernés par un choix rationnel. « Je pense en fait que les individus ne sont ni simplement des calculateurs rationnels ni tout bonnement altruistes : ils sont réciproques. Parce que la réciprocité, c’est, comme l’égalité dans le suffrage universel, la règle qui peut mettre tout le monde d’accord. Or nous sommes aujourd’hui dans des sociétés en panne de réciprocité ».

Singularité, réciprocité et communalité, sont les trois dimensions de l’égalité selon Rosenvallon. « Ces trois principes sont aussi pour moi les fondements d’une société des égaux. Ils peuvent servir de base à un projet social très largement accepté. Nous sommes à un moment où il nous faut impérativement réactualiser les révolutions démocratiques d’origine, qui ont été mises à mal par le développement du capitalisme, par les épreuves des grandes guerres mondiales, les affrontements idéologiques Est-Ouest… C’est urgent, car nous sommes en train de renouer avec les pathologies les plus terribles du lien social : les formes d’inégalités croissantes, mais aussi la xénophobie, le nationalisme renaissant. Comme historien, je suis frappé de voir le discours des années 1890 revenir en force à travers les mouvements d’extrême droite et néo-populistes en Europe ».

« La gauche a pour mission de ne pas se réduire à être celle qui corrige à la marge, ou même de façon plus importante, les inégalités de revenus. Elle ne doit pas se fixer simplement pour objectif d’agir au niveau européen pour l’adoption de régulations économiques et financières plus fortes. Elle doit viser à reconstruire la culture démocratique moderne. Voilà le véritable objectif du moment 2012 ».

- Lumières républicaines - Le Monde des livres 02/09/2011
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/01/lumieres-republicaines_1566175_3260.html

L'égalité maintenant ! - Le Monde des livres 02/09/2011
lecture de Pierre Rosanvallon par Julie Clarini

« Mais alors, comment, aujourd'hui, refonder l'égalité ? Comment, quand triomphe l'individualisme, quand l'aspiration à la "différence" est universellement partagée, tisser à nouveau les fils de l'égalité et ceux de la liberté ? L'efficacité de la pensée politique de Rosanvallon se déploie à l'aune de cette complexité contemporaine. Pour (re)fabriquer des égaux, partons des ego, le jeu de mots du titre vaut programme, et la dernière partie dessine les grands axes d'une "politique de la singularité" et de la "réciprocité", qui implique notamment de redéfinir l'Etat-Providence. A ces conditions, la société des égaux sera, assure l'historien, "une utopie parfaitement réaliste ».
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/01/l-egalite-maintenant_1566176_3260.html

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- Pierre Rosanvallon, la page Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rosanvallon

Page et cours au Collège de France (2008-2011)  :
Les métamorphoses de la légitimité - Qu'est-ce qu'une société démocratique ? - Les inégalités
http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_pol/audio_video.jsp


- La vie des idées :
http://www.laviedesidees.fr/_Rosanvallon-Pierre_.html

2007 - L’universalisme démocratique : histoire et problèmes

2010 - À l’épreuve du politique

- Penser le populisme, Rencontres de Pétrarque 2011
 

- Thierry Pech, Le temps des riches. Anatomie d'une sécession. Annoncé au Seuil le 6 octobre 2011.

« Les riches ont largué les amarres : ils ont fait sécession du reste de la société. Leurs gains sont désormais sans commune mesure avec ceux de leurs contemporains et ils échappent toujours davantage aux filets de la solidarité. 
Cette situation n'est pas seulement moralement discutable et politiquement dangereuse. Elle est aussi économiquement absurde : aucune des théories échafaudées pour la justifier ne résiste à l'examen. Mais les raisons qui nous y ont conduits ne peuvent être cantonnées à la cupidité des individus, ni même aux décisions de telle ou telle majorité politique. Elles plongent leurs racines beaucoup plus profondément dans un compromis social et idéologique auquel nos sociétés ont collectivement consenti. Ont ainsi été réunies les conditions historiques pour que des élites désamarrées ressuscitent les clivages d'une société de rentiers et d'héritiers comparable à celle de la fin du XIXe siècle. 
C'est ce paradoxe que ce livre tente de percer : comment des sociétés envahies par un individualisme vidé de toute consistance morale ont organisé et finalement justifié la sécession de ceux qu'elles regardent à la fois comme l'accomplissement ultime de leur idéal et comme un symbole d'injustice majeur  ».

Jean-Fabien Spitz, « La valeur égalité. Leçons pour la gauche européenne », La Vie des idées, 14 juin 2011. ISSN : 2105-3030. recension de G. A Cohen, On the Currency of Egalitarian. Justice and Other Essays in Political Philosophy
http://www.laviedesidees.fr/La-valeur-egalite.html

rosanvallon

Pierre Rosanvallonsource : Collège de France


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