dans la série de l’été un lieu, un discours, Gérard Lefort attire l’attention sur un discours du député socialiste à Albi en juillet 1903. http://www.liberation.fr/culture/01012355084-jean-jaures-une-pensee-d-avenir

« Alors qu’aujourd’hui la plupart des politiques s’adressent à nous comme à des enfants, des débiles mentaux ou des spectateurs de TF1, Jaurès parle à ces enfants comme à des adultes. Bien plus, il fait systématiquement le pari de leur intelligence ». 

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Dans ce discours à la jeunesse, à lire ou à relire
http://clioweb.free.fr/dossiers/jaures/jaures-1903-jeunesse.pdf


- le double 
combat de Jaurès en faveur de la République et du socialisme :

« La République a vaincu parce qu’elle est dans la direction des hauteurs, et que l’homme ne peut s’élever sans monter vers elle » … A comparer avec la formule de Guizot : « Le suffrage universel n’aura jamais son jour ».

« ... Ce n’est pas seulement dans les relations politiques des hommes, c’est aussi dans leurs relations économiques et sociales qu’il faut faire entrer la liberté vraie, l’égalité, la justice. Ce n’est pas seulement la cité, c’est l’atelier, c’est le travail, c’est la production, c’est la propriété qu’il veut organiser selon le type républicain. À un système qui divise et qui opprime, il entend substituer une vaste coopération sociale où tous les travailleurs de tout ordre, travailleurs de la main et travailleurs du cerveau, sous la direction de chefs librement élus par eux, administreront la production enfin organisée »

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- Egalement, un p
laidoyer vigoureux en faveur d’une paix définitive
Bien loin d’une prétendue culture de guerre

La paix, un choix politique : « … avant tout, il faut rompre le cercle de fatalité, le cercle de fer, le cercle de haine où les revendications même justes provoquent des représailles qui se flattent de l’être, où la guerre tourne après la guerre en un mouvement sans issue et sans fin, où le droit et la violence, sous la même livrée sanglante, ne se discernent presque plus l’un de l’autre, et où l’humanité déchirée pleure de la victoire de la justice presque autant que de sa défaite ».

La paix, une conséquence de l’essor des techniques et des échanges : « si le premier effet des découvertes qui abolissent les distances est parfois d’aggraver les froissements, elles créent à la longue une solidarité, une familiarité humaine qui font de la guerre un attentat monstrueux et une sorte de suicide collectif ».

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Libération
a retenu l’avant-dernier paragraphe du discours : 

« … Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre … Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».
Le texte du discours : 
http://clioweb.free.fr/dossiers/jaures/jaures-1903-jeunesse.pdf

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rappel -  Jean Jaurès, un choix de sites internet (La société des Etudes Jaurressiennes, le Centre national et musée Jean-Jaurès, Les classiques des Sciences sociales, Jaurès dans les manuels d'histoire...)
http://clioweb.free.fr/dossiers/jaures.htm

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Jean-Jaures01

source : Wikimedia Commons

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