09 mars 2011

Term - projets de programme HG 2013


La consultation des programmes de Term ES-L et Term S
est en cours,
l'adresse a été donnée sur la liste H-Français.
http://eduscol.education.fr/cid55136/consultation-sur-les-projets-de-programmes-de-terminale.html

La rédaction de ces nouveaux projets a été imposée par la décision stupide de supprimer l'enseignement de l'histoire et de la géo à tous les lycéens de Terminale S.

Les enjeux sont sans doute moins dramatiques que ceux des classes de Sciences Economiques et Sociales. Et rien ne garantit que les analyses et les propositions faites par les profs sur le terrain seront prises en compte : elles n'ont eu aucun effet pour le programme de première, alors qu'aucune urgence ne pouvait servir de prétexte.


3 détails :
- Cette génération de lycéens ignorera
toute l'histoire intérieure et extérieure de la France après 1962.
Peut-être que la lecture des sondages d'Harris interactive lui suffira. :-):-)

- L'histoire sociale est caricaturée. Ce n'est pas une nouveauté.
Une société, pour les concepteurs actuels, c'est visiblement de la religion, des médias, les ouvriers anglais (d'avant 1980)... :-)

- Le choix des dates peut interroger sur la chronologie sous-tendue :
..  la religion en Russie :-), c'est 1880,
.. les médias, c'est 1890. La grande loi sur la liberté de la presse, n'est-ce pas 1881 ???
.. l'Etat-nation, en France, ce serait depuis le XIIIe ...

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en résumé, les projets pour 2013 :

- Terminale ES et L
Histoire - Regards historiques sur le monde actuel
Thème 1 - Le rapport des sociétés à leur passé (9-10 heures)
Thème 2 - Croyances, cultures et sociétés (15-16 h)
Thème 3 - Les échelles de gouvernement dans le monde (17-18h)
Thème 4 - Puissances et tensions dans le monde (16-18 h)

Géo - Mondialisation et dynamiques géographiques des territoires
Thème 1 introductif - Clés de lectures d’un monde complexe (14-15h)
Thème 2  Les dynamiques de la mondialisation (16-18 heures)
Thème 3  Dynamiques géographiques de grandes aires continentales (27-29 h)

- Terminale S (option facultative, depuis 2009) :
On traite 3 questions au choix parmi les 4 suivantes

Question 1 - La mondialisation en fonctionnement
Question 2 - Enjeux et recompositions géopolitiques du monde
Question 3 - Représenter le monde
Question 4 - Innovation et sociétés


- Chez nos voisins, dans ce qui fut depuis le début des Sciences Economiques ET Sociales

Economie (90 h)
1. Croissance, fluctuations et crises
2. Emploi et chômage
3. Mondialisation et finance internationale
4. Économie du développement durable

Sociologie (60 h)
1. Classes, stratification et mobilité sociales
2. Intégration, conflit, changement social
3. Culture et diversité culturelle

Regards croisés (20 h) - en fait le coeur de l'ex-SES...
1. Justice sociale et inégalités
2. Travail et emploi



 

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La marche de l'histoire

Sur France-Inter, La marche de l'histoire a remplacé 2000 ans d'histoire (Patrice Gélinet a été nommé au CSA).

« L'émission dressera chaque jour le tableau d'un évènement, le portrait d'un personnage et le récit d'une époque étayés par des archives et des témoignages. Les invités poseront, dans l'intimité du passé, les questions du présent ».

Un exemple : 1848, avec Sylvie Aprile.
Des questions très événementielles, pour coller à l'éphéméride (le 3 mars 2011) avec en illustration (forcée) des extraits de chansons ou des extraits de bande son de films plus ou moins célèbres (la radio adore jouer à la TV sans images, quand parfois la TV fait de la radio filmée).
Placer Sissi dans un récit au jour le jour 
du printemps des peuples européens, il faut le vouloir... (elle a alors 11 ans !)

Dans ce type d'émission, la parole de l'invité n'a-t-elle pas davantage d'intérêt que celle du présentateur ?

http://media.radiofrance-podcast.net/

aprile

Sylvie Aprile, 1815-1870 - La Révolution inachevée
source : éditions Belin

 



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1881 - Un historien privilégié

 

Ernest Lavisse envisage la formation de l'historien, entre ce qui lui paraît l'idéal et ce que la réalité sociale lui impose. 

« L’éducation la plus parfaite serait celle qui formerait un historien sans programme ni souci des futures exigences d’un métier. Un jeune homme arrive à la Faculté son goût et le libre choix de sa volonté le prédisposent aux études historiques. Aucune contrainte ne lui est imposée. Il demande à l’enseignement des lettres et des sciences d’achever la culture de son esprit, et en même temps il apprend à connaître l’immensité du domaine historique. 

Les professeurs et les livres lui donnent les notions actuellement acquises sur les périodes principales de l’histoire. Son intelligence déjà sérieuse et réfléchie se pénètre d’idées générales dont il vérifiera lui-même un jour la valeur, mais qui seront ses guides provisoires. Cette partie de son éducation terminée, l’étudiant apprend ce qu’il faut savoir pour arriver par soi-même à la connaissance de la vérité. Il manie le microscope, mais sans courir le danger de perdre son temps a considérer des objets inutiles, car il sait la valeur et la proportion des choses. Supposez maintenant que cet étudiant devenu un homme soit libre encore dans la vie sa curiosité se porte sur les points discernés et choisis par lui: il apprend ce qu’il veut savoir, et il n’est jamais tenu à dire que ce qu’i! sait. Voilà un historien privilégié.


Il viendra un jour à la Faculté des étudiants de cette sorte ; il en vient même déjà: mais le groupe principal de nos élèves se composera toujours de candidats aux grades et aux fonctions universitaires. Or les professeurs de la Sorbonne, à qui l’État donne des boursiers de licence et d’agrégation, ont le devoir de former de bons maîtres pour les lycées et les collèges, et. dans ces maîtres, ils veulent en même temps préparer l’historien


L’éducation professionnelle ne nuira-t-elle pas à l’instruction scientifique, ou l’instruction scientifique à l’éducation professionnelle? Peut-on préparer à la fois à l’enseignement qui est une affirmation, et à la pratique de la méthode historique, qui est une recherche? Ne court-on pas le risque que ces étudiants deviennent des savants incompréhensibles pour leurs élèves ou bien des professeurs qui, accoutumés à jurer in verba magistri n’auront point l’activité des intelligences affranchies par l’usage personnel de la liberté ? Oui, sans doute, et pour éviter l’un et l’autre termes de l’alternative, pour concilier les deux propositions de l’antinomie, il faut prendre ses précautions. On les prendra. Il suffit de préparer les futurs professeurs à la licence et à l’agrégation, en ayant toujours devant les yeux l’étudiant idéal dont je parlais tout à l’heure.


Nos étudiants ne se présenteront à l’examen de licence qu’après deux années d’études faites à la Faculté.  Les professeurs d’histoire se garderont de les accaparer pendant ce biennium. Ces jeunes gens poursuivront leur éducation littéraire: ils s’exerceront dans l’art de composer et d’écrire, à cet âge où le style se fait avec la personne; ils apprendront par l’étude des grandes littératures quel secours l’histoire de la vie intellectuelle d’un peuple apporte à qui en veut connaître l’histoire politique et sociale: ils comprendront, en suivant la conférence de philologie et d’histoire grecques, que la philologie est l’indispensable science auxiliaire de l’histoire ancienne, puisque cette. histoire nous est révélée par des textes dont la critique et l’interprétation réclament un philologue. Nous nous contenterons de traiter avec eux les principales questions de l’histoire générale; mais déjà nous les munirons de connaissances bibliographiques, de notions sommaires, mais précises de paléographie, de diplomatique et de chronologie. Ce sont encore là des sciences auxiliaires ; mais la modestie de l’épithète ne doit pas tromper sur l’importance de la chose : ces sciences ne sont pas l’histoire, pas plus que l’outil n’est l’oeuvre; mais elles sont nécessaires à l’historien comme à l’ouvrier l’outil. Ainsi, pendant ces deux premières années, un commencement d’instruction pratique viendra s’ajouter à renseignement général.


Quand les étudiants seront licenciés, ils se prépareront pendant deux années au concours d’agrégation. En étudiant les auteurs dont on leur demandera, au concours, l’explication et le commentaire, ils s’exerceront a lire un écrivain ou un document, à définir les termes historiques, lesquels, désignant les institutions et les usages, ont une histoire, et, si je puis dire, une géographie : car ils ne signifient pas la même chose à des moments et dans des lieux différents ; et l’on commet de graves erreurs pour ne pas les traiter comme des personnes, qu’il faut placer dans le milieu historique et géographique où elles ont vécu. Enfin, la préparation des questions historiques indiquées au programme sous le nom de thèses obligera l’étudiant à écrire sous l’œil du maître quelques chapitres d’histoire. II n’y a pas de doute que ces jeunes gens seront mieux préparés que leurs devanciers au travail historique. Pour se former au professorat, ils auront, pendant toute la  durée de leurs études, des exercices hebdomadaires où ils apprendront comment il faut enseigner, avec quelle simplicité, avec quelle clarté, avec quelle méthode, en laissant de côté l’appareil des recherches et de l’érudition ».


Ernest Lavisse,
 L’enseignement historique en Sorbonne et l’éducation nationale, Leçon d’ouverture au cours d’histoire du moyen âge, à la Faculté des Lettres de Paris en décembre 1881 - Extrait de la Revue des Deux Mondes livraison du 15 février 1882 (extrait pages 20-22)

Version texte (à corriger) au format word : http://clioweb.free.fr/textes/gallica/lavisse-1881.doc

lavisse

Ernest Lavisse , source Académie française

 

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