17 mai 2011

L'Ecole, c'est élémentaire


Un reportage de Fanny Capel à lire dans Télérama n° 3201 - 18/05/2011
autour de l'Appel pour que l'Ecole redevienne une priorité nationale
impulsé depuis l'école Jean Jaurès d'Epinay sur Seine

Un comité de mobilisation a été créé à Saint-Denis, et des contacts ont été pris avec des parents d'autres départements (Aude, Hérault, Hte Garonne ... Calvados, Doubs).

Parmi les questions :
Quel rôle pour les syndicats d'enseignants et les fédérations de parents ?
Des astres morts qui ont intégré la défaite ?
ou la source d'impulsions fédératrices et de succès ?

2 articles de Maryline Baumard sont cités :
. A Epinay-sur-Seine, des parents exaspérés par le non-remplacement des enseignants veulent saisir la Halde -Le Monde, 17 janvier 2011. http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4379

. En Seine-Saint-Denis, les parents d'élèves s'énervent - Le Monde 06/02/2011

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Extraits de l'Appel :
http://www.appeldesappels.org/tam-tam/appel-pour-que-l-education-redevienne-une-priorite-nationale-1194.htm

« Des enseignants absents non remplacés. Des milliers d'heures perdues par année (jusqu'à 1 année au total sur une scolarité complète !), des postes de médecins scolaires, d'enseignants spécialisés pour les enfants en difficulté, de personnels chargés de l'intégration des enfants handicapés, d'infirmiers… non pourvus ou supprimés. La suppression de l'année de formation initiale des enseignants uniquement pour faire des économies budgétaires (Enseigner, c'est un métier !). Les réformes réductrices des contenus des programmes…sans compter la pénurie organisée chez les partenaires de l'école (comme l'Aide Sociale à l'Enfance) ou la réorientation de la PJJ vers le tout répressif…
Tout cela, au détriment des besoins des élèves… »

Thèmes abordés dans l'Appel :
la crise de sens,
les inégalités territoriales,
former des acteurs responsables, émancipés et dotés d'esprit critique
les écoles passoires énergétiques
la pédagogie remplacée par un traitement sécuritaire des violences scolaires
quelle place faite aux parents ?

Nous demandons à ceux et à celles qui signent cet appel
  - d'agir pour l'abandon des toutes les régressions éducatives décidées ces dernières années,
  -  de mettre en place un grand débat national sur " l'école que nous voulons " pour des choix citoyens en matière d'éducation.

Nous réaffirmons
  -  qu'aucun enfant n'est condamné à l'échec,
  -  que tout enfant, même s'il ne s'adapte pas au système, peut à tout moment, progresser, révéler des talents et réussir,
  -  que l'école à vocation à lui donner les moyens d'être un citoyen autonome et responsable de sa vie, de s'épanouir dans un ou des métiers et dans la société.

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- Les mobilisations mises en avant sur le blog http://sauvons-lecole.over-blog.com/
    Nuit des écoles à Trappes
    L’école primaire craint l'asphyxie avec une nouvelle vague de suppressions de postes
    L'Eclair du ministère provoque un orage
    Lettre des enseignant-e-s d’une école d’Orly à leur inspectrice…
    Lettre ouverte à tous ceux qui prennent nos mots, les retournent et leur donnent un tout autre sens.
    J.-J. Hazan (Fcpe) : "L'évaluation de CE1 n'a aucune légitimité"
    600 postes RASED en moins, de l’échec en plus !
    Nuit des écoles : vendredi 20 mai

telerama_18052011

Nous, parents et instits, voulons sauver l'école
Télérama
, 18 mai 2011

  

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France postcoloniale et censure

Double courrier envoyé à ses correspondants par Esther Benbassa

Chers lecteurs, chers lectrices,

Je devais publier un dossier sur "La France postcoloniale" dans la revue Hommes & Migrations le 20 mai. Cette parution devait donner lieu à deux journées de manifestations culturelles sur ce thème à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) les 20 et 21 mai.

A la veille de l'envoi du dossier à l'imprimerie (jeudi dernier), la rédaction de la revue m'a demandé d'enlever de ce dossier un article de Nicolas Bancel intitulé "La brèche. Vers la racialisation postcoloniale des discours publics ?". Je précise que M. Bancel est professeur à l'Université de Strasbourg, détaché à l'Université de Lausanne (Unil - Faculté des sciences sociales et politiques - ISSUL).

Cette demande émanait en fait du directeur de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, M. Luc Gruson, lequel avait fait valider sa décision par un comité de rédaction plus ou moins fantôme, réuni la veille.

Cette exigence est demeurée sans appel, malgré quatre jours de négociations.

Je refuse en conséquence de publier le dossier censuré in extremis et j'annule les deux journées de manifestations culturelles des 20 et 21 mai au nom de la liberté d'expression et du refus de la censure.

Voici, ci-dessous,  ma réponse à la rédaction de la revue.
Si l'on cède une fois, on cédera toujours.

Esther Benbassa

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         Sujet: Re: revue Hommes et Migrations
         Date : Mon,16 May 2011 - 12:26
         De : Esther Benbassa            

           Madame,        

            L'article de M. Bancel fait partie intégrante de ce dossier. M.Bancel était d'ailleurs l'un des principaux intervenants du  colloque dont ce dossier constitue les actes. Les textes de ce dossier dans leur intégralité, y compris l'article de M. Bancel, vous ont été transmis le 11 février, corrigés et préparés à nos frais. A aucun moment le contenu l'article de M. Bancel n'a été contesté par vous, alors que nous avons travaillé ensemble sur ce dossier pendant plus de deux mois. Vous avez seulement demandé à M. Bancel d'abréger son texte, ce qu'il a fait, et m'avez suggéré de le placer en fin de dossier, ce que j'ai accepté.
         
            Le 5 mai, vous m'avez transmis, au format PDF, le dossier tel qu'il devait être imprimé, en m'indiquant qu'il allait être soumis pour BAT au directeur de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, m'annonçant déjà, fort étrangement, que (je vous cite) "ce thème est sensible pour cette institution" (sic) et qu'il "peut se passer que certains articles soient refusés tels quels par la direction" (re-sic). Mercredi dernier (11 mai), à la veille de l'envoi de la revue chez l'imprimeur, vous
m'annoncez que votre comité de rédaction a décidé de censurer M. Bancel, à moins qu'il ne revoie son texte, et m'avez transmis les remarques dudit comité pour qu'il puisse procéder - sous vingt-quatre heures - à cette révision. Jeudi (12 mai), M. Bancel nous a transmis une nouvelle mouture de son article. Vous m'annoncez ce jour (16 mai) que le directeur de la CNHI, qui est à l'origine de cette censure et de cet imbroglio, maintient sa décision d'une publication censurée de ce dossier. M. Luc Gruson, que je viens d'avoir au téléphone, m'a présenté cette décision comme sans appel.

            Je ne puis en aucune façon cautionner de telles pratiques, où paraissent se combiner mauvaise foi, amateurisme et claire volonté de censure politique. Je refuse donc catégoriquement une publication censurée de ce dossier dans Hommes et Migrations. J'annule évidemment la participation du Pari(s) du Vivre-Ensemble et du Centre Alberto-Benveniste à la manifestation qui était prévue, les 20 et 21 mai, pour marquer la sortie de ce numéro. J'avise l'ensemble des auteurs du dossier, l'ensemble des intervenants des journées des 20 et 21 mai, ainsi que les organismes - l'ACSE notamment - qui ont cofinancé le colloque et le dossier censuré, de ma décision et de ses motifs.
     
            En une trentaine d'années d'activités scientifiques, je ne me suis encore jamais heurtée à de telles manoeuvres, ni à pareil manque de professionnalisme. Je ne puis de toute évidence y associer mon nom ni ceux du Pari(s) du Vivre-Ensemble et du Centre Alberto-Benveniste. J'entends les dénoncer  publiquement comme il se doit, ne serait-ce que pour que d'autres chercheurs ne tombent pas à leur tour dans un tel piège.
          
           Ce dossier paraîtra ailleurs, dans son intégralité.
           J'abandonne la revue Hommes et migrations et sa rédaction à leur triste condition de revue officielle et de rédaction aux ordres.
          
            Esther Benbassa

benbassa

source de la photo : Rue 89 - 17/04/2010

 

- Réponse, sous forme de communiqué, d'Hommes et migrations :
http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?/actualites/zoom/6321-communique-de-presse

Pour juger sur pièces, il faudra attendre de pouvoir lire l'article de Nicolas Bancel.

.
- 19/05 : Non à la censure

Esther Benbassa donne dans un article publié par Rue 89 tous les éléments du dossier.

Un lien guide vers les trois premières pages de l'article de Nicolas Bancel (format pdf)

.
- Lire Thierry Leclere dans Télérama
-18/05/2011

La direction de l'institution a refusé de publier dans sa revue un article du chercheur Nicolas Bancel sur la France postcoloniale. L'universitaire Esther Benbassa, qui coordonnait le dossier, fustige cette institution publique, sa revue officielle et sa rédaction aux ordres. Elle vient de claquer la porte.

Triste consolation, écrit le journaliste : avec cette polémique qui bruisse sur le Net, la direction de la Cité de l’Immigration va donner un écho inespéré, et sans doute un public plus large, à ce dossier sur La France postcoloniale.

 

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Hongrie, politique et histoire

 

- Hongrie: 2011, Annus miserabilis de la mise en loi de l’histoire
Paul Gradvohl, U Nancy 2 - source E.A., cvuh

La situation est donc contradictoire et incertaine. Le gouvernement caresse l’opinion la plus nationaliste - qui croit qu’il y a plus de 50% de Hongrois en Transylvanie et que les Juifs mènent un complot anti-national sans doute aidés par les criminels tsiganes- et tente d’établir un ordre bétonné qui ne tolère que difficilement les opinions divergentes (loi sur les médias, procureurs soumis au ministre, Cour constitutionnelle neutralisée, etc.), mais garde en même temps des structures institutionnelles propres, en principe, à un État de droit.
Or, l’introduction progressive, en trois étapes ** , de la « politique historique » (de Viktor Orban et des nationalistes) aboutit à une impasse. 

** 1re étape: fin du contrôle civique de l’accès aux documents des services secrets
2e étape: dispersion des dossiers personnels des victimes
3e étape: suspension de l’histoire entre le 19 mars 1944 et le 23 mai 1990
http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1199

.
Les héritiers Renault assignent l'Etat en justice : Le Monde 12/05/2011

Les héritiers de Louis Renault « ont déposé, devant le tribunal de grande instance de Paris, une assignation destinée à obtenir l'indemnisation du préjudice matériel et moral causé par la nationalisation-sanction prononcée à la Libération ».

« Ils ont longtemps pensé que la réhabilitation de leur grand-père passerait par les historiens. Aujourd'hui, ils sont convaincus que seule la justice peut forcer une porte que la mémoire collective a, selon eux, verrouillée trop tôt. A charge et à décharge ».

Les Renault attaquent l'Etat :  http://louisrenault.com/articles_2007_2011.html
Lire également, sur ce blog, les Renault et le Centre de la Mémoire d'Oradour :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/03/04/20543510.html

.
- Belgique 
« 
Au 333e jour de la crise politique belge, l'ensemble des partis démocratiques flamands, hormis les Verts, s'est rallié, jeudi 12 mai, à un texte déposé par l'extrême droite du Vlaams Belang prônant une amnistie pour ceux qui ont collaboré avec l'occupant nazi entre 1940 et 1945 ». 
En 1943, 2 048 collaborateurs étaient engagés dans la Légion wallonne, 2 944 dans la Légion flamande et quelque 13 800 autres Belges servaient sous les couleurs de la Wehrmacht. Après la guerre, plus de 400 000 dossiers furent ouverts pour des faits de collaboration et 57 000 menèrent à un procès. On fusilla 105 personnes en Flandre, 122 en Wallonie et 14 à Bruxelles, relèvent les historiens Fred Stevens et Axel Tixhon (La Belgique pour les nuls, éd. First, 2010).
Le Monde 14/05/2011 - source ldc -cvuh

 

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