Trois clichés sur Internet véhiculés par les médias :
. Les internautes forcenés n'auraient pas de relations sociales
. Internet serait le territoire de la jeunesse (cf le stéréotype des digital natives) 
. Internet serait un monde à part déconnecté du réel.

Un article d’Antonio Casilli dans un dossier de Sciences Humaines consacré à Nos vies numériques. Un des 4 articles en accès libre et gratuit : http://www.scienceshumaines.com/nos-vies-numeriques_fr_27528.html 


- Antonio Casilli indique une traduction littéraire, source possible de chacun de ces stéréotypes qui ont la vie dure :

. Joseph Weizenbaum dans Computer Power and Human Reason (1976) pour le portrait du « forcené de l’ordinateur », à la mise « négligée » et à l’hygiène « approximative » 

. Marc Prensky, Digital natives, digital immigrants, 2001

. Il cite William Gibson, Neuromancien (1984) pour l’image de « l’hallucination consensuelle vécue quotidiennement par des dizaines de millions d’opérateurs ». 


- Un minimum de bon sens appliqué aux usages développés par près de deux milliards d’internautes, une sociologie qui ne recule pas devant l’analyse de la stratification sociale suggèrent l’inanité de ces clichés.


. En 2007 , chez les étudiants, les interactions informatiques épousaient le rythme de la vie universitaire : les échanges sur Facebook se faisaient « pendant les cours (sic !) et les soirs en semaine »

. Les digital natives ? 
« Les membres de la soi-disant «génération Internet» ne sont pas tous des virtuoses du clavier » . Représentation fantasmatique des rejetons des classes moyennes, ces clichés  médiatiques mettent en avant le rôle des enfants, cibles d’une communication commerciale ; ils ont pour but de séduire les parents acheteurs : les convaincre que l’accès aux technologies serait essentiel les incitera à ne pas reculer devant la dépense ( pour le bien de leur enfant … et l'intérêt des industriels de l’électronique).

« Les nouveaux médias encerclent le monde ». La rupture entre espace physique et espace numérique devient caduque et contre-productive. 

« Internet est l’histoire d’un protocole de communication militaire conçu pour faire face à une apocalypse nucléaire. Il est aussi l’histoire d’une société civile qui s’en est appropriée ».

Internet, une création des militaires ?
Ne serait-ce pas une 4e idée reçue ?
Lire ou relire 
L’alchimie des multitudes, l’ouvrage de Francis Pisani et de D Piotet, dans sa première version en ligne, ou dans la seconde actualisée.
http://clioweb.free.fr/debats/alchimie.htm
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SH409-viesnumeriques

source : http://www.scienceshumaines.com/nos-vies-numeriques_fr_27528.html