fuku_zonessource : Sylvestre Huet


De quelle quantité de radioactivité parle-t-on ?
Quels dangers pour le personnel de la centrale ?
Quelle menace pour la population japonaise ?
Quels risques pour les aliments ?
Et dans le reste du monde ?

Plusieurs questions abordées par Sylvestre Huet dans le blog Sciences2

 

- Plusieurs articles à lire sur la plateforme Culture visuellehttp://culturevisuelle.org/blog/8165

. Le tsunami, l’atome et les cerisiersAugustin Berque, 19/03/2011, article rédigé pour Marianne, mais non publié.
http://culturevisuelle.org/catastrophes/2011/03/19/

 

Japon, l’absence de morts (dans les images),
Yoann Moreau, Culture visuelle 20/03/2011 - Le Temps 19/03/2011

Commentaire personnel en réponse à Yoann Moreau :

La série noire qui vient de frapper le nord d’Honshu est révélatrice du fonctionnement des médias, où les discours occupent autant de place que les images (cf les titres des quotidiens).

La couverture récente pourrait sans aucun doute compléter le bétisier habituel : Fukushima ramenée à une “nuance” (par rapport à 1995), oubli fréquent de la géo (surtout chez des économistes médiatiques pour qui Sendai et Osaka, ce serait la même chose, vu de très très loin). Le jour du séisme, TF1 semble avoir ignoré la subduction, une réalité pourtant simple à mettre en image et à expliquer.

Les corps sont absents écrivez-vous. 
Qui pose la question ? des spécialistes de l’image ? des spectateurs ?
A voir ce qui reste des maisons basses dans les villes côtières, est-ce vraiment nécessaire de montrer en plus les (20 000 ?) cadavres ? Des morgues improvisées ont été montrées, le journal de Denver montre des cercueils …

De plus, les vivants de Sendai sont-ils beaucoup plus présents dans les reportages de ces derniers jours ? Est-ce dû au fait que les journalistes étrangers sont plutôt hébergés à Tokyo ou à Osaka ?

 

Le spectateur moyen garde probablement en mémoire les images du tsunami de 2004. 
Il subit, au moment du repas familial, la violence de certains JT ; 
la course à l’audience légitime une brutalisation plus ou moins consentie. 
De plus, depuis plusieurs années, il faut y ajouter le rapport au cadavre imposé par les séries TV américaines (cf Experts, Bones et qq autres …) . L’autopsie y fait souvent partie de la mise en scène, à la suite de crimes barbares filmés parfois avec une quasi complaisance.

Dans le cas du Japon, la course au spectaculaire et à l’émotion aurait-elle imposé de filmer une noyade en direct (avec caméra de surveillance ?). La TV sait faire, cf la jeune fille d’Arnero en 1985 (capter l’émotion pour faire de l’audience et vendre de la pub).

Les morts de la Nigéria ne répondent-ils pas à un autre enjeu : s’il s’agit bien des enfants du Biafra en 1970, la volonté n’était-elle pas de sensibiliser à un tragédie, au risque de créer la sidération).

Pour la couverture médiatique de Fukushima-Daiichi,
c’est la course à l’instantané qui ne marche plus.
Lire plutôt Sciences2, le blog de Sylvestre Huet (Libération).
Là encore, qui se souciait, ces derniers mois,
des gens qui continuent de vivre à faible distance de Tchernobyl ?

Un dernier mot, à propos du Japon, et des excès de certaines lectures culturalistes :
En 2008, Le Monde avait prétendu avoir retrouvé les cadavres d’Hiroshima.
En fait, le chercheur américain de Stanford (Hoover institute) avait confondu Hiroshima et Tokyo 1923.
Google Images montre peu les cadavres de 1923.
Pourtant Wikimedia Commons les connaît, et Wikipedia parle des violences contre les Coréens
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:1923_Great_Kant%C5%8D_earthquake

Dans ce cas, pourquoi mettre sur le dos d’une culture nationale supposée une lecture paresseuse de la société que l’histoire récente semble contredire ?