Courrier international, n° 1061, 03.03.2011 consacre un dossier aux données personnelles
à partir de deux articles publiés en Allemagne.

DONNÉES PERSONELLES - Internet doit-il se souvenir de tout ?
Les moteurs de recherche gardent la trace de nos moindres faits et gestes en ligne. 
Steffen Heuer pointe les dangers de cette mémoire numérique totale. http://www.brandeins.de/archiv/

CONTREPOINT - Le web a la mémoire qui flanche
Pas d'inquiétude, rétorque Kai Bierman (Die Zeit) : Liens brisés, archives fermées, serveurs éteints : il est faux de dire que l'oubli numérique n'existe pas. 
http://www.zeit.de/digital/datenschutz/2010-10/delete-internet-vergessen
http://community.zeit.de/user/kai-biermann


Internet est un outil exceptionnel et difficilement contournable.
Essayez d'écrire sans pouvoir vérifier rapidement une référence ou le sens d'un terme.


Appliqué aux données personnelles, le bilan est moins brillant : ainsi, Sleaze detector permet de payer et 
« d'accéder par Iphone aux tweets d'une vague connaissance, à ses antécédents judiciaires éventuels, à la surface habitable de son logement » 

« Nagère, la réputation reposait sur de petits cercles de relation, qui apprenaient certaines choses dont ils ne gardaient en mémoire que des bribes inscrites le plus souvent dans un contexte. Avec les ragots numériques, un simple lien mécanique peut rapprocher deux infos sans relation, et donner à des faits insignifiants ou prescrits sortis de leur contexte une importance désastreuse ».

On peut mettre en cause la technique ou l'amoralisme de nos sociétés.

Le problème vient moins de la technique que des publicitaires et des commerciaux peu scrupuleux qui cherchent à faire du fric à partir de la vente de ces données personnelles. 
(tapez votre nom dans Google...).

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Passons sur ce type de lamentations dans une forme de brutalisation consentie  (cf le brouillage entre sphère privée et vie en public) pour nous arrêter sur les solutions envisagées par les deux journalistes.

- L'appel à l'éthique dans la recherche d'informations est possible, mais elle paraît bien illusoire.

- Pour se faire oublier ? Changez de nom suggérait Eric Schmidt, l'ex-patron de Google !

- On peut aussi payer (cher) d'autres commerciaux pour gérer sa réputation : faire supprimer 500 points de données compromettantes pour éviter de se retrouver face à 5000 qq mois plus tard. 

- Pour Jonathan Zittrain, on devrait pouvoir porter plainte pour diffamation sur Internet. Il suggère un nettoyage par le vide à 18 ans, ou la possibilité de déclarer sa réputation en faillite.

- Tadayoshi Kohno se sert de l'amnésie numérique : à une date choisie, un cryptage périme les données.

« Introduire un grain de sable dans l'engrenage numérique n'est pas une chose aisée », car cela va à l'encontre de nos pratiques culturelles, de la paresse technique et de l'intérêt des marchands