29 avril 2011

Facebook, le refus du conflit


- Le candidat ump, repenti de l’HadopiLors du lancement hier du Conseil national du numérique (CNN), NS a pointé les failles de l’autorité qu’il a lui-même voulue.
http://www.liberation.fr/medias/


- Qui regarde mon profil ?
D'après le blog Bigbrowser, une option de Facebook masquerait un ver qui permettrait à logiciel malveillant de récupérer des données privées sensibles.
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/04/19/


Maman, tu m'ouvres un compte ? (Le Monde) - Facebook m'a tuer (A des Isnards et T Zuber, les auteurs présentent leur ouvrage dans La Manche libre), …

Dans une presse qui balance toujours entre l’extase et l’effroi, Facebook est très présent depuis quelques mois et a supplanté Google et Wikipedia comme cible privilégiée. D’un côté, les rédactions vantent et accompagnent le succès commercial avec des chiffres approximatifs, en font un des acteurs des mutations politiques dans le monde arabe, de l’autre, elles dénoncent les dérives (apéritifs) et les dangers pour la vie privée, en particulier chez les adolescents sont mis en avant. Ce qui ne les empêche pas d’utiliser Facebook (ou Twitter) pour tester la popularité des articles souvent rédigés par des pigistes.

Nos amis sont ses amis - « Malgré les pressions constantes des utilisateurs, Facebook a du mal à améliorer les systèmes de protection de la vie privée de ses utilisateurs », écrit Yves Eudes (Le Monde 03/02/2011), « peut-être parce que son business model et toute sa culture d'entreprise sont orientés dans l'autre sens : l'exploitation des données personnelles à des fins commerciales, et la vente de ce trésor de guerre à des partenaires extérieurs  ». A Amiens, le patron d'une petite société de sécurité informatique a montré les limites de la sécurisation annoncée par les dirigeants de Facebook.

- A l'école, Facebook suscite des réactions contradictoires. Peut-on être ami avec ses élèves ?  interroge un auteur dans le dossier Le Web 2.0 et l'école, publié par les Cahiers pédagogiques (juin 2010). En Virginie, au prétexte de la lutte contre la pédophilie... le comité chargé des questions d'éducation veut interdire les échanges entre professeurs et élèves sur Facebook, par SMS ou en messagerie instantanée. Le Monde 10/01/2011
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6862


- Dans un article publié par Le Débat n° 163 (janv-fev 2011) , Jérôme Batout se sert du film The Social Network pour souligner un paradoxe : Facebook est une entreprise qui fait commerce de données privées et tire profit de l'affichage d'une sociabilité de façade (" j'aime " pour " I like ", xxl est mon " ami "...), sur le modèle de l'overfriendly, une manière de faire société dans quelques campus américains réputés. Or ceux qui sont à l'origine de l'entreprise ont tous été marqués par une rupture : déceptions sentimentales, conflits d'affaires, démêlés en justice.. «  Le film met en scène l'accumulation prodigieuse de coups fourrés, de dissimulations, de vengeances... »

Selon lui, Facebook est fondé sur le refoulement de toute forme de conflit. Tout ce qui pourrait exprimer le commencement d'un désaccord est découragé. En cas de divergence, par peur d'engager le débat (ou par incapacité) , on préfère laisser pourrir la situation, jusqu'au point extrême de la rupture. Les seules issues envisagées résident dans le déni et dans la fuite : on peut bloquer le compte d'un internaute, on peut faire supprimer un contenu (en le dénonçant de façon anonyme).

C'est oublier que la dimension conflictuelle est normale dans la formation d'une personnalité, dans la vie sociale, dans la vie publique. Que deviendrait la démocratie si les désaccords n'étaient jamais assumés et si le compromis n'était pas patiemment recherché ?


- rappel : 
Facebook, la carte de Paul Butler.
Voir sa déconstruction par Thierry Joliveau et les cartes alternatives proposées sur le blog Monde Geonumérique.
http://clioweb.canalblog.com/tag/geonumerique

 

Posté par clioweb à 08:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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