13 mai 2011

Notes : la constante macabre

- Evaluation des élèves : la copie est à revoirLe Monde 13/05/2011 annonce le colloque du Mouvement contre la constante macabre *, samedi 14 mai, au conseil régional d'Ile-de-France, à Paris.

* Selon André Antibi (U de Toulouse), « les enseignants se sentent obligés de mettre un certain nombre de mauvaises notes, même dans les bonnes classes, pour avoir l'impression d'évaluer correctement leurs élèves. Par crainte, aussi, d'être accusés de laxisme ».

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Egalement dans Le Monde Education

- A l'école élémentaire, les notes sont inutiles. Entretien avec Pierre Merle (sociologue, U de Rennes)

Ces collégiens ceinture noire en histoire-géo (E Picart, Tarbes)

- Mes élèves savent que je ne vais pas les piéger (C Croc, maths, Pont-Audemer)

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- Erreurs de sujets et vol de copies : les malheurs du concours physique et technologie - Le Monde

C'est l'annus horribilis du concours PT (physique et technologie). Braquage à Marseille du camion transportant les sujets pour la Corse ; examinateurs qui se mélangent les pinceaux dans la distribution des copies à Châlons-en-Champagne ; rumeurs et panique sur Internet chez des candidats déjà à cran.
Le concours PT, ce n'est pas rien. En cette première quinzaine de mai, dans tout le pays, 2 500 candidats issus de prépas scientifiques planchent sur des épreuves qui leur ouvriront les portes de 80 écoles d'ingénieurs (dont les prestigieuses, Centrale, Polytechnique et autres Arts et métiers ParisTech).

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RSA : Chacun pour soi

- Chacun pour soi, Paul Quinio, Libération 12/05/2011
http://www.liberation.fr/economie/01012336914-chacun-pour-soi

Cher Laurent Wauquiez,

A l’heure où le gouvernement auquel vous appartenez s’apprête à alléger l’impôt sur la fortune des plus riches parmi les plus riches ; au moment où votre gouvernement refuse de donner un coup de pouce au salaire minimum; alors que votre majorité peine à convaincre les entreprises du CAC 40 qui distribuent des dividendes d’accorder une prime à leurs salariés; alors que les grandes banques piétinent, sans que cela vous choque, la volonté présidentielle de mieux encadrer les bonus que s’accordent leurs patrons ; alors que les classes moyennes expriment études après études leur crainte du déclassement ; que la précarité dans l’emploi est pour beaucoup, notamment les jeunes et les femmes, devenue sinon la norme du moins un passage obligé, vos propos sur les bénéficiaires du RSA, «cancer de notre société», sont révulsants.

Ce qui ronge la société, c’est votre manière, monsieur Wauquiez, de stigmatiser de la sorte les citoyens les plus fragiles, de les désigner comme des fraudeurs potentiels, des profiteurs d’un système dans lequel ils n’ont, justement, pas trouvé leur place. Ce qui mine la République, c’est votre manière de préférer le chacun pour soi au vivre ensemble, la compétition maximale à la solidarité minimale.

Le dispositif du RSA mérite sans doute d’être amélioré. Mais comment imaginer en parler avec vous quand votre vocabulaire, encore une fois le «cancer», d’emblée vous disqualifie.

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RSA : Le cancer ou la gangrène ?

 

wz_libe

Libération 12 mai 2011

- Laurent Wauquiez a jeté son cocktail molotov sur BFM-TV : il a présenté le RSA comme un « cancer », celui de l’assistanat, et il a prétendu préparer trois propositions de loi pour imposer des travaux d’intérêt général à ceux qui vivent avec le seul RSA.
« Les libéraux sont ravis. Leur chef de file, Hervé Novelli, se félicite que la majorité s’engage enfin dans le combat contre les effets de « l’égalitarisme forcené engagé par les socialistes »». 

8 mai 2011 ? Curieux choix de date par un ministre des Affaires européennes qui aurait dû faire parler de lui plutôt un 9 mai. Il est vrai que le 8 mai a mauvaise presse dans une droite patronale qui a pris pour cible le programme du CNR.

- Ces «assistés» qui se sentent insultés - Libération 12/05/2011
Ils seraient le « cancer de la société ». Quatre allocataires du RSA répliquent, du fond de leur précarité, à la violente attaque de Laurent Wauquiez.
http://www.liberation.fr/societe/01012336915-ces-assistes-qui-se-sentent-insultes

- Le RSA ou le fantasme de l’« assistanat ». Ce que dénonce le ministre relève plus des préjugés que des faits. http://www.liberation.fr/societe/01012336910-le-rsa-ou-le-fantasme-de-l-assistanat

- Chacun pour soi, Paul Quinio, Libération 12/05/2011.
 http://www.liberation.fr/economie/01012336914-chacun-pour-soi

Egalement dans Libération :
- L’UMP se déchire comme elle respire
- Wauquiez s’obstine, les chiffres aussi
- RSA: Wauquiez promet de se taire

- Faut-il punir les pauvres ou les aider ?
Edito Le Mondehttp://www.lemonde.fr/idees/

- Cinq idées reçues sur l'assistanat - Le Monde - 10/05/2011
Davantage d'aides sociales en France ? des minima sociaux plus importants ? Gagner davantage en ne travaillant pas ? Des petits avantages ? Les étrangers ? 
http://www.lemonde.fr/politique/

L'argumentaire (assistanat, responsabilité) est un clônage des discours tenus outre-Manche par les zélateurs de Thatcher. Pour ces intégristes de la privatisation totale, toute mesure sociale est à bannir. Ils se déguisent en « libéraux », comme si la liberté se limitait à la latitude pour les patrons de décider du sort de leurs salariés. Ces idéologues crient d'autant plus fort qu'ils sont peu nombreux et peu écoutés ; en cas de contestation de leur credo, ils ne reculent pas devant les solutions autoritaires, peu compatibles avec l’exercice des vraies libertés.

Avec de tels idéologues, à Paris ou à Bruxelles, faut-il s'étonner du discrédit actuel de la construction européenne ? ].

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- De fait, dans le même temps

Le système socio-fiscal français est devenu dégressif pour les plus hauts revenus - Le Monde 12/05/2011
. Les banquiers s'enrichissent, (Libération)
Même les super-riches vont profiter de de l'ISF réformé et light - Libération 10/05/2011.
Selon les chiffres du rapporteur UMP du Budget à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, toutes les tranches de l'Impôt sur la fortune vont profiter de l'allègement de l'ISF.
http://www.liberation.fr/economie/01012336552-meme-les-plus-riches-vont-profiter-de-la-reforme-de-l-isf

Pour Jack Dion (Marianne n° 734, 14/05/2011), l'ISF allégé, le bouclier fiscal, les bonus, les stock-options, les délocalisations sur fonds public, la défiscalisation avantageuse (cf les milliards de Total), pour une certaine droite, ces formes d'assistanat en faveur des riches et des très riches est parfaitement acceptable, alors que celui qui vient en aide aux victimes du capitalisme sauvage serait une catastrophe...
 http://clioweb.free.fr/presse/1temp/marianne/wq-assist.jpg

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Fillon et Bachelot sont montés au créneau, et NS aurait souligné « le bilan exceptionnel du RSA ». Ces dirigeants au pouvoir seraient-ils devenus des socialistes depuis la sortie de Wauquiez ? Que ferait alors ce dernier dans un gvt si peu « thatchérien » à son goût ?
[ LW est aux Affaires européennes. Faut-il s'étonner de la panne de l'Europe quand elle est entre les mains d'intégristes de la privatisation totale et d'obsédés de la concurrence supposée pure ? ]
http://www.liberation.fr/societe/01012336741-rsa-bachelot-veut-tordre-le-coup-a-des-contre-verites

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- Laurent Wauquiez, l’ambitieux boy-scout du gouvernement - Le Monde 11/05/2011

Qui est ce ministre qui a réussi à diviser la droite en montrant du doigt les "assistés" du RSA ? 
http://www.liberation.fr/politiques/01012336696-laurent-wauquiez-l-ambitieux-boy-scout-du-gouvernement

http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Wauquiez

. «  Normalien, énarque, major de l'agrégation d'histoire, M. Wauquiez, 36 ans, a longtemps cultivé, en héritier de Jacques Barrot, dont il a récupéré la circonscription en Haute-Loire, une image de modéré. D'abord du premier cercle de Nicolas Sarkozy, au début de son mandat, lorsqu'il était membre du G7 des ministres que consultait le président, son étoile a pâli. Son problème, c'est qu'il a peur de ne pas être sur la photo », ajoute un autre ministre.  Wauqiez : 3615 J'existe titre Laurence Dequay dans Marianne.

« Un ministre qui veut déposer une proposition de loi, c'est du jamais-vu », ironise un ministre selon Libération. Surtout lorsque cette proposition n'a aucune chance d'être inscrite à l'ordre du jour du Parlement avant la fin de l'année, accréditant l'idée qu'il n'a voulu faire qu'un coup.

- La droite redécouvre sa fibre sociale - claironnait L'Express le 20 avril 2010, autant dire trois siècles à l'échelle de la droite française (celle des catholiques intégristes ou des idéologues thatchériens) et des ambitieux de second rang.
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/

- La « droite sociale » mal nommée - La Voix du Nord, 11/05/2011
http://www.lavoixdunord.fr/2011/05/11/

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- Le cancer de l'assistanat ou la gangrène du Front ? interroge un titre du Canard enchaîné qui questionne le rôle des conseillers extrémistes du Château, selon lesquels « la présidentielle est gagnable, à condition d'oser proposer des mesures que le FN hésite à mettre en avant » (un drône téléguidé depuis l'Elysée ?)

Un dessin de Pétillon fait dire à un conseiller de NS : 
« Attaquer le RSA ... et racheter l'ancien siège du FN  … pour en faire le QG de campagne..."

 - La main de Sarkozy derrière l'offensive sur le RSA ?
Même raisonnement pour Le Post 11/05/2011, qui laisse entendre qu'il existerait au moins un double discours au Château.

- La polémique déclenchée par Laurent Wauquiez trouve, sans grande surprise, un écho dans l'opinion. Le Figaro a payé OpinionWay pour le dire via un sondage de plus. La démagogie semble rentable en 2011. Qu'en sera-t-il en 2012 ? 
http://www.lemonde.fr/politique/

wq_mariannesource : Marianne n° 734, 14/05/2011

 

 

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Le coup d'état permanent

Un 13 mai 2011, clin d'oeil vers d'autres 13 mai : 13 mai 1958, 13 mai 1968...
Une histoire et des enjeux qui vont disparaître de l'histoire enseignée en Terminale. 

François Mitterrand, Le coup d'Etat permanent
Dans ce livre, Mitterrand dénonce la pratique du pouvoir personnel par le général de Gaulle. Il ne se contente pas de critiquer la lettre de la Constitution : il reproche plutôt au général de Gaulle d'avoir trahi la promesse de 1958, selon laquelle le président est un arbitre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Coup_d'Etat_permanent

Extrait sur le site Lettres volées :
http://www.lettresvolees.fr/degaulle/dictature.html

« Qu'est-ce que la Ve République sinon la possession du pouvoir par un seul homme dont la moindre défaillance est guettée avec une égale attention par ses adversaires et par le clan de ses amis ? Magistrature temporaire ? Monarchie personnelle ? Consulat à vie ? pachalik ? Et qui est-il, lui, de Gaulle ? duce, führer, caudillo, conducator, guide ? A quoi bon poser ces questions ? Les spécialistes du Droit constitutionnel eux-mêmes ont perdu pied et ne se livrent que par habitude au petit jeu des définitions. J'appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement il tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap. Je veux bien que cette dictature s'instaure en dépit de de Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d'un nom plus aimable : consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. Alors, elle m'apparaît plus redoutable encore. Peut-être, en effet, de Gaulle se croit-il assez fort pour échapper au processus qu'il a de son propre mouvement engagé. Peut-être pense-t-il qu'il n'y aura pas de dictature sans dictateur puisqu'il se refuse à remplir cet office. Cette conception romantique d'une société politique à la merci de l'humeur d'un seul homme n'étonnera que ceux qui oublient que de Gaulle appartient plus au XIXe siècle qu'au XXe, qu'il s'inspire davantage des prestiges du passé que des promesses de l'avenir. Ses hymnes à la jeunesse, ses élégies planificatrices ont le relent ranci des compliments de circonstance. Sa diplomatie se délecte à recomposer les données de l'Europe de Westphalie. Ses audaces sociales ne vont pas au-delà de l'Essai sur l'extinction du paupérisme. Au rebours de ses homélies « sur le progrès », les hiérarchies traditionnelles, à commencer par celle de l'argent, jouissent sous son règne d'aises que la marche accélérée du siècle leur interdisait normalement d'escompter.

Je ne doute pas que l'accusation d'aspirer à la dictature le hérisse. Sa réponse aux journalistes accourus à sa conférence de presse du Palais d'Orsay pendant la crise de mai 1958 : « Croit-on qu'à soixante-sept ans je vais commencer une carrière de dictateur », exprimait le souci sincère d'épargner au personnage historique dont il a dessiné les traits dans ses Mémoires cette fin vulgaire. On le devine désireux d'exercer sur ces concitoyens une magistrature paternelle, un consulat éclairé. A la condition préalable et nécessaire toutefois que les Français s'abandonnent à lui pour le meilleur et pour le pire, pour la paix et pour la guerre, pour les grandes espérances et pour l'orgueilleuse solitude, pour la joie et pour le malheur de vivre, pour les poussières radioactives et pour le pain quotidien. Et si les Français renâclent, on fera leur bonheur malgré eux. On rétorquera : « Mais les Français ne renâclent pas, ou du moins, pas encore. De Gaulle dictateur ? Tout au plus un père qui gourmande, qui corrige, qui châtie, non un bourreau d'enfants. Un père qui pense à tout, qui pense pour tout le monde, n'est-ce pas commode pour tout le monde même si c'est commode pour de Gaulle ? Cessez ce paradoxe et ne reprochez plus à de Gaulle d'opprimer un peuple qui l'acclame. »

A vrai dire le comportement de de Gaulle à l'égard du peuple et le comportement du peuple à l'égard de de Gaulle sont d'un intérêt secondaire. Ce n'est pas la première fois qu'un homme d'un grand éclat suscite l'amour des foules. Un passé glorieux, une bonne technique de la propagande et une police vigilante représentent trois atouts maîtres qui dans la même main, l'Histoire l'a cent fois prouvé, balaient les autres jeux. L'essentiel est de savoir que de Gaulle, le désirant ou le déplorant, pour rendre son pouvoir intouchable est contraint, quoi qu'il veuille, de le faire absolu. Non seulement par tempérament, par inclination, par goût, il évite le conseil et s'éloigne des représentants élus de la Nation, non seulement par méthode et pour maintenir son prestige hors d'atteinte, pour affûter le réflexe des masses naturellement portées à se tourner à l'heure du péril vers l'homme qui n'a dévoilé ni les ressources de sa pensée ni les ressorts de son action, il use du silence et de la solitude, mais encore il pressent que tout pouvoir qui ne lui est pas soumis se transforme fatalement en pouvoir ennemi, que toute parcelle du pouvoir qui lui échappe pourrit, comme une gangrène, le pouvoir entier, qu'il n'y a pas de no man's land entre ses adversaires et lui, qu'une place qu'il n'occupe pas est déjà une place perdue. Et il ne peut pas en être autrement ».
François Mitterrand, Le coup d’Etat permanent. Plon 1964

http://www.lettresvolees.fr/degaulle/dictature.html

Institut Mitterrand : http://www.mitterrand.org/

10mai58

source : http://www.crdp-reims.fr/cinquieme/page10.htm

 

13mai68

source : http://jeanpierre-rey.over-blog.com/article-19893199.html

 Le lundi 13 mai 1968, une immense manifestation traverse Paris. Le syndicat CFDT parle d'un million de manifestants. La préfecture de police n'en concède même pas 200 000. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68_en_France

 

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